La Perte de Sens

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Âmes sensibles, ne lisez pas ce livre ! Il a été écrit avec le sang. Ce sont les « hideux feuillets » d’un « carnet de damné ». C’est le testament d’un homme désespéré qui cherche un sens à l’existence. Et c’est aussi le testament du monde. Julien Pichavant est un Montaigne des temps modernes, un Montaigne schopenhauerien, un Montaigne qui philosophe avec un marteau et qui voyage dans les ténèbres de la mélancolie pour tenter de répondre, tel Hamlet, aux questions éternelles : « Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? » Il puise son savoir dans les livres et invite le lecteur à les parcourir avec lui. Ce livre est un roman sans héros. C’est un livre-parloir où le condamné reçoit ses visiteurs à la tombée de la nuit… Julien Pichavant a essayé d’écrire à sa manière le Livre total dont rêvait Mallarmé. Rarement un homme, en 3200 pages, n’aura dévoilé ses entrailles aussi crûment. Rarement un auteur n’aura sondé l’Univers aussi librement, aussi rageusement. Ce livre hors-norme et exigeant connaîtra peu de lecteurs. Peut-être serez-vous l’un d’entre eux…
Publié le : mercredi 4 novembre 2015
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EAN13 : 9791026203117
Nombre de pages : non-communiqué
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Julien Pichavant
La Perte de Sens
(entre parenthèses)
© Julien Pichavant, 2015
ISBN numérique : 979-10-262-0311-7
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Internet : www.librinova.com
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NOTICE
«C’est le plus obscur des météores ; obscur dans tous les sens du mot. C’est un mélange de brouillard et de tourmente», pourrait aujourd’hui réécrire l’un de nos poètes (Hugo). Ou bien : «Brume, tourbillon, souffle, glissement dans tous les sens, aucun point d’appui, aucun lieu de repère, aucun temps d’arrêt, un perpétuel recommencement, une trouée après l’autre, nul horizon visible, profond recul noir [...].Ou bien encore : « » Il considérait ces magnifiques rencontres des atomes qui donnent des aspects à la matière, révèlent les forces en les constatant, créent les individualités dans l’unité, les proportions dans l’étendue, l’innombrable dans l’infini, et par la lumière produisent la beauté. Ces rencontres se nouent et se dénouent sans cesse ; de là la vie et la mort. » Ou bien, pour ce travail qui apparaît à l’esprit «comme une mer» et qu’il faudrait aussi publier sous le titre d’Océan: «C’est tout un immense horizon d’idées entrevues, d’ouvrages commencés, d’ébauches, de plans, d’épures à demi éclairées, de linéaments vagues, drames, comédies, histoires, poésie, philosophie, socialisme, naturalisme, entassement d’œuvres flottantes où [la] pensée s’enfonce sans savoir si elle en reviendra. » Un dénominateur commun : cela vadans tous les sens… Un autre poète, tout aussi célèbre, parlerait quant à lui de «dérèglement». Disons que c’est un «dérèglement de tous les sens », non pas pour «arriver à l’inconnu», mais pouren partir; un dérèglementde tous les sensetdérèglement un dans tous les sens (directions, sensations, compréhensions, et tout ce que l’on désire y voir). Un dérèglement ou un règlement ? Et puis d’autres questions tourbillonnent dans un brouillard… Ce livre peut-il se faire passer pour un roman ? Peut-être, mais un roman sans héros. Une thèse ? Peut-être, mais délirante, antiacadémique. Une autobiographie ? Peut-être, mais diluée. Un poème ? Peut-être, mais farfelu. Un livre didactique ? Peut-être, mais inopérant. Un journal ? Peut-être, mais clairsemé. Un dictionnaire ? Peut-être, mais d’un alphabet oublié. Ce sont surtout, à défaut d’un genre reconnaissable, desmiscellanea. Quel est l’objet du livre ? De quoi parle-t-il ?