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La Politique à mes trousses

De
105 pages
L'auteur, spécialiste de géostratégie, évoque son enfance au Liban, sa venue en France pour ses études puis sa carrière de conseiller auprès de personnalités politiques du Liban, de la Centrafrique, des Comores et d'Haïti. Il nous fait pénétrer dans les méandres de la politique libanaise et africaine, et évoque les stratégies pertinentes et les solutions de sortie de crise qu'il préconisa alors pour ces Etats.
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La Politique à mes trousses

Jean-Marc ARACTINGI

La Politique à mes trousses
Du Liban au Centrafrique, des Comores à Haiïi...

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris

FRANCE
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Kônyvesbolt Kossuth L. u. 14-16

Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Adm. ; BP243, KIN XI Université de Kinshasa - RDC

Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

1053 Budapest

A ma Lydia

Mon histoire commence à Beyrouth, dans une grande famille libanaise. A la différence des autres grandes familles, comme les Frangié, les Jumblat et les Gemayel, qui sont ancrées politiquement dans l'histoire du Liban, les personnes composant la mienne, étaient plutôt des technocrates. A Damas en Syrie, dans le quartier chrétien de Bab Tourna, mon arrière-grand-père paternel avait une demeure, que l'on peut qualifier de palais. Je me souviens d'avoir été émerveillé par sa richesse et sa beauté, lorsque mes parents nous y emmenaient, mes deux frères, ma sœur et moi, pendant nos vacances. Quand nous partions en voiture de Beyrouth, au début des années 50 pour rendre visite à mes grands-parents, je ressentais pendant le voyage une grande joie, qui me transportait tout le long du trajet. Elle devenait de plus en plus forte alors que nous nous rapprochions, car pour l'enfant que j'étais, âgé d'à peine huit ans, cette résidence était pour moi un palais magique, comme celui que je trouvais dans mes livres de lecture. A cette époque mes grands-parents recevaient des personnalités, qui faisaient parties des connaissances de mon oncle Alexandre. Il avait été l'un des premiers à l'école militaire de Homs en Syrie, école qui regroupait des officiers libanais et syriens. C'est ainsi que mes grands-parents ont accueilli chez eux, le général Chéhab, fondateur de l'armée libanaise et qui allait devenir le futur Président de la République libanaise. Puis parmi tant d'autres que j'aurais du mal à citer, le général Jamil Lahoud, père de l'actuel Président Emile Lahoud. Je me souviens aussi que mon père, Gabriel, avait été amené, de par son métier d'ingénieur civil, à faire plusieurs travaux d'infrastructure en Syrie et au Liban. Il 9

avait construit notamment les bâtiments de l'aérodrome militaire de Rayak, situé dans la Bekaa. C'est ainsi qu'il avait fait la connaissance de la famille Skaff, très connue au Liban et bien implantée politiquement dans la région de la Bekaa, surtout à Zahlé. A la suite de cette rencontre et de ce lien d'amitié avec cette famille, mon père a élargi ses connaissances dans les milieux politiques. Joseph, un de mes oncles, était directeur général de la Santé et officier de la Légion d'honneur. Très réputé en Syrie, il était considéré comme le "ministre de la santé", poste qu'il occupa pendant plusieurs décennies. Jean, un autre de mes oncles, avait fait ses études à l'école de médecine Saint Joseph des Jésuites et avait pour camarade Pierre Gemayel, qui par la suite a fondé le parti phalangiste. Mais malgré toutes leurs relations, ni mon père, ni mes oncles ne se sont jamais engagés dans un parti, ils tenaient trop à leur indépendance. Non, c'était juste des connaissances et des amis qui étaient politiquement hautsplacés. Mais ces souvenirs ont dû me marquer, puisque très tôt, j'ai été intrigué et je me suis intéressé à tout ce qui touchait à la politique et à la diplomatie. Un autre fait très marquant a eu lieu à l'époque où je faisais ma scolarité au Petit Collège des Jésuites. Un vendredi saint, le Président Camille Chamoun nous a fait l'honneur d'assister à la messe avec nous. Il n'était pas. venu seul, il était suivi de toute la garde présidentielle. Tous étaient vêtus de beaux uniformes clinquants et quelques-uns portaient en bandoulière des tambours. Ils frappaient leurs baguettes de telle manière qu'un grondement puissant jaillissait de ces caisses à chaque sacrement. Et le prêtre, pareil à un chef d'orchestre, leur donnait le signal quand il élevait le calice vers le ciel. 10