La Mare aux tortues

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Sépharade de Turquie, l'auteur est né au début du XXè siècle dans une petite ville anatolienne. Ces carnets personnels retracent l'histoire mouvementée d'une famille qui, malgré les épreuves de la guerre gréco-turque, de l'exil, puis de l'occupation nazie et de ses persécutions, a pu maintenir sa cohésion tout en s'intégrant à son pays d'accueil, faisant sien le vieux dicton "heureux comme Dieu en France". (www.sepharadesdulevant.fr)
Publié le : samedi 1 juin 2013
Lecture(s) : 11
EAN13 : 9782336668185
Nombre de pages : 320
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Maurice Deunailles
La Mare aux tortues
Souvenirs d’un Sépharade du Levant
Présenté par Corinne Deunailles
(SBWFVST EF .nNPJSF Série : Récits de vie / Méditerranée Orientale
La Mare aux tortues Souvenirs d’un Sépharade du Levant
Graveurs de Mémoire Cette collection, consacrée essentiellement aux récits de vie et textes autobiographiques, s’ouvre également aux études historiques *
La liste des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le sitewww.harmattan.fr
Maurice Deunailles
La Mare aux tortues Souvenirs d’un Sépharade du Levant
Présenté par Corinne Deunailles
avec le soutien d’Etsi, association de généalogie et histoire séfarades
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00621-5 EAN : 9782343006215
AVANT-PROPOS
Mon père n’était pas un homme de plume professionnel, ce qui ne l’a pas empêché de vivre un stylo à la main. Son agenda débordait de petits papiers, pense-bêtes à usages multiples, noircis de son écriture serrée. Il rédigeait des poèmes, notait des souvenirs, commentait les événements de l’actualité, alimentait le courrier des lecteurs des journaux, annotait les passages qui arrêtaient son attention au cours de ses lectures, etc. Il était doté d’une curiosité insatiable, d’une «soif de savoir », comme il disait. Boulimique mais trop impatient pour s’appliquer à combler les lacunes culturelles qu’il ressentait pourtant cruellement, il papillonnait avec enthousiasme d’un domaine à l’autre sans jamais vraiment rien approfondir. Et puis, avec l’âge, lui est venu le besoin de se rassembler autour de ses racines. En consignant ses souvenirs au gré des années, il a noué ensemble les fils épars de son histoire et a ressenti le besoin de transmettre le peu qu’il disait en connaître. Ainsi, naturellement, les textes où il se racontait se sont imposés. Son histoire, qui commence dans un petit village de Turquie e au début duXXsiècle et s’achèvera en 1997 à Paris, est celle d’un Juif sépharade du Levant, nourri de cultures métissées, juive, espagnole, turque et française, voire grecque. Son parcours est celui d’une intégration voulue et réussie. Il vouait à la France une reconnaissance éternelle pour avoir accueilli sa famille d’émigrés. S’il revendiquait ses racines et sa culture sépharade, il était réfractaire à tout communautarisme de principe, résolument européen et ouvert sur le monde. Peut-être parce que le sentiment d’exil, réel et symbolique, ne l’a jamais vraiment quitté, il a travaillé à construire lui-même l’identité que l’Histoire lui refusait.
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Finalement, le souci de transmission a dépassé le cadre familial pour devenir témoignage de l’existence d’une culture en voie de disparition. À l’occasion de cette deuxième édition deLa Mare aux tortues,qui paraît l’année du centenaire de la naissance de mon père, je me suis permis de réviser le texte, en veillant toutefois à ne pas en altérer l’écriture originale. L’objectif étant de le valoriser, il s’est agi de vérifier scrupuleusement les faits et les dates, quand cela était possible. J’ai interrogé les membres de la famille ; j’en ai retrouvé certains en Uruguay ou en Israël dont j’ignorais l’existence. J’ai entrepris des recherches, lu une foule d’ouvrages sur la Turquie et les Juifs de Smyrne. Cela m’a permis d’apporter des précisions et des compléments d’information utiles à la compréhension du contexte historique 1 et culturel . J’ai pu mener à bien cette entreprise grâce à de nombreuses personnes qui m’ont fait profiter de leur savoir et de leurs compétences, au premier rang desquelles Laurence Abensur-Hazan (auteur deSmyrne, une échelle du Levant) que je remercie à plusieurs titres. Elle m’a beaucoup aidée dans mes recherches et m’a autorisée à publier des cartes postales anciennes de sa collection personnelle ; par ailleurs, elle a contribué, à travers l’association Etsi, dont elle est un des fondateurs, à la publication des documents iconographiques qui accompagnent l’ouvrage. Je remercie aussi le professeur Henri Nahum, l’auteur desJuifs de Smyrne, qui m’a gentiment reçue, Jean-Claude Kuperminc qui m’a donné accès aux documents de la bibliothèque de l’Alliance israélite universelle,
1 On trouvera des informations complémentaires sur le site : www.sepharadesdulevant.fr 8
Erol Eliezer pour avoir guidé mes premiers pas dans mes recherches et m’avoir permis de rencontrer à Izmir Sara Pardo, mon guide sur les traces de mes ancêtres. Mes remerciements vont aussi à Serhan Kemal Saygıdu musée de la Ville d’Izmir, toujours à mon écoute, à Gabriela Tournon dont les parents uruguayens m’ont permis de retrouver mes cousins d’Amérique, au docteur Michel Paboudjian, collectionneur de cartes postales anciennes qu’il a généreusement mises à ma disposition. Ma gratitude va à tous ceux qui m’ont permis d’avancer dans mon enquête de fourmi, sans oublier les parents plus ou moins éloignés que j’ai harcelés de questions ainsi que mes lecteurs à l’œil de lynx qui ont traqué l’accord fautif du participe passé, Michèle Abela, et Michèle et Marc Vernant. Au-delà de tous ceux qui m’ont prêté leur concours, et ils sont nombreux, je veux ici remercier mon père de m’avoir laissé ce cadeau dont j’étais loin de mesurer la valeur quand, en 1995, je contribuai à la publication de ses souvenirs sans vraiment m’y intéresser. À cette époque où je l’aidais à rassembler ses textes, je n’ai pas su poser les bonnes questions — enfin pas souvent — parce que je ne comprenais pas le sens profond de sa démarche, parce que ce n’était pas le temps pour moi de m’interroger sur l’histoire familiale. Je ne saurai jamais si je l’aurais fait sansLa Mare aux tortues. Alors que je pensais me contenter de rééditer un ouvrage épuisé, je me suis prise au jeu des questions et j’ai fini par m’approprier cette enquête au fil de laquelle j’ai pu mieux déchiffrer l’identité familiale et qui m’a menée sur des territoires où je n’aurais jamais imaginé m’aventurer. Ce livre est ma pierre de Rosette. Mais il est aussi un de ces milliers de témoignages personnels et intimes qui appartiennent à l’histoire de l’humanité. Je ne pouvais pas faire moins que de contribuer modestement à valoriser cet héritage qui est désormais le bien commun de toute une famille et de tous ceux qui auront la curiosité de s’y intéresser.Corinne Deunailles
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