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L’In doch in e Nous étion s don c dan s les eaux in doch in oises et n ous apprîm es que n ous allion s rem on ter la rivière de Saigon à bord de pén ich es de débarquem en t sur les-quelles n ous serion s tr an sbordés. Mais il fallut at ten dr e n otre tour et, com m e par h asard, n ous fûm es pr évus les derniers. En fin, après avoir adm iré le tran sbordem en t de tous les autr es, n ous jouâm es à n otre tour les équi-libristes avec n os sacs m arin s bien lourds sur l’ép aule, ce qui n ’en em pêch a pas quelques-un s de quitter leu r propriétaire pour un bon bain ! La rem on tée de la rivièr e n ous obligea à slalom er entre les épaves de bateaux japonais et nous com prîm es pourquoi le com m an dan t de n otr e bateau n ’avait pas voulu s’y aven turer. Em barqués le 7 jan vier à treize h eures dix, n ous foulâm es en fin le sol d’In doch in e au port de Saigon à dix-sept heur es cin quan te. Des cam ion s de n otre groupe n ous em bar quèren t pour n ous con duire dan s un cam pem en t provisoire qui se trouvait êtr e un th éâtr e ch in ois dan s un vieux quartier . Vous dir e que n ous y avon s bien dorm i cet te n uit-là, n on ! L’én ervem en t, le br uit, les odeurs n ou-velles et, pour n ous m ettr e dan s le bain , des rafales
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d’ar m es autom atiques de tem ps en tem ps r yth m èr en t la n uit. Deux jours pour s’y faire et touch er les der n iers équipem en ts. Les arm es, par exem ple : un fusil Re-m in gton an cien m odèle avec cin q cartouch es em ballées dan s du papier et un e n ote dem an dan t un « com pte ren du par balle tirée » (sic). Cela prom ettait ! Et pour n ous rem ettre dan s le bain , m an iem en t d’ar m es et m an œ uvres à pied euren t lieu, car le len dem ain , le gén éral Leclerc devait n ous in specter. Le groupe au gr an d com plet, r an gé en carré sur un terrain de sport de Saigon , atten dit avec im patien ce l’ar rivée du « patron » qu’il n ’avait jam ais vu, sa uf e n ous, les h uit exilés du 22 FTA et le com m an dan t qui n ous avait précédés. J ’avais préven u les autr es qu’ils seraien t vite fixés sur le style du gén éral et que son speech serait san s doute court, n et et précis. Ce fut le cas et cela r essem bla à peu pr ès à ceci : — Merci d’être ven u n ous ren forcer car n ous en avion s bien besoin . Dés dem ain et peut-êtr e m êm e ce soir, vous allez relever les troupes an glaises qui tienn ent des postes dan s la périph érie de Saigon , et ce, dan s la proportion de un pour cin q. J e sais qu’au poin t de vu équipem en t et arm em en t vous êtes m al lotis, m ais je m ’en occupe et vous pouvez com pter sur m oi pour am éliorer au plus vite cette situation . J e sais que je peux com pter sur vous pour faire du bon travail et êtr e dign es de la Fran ce ! Et il s’en alla après avoir fait le tour du carr é en scrutan t de son regard bleu acier ch acun d’en tre n ous, c’est du m oin s ce que n ous r essen tion s.