La Gloire ou la Sérénité

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Et si la qualité d’une vie professionnelle se mesurait davantage à l’aune des réalisations menées à bien et à la qualité des apports aux autres, plutôt qu’au prestige des fonctions occupées ?

À l’issue d’une vie professionnelle de près d’un demi-siècle dans le milieu de la recherche et de l’enseignement supérieur, à Paris mais également en région, l’auteur nous fait revivre certaines étapes de son parcours, puis tente de répondre à la question que chacun se pose dans la dernière étape de sa vie : « Mais qu’aurai-je finalement laissé de concret derrière moi ? »

Par les exemples qu’il décrit, ce livre constitue aussi un témoignage de l’évolution de ce milieu au cours du dernier tiers du XXème siècle, jusqu’à la brusque accélération que nous connaissons aujourd’hui.


Publié le : jeudi 14 avril 2016
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EAN13 : 9782334122467
Nombre de pages : 322
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ISBN numérique : 978-2-334-12244-3

 

© Edilivre, 2016

Avant-propos

Parmi les différentes catégories de professeurs (écoles, collèges, lycées, universités), la dernière est probablement celle que l’on connaît le moins et que l’on a le plus de mal à appréhender. Je m’en suis personnellement fait une première idée comme étudiant. Je l’ai ensuite découverte de plus près comme apprenti-chercheur, puis comme jeune enseignant-chercheur. Je me suis alors rapidement aperçu que la vision que je m’en étais forgée sur les bancs de l’université était en fait totalement tronquée. Devenu professeur, je me suis heurté à la difficulté de parler correctement de mon métier. Soit on me questionnait sur mes enseignements et j’étais invariablement catalogué comme celui qui ne délivrait que quelques cours par semaine, bénéficiant de surcroît de vacances dites universitaires d’une durée supposée démesurée. Soit, au contraire, je tentais de décrire les recherches qui m’accaparaient. On m’écoutait alors poliment, mais mon discours n’induisait guère de résonance chez la majorité de mes interlocuteurs, même parmi les plus réceptifs. L’idée que je sois amené à consacrer à mes recherches une partie de mes nuits ou de mes week-ends leur paraissait à la limite comme la preuve d’une mauvaise organisation de ma part, voire comme le signe d’une inadaptation sociale. Les batailles que je livrais contre mes concurrents de l’autre bout du monde et avec mes éditeurs pour publier mes derniers travaux plus rapidement, leur apparaissaient comme des contingences des plus abstraites. Quoi que je dise ou fasse, très vite la fonction de chercheur qui absorbait une part essentielle de mon énergie, disparaissait de la discussion. « Toi, tu es dans l’enseignement », finissaient-ils souvent par conclure. Mais, au lieu de délivrer des cours dans un établissement secondaire dont ils connaissaient bien les contours, j’intervenais dans une université dont la structure leur paraissait plus floue et qu’ils percevaient généralement comme une sorte de post lycée professionnel, de qualité par ailleurs discutable.

En prenant la plume aujourd’hui, je souhaite dresser en quelques tableaux la genèse de ma vie comme professeur d’une université parisienne et brosser quelques actions structurantes que j’ai pu mener à bien dans ce cadre, à Paris mais aussi en région. Professeur d’université, quel beau et noble métier, en effet ! Certes, comme contre coup d’une évolution très rapide des universités après la seconde guerre mondiale, son image s’est lentement dégradée au cours des décennies. La faute nous en incombe pour une large part. Ne percevant pas toujours toute la grandeur ni surtout tous les devoirs que la fonction impose, le milieu universitaire l’a inconsciemment souvent tirée vers le bas. Grandeur pourtant de cette mission qui, lorsqu’on l’envisage dans son acceptation la plus large au service des générations qui nous suivent, peut sans difficulté être comparée à celle qui fut remplie en leur temps par les « maîtres » d’écoles de la troisième république. Contribuer à l’éclosion de personnalités, les former au meilleur niveau, les suivre pendant des décennies, puis savoir apprécier le moment où l’on constate que certaines vous ont dépassé tout en continuant à manifester à votre endroit des sentiments profonds. Des relations humaines assez rares se développent ainsi dans certains cas privilégiés, fruit d’un travail et d’une maturation dans la durée. Avec une différence toutefois essentielle par rapport aux anciens « maîtres ». S’il est certes un formateur, le professeur d’université est aussi et avant tout un chercheur, ce qui le distingue des professeurs intervenant dans les enseignements primaires ou secondaires. Sa mission première est de contribuer, par son activité de recherche, à faire progresser les connaissances dans un domaine spécifique dont il devient au fil des ans un spécialiste de plus ou moins grande renommée. Son laboratoire de recherche est tout à la fois sa seconde maison et sa seconde famille. La recherche qu’il y développe est le terreau intellectuel qui le fera mûrir, qu’il alimente mais dans lequel il puisera aussi tout au long de sa vie. C’est la qualité de sa recherche qui lui permettra d’être reconnu ou non par ses pairs. Sa seconde mission, qui se nourrira de la première, est de faire partager dans ses enseignements les fruits des recherches les plus récentes dans son domaine. Corrélativement, il contribue à sensibiliser les esprits à la démarche intellectuelle de la recherche, tant les éléments que cette dernière renferme peuvent être utiles dans d’autres domaines professionnels a priori fort éloignés. On sait maintenant que cet esprit de recherche et d’innovation sera primordial pour le développement de nos sociétés dans ce XXIème siècle.

