La vie continue...

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On ne choisit pas toujours ce qu'il nous arrive. L'insouciance de l'enfance disparaît avec le temps et on la regrette en grandissant... J'ai 18 ans et je vous raconte mon passé, mon histoire.


Publié le : mardi 3 septembre 2013
Lecture(s) : 14
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332618665
Nombre de pages : 52
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-61864-1

 

© Edilivre, 2013

1
Le commencement

L’histoire commence le 5 février 1995. Je m’appelle Mathilde. Petite fille souriante, assez capricieuse. Totalement insouciante et avec une grande envie de découvrir le monde. Les mois passent, les années passent.

J’ai deux ans et demi, quand la vie décide de m’en faire voir de toutes les couleurs. Je tombe malade. Je deviens très pâle, j’enchaîne les maladies, j’ai de la température qui ne descend plus, j’ai des douleurs osseuses. Et ça n’en finit pas.

Mes parents, très inquiets, décident d’aller voir un médecin. Celui-ci me trouve des grippes, des gastroentérites, mais rien d’anormal. Mes parents n’étant pas convaincus du tout, décident alors d’aller voir un autre médecin. Ce médecin, très inquiet également, oblige mes parents d’aller immédiatement à l’hôpital Saint Luc à Bruxelles. Il a raison, je suis malade. J’ai 2 ans et demi, je suis une enfant leucémique. Je suis atteinte de la LAL. Ce qui signifie la « Leucémie lymphoblastique aiguë. » Je suis hospitalisée durant des mois. Ma nouvelle maison est ce bâtiment affreux, tout grisonnant, avec des gens, toujours habillés en blanc et les autres n’ont plus de cheveux. Ils ont presque tous mon âge, et ils n’ont pas de cheveux. Pourquoi moi j’en ai ? Et pourquoi sont-ils longs et tout bouclés ? Je suis perdue, déboussolée. J’ai peur. Je suis branchée à des machines. On me fait des prises de sang sans arrêt, ça fait mal. Pourquoi, me fait-on tout ça ? Est-ce que tout le monde est déjà passé par là ? Ou est-ce que, je ne suis pas comme les autres ? Dans cet endroit, personne ne sourit. Ils ont tous l’air malheureux. La plus grosse partie de mon enfance, je l’a passe là-bas. Quand vais-je revoir mes sœurs et mon frère ? Où sont-ils ? Pourquoi, mes cheveux tombent-ils ? Pourquoi je prends énormément de poids ? Et pourquoi je fais des crises de colère, sans m’en rendre compte ? Pourquoi maman et papa, ne sont pas près de moi la nuit ? Trop de questions me passent par la tête. Je commence à peine à marcher et à parler qu’on me cloue dans un lit d’hôpital, qu’on m’attache à des machines qui n’ont rien à faire dans mon bras.

Quand je vais très mal, on me met dans une chambre totalement isolée. Pourquoi je suis seule dans cette chambre ? Pourquoi on me l’a décore comme si j’allais rester là-bas ? Il y a des photos, des posters, pleins de jeux partout. Un tapis avec des lettres au sol. Une vraie salle de jeux. Je suis seule. D’habitude, quelqu’un est toujours avec moi dans ma chambre, et dans celle-ci, il n’y a presque jamais personne. On m’explique, que dans ces moments-là, je suis très contagieuse. Quand quelqu’un vient me voir, il doit porter une blouse, un masque et des protections pour les chaussures. Les gens ressemblent à des poubelles qui marchent. Mais qu’est ce qui est contagieux ? Pourquoi moi je n’ai pas de masque, de blouse et de protections ? Beaucoup de personnes différentes viennent me voir quand je suis dans cette chambre, et pas dans l’autre. Ça veut dire que je vais bientôt mourir ?

J’adore les cartes postales, je les collectionne. De toute façon, à l’hôpital, je n’ai pas grand-chose d’autre à faire, il faut bien que je trouve une occupation. Parfois, on vient me donner des caisses entières de cartes postales. Et je m’amuse à les regarder, à écrire derrière, alors que je ne sais pas encore vraiment écrire.

Il y a une vitre, sur le côté de ma chambre, qui donne dans le couloir. Il y a des personnes que je connais, qui viennent derrière la vitre, et qui me disent bonjour, mais ils ne rentrent pas. Peut-être que je leur fait peur. En même temps, un crâne d’œuf comme moi, on n’en voit pas tous les jours.

Je grandis là-bas. J’apprends à vivre avec les autres malades et je comprends que je ne suis pas comme les autres. Dans cet hôpital, même si c’est très triste je rencontre des gens formidables, des gens qui marquent ma vie à jamais. Une petite fille, se trouve dans ma chambre, elle aussi, sur un lit d’hôpital. Elle s’appelle Léa. Elle est magnifique, elle a un sourire communicatif, ça me remonte vite le moral.

Il y a une infirmière que je surnomme « Zoum-Zoum », elle est folle, elle a un petit grain de folie, c’est pour ça que je l’appelle comme ça. Elle sourit tout le temps, elle est adorable. Elle me parle calmement, avec une voix toute douce. Je n’ai jamais su son prénom. Pour moi, elle s’appelle « Zoum-Zoum ».

Une autre personne est ce médecin dans une salle opératoire qui me fait mes ponctions. Il vient me chercher plusieurs fois pendant mon séjour à l’hôpital dans un couloir, avec beaucoup de gens qui passent et il me met dans les bras de ma maman. Il m’endort et je me réveille quelques heures après, sans avoir su ce qui c’est passé. Ce monsieur, n’est pas comme les autres, on voit qu’il adore les enfants et son métier. Il porte toujours des blouses très marrantes, il n’a pas une blouse unie, comme tous les autres médecins, il a une blouse avec les dessins animés dessus. Les schtroumpfs, les 101 d’dalmatiens et j’en passe.

Ce qu’il y a de bien, dans cet hôpital, c’est la salle de jeux, qui est surveillée par une dame adorable, qui s’appelle Nadine. Elle me suit depuis le début de mon hospitalisation. Elle est toujours souriante, elle raconte pleins de chouettes histoires, elle joue avec nous, elle s’inquiète pour nous. Je joue souvent avec les autres enfants. On a des petites maisons, des poupées, des dinettes, des cuisines en plastique, de la plasticine, des livres et pleins de feuilles pour...

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