La Guinée a eu 55 ans

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J'ai assisté, révolté, impuissant et attristé, à l'enlisement de la Guinée, dans une impasse profonde dans tous les domaines : moral, politique, économique, socioculturel. Au soir de ma vie, je consacre les forces qui me restent à témoigner du parcours de notre pays. J'ai dénoncé les crimes politiques que les différents présidents ont ordonnés pour se maintenir à la tête de la Guinée. Je dédie ce volume à la jeunesse guinéenne, je lui fais confiance pour relever les défis de l'incapacité des dirigeants successifs pour construire un État démocratique, capable de protéger et de nourrir ses habitants. Vive la Guinée !
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140001901
Nombre de pages : 270
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La Guinée a eu 55 ans Et maintenant ?
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08337-7 EAN : 9782343083377
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La Guinée a eu 55 ans…
Dr. Thierno Bah La Guinée a eu 55 ans… Et maintenant ?
OUVRAGES DU MÊME AUTEUR
Mon combatpour la Guinée, Karthala, 1996. Trente ans de violences politiques en Guinée : 1954-1984, L’Harmattan, 2009. Conakry : La République des voleurs, L’Harmattan, 2013.Unité nationale et développement en Guinée, en collaboration avec Condé Julien, 1991. Le calvaire du Peuple du Guinée, avec Condé Julien, 1992. Quelle démocratie en Guinée en 2003 ?, avec Mme Bangoura Dominique et autres, L’Harmattan, 2003.
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PRÉFACE
e En me demandant de faire la préface de ce 5 livre consacré à son témoignage sur le parcours de la République de Guinée dans la scène internationale, j’ai compris que le docteur Thierno Bah souhaitait que je complète les résultats des actions que nous avons menées avec l’AICSF, la CAGF et les autres associa-tions. Ce privilège me touche, m’honore et me stimule. Arrivé à l’âge de 80 ans, il nous annonce son retrait de la scène publique. Pour autant, il maintient le contact avec la communauté gui-néenne, africaine et européenne. Pour cela il a établi un réseau de partenaires et de groupe de travail autour de thèmes ouverts sur tous les sujets du passé, de l’actualité et du futur. Grâce à cette méthode de travail, nous avons repéré deux camps dans notre communauté. Il y a ceux qui luttent pour ac-céder au pouvoir et l’argent. Il y a ceux qui cultivent les actions d’entraide et de solidarité ici et avec nos Familles là-bas. Le premier camp lutte pour ses intérêts personnels, égoïstes et ma-térialistes. Le deuxième camp privilégie l’union autour de chantiers à usage collectif en faveur des populations abandon-nées par les pouvoirs publics. En 25 ans d’efforts, de 1990 à 2015, nous avons unis les Africains dans des associations rassemblant les compatriotes. Ils sont passés de leur posture ethnique au statut citoyen. Ce cli-vage nous a permis de repérer le profil psycho-social sur lequel il faut travailler pour former les dirigeants. Il importe d’entretenir cette ligne de partage d’ambitions des uns et des autres.
Nous accompagnons les Familles en faisant du soutien sco-laire. Nous intervenons dans les lycées et collèges pour sensibiliser les élèves, notamment ceux issus de l’immigration. Nous leur exposons nos valeurs morales et sociales et repères socio-culturels. Ces jeunes sont souvent en panne et en diffi-cultés scolaires. Ils sont des proies des prédateurs qui les mènent à la délinquance. Nous leur apportons l’expérience de nos parcours scolaires, socioculturels et professionnels. Ils nous renvoient les causes de leurs difficultés. Celles-ci sont dans les Familles, à l’école et dans le quartier. Nos actions sont certes modiques, leurs impacts. Mais elles contribuent parfois à des changements de ces comportements de ces jeunes déshérités. En excitant leur fierté, on les appelle à changer leurs pratiques et leurs relations sociales. Quelques exemples que nous avons vécus illustrent quelques résultats obtenus. Des jeunes franco-africains, nés et grandis en France sont partis en pour la première fois en Afrique noire pour un premier contact avec leur pays d’origine. C’était dans le cadre d’un chantier de solidarité internationale en 2002. Treize après cette opération, certains participants se sont retrouvés avec joie au hasard de rencontres de quartier. Au cours de la conversa-tion, ils nous apprennent que l’un est pro fesseur d’histoire, un autre travaille dans la police et le troisième est cuisinier dans un restaurant. Ces convois de chantier comprenaient des jeunes que leurs parents voulaient à la délinquance. En 1995 sous l’impulsion du Comité International pour le Rassemblement et le Retour des Guinéens, CIRREG, nous avons invité toutes les associations préfectorales guinéennes, notamment l’ACTOG regroupant les cadres, les groupes de réflexion et les artistes à une concertation pour un tour de table sur nos conditions de vie dans notre pays d’accueil, la France. Nous avons associé à cette démarche l’Association Internatio-nale Culture sans Frontière, AICSF, partenaire privilégié des Guinéens. En 1996, nous avons rétabli la tradition de célébrer ensemble la fête nationale interrompue depuis 30 ans. Le 4 octobre 1996 nous avons organisé une journée culturelle qui a réuni les res-sortissants de tous les groupes ethniques et socioculturels dans la grande salle des fêtes de Saint-Denis. Ce rassemblement a
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mobilisé les familles guinéennes qui ont manifesté leur im-mense joie de manger ensemble, de vivre ensemble et partager l’héritage culturel avec ce frère qui est mon miroir et que je ne connaissais pas alors que je le croise chaque jour. Cette journée culturelle a associé les Africains et les Européens, Amis de Guinéens et de la Guinée. Cette ambiance a donné l’envie et le désir de se retrouver régulièrement pour parler et réfléchir sur les conditions de vie dans notre pays d’accueil, la France. Pendant toute l’année 1996 nous avons organisé un dialogue brouhaha, en partenariat avec l’AICSF. A cet effet, nous avons convoqué une réunion mensuelle. Nous avons ouvert cette tri-bune à quiconque a quelque chose à partager avec les frères. Ce dialogue a finalement duré 18 mois- de juillet 1995 à décembre 1996. Il a permis aux Africains de se rencontrer, de nouer des relations e de se découvrir. Cette période de concertation des diasporas africaines a coïncidé avec la tenue des Assises régionales de la coopération décentralisée. Ces rencontres débouchent sur la mise en place du FORIM, Forum des Associations issues de l’Immigration. Les Guinéens ont participé activement à cette étape d’organisation. Ils y occupent des postes de responsabilité im-portants. Pour être légitimes, elles se rassemblent en PLATE-FORME, Coordination, Collectif, Conseil Supérieur, Haut Conseil. C’est ainsi que sont créés la Plateforme Africaine, les Con-seils Supérieurs des Maliens, des Sénégalais de France. Face à cette dispersion des Guinéens et des autres Africains, nous conjuguons les efforts pour entretenir la célébration des fêtes nationales. Cet acquis reste le ciment le plus solide pour main-tenir les relations rétablies. Il a été conquis grâce à la contribution de nos frères de culture traditionnelle qui ont ap-porté l’esprit de transmission de nos valeurs morales et socioculturelles. Ce volet culturel réintroduit le sens du respect dans l’éducation de nos enfants, nés et grandis dans le pays d’accueil de nos familles. Il fait de nous les gardiens de nos traditions et coutumes. Nous portons en nous ces comportements. Le docteur Thierno Bah est un militant associatif depuis plus d’un demi-siècle. Il est toujours présent aux invitations qu’il
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