On l’aura compris, la démarche qui m’anime concerne en priorité les lecteurs qui n’ont que peu eu l’occasion de côtoyer un monde qui leur paraît sans doute, à juste raison, trop isolé dans sa tour d’ivoire. Elle est également destinée aux lecteurs plus jeunes qui cherchent encore leur voie et hésitent à frapper à la porte, si tant est qu’ils aient déjà identifié une porte à laquelle frapper. Mais elle aimerait aussi contribuer à corriger la perception de ceux, malheureusement assez nombreux, qui ne retiendraient de leur passage à l’université qu’une impression peu attrayante d’un monde qu’ils n’ont sans doute pas eu la chance de découvrir dans sa globalité et dont ils n’ont pu percevoir toute la richesse qu’il renferme, richesse que l’on n’apprécie réellement qu’avec le temps.

Je souhaiterais dédier ce livre à mes proches : Annette, qui a dessiné de son côté une voie très originale et bien différente de la mienne ; Serge et Valérie, qui tracent en ce moment la leur dans des domaines également différents ; Galiane et Johanne, enfin, qui devront se lancer à leur tour dans l’arène, au cours de la prochaine décennie, dans un contexte qui n’aura sans doute plus guère à voir avec celui que nous avons connu.

De nombreuses personnes m’ont permis, par leur collaboration, leur soutien ou leur amitié, de m’exprimer pendant près d’un demi-siècle. J’ai établi avec beaucoup d’entre elles un dialogue, par la pensée, tout au long de l’écriture de ces pages. Certaines se reconnaîtront dans mes écrits. Je souhaite toutes les remercier du fond du cœur.

Je voudrais, enfin, remercier tout particulièrement Annette et Maryse pour leur aide et leurs conseils avisés lors de la préparation de la dernière version du manuscrit.

I

La construction

Envie de Paris

Ma vie a débuté à vingt ans. J’entends par là la vraie, celle dont j’assume la totale responsabilité et qui, même si elle a été largement préfigurée en amont, me permet de m’exprimer et de créer. A l’occasion de mon cinquantième anniversaire, lorsque nous avons décidé de réunir dans une grande fête tous ceux que nous aimions, j’ai expliqué à mes hôtes quelque peu incrédules que ce rendez-vous ponctuait la mi-temps de ma vie. Non que je me projette comme centenaire. Simplement parce que, une fois déduites les vingt premières années, j’avais le sentiment d’avoir réellement été en mesure d’en façonner trente et qu’il me semblait raisonnable de pouvoir continuer à agir de la sorte pendant une durée équivalente.

Mes souvenirs d’enfant me dépeignent comme essentiellement attiré par la création manuelle, refusant les contraintes que tentaient de m’imposer les adultes et le maître en particulier. J’inventais et créais, pour le plaisir de la réalisation technique comme pour celui des yeux, en jouant volontiers d’une touche artistique. L’écriture ne me laisse, en revanche, aucun souvenir agréable. Rédactions et dissertations, exercices imposés par excellence, ne me procuraient en effet ni l’excitation ni le plaisir des exercices de calcul ou des problèmes mathématiques, que je m’efforçais de terminer avant que les copains n’y soient parvenus. Ce n’est que beaucoup plus tard, après qu’il m’ait été donné de relater au fil des décennies les résultats de travaux scientifiques sous forme d’articles et d’ouvrages divers, que j’ai pris conscience du plaisir que pouvait me procurer la lente progression sur une page blanche. Plaisir des mots et de leur musique, différente suivant la langue, mais aussi plaisir de leur calligraphie lente et artisanale. Atmosphère si particulière, enfin, que celle créée par la lampe de bureau dont la lumière vous enveloppe avec votre création et vous isole temporairement de l’agitation et des contingences du monde.

Pour les élèves de ma génération, la période lycéenne commençait dès la classe de sixième. L’accès à ce monde convoité, auquel ne parvenait qu’une fraction de la classe de CM2, représentait le premier grand événement de la vie, du fait de l’examen d’entrée dans cette classe et de la fameuse règle couperet du « cinq fautes zéro » liée à son épreuve de dictée. Si cinq fautes principales émergeaient en effet de votre copie, leur présence entraînait ipso facto votre élimination de la compétition. De cette période et des années qui ont suivi, qui mêlèrent l’insouciance aux angoisses de l’adolescence, il ne me reste que deux souvenirs marquants de projets professionnels. Je ne parle pas ici de ces projets censés être mûris rationnellement avec l’aide de conseillers, basés sur des tests supposés tout révéler de vos aptitudes et de votre personnalité. Je pense à ces idées qui germent en vous profondément à la suite de lectures ou de rencontres, ces projets dont on ne parle pas ou très peu mais qui vous aident à progresser dans le maquis du lent cheminement personnel. Nombre d’entre eux s’évanouissent d’ailleurs par la suite sans crier gare, quitte à réapparaître au bout de quelques décennies, fournissant parfois le substrat d’inflexions dans votre vie, propres à surprendre votre entourage.

C’est en pays haut savoyard, qui constitue aujourd’hui encore mon principal refuge, qu’est née en moi l’idée de m’orienter vers le métier d’acteur. Le climat, tout comme les gens, y était rude, mais je m’y sentais bien. Les troupes théâtrales locales m’offraient l’un des principaux divertissements. L’idée de pouvoir se muer tous les soirs en un autre personnage me fascinait. Je n’avais pas conscience de la notion de vedettariat liée à ce métier, les acteurs que je pouvais observer étant d’ailleurs probablement peu connus. C’était la possibilité de m’évader en empruntant d’autres habits qui m’attirait, mais aussi de faire porter ma voix au-dessus du bruit de fond, dans un rapport que je sentais particulier avec le public. J’ai depuis pris conscience du fait que j’avais probablement ressenti, dans ma fonction de professeur d’université, une forme de jouissance qui pouvait s’apparenter à celle de l’homme de théâtre. Cette idée s’est tout particulièrement imposée à moi lorsque j’ai eu à affronter des amphithéâtres d’étudiants de premier cycle. Spontanément dissipés lorsque l’on n’arrive pas à capter l’auditoire, ces amphithéâtres ont toujours eu la réputation d’être difficiles à conduire. Il m’arrivait, malgré cela, d’obtenir un degré d’écoute assez exceptionnel, sur des sujets de physique a priori difficiles que je m’efforçais d’introduire avec des mots et des images précises mais simples, suivant un scénario auquel je m’étais préalablement particulièrement entraîné. Préparant mes cours à la manière d’un acteur répétant son rôle, j’étais en mesure de les exposer pratiquement sans consulter mes notes. Cela m’autorisait à fixer dans les yeux mon jeune public qui se trouvait alors embarqué dans mon cheminement, tout surpris d’être en mesure de le suivre alors qu’il ne pensait pas y être préparé. Je m’arrangeais pour donner ces cours magistraux tôt le matin, à une heure qui me paraissait plus propice à capter l’attention des étudiants. Lorsque la performance avait été bonne, je bénéficiais alors pendant les heures qui suivaient d’un ensoleillement intérieur hors du commun.

Le second domaine professionnel dans lequel j’avais imaginé pouvoir m’insérer était d’une toute autre nature. Mûri graduellement au cours des dernières années de lycée, il m’a accompagné jusqu’au baccalauréat. La préparation des épreuves annuelles portant sur toutes les matières, auxquelles il nous fallait alors successivement nous soumettre en classe de première puis en classe de terminale, m’avait en effet fourni le temps pour alimenter une réflexion quant à une poursuite éventuelle d’études. Ma famille s’était à cette époque installée entre le plateau beauceron et la Sologne, près d’une petite ville élégante mais que je jugeais profondément endormie sur un passé prestigieux. L’environnement respirait la platitude avec, pour certains paysages, une ligne d’horizon que l’on pouvait certains jours embrasser du regard sur trois cent soixante-cinq degrés. Des champs de céréales à l’infini, dont il m’a fallu du temps pour percevoir la majestueuse beauté. Des étendues qui, lorsque vous les parcourez par une chaude après-midi d’été, déclenchent en vous cette sensation si particulière de soif. Des gens, enfin, qui vous parlent dans un langage toujours châtié, mais un tantinet démodé. Fraîchement débarqué dans ce lieu que je découvrais sans réel plaisir, je m’étais fixé pour objectif de réussir ce fameux baccalauréat, auquel nos aînés se référaient encore volontiers sous le vocable de « bachot », traduisant par-là la manière pas toujours la plus intelligente qu’ils avaient utilisée pour préparer cette épreuve. La voie qui se dessinait le plus naturellement pour moi semblait être la filière scientifique. Aussi avais-je choisi l’option « mathématiques élémentaires » pour mon année de terminale. Parmi toutes les matières qu’il nous fallait digérer, la géométrie dans l’espace me procurait un plaisir certain, alors qu’elle constituait la bête noire de beaucoup. Bénéficiant d’une aptitude à voir dans l’espace, j’arrivais à trouver par intuition la solution aux problèmes posés, avant de tenter d’en établir la démonstration plus rigoureuse qui nous était demandée.