Çaparle. C’est un livre-parloir où le condamné reçoit ses visiteurs à la tombée de la nuit… C’est un livre qui vole…Et c’est un livre qui n’a aucun équivalent. Quel qu’il soit,La Perte de Sens (entre parenthèses)bien failli ne jamais être publié. Ceci, a me direz-vous, est le sort banal de beaucoup de livres. C’est exact. Mais laissez-moi vous raconter en quelques mots son histoire telle que je la connais et y apporter quelques éléments d’information. On sortira du banal. Le tapuscrit, composé de 3210 feuilles format A4 imprimées sur le recto, non reliées, a été déposé un matin de septembre 2015 par une personne inconnue. Tous les ans, nous recevons près de deux mille paquets provenant de tous les coins de la France, et une infime partie seulement d’entre eux, après une sélection minutieuse, échoue sur mon bureau. Dont celui-ci. Les neuf dixièmes des livres que nous recevons ne font guère plus de deux cents pages. Le titre et l’épaisseur deLa Perte de Sens avaient tout d’abord intrigué le comité de lecture et avaient semblé mériter une attention particulière. Ce ne fut pas le point le plus remarquable. Nous ne disposions que de deux indices sur l’identité de l’auteur : « Julien Pichavant » (si ce nom, qui figure sur la page de garde et réapparaît à plusieurs reprises dans le livre, en tant que narrateur présumé, est effectivement le sien), ainsi qu’un bristol rédigé à la main, de la taille d’une carte postale, dont nous dévoilons ici même le contenu : «Madame, Monsieur, — Ce manuscrit qui semble achevé m’a été confié par mon ami Julien Pichavant. Il ne souhaitait pas le proposer à la publication et c’est de ma propre initiative que je vous l’ai apporté. Selon ses dires, ce livre est impubliable et n’a été écrit que dans un but personnel. Toujours selon ses dires, c’était un projet qui ne devait connaître aucune fin (sinon, malheureusement, la sienne). Lorsque je lui avais soumis l’idée de — tout de même — tenter la publication, il avait
haussé les épaules, ri et répliqué que ce serait peine perdue. (Ce que vous avez là, malgré la taille imposante, est le résultat d’un travail d’un peu plus de cinq ans.) Voici son plan, que je recopie. — Madame, Monsieur, — Veuillez —etc. » Suivait cette liste de chapitres : «Prologue / Introduction / Tabac / Langage / Être au monde / Mélancolie / Suicide / Relations / Écriture / Lecture / Art / Alcool / Philosophie / Sciences / Psychanalyse / Sagesse / Passé / Conclusion / Épilogue» C’est tout ce que nous avons (et savons). Il est inutile de préciser que, exceptés les chapitres sur laPsychanalyse et sur lePassé, et celui sur laReligion, auquel il manque des feuillets, tous accompagnaient le manuscrit (les six plus gros chapitres auraient éventuellement pu, en membra disjecta, faire l’objet de six livres distincts, ou même l’étude surHamletdu chapitre sur laMélancolie). Colophon de misère. Cette présentation énigmatique est-elle de l’auteur lui-même ? Nous n’en savons rien. Il était néanmoins de notre responsabilité de lancer une recherche. Le nom de famille Pichavant étant relativement rare, nous avions bon espoir de trouver des informations sur le fameux Julien en question, surtout dans la région nantaise, où il est né et a vécu. Ce fut en vain : les quelques Pichavant auxquels nous avons eu affaire ont juré n’avoir aucun lien avec l’auteur. Tout porte à croire, de toute façon, qu’il s’est suicidé (selon les mots de son ami et d’après la fin du livre). S’il avoue être né en 1978, quel âge avait-il en commençant ce projet ? (Trente-et-un ans, lit-on en « Introduction ». Ajoutons-y les 6 ans dont il est question vers la fin et cela ferait un total avoisinant les 37 ans, ce qui serait arithmétiquement valable.) De même, la personne à qui est dédié le livre, Clémence Martinet, n’a donné aucun résultat (trop de Martinet disséminés dans toute la France). Vous verrez que l’implication de cette personne a été funeste. Il est en outre hautement probable que Monsieur Pichavant ait écrit bien d’autres choses si l’on se réfère, en quelques endroits, aux diverses mentions et citations d’anciennes créations. À moins que cela ne soit qu’une invention. Et le titre ? Umberto Eco n’énonçait-il pas qu’«un titre doit embrouiller les idées, non les embrigader( » Apostille auNom de la rose) ? PourquoiLa Perte de Sens? Ceci peut se deviner. Avant même la conclusion, l’auteur nous en propose une explication (qui est lacunaire) : «À réfléchir sur le Moi, sur lesensdu Moi, laperteest immanquable : la perte du Moi, la perte du sens du Moi, la perte du monde, la perte du sens du monde, en bref,la perte d esensdoublement sur la préposition “ (j’insiste de”). » En un autre endroit, citant Lacan , il écrit : «La perte de sens ou, dirais-je, “la recherche des limites de la signification», aveu qui en rejoint un autre disant que «la perte de sens revêt malgré tout un sens approximatif». Mais comment comprendre(entre parenthèses)?... Nous renvoyons le lecteur à la fin de l’ouvrage, où cela est expliqué en quelques lignes, sans être absolument clarifié. Un jour, qui sait ? l’énigme sera résolue. En attendant, pensons-en ce que l’on veut (ou peut). Et puis, ce n’est pas tant une affaire de « sens » au singulier que de « sens » au pluriel. Quand, par une «théologie positive» (c’est ainsi qu’il nomme sa méthode), la Mélancolie est définie à l’aide d’une liste de participes passés qui n’en finissent plus, chaque éclaircissement du terme, lapidaire etentre parenthèses, demanderait une page entière d’éclaircissements complémentaires. En deux ou trois mots, mille mondes s’offrent à nous. Un sens n’est bien souvent qu’un double sens qu’il ne prend pas la peine d’expliciter, voire un triple sens, un quadruple sens, et c’est comme s’il laissait au lecteur des clés qui ouvrent des portes s’ouvrant elles-mêmes sur d’autres dimensions qui enrichissent le texte et ses sens selon notre degré de perspicacité. En somme, ce livre est beaucoup plus épais qu’il ne le paraît (!).
Quant au texte initial, nous n’avons eu qu’à retoucher un petit nombre de scories. Bien qu’elle soit pour le moins atypique, la mise en forme a été strictement inchangée, et l’auteur s’en défend. Il faut l’avouer, ces très longs paragraphes rendent la lecture coriace. Nous avons donc suivi les suggestions de Milan Kundera qui se trouvent dansLes testaments trahis, en adoptant une police de caractères plus grande qu’à l’ordinaire. Cela vaut la peine que nous nous en expliquions. Que dit Kundera dans son livre ? En parlant duChâteauKafka, il de regrette qu’Alexandre Vialatte, dans sa traduction, ait scindé le troisième chapitre en quatre-vingt-dix paragraphes, alors que le manuscrit n’en comportait que deux. De même, il insiste sur le fait que Kafka avait toujours souhaité que ses livres fussent imprimés en très grands caractères. Selon Kundera, ce choix «était justifié, logique, sérieux, lié à son esthétique, ou, plus concrètement, à sa façon d’articuler la prose », et il développe ensuite : «le texte qui s’écoule en un paragraphe infini est très peu lisible. L’œil ne trouve pas d’endroits où s’arrêter, où se reposer, les lignes “se perdent” facilement. Un tel texte, pour être lu avec plaisir (c’est-à-dire sans fatigue oculaire), exige des lettres relativement grandes qui rendent la lecture aisée et permettent de s’arrêter à n’importe quel moment pour savourer la beauté des phrases. » Toujours dansLes testaments trahis, il prend l’exemple de Nietzsche et de ses chapitres écrits en un seul paragraphe «pour qu’une pensée soit dite d’une seule haleineEt quand on y ». regarde de plus près, on ne voit pas que Gracq, Chamfort ou Cioran, aient disposé leurs réflexions autrement… Au moins, en respectant cet aspect de la mise en page, nous n’aurons pas trahi Monsieur Pichavant.
D’autre part, nous ne dissimulerons pas la difficulté de certains passages des chapitres intitulés « Langage » et « Être au monde », véritablement ardus. Mais ils sont à l’évidence le socle sur lequel repose toute la trame du volume, et ce qui en matérialise l’intention. De notre point de vue, le lecteur peut sans risque, parfois, sauter un ou deux paragraphes s’il bute sur certaines notions. En revanche, il nous fut impensable de supprimer la moindre ligne. Car en supprimant telle ou telle ligne, nous aurions craint d’aller trop loin, et le texte est d’un bloc, ou n’est rien. Le premier grand choc que je connus en parcourant mécaniquement toutes ces feuilles, fut d’y rencontrer des formules mathématiques ! (Des formules qui ont d’ailleurs posé des problèmes typographiques…) Que venaient-elles faire dans cette galère ? Je retrouvai instantanément la même sensation qui m’avait assailli lorsque, tout jeune, j’étais tombé sur le quatrième chapitre du roman de Jules Verne,Autour de la Lunepartie amorcée avec (seconde De la Terre à la Lune) : un mélange de cauchemar et de fascination, et j’étais horrifié et intrigué par cette algèbre venue de nulle part, et surtout (je m’en souviens parfaitement) par son «intégrale de l’équation des forces vivesdans»… Je n’oublierai pas non plus cette page de Georges Perec La vie mode d’emploi… Tous ces signes incompréhensibles ! Le chapitre intitulé « Sciences » effraie avec toute sa cabalistique ! (Sans avoir jamais fait de mathématiques d’un haut niveau, avec un peu d’efforts, on peut comprendre ! On peut même aimer ce qui se déploie sous nos yeux !) Le rapprochement des genres est surprenant : peut-on affirmer en cela que Monsieur Pichavant est un mathématicien de la Mélancolie ? Ou un adepte de la gématrie du verbe ? C’estL’Artet la Sciencede Hugo ! DansL’Immortalité, Kundera regrette qu’il n’y ait pas de «mathématique existentielle». Expression qui est, selon Avenarius, son interlocuteur, une «excellente trouvaille». C’est mon opinion. Et l’une des maximes de Novalis , auteur si cher à Pichavant, ne dit-elle pas que «l’algèbre c’est la poésie» ? Il me semble que Pichavant a essayé, en maniant les mathématiques et l’existence, d’arriver à cela. Cela séduirait-il Kundera ? La mathématique de l’existence ! Cette immixtion des mathématiques dans la littérature, cela ressemble fort à la découverte faite par Thomas Bernhard après la mort de son grand-père, la «découverte que la littérature peut amener la solution mathématique de votre vie et, à chaque instant également de votre propre existence, quand on la met en mouvement et qu’on la pratique en tant que mathématicien donc, avec le temps, comme un art supérieur, finalement comme l’art mathématique suprême qu’il faut d’abord posséder complètement pour pouvoir la qualifier d’acte de lecture» (Le Souffle). N’est-il pas ? Mais d’où lui vient donc, à cet
étrange et inclassable Pichavant, cette volonté d’avancer, de comprendre par tous les moyens (surtout les plus originaux) ? Quel atavisme à dépouiller le sens ! Et que dire du rapprochement des individus ? Dans un même creuset sont mêlés, parmi les plus célèbres, Emmanuel Kant, Albert Einstein, Victor Hugo, Bouddha, Jésus-Christ, Sigmund Freud , Anton Tchékhov, Pierre Desproges, Edgar Poe, Ludwig van Beethoven , Stephen King, Michael Jordan, Vincent van Gogh… Le lecteur attentif et expert remarquera peut-être quelques variations de style, quelques inégalités dans la langue qui vont de la plus soutenue à la plus simple, de la plus étouffante à la plus aérée, de la plus angoissante à la plus légère. Sans doute des accalmies en sont-elles la cause. Comment un esprit peut-il cavalcader sans cesse accompagné de la mélancolie sans se perdre tout à fait («La Perte de sens, ce livre qui donne libre cours à la Mélancolie et qui m’achemine vers un inconnu mortifère») ? À moins qu’il ne se soitréellementperdu, qu’il ne se soit sacrifié en offrande, solidement accroché au sens vacant… Passée la première moitié de l’ouvrage, le style se soutient de moins en moins. En somme, notre principale difficulté dans l’affaire s’est bornée à vérifier l’exactitude des citations et à nous occuper des ayants droit qui s’y rattachent.La Perte de Sens (entre parenthèses) contient en effet une quantité prodigieuse de citations. Personne n’a jamais vu cela dans l’histoire du monde de l’édition. Certaines citations sont d’ailleurs d’une longueur qui n’est pas banale. Cette façon de faire n’est pas sans rappeler lesEssaisde Montaigne, mais le sujet qui nous occupe ici est, comparé à ceux-ci, indéniablement plussombre. Un Montaigne schopenhauerien, un Burton futuriste (et passéiste). C’est le livre du désespoir le plus noir, l’œuvre d’un homme qui cherche lesensde l’existence tout en sachant qu’il ne le trouvera pas, si ce n’est dans son acte d’écriture, et qui, pour autant, de-ci de-là, ne se départit pas d’un sens de l’humournoir. Pour en revenir aux citations, j’oserai émettre deux jugements sans conséquence, qui n’engagent que moi (que les propos de l’« Introduction », vous le constaterez, récusent) : nous pensons que les citations ornent le texte de l’auteur plus souvent que les citations n’ornent son texte, et que leur grand nombre, s’il est un grand atout et la preuve d’un travail énorme, n’en noie pas moins le texte à certains moments. C’est pourquoi l’auteur se cache plus qu’il ne se dévoile, mais c’est aussi sa manière de se dévoiler : en se cachant. Voyez, dès les citations placées en début d’ouvrage : un auteur en mit-il jamais autant en exergue ? Oui, il y aurait bien Herman Melville avec sonMoby Dick… Julien Pichavant ou le cachalot — sans grosse tête ? (N’est-ce pas Walter Benjamin qui formait le vœu d’écrire un texte —LeLivre des passagesuniquement composé de citations ? Guy — Debord ne s’y essaya-t-il pas avec sesMémoires? Plus près de nous, en 1989, Yak Rivais tenta l’expérience avec sesDemoiselles d’A., que je n’ai pas lu. L’art du « centon » est vieux ème comme le monde. En tout cas, il ne date pas d’hier : il avait déjà le vent en poupe au XVI siècle (on l’appelait également « pasquil » ou « pasquin »), et Juste Lipse, avec sesPolitiques, en est un digne représentant. En remontant plus loin encore, on trouve lesHomerici Centones de Christo, une vie de Jésus entièrement écrite en empruntant des vers àL’Iliade et de L’Odyssée! On doit cet exploit à Eudoxie, épouse de l’empereur Théodose II, qui vécut au ème V siècle. En 1679 parut un remarquable centon, œuvre de Théodore Desjardins, d’une longueur de 4333 vers issus de 163 auteurs différents... Notons tout de même qu’un grand nombre de « centonistes » ne renseignent pas leurs sources…)
Encore un mot. L’ordre des chapitres a son importance et respecte la logique de la progression menant à la mélancolie, qui est le thème central. Par exemple, le chapitre sur le « Tabac ». Le « Prologue » témoigne du fait que l’auteur semblait avoir perdu la faculté d’écrire, et c’est justement le tabac qui lui aurait permis de la recouvrer et de commencer son livre. Enfin, je ne doute pas qu’il convienne de bien respecter la « règle » tirée du très ésotérique
« Appel-avertissement », qui recommande de liretrès lentement. Insatiable arrangeur de mots, Julien Pichavant est à prendre à la lettre, ou, pour mieux m’exprimer (comme il le ferait ?), il est à prendrejusqu’à la lettre. — «Tel en l’alunissage» : dès les premiers mots, des notes, une sonorité d’un nouveau monde ! Était-ce prémédité ? Nous ne le saurons jamais…Tel en l’aluTel en l’aluJ’ai certainement été trop long. Et je m’aperçois que Julien Pichavant m’a inoculé le virus de la citation ! Je referme donc laparenthèsecette notice et vous laisse à la lecture de ce que de j’appellerais unessai autobiographiquesi je n’avais pas la certitude que l’auteur n’approuverait pas cette dénomination. Je rectifie donc : unvoyage mélancolique dans les contrée obscures d’un homme délirant entouré de ses livres ténébreux. Que les ténèbres soient affectueuses avec lui, où qu’il soit. Joseph Cetia-Lessec
La Perte de Sens (entre parenthèses)
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