La tyrannie de l'imprimé

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"La littérature en son sens le plus profond n'existe pas en dehors de l'intense circulation d'images, d'émotions et d'idées qui crée autour des oeuvres et de leurs auteurs une atmosphère spéciale d'admiration et de ferveur. Qu'on l'admette ou non aujourd'hui, elle suppose toujours pour qui l'aime une foi parfaitement déraisonnable, un enthousiasme quasi religieux qui pousse l'esprit le plus rassis non seulement à révérer les écrivains pour le don qu'ils ont de révéler et de signifier la vie, mais, contre tout bon sens, à croire dévotement à des types et à des êtres fictifs, qu'ils paraissent plausibles ou qu'ils se donnent eux-mêmes pour fantasmagoriques. Avec ses prophètes, ses saints, ses martyrs et quelquefois ses démons, la littérature vit de la croyance de ses adeptes les plus passionnés en ces "ailleurs" qu'elle a l'art de susciter. Et quoiqu'elle n'ait pas de dogmes à proprement parler - le culte lui suffit -, elle a ceci de commun avec la théologie qu'elle ne s'explique jamais sur les fondements de son autorité."

Etrangère à toutes les modes éphémères, Marthe Robert pose à la littérature la véritable question de la fascination qu'elle suscite, de l'extraordinaire pouvoir qu'elle exerce toujours sur son lecteur.

Pourquoi, comment et jusqu'à quel point subissons-nous la tyrannie de l'imprimé ?

Publié le : mercredi 4 avril 1984
Lecture(s) : 25
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246789949
Nombre de pages : 256
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"La littérature en son sens le plus profond n'existe pas en dehors de l'intense circulation d'images, d'émotions et d'idées qui crée autour des oeuvres et de leurs auteurs une atmosphère spéciale d'admiration et de ferveur. Qu'on l'admette ou non aujourd'hui, elle suppose toujours pour qui l'aime une foi parfaitement déraisonnable, un enthousiasme quasi religieux qui pousse l'esprit le plus rassis non seulement à révérer les écrivains pour le don qu'ils ont de révéler et de signifier la vie, mais, contre tout bon sens, à croire dévotement à des types et à des êtres fictifs, qu'ils paraissent plausibles ou qu'ils se donnent eux-mêmes pour fantasmagoriques. Avec ses prophètes, ses saints, ses martyrs et quelquefois ses démons, la littérature vit de la croyance de ses adeptes les plus passionnés en ces "ailleurs" qu'elle a l'art de susciter. Et quoiqu'elle n'ait pas de dogmes à proprement parler - le culte lui suffit -, elle a ceci de commun avec la théologie qu'elle ne s'explique jamais sur les fondements de son autorité."

Etrangère à toutes les modes éphémères, Marthe Robert pose à la littérature la véritable question de la fascination qu'elle suscite, de l'extraordinaire pouvoir qu'elle exerce toujours sur son lecteur.

Pourquoi, comment et jusqu'à quel point subissons-nous la tyrannie de l'imprimé ?

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