Etait-ce cette aptitude à appréhender l’espace ou était-ce l’impérieuse nécessité que je ressentais d’introduire une troisième dimension dans cet univers désespérément plat où je devais désormais me mouvoir qui me fit songer pendant un certain temps à m’orienter vers le métier d’architecte ? Une conjonction des deux sans doute. J’avais découvert avec intérêt et passion Le Corbusier. Ses réalisations m’impressionnaient par leur simplicité et leur caractère rationnel. Je leur trouvais une certaine gaieté élégante. La « Charte d’Athènes » m’intéressait. Les théories même les plus provocatrices sur l’organisation des villes et, en particulier le projet de remplacement de la plupart des quartiers parisiens par des grandes tours suffisamment bien étudiées afin que « la lumière solaire pénètre dans chaque appartement-villa » s’inscrivaient bien dans le désir de rupture et de modernité auquel je me référais volontiers. A ma décharge, ce qui peut surprendre à l’heure où j’écris ces lignes, je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir Paris. Avec le recul, je réalise que je n’en soupçonnais pas les charmes qui me rendent cette ville aujourd’hui si attrayante. Je ne percevais alors de la capitale que sa face inhumaine et broyeuse d’hommes, une image qu’entretenaient volontiers certains provinciaux afin de se persuader que la vie plate et monotone qu’ils menaient était, a contrario, bien préférable.

Architecture et urbanisme étant dans mon esprit étroitement liés, j’avais également envisagé le métier d’urbaniste, en découvrant notamment des personnalités comme Claudius-Petit. Comme ministre de la reconstruction après la deuxième guerre mondiale et comme maire de Firminy dans la Loire, les éléments que je pouvais alors percevoir de son action nourrissaient la vision que je me faisais d’une vie qui serait consacrée à la création et à l’organisation de notre espace à trois dimensions.

Par précaution, j’avais enfin incorporé dans ma réflexion le métier de géomètre-expert. Cet objectif me semblait en effet pouvoir être atteint dans un délai plus court en cas de nécessité matérielle et – m’avait alors expliqué un homme de l’art que j’avais consulté et qui me voyait déjà prendre la responsabilité d’une de ses agences en Bretagne – le maniement d’une règle à calcul, pour peu qu’il fût conduit par une personnalité dynamique et entreprenante, suffisait pour démarrer dans cette profession !

L’annonce des résultats définitifs de la deuxième partie du baccalauréat perturba cette lente réflexion, quelque peu déconnectée de la réalité matérielle. Je ne fus pas troublé par des résultats somme toute très moyens. L’important pour moi était d’avoir franchi un obstacle que je jugeais essentiel pour la suite. Les mentions, qui n’étaient d’ailleurs accordées à l’époque qu’avec parcimonie, ne me concernaient pas. Tout au plus pouvaient-elles, à mes yeux, satisfaire l’orgueil des parents, ce qui n’entrait pas dans mes objectifs. J’avais de plus acquis la certitude que je devrais être capable de retourner en ma faveur toute situation apparemment peu favorable. Cette confiance en soi, qui est une chance lorsque l’on sait pouvoir en disposer, ne m’a d’ailleurs que rarement fait défaut par la suite. Ce qui me perturbait davantage était le fait de devoir faire un choix, qui m’apparaissait important, qui plus est dans un laps de temps court. Le plus aisé pour moi fut d’éliminer la filière de géomètre-expert, tant je fus rapidement convaincu que les quelques formations alors disponibles ne me satisferaient pas. Pour le reste, il me fallait concilier des souhaits contradictoires. Plus j’avançais dans ma réflexion, plus l’envie de découvrir Paris s’enracinait en moi. Paris m’apparaissait comme un passage obligé dans ma construction personnelle. Le fait de ne pas l’avoir embrassé aurait fait de moi un être irrémédiablement immature. La seule formation en architecture digne de ce nom était alors dispensée à l’école des Beaux-Arts de Paris. Ceci n’était pas pour me déplaire. Cependant, plus le désir de me lancer s’aiguisait, plus la peur d’affronter concrètement Paris me pétrifiait. Les descriptions que l’on me faisait par ailleurs des Beaux-Arts n’aidaient pas à surmonter mes réticences face à cet univers inconnu. Puits sans fond et lieu de perdition par excellence, je ne sortirais de cette institution que la trentaine passée, me disait-on pour me décourager de m’engager dans l’aventure. Je souhaitais enfin, en cas de crise majeure avec ma famille, être en mesure de me libérer rapidement de leur tutelle matérielle. Ceci impliquait que je sois dans la possibilité d’assurer des voies de sortie aux étapes majeures d’un parcours dont j’ignorais la durée, mais dont je pressentais qu’il serait long. Finalement, j’arrivais à la conclusion que je n’étais pas mûr pour franchir ce pas décisif et qu’il me fallait définir une stratégie de petits pas, quitte à en imaginer d’emblée un nombre plus grand.

Je décidais donc d’assurer cette première marche en m’inscrivant plus modestement en année de propédeutique scientifique dans une ville voisine. Cette ville venait juste d’être autorisée par le Ministère à délivrer ce premier diplôme universitaire. Pour le démarrage de l’opération, l’enseignement y étant donné par des universitaires parisiens. N’étant pas prévu qu’elle soit en mesure de délivrer les diplômes supérieurs dans les toutes prochaines années, il était entendu que la voie qui s’ouvrirait aux étudiants issus de cette première année serait une poursuite de leurs études à Paris. Ainsi ai-je fait le choix de poursuivre ma formation en Mathématiques, en Physique et en Chimie, seules disciplines inscrites au programme de cette première année, afin de me permettre de surseoir à la décision qui m’engagerait de manière plus irréversible.

J’avais surtout fait le choix de me diriger vers Paris, mais au pas mesuré du montagnard. J’engageais donc une marche d’approche, pour me préparer aux vrais sommets.

Marche d’approche

Cette première année post-baccalauréat n’eut guère d’universitaire que le nom. Il est probable que j’avais besoin, pour mûrir mon cheminement, d’une année de transition de ce type. Contrairement à nos pratiques hexagonales, les anglo-saxons favorisent d’ailleurs souvent le départ de leurs jeunes à l’extérieur du pays pendant une année, avant qu’ils n’abordent sérieusement leur cursus universitaire proprement dit. Toutes proportions gardées, c’est une expérience de ce type que j’ai vécue pendant cette année. Nous n’étions en effet que quelques dizaines à avoir sollicité notre inscription dans ce tout nouveau centre. Alors que l’idée initiale par cette initiative était de déconcentrer une Sorbonne explosant dans des murs trop étroits, nous ne comptions que peu, voire pas de parisiens parmi nous. Les cours étaient donnés dans un château classé du XVIIIème siècle, demeure pour le moins inadaptée à cette fonction improvisée. A celle-ci était attachée une immense propriété boisée, où les esprits aptes à développer leur sensibilité architecturale ou urbanistique pouvaient à loisir imaginer un futur campus à l’anglo-saxonne, alliant sur le même site activités universitaires et urbaines. On ne voyait pour l’heure que la lande qui s’étendait à perte de vue sur plusieurs centaines d’hectares et les premières pierres étaient loin d’être posées ! Au niveau de la formation proprement dite, les professeurs volontaires pour ce type d’expérience n’enthousiasmaient pas leur maigre auditoire, par ailleurs de niveau très hétérogène. Très vite une coupure se dessina entre les étudiants endogènes qui désertaient rapidement le site après les cours et les étudiants venant de l’extérieur, dont je faisais partie. Nous logions, quant à nous, dans un autre petit château, fort agréable et au sein duquel régnait une atmosphère de potaches, tant certains d’entre nous étaient prompts à engendrer des situations cocasses ou à créer des gags délirants. On le voit, l’atmosphère qui régnait dans cette gentilhommière n’était guère propice à l’étude. La maison offrait néanmoins suffisamment de recoins et de soupentes aisément aménageables pour ceux qui désiraient s’isoler pour travailler.

Cette année me permit essentiellement d’apprendre à dompter une liberté nouvellement acquise, liberté que j’étais bien décidé à n’aliéner sous aucun prétexte, mais que je souhaitais canaliser pour conquérir mon indépendance d’adulte. Les examens du mois de juin suivant ne virent que très peu d’élus, dont je faisais heureusement partie. Les premiers pas de mon expédition avaient ainsi été parcourus honorablement. J’avais, ce faisant, obtenu mon passeport pour Paris. J’avais également profité de cette année pour acquérir mon permis de conduire, espace de liberté supplémentaire que je considérais comme des plus importants.

