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Le bonheur perdu des exclus

De
174 pages
Le cinquantenaire de l'indépendance algérienne est l'occasion de revenir sur les conséquences des accords d'Evian auxquels pieds-noirs et harkis n'ont jamais été associés. Parlant avec émotion de l'exode qui fut l'épisode le plus tragique de leur vie, l'ouvrage revient sur l'histoire de ces vaincus qui ont contribué à façonner l'Algérie et qui n'eurent pas d'autre alternative que "la valise ou le cercueil", contribuant ainsi à réhabiliter leur image auprès d'une opinion publique mal informée.
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ORBERT LOPEZ
 
   LE BONHEUR PERDU DES EXCLUS  1962 : les conditions désastreuses de l’exode des pieds-noirs et des harkis     Préface de Alain Vircondelet            LHarmattan  
Du même auteur  Au temps banni d’Houphouët-Boigny Côte d’Ivoire, France, regards croisés Collection Graveurs de mémoire Editions LHarmattan, 2006.                     © LHARMATTAN, 2012 5-7, rue de lÉcole-Polytechnique ; 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-96073-2 EAN : 9782296960732  
PREFACE  
 On s'apprête sur les deux rives de la Méditerranée à commémorer le cinquantenaire de l'Indépendance algérienne. Commémorer, célébrer, fêter, se souvenir, déplorer : la liste des verbes pourraient être longue, tant cet évènement n'a pas encore trouvé son "accord historique". C'est qu'aux accords dits d'Évian n'a pas répondu l'accord de toutes les parties en place. Il est vrai que ces mêmes accords ont jugé bon d'exclure les Français d'Algérie du référendum prévu et l'on est atterré encore aujourd'hui qu'une telle discrimination ait pu être même envisagée. Comment Louis Joxe qui présidait la délégation française put-il accepter en effet un tel déni de démocratie et de justice ? L'Histoire et le temps apprécieront... Ce cinquantenaire donc ne permet pas que le deuil, comme on dit aujourd'hui, puisse se faire, du moins pour ceux qui furent pris en étau dans cette guerre : je veux parler de ceux qu'on appela pudiquement "les rapatriés"... C'est pourquoi il est affligeant et odieux d'observer que le gouvernement algérien s'obstine à réclamer de son homologue français une repentance exemplaire pour les faits de guerre commis à l'encontre, dit-il, du peuple algérien. Terrible douleur et double peine qui seraient alors infligées au peuple pied-noir, qui dut déjà subir les humiliations de la défaite, le mépris des deux parties, le traumatisme d'un exode dont on sait qu'il fut le second dans l'Histoire de la France après celui de 40. Il faut donc que ce cinquantenaire soit aussi le temps des choses enfin dites, que remonte de sa nuit d'archives et de silence, l'autre face de l'Histoire. Que des récits et des analyses d'historiens, de témoins directs, d'observateurs politiques, puissent enfin dire "leur" vérité : l'ampleur des intoxications, des propagandes, les ravages des idéologies et l'injustice enfin qui fut faite à ce petit peuple pied-noir qui,
 
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comme le disait Albert Camus, n'était pas composé de nababs qui roulaient en Cadillac ! Dire l'exacte et simple vérité. Il est piquant d'observer que la France dont on ne cesse aujourd'hui de dire qu'elle est le pays des Droits de l'Homme, ait eu une vision aussi sélective de ces Droits. Qu'elle ait considéré ses propres ressortissants avec autant d'injustice et de mépris, qu'elle ait accepté que furent humiliés avec tant de violence ses propres ressortissants, métissés de tous les territoires christianisés de la Méditerranée et de la France rurale, et néanmoins infiniment patriotes et Français (ceux que le général de Gaulle appelait avec hauteur, « ces Fernandez, ces Lopez et autres Ségura » qui se voudraient français !).La mémoire se lève comme le jour cependant. L'ouvrage de Robert Lopez, Le bonