La Main qui soigne et qui aime

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Ce recueil est le fruit de 30 années d'expérience passées parmi des vieux et des vieilles qui ont le mal de vieillir et qui ont cette peur ineffable de la toute Fin.
Les différents textes décrivent un milieu de vie fascinant mais combien éprouvant dans un lieu redoutable que l'on nomme CHSLD (centre d'hébergement de soins de longue durée).
Ces gens ne demandent pas mieux que l'on prête yeux et oreilles.
Or, un bref coup d'œil à ce manuscrit et vous serez transportés par tout un univers où la vie se veut à la fois trépidante et fragile.


Publié le : mercredi 26 août 2015
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EAN13 : 9782332991485
Nombre de pages : 120
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-99146-1

 

© Edilivre, 2015

Remerciements

Quelques mots pour toi Raymonde qui m’a fait découvrir tout un monde. Notamment appelé CHSLD. Un monde à la fois fort et vulnérable. Un monde qu’il m’ait peine à abandonner car il m’a fait surgir maints frissons et maintes réflexions.

À toi Ritha, à la fois grande sœur et mentor. Tu as su faire jaillir en moi une philosophie de vie qui ensorcèle et unifie. Notre complicité ne peut que s’accroître et grandir dans l’estime que nous avons pour la vie et ses petites folies.

À ma mère, belle amie qui n’est plus, à mon père qui, lui aussi me manque, ainsi qu’à mes êtres chers disparus qui m’ont inspirée et encouragée à poursuivre et à créer.

Finalement, pour tous ceux que j’affectionne, plus particulièrement l’homme de ma vie dear Rade qui, de par sa grande sagesse, sa force de vieillir et son goût indéniable de vivre, me fait apprécier largement le temps qui passe. Puis, comment passer sous silence mes chers enfants Marilyn et Nicholas qui ne cessent de rendre plus douce, plus belle ma vie.

 

Avant-propos

Me voilà rendue à un âge où l’on ne peut rester indifférente aux années qui passent. Les heures, les minutes, les secondes même ont toutes leur valeur et leur appréciation.

Dès notre naissance, le temps, la vie ne cesse de nous transformer. Étant régie par des hauts et des bas, ne faut-il pas s’adapter et s’ajuster aux différentes affres que cette vraie vie peut susciter ? Ne faut-il pas bien vieillir, ensemble, jeunes et vieux, sur cette Terre franchement belle et nourricière ?

Vieux et vieilles avec qui j’ai partagé le tiers de ma vie m’ont beaucoup donné à réfléchir. Ils m’ont appris avant tout à ne point s’affaisser mais plutôt s’accrocher à ce qu’il y a de plus simple, de plus pur et de plus beau. Allant d’une simple poignée de mains, d’un sourire ou encore d’un câlin, un certain bonheur en serait ainsi atteint.

Qu’il vaille choisir entre vivre et mourir, entre les deux, il n’y a que nous pour y découvrir les p’tits bonheurs, les p’tites douceurs tant recherchés. Nous y expérimenterons des moments ultimes grâce au regard à la fois tendre et passionné que nous voudrons bien y poser.

Doux souvenirs…

Bien que l’on en dise, la vie regorge de très bons souvenirs jusqu’à ce que mort s’ensuive. Père et mère qui m’ont fait naître et qui m’ont prodigué soins et bien-être furent pour moi une grande source d’inspiration. Tout au long de leur vie, ils ont su semer ce qu’il y a de plus merveilleux en ce bas-monde soit le goût de vivre pour chacun. Leur humanité, leur générosité, leur patience ont fait croître en sagesse des enfants devenus aujourd’hui courageux et déterminés. Mais depuis déjà neuf ans, j’avoue, leur départ m’apparaît encore cruel et déchirant. Leur présence me manque, leur absence me tenaille. Bien qu’ils nous ont quittés, je leur dois respect et révérence. Et comme tout bouquin implique une première contraction, un premier battement du cœur, je me permets en ce tout début de rendre un premier hommage à deux êtres dont les souvenirs n’en finissent plus de finir…

Donner un sens à ton départ,
c’est comprendre un peu plus la magie du destin

Cher père,

Pourrais-je un jour te parler de la vie, ses étoiles, ses amours, ses mélodies ? Pourrais-je un jour te parler de la mort, son rythme, sa couleur, ses silences ? Je m’y attarde. Seule, une fois de plus.

Trouverais-je les mots qui pourront saisir en moi l’inaccessible, l’inaltérable ? Trouverais-je les mots magiques qui pourront attirer d’ici ou de loin ceux qui aiment et qui écoutent encore ?

À regarder ton visage parfois crispé, je réalise que nous sommes ensemble à ressentir les vibrations tordues de la toute Fin. Nous sommes ensemble à abandonner les p’tites choses et notre profonde humanité. Ensemble aussi à oublier les blessures douloureuses de la vie. À oublier surtout celles que le cœur a tant pleurées.

Comment ne pas sentir cette peur insoutenable et ce Silence qui t’effraie tant ? Ta grande lucidité m’étonne, me déconcerte. Toute la vie durant, ne sommes-nous pas à la recherche de bien-être, de plaisir, de volupté et pourquoi pas d’une douce Marie-Madeleine ? Puis, vint l’ultime instant où nous devons renoncer à tous ces petits trésors jalousement gardés. C’est alors que la mort espionne, que le cœur endure, que le corps décline.

Comment se résigner à partir ?

Là-bas, des êtres chers s’apprêtent à t’accueillir

Ici, ne désires-tu pas encore t’attabler avec enfants et petits-enfants ?

Comment se résigner à partir ?

Les nuits, sans bonne compagnie, semblent hélas longues et pleines d’ennui. Cependant, la mort ne consent-elle pas à la libération la plus complète de l’être ? Oui, je le vois bien, cette crainte de t’en retourner seul te hante sans cesse. Et, tel un homme de cœur, dans le tourbillon d’une valse infinie, sans gêne, ne pourrais-tu pas lancer : « Ami, viens donc mourir un peu avec moi… »

Nuit blanche

Parfois lorsque la nuit tombe, j’essaie de fermer l’œil cependant le sommeil ne vient toujours pas. Mes idées se pressent sous ma plume puis me voilà entraînée à nouveau dans ce douloureux tourbillon d’appellations et de mots. De simples mots pour te dire que je cède une fois de plus devant la tendresse maternelle, devant toute la chaleur humaine qui t’animent et t’habitent.

Cette fois-ci te parlerai-je de ton sourire, de tes doigts de fée qui sont l’expression d’une admirable imagination ou encore que tu es bien née sous le signe de la générosité et de la bonté ?

Oh mère, avec ta chevelure de neige et ton sourire charmeur, tu es tel un rayon de soleil qui papillonne sur chacun de nos cœurs. Bras-dessus, bras-dessous, j’ai l’impression que je marche un peu plus dans tes pensées. Ton enthousiasme pour tout ce qui est pur et beau impressionne petits et grands. Ah ! Je m’en voudrais de ne pas souligner ta soif de tout savoir, de tout connaître sur ce monde tantôt farouche, tantôt romantique. Bref, je te dis que tu es celle qui aime, celle dont on ne se lasse jamais. Tu es celle qui finalement on voudrait toujours garder pour soi tel un nouveau-né blotti amoureusement dans les bras de celle qui l’a porté, chéri et enfanté.

Mais pourquoi te revenir sinon te retenir ? Pourquoi récrire à la nuit tombée ? Des choses que j’aurais oubliées ? Le temps presse ? Des choses regrettées ? L’important n’est-ce pas de s’ouvrir jusqu’à souffrir ton grand départ qui non seulement me dérange mais aussi m’effraie. Sans toi, je change de vie. Sans toi, je réorganise celle-ci. Et la force ainsi que la détermination à vaincre les affres ici-bas n’émanent-elles pas de ton propre courage, de ta propre assurance ?

Une fois le jour levé, tout n’est pas nécessairement harmonie. Il y a, là, cette Fin avec toute la douleur et l’angoisse qu’elle habite. Fignoler cette dernière dans ses moindres entrailles marque peut-être le début de son ultime acceptation. Puis, je me demande bien pourquoi extrapoler si s’en remettre à l’ingénuité de l’instinct procure sans peine douceur et spontanéité.

S’abandonner sans craindre la folie la plus folle assure l’accomplissement d’une satisfaction profonde mais passer une nuit blanche à tes côtés m’a permise non seulement de me livrer à certains ébats littéraires mais surtout y trouver une quelconque raison d’être à tout ce qui me questionne et m’enveloppe. Et si à la nuit tombée, les mots se tiraillaient dans tous les sens, par la magie de la poésie et de la symphonie, ceux-ci se sont enfin réconciliés pour ainsi murmurer à la merveilleuse mère que tu es : « Muti, je t’aime, reste donc encore un peu. »

Ici, je croyais mettre fin à tout ce grand déploiement d’agitation et d’émotions cependant une sorte de verve inexplicable allait à mon grand soulagement déjouer mes prévisions. Février est de pluie et s’annonce harassant, principalement touchant. Mère, je sais présentement ton corps languissant et souffreteux, de plus, t’en remettre entre certaines griffes émérites te hante au plus profond de toi-même. Bonne vivante que tu étais, je présume qu’avec tous les deuils auxquels tu es maintenant confrontée, ton départ qui s’affichait tout d’abord éphémère se révèle étonnamment lent et lointain.

Deuils multiples, deuils secrets, deuils injustes, ils annoncent tous la souffrance du cœur. Et, la douleur la plus atroce, le deuil le plus cruel devant lequel il a fallu que tu t’inclines, n’est-ce pas celui de ton fils Denis qui te convie depuis toujours à l’accompagner jour et nuit. Enfant, on croit en la pérennité de la Terre et des êtres qui y respirent...

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