Lorsque l’on évoquait Paris depuis la Beauce, c’était bien naturellement à l’ensemble de la région parisienne que l’on se référait. Il était en effet clair pour moi que je ne pourrais être d’emblée inscrit au cœur de Paris pour la suite de mon cursus. La sectorisation universitaire faisait en effet que, hormis pour les étudiants aisés qui pouvaient se prévaloir d’un logement à Paris et dont je ne faisais pas partie, les portes de la Sorbonne ne s’ouvraient pas au premier venu. Au niveau des sciences, les enseignements avaient depuis longtemps débordé ses murs pour se déployer partiellement sur la Montagne Sainte Geneviève, la « montagne » comme la dénomment affectueusement ses universitaires. Toutefois, le projet de déplacement de la faculté des sciences de Paris dans des bâtiments modernes et mieux adaptés, à construire au pied de la montagne sur le périmètre occupé par la Halle aux vins, marquait le pas depuis plusieurs années. La création d’un nouveau site universitaire extra-muros, au sud de Paris, progressait en revanche à grands pas. Situé sur la commune d’Orsay, ce domaine était relié en une petite heure par une ligne de métro train directement au Jardin du Luxembourg. C’est donc tout naturellement vers la toute nouvelle faculté des sciences d’Orsay que nous fûmes aiguillés, une orientation qui me convenait parfaitement.

La Gare d’Austerlitz, le Jardin des Plantes et les Quais de la Seine furent les premières images que je découvrais à l’automne 1962 de ce que devait être mon nouvel univers. De là, le trajet pour Orsay empruntait le métro qui, via la Place d’Italie, me conduisait à la station Denfert-Rochereau. J’y attendais alors le train de la « ligne de Sceaux » pour Orsay. Cette ligne, aujourd’hui intégrée au réseau RER B, avait été initialement créée pour permettre aux parisiens de gagner, à partir de la station de métro Luxembourg, la campagne résidentielle de Sceaux. Une fourche de bifurcation avait ultérieurement permis d’en ajouter une seconde rejoignant Massy. Au-delà, la SNCF prenait le relais pour desservir un ensemble de charmants villages le long de la vallée de Chevreuse, dont certains étaient devenus partiellement résidentiels, et ce jusqu’à son terminus Saint-Rémy-les-Chevreuse. Les trains desservant Orsay n’étaient pas très nombreux et se déplaçaient à leur rythme. J’aimais ce trajet dont je m’appropriais rapidement toutes les stations, celles situées après Massy-Palaiseau marquant pour moi l’arrivée à la campagne. La descente à la station Orsay-ville nous conduisait aisément, après avoir traversé la rivière de l’Yvette, au cœur du nouveau campus qui se déployait dans le parc du château de Launay. Cette bâtisse avait désormais vocation à abriter le doyen de la nouvelle faculté et l’administration universitaire. Elle constituait donc tout naturellement un repère pour tout nouvel arrivant.

L’idée de donner à la communauté scientifique un appel d’air nécessaire à son développement avait été avancée dès la période du Front populaire, sous l’impulsion d’Irène et de Frédéric Joliot-Curie. Le site en avait été arrêté après la deuxième guerre mondiale, sur proposition de ce dernier, le domaine d’Orsay ayant été réquisitionné pour fait de collaboration de la part de son propriétaire. La faculté avait été officiellement créée en 1955. Autour du château qui demeurait le dernier témoin de l’histoire du lieu, de nombreux bâtiments abritant amphithéâtres, salles de cours, salles de travaux pratiques et laboratoires de recherche, étaient déjà présents. Une bibliothèque imposante était en cours de construction et un restaurant universitaire donnant sur le parc était opérationnel, signe que l’étudiant pourrait y trouver à terme les nourritures essentielles à son développement. Une série de laboratoires, légèrement excentrés par rapport au groupe précédent, étaient par ailleurs espacés le long de l’Yvette en direction de Bures-sur-Yvette, prochain village sur la ligne. Pour l’ensemble des constructions, un parti pris architectural avait été imposé, sous la signature notamment de l’architecte et ingénieur Urbain Cassan, qui définissait des bâtiments de faible hauteur à structure en béton recouverts d’un crépi de couleur rose et munis de baies vitrées de taille conséquente et de couleur verte, basculant autour d’un axe horizontal. L’ensemble affichait cohérence et sérieux, style que d’aucuns avaient tôt fait de qualifier de soviétique, une expression qui n’était toutefois pas du goût de tous. Le personnel universitaire avait, au début semble-t-il, rechigné à investir ce nouveau « Quartier Latin » à la campagne, dont la qualité scientifique leur paraissait loin d’être garantie. L’impulsion décisive avait toutefois été donnée par quelques maîtres éminents qui firent le choix de s’y déplacer, avec pour modèle le développement d’une université ressemblant davantage à un campus américain moderne. Par ailleurs, la politique d’implantations d’équipements uniques sur le site tels que des accélérateurs de particules, avaient finalement permis d’attirer des jeunes professeurs et chercheurs de qualité. Dans l’esprit de ses bâtisseurs, Orsay devait pouvoir un jour rimer avec Berkeley.

L’étudiant que j’étais réalisait qu’il se déplaçait désormais dans un autre monde, un monde clos et disjoint de celui des habitants de la vallée, un monde qui concentrait nombre d’éminents scientifiques, dont il ignorait pratiquement tout et qui bien évidemment l’ignorait. Les noms des laboratoires qui s’affichaient tous les jours sur le parcours qui le conduisait à ses cours, tels que « Accélérateur Linéaire », « Accélérateur Vertical », « Institut de Physique Nucléaire » ou « Institut d’Electronique Fondamentale » l’impressionnaient comme autant de forteresses aux portes closes. En foulant du pied la boue générée en permanence par tous les nouveaux chantiers qui sortaient de terre, il espérait secrètement que, dans une période où tout semblait croître exponentiellement et où la démarche scientifique représentait pour lui une source de progrès, il pourrait un jour les découvrir de l’intérieur.

Années monacales

L’objectif que je m’étais fixé en m’inscrivant à Orsay était l’obtention d’une Licence, diplôme dont j’appris seulement bien plus tard que sa délivrance constituait une prérogative historique et exclusive de l’université. Avec le baccalauréat et le doctorat, ce diplôme était en effet déjà l’apanage des universités médiévales françaises. Au sortir de la dernière guerre mondiale, le titre de licencié était délivré au vu de l’obtention de quatre gros certificats, dont le choix était largement prédéfini par la coloration de la licence que l’on souhaitait acquérir. Les étudiants pouvaient s’inscrire simultanément à deux de ces certificats, de sorte que la licence devait être en principe obtenue en deux années après l’année de propédeutique. Cette configuration demeurait toutefois bien théorique. En effet, si chaque certificat ne proposait qu’un nombre relativement restreint de cours magistraux hebdomadaires, la préparation aux épreuves finales nécessitait en revanche un travail personnel conséquent. Avec le suivi des cours magistraux, ce travail personnel constituait d’ailleurs le socle de la formation universitaire. Nombre d’étudiants devant en parallèle assurer un travail de nature alimentaire, la durée réelle du parcours universitaire, déjà supérieure à celle du cursus théorique, s’en trouvait augmentée d’autant.

Pour ce qui concernait plus spécifiquement l’enseignement des sciences en ce début des années soixante, celui-ci avait déjà fait l’objet d’aménagements importants par rapport au modèle qui avait prévalu pendant les décennies précédentes. Le cursus global de la licence avait récemment adopté un nouveau découpage en six certificats, qui se substituaient aux quatre précédents. D’un volume individuel en principe inférieur, certains de ces nouveaux certificats introduisaient une spécialisation plus grande afin d’intégrer plus rapidement dans la formation certaines évolutions récentes de la connaissance scientifique. Si chacun d’eux ne proposait toujours qu’un nombre relativement restreint de cours magistraux hebdomadaires, figuraient également un nombre conséquent de séances de travaux pratiques pour lesquels la présence était obligatoire. Avaient été également accolés à chacun des cours magistraux des séances de travaux dits « dirigés » pour lesquels la présence était fortement recommandée pour ne pas dire dans certains cas obligatoire. L’objectif affiché était d’accompagner, au sein de groupes de taille plus restreinte, les étudiants dans leur progression personnelle. Si l’idée initiale de ces enseignements complémentaires était intéressante, leur mise en place concrète n’était toutefois pas sans défaut. Il arrivait en effet que l’enseignant en charge de ces séances, peut-être frustré de ne pas délivrer lui-même l’enseignement magistral, ait tendance à utiliser ces heures pour offrir une prestation redondante ou au contraire très éloignée du cours magistral, dont il semblait quelquefois ignorer la teneur. Ceci contribuait assez souvent à transformer l’aide supposée nous être fournie en difficulté supplémentaire. Du fait de la multiplication des heures de présence sur les bancs de la faculté, la préparation simultanée de trois certificats nouvelle formule devenait matériellement très difficile. Nous apprenions certes rapidement à jouer habilement avec la répartition des épreuves entre les sessions de juin et de septembre et à utiliser la possibilité de conserver certains acquis d’une session sur l’autre, voire d’une année sur l’autre. L’obtention de cette licence deux années après l’année de propédeutique relevait malgré tout de l’exception. Dans la réalité, l’assemblage du puzzle nécessitait davantage trois années, ce diplôme constituant de fait celui que l’on pouvait acquérir après quatre années d’études universitaires post-baccalauréat. C’est probablement ce qui fut pris en compte quelques années plus tard, après que j’eus moi-même terminé ce cycle, lorsque fut officiellement introduite dans le cursus une quatrième année universitaire baptisée maîtrise.

Ces deux premières années orcéennes furent studieuses. J’avais obtenu une chambre au sein de la seule résidence universitaire ouverte à l’époque, à Bures-sur-Yvette. Cet ensemble comportait quelques centaines de chambres. Très étroites et d’une surface restreinte, elles présentaient tout juste la place pour y loger un lit, une table de travail, un lavabo et un placard. Chaque étage était équipé de quelques cabines de douches. A l’exception de terrains de sport, que je n’utilisais pas par manque de goût, je n’ai souvenir d’aucun autre équipement collectif ou culturel. La résidence était exclusivement réservée à l’accueil de garçons. L’accès aux chambres était interdit aux non-résidents et l’entrée strictement contrôlée par un gardien hébergé sur place. Je recevais de mes parents le minimum pour survivre, il me fallait donc compter. J’avais pris le parti de travailler dur à la réalisation de mon nouvel objectif. Qu’aurais-je d’ailleurs pu faire d’autre, isolé dans cette cellule quasi monacale ? Je m’accordais deux poses salutaires et rafraîchissantes à l’occasion des vacances de Noël et de Pâques, pendant lesquelles j’exerçais la fonction de moniteur de ski dans une collectivité recevant des adolescents, ainsi qu’une ou deux semaines en été. Cela me fournissait un surplus financier appréciable. Je consacrais le reste de l’été à la préparation des épreuves que j’avais planifiées pour la session de septembre. La solidarité jouait au sein de la résidence et des réseaux d’amis se nouaient, qui rendaient notre vie quotidienne plus chaleureuse. Quelques résidents disposaient d’une voiture. Des clans se formaient autour des véhicules, pour se rendre la journée à Orsay, mais aussi pour quelques escapades parisiennes, au cinéma ou à la patinoire Molitor que je découvrais. La présence de quelques voitures était également appréciée le dimanche. Ce jour-là, en effet, la vallée de Chevreuse semblait se replier sur elle-même, balayant avec un certain plaisir son orientation universitaire récente et pas toujours acceptée pour redevenir exclusivement résidentielle, oubliant volontiers que les quelques centaines d’étudiants vivant sur place avaient eux aussi besoin de se nourrir et de se distraire.

Sans être excellents, les cours que je suivis pendant ces années se situaient à un bon niveau. Il était donc possible d’acquérir en quelques années une formation scientifique de base. Certains professeurs, dont je me souviens encore parfaitement aujourd’hui, m’ont laissé un souvenir très positif. Pour d’autres, l’empreinte initiale était moins forte et la trace s’est atténuée, tout comme leurs noms que j’ai oubliés. Plusieurs amphithéâtres affichaient complet et il convenait d’arriver en avance pour obtenir une bonne place assise. Au bout de quelques semaines en revanche, d’autres ne rassemblaient plus qu’une poignée d’assidus. Les professeurs n’en étaient pas pour autant moins intéressants. Mais il était nécessaire de persévérer pour espérer, au bout d’un certain temps, comprendre leur démarche et accéder aux messages qu’ils nous délivraient. C’était pour nous une petite victoire quand nous commencions à voir se dessiner l’objet du cours et à comprendre les concepts qui étaient avancés. Le processus de maturation était alors en marche. Au fil des épreuves, les examens, eux aussi, semblaient devenir plus faciles. Les mentions, auxquelles je n’avais préalablement prêté aucune attention, surgissaient également. J’étais content lorsqu’elles étaient belles. Ainsi avais-je réussi, à l’issue de deux années, à amasser cinq certificats. Dans mon for intérieur, ce résultat me satisfaisait. Il me fallait toutefois envisager de poursuivre une année supplémentaire afin d’achever cette licence.

Assez curieusement, les professeurs n’évoquaient pratiquement jamais la démarche de recherche dans leurs cours, que ce soit pour évoquer leurs propres travaux ou l’apport de la recherche dans la discipline qu’ils enseignaient. L’université, lieu de découvertes et de création de nouveaux savoirs tout autant que lieu de leur diffusion, ne nous présentait que sa deuxième face. Je le regrettais. Des allusions au monde qu’elle cachait derrière les murs de ses laboratoires, monde qui me semblait presque toujours aussi étranger qu’au premier jour, auraient enrichi et dynamisé notre formation. La seule ouverture qu’il m’avait été donné de percevoir provenait d’un professeur de physique qui, à l’occasion d’un examen oral où il avait noté une bonne prestation de ma part à l’épreuve pratique, m’avait suggéré de le rencontrer quelques mois plus tard. Il s’occupait de croissance cristalline et m’avait laissé entendre qu’il pouvait me faire entrer dans son laboratoire. Bien que n’ayant pas réellement saisi les enjeux scientifiques qui le motivaient à faire croître des cristaux à partir de molécules en solution, cette perspective m’avait occupé l’esprit pendant plusieurs mois. Lorsque je le contactais comme convenu, j’eus la désagréable surprise de constater qu’il avait soit oublié les propos qu’il m’avait tenus, soit que mon profil ne l’intéressait plus. J’avais toutefois noté que des portes pourraient s’ouvrir pour me permettre de côtoyer la recherche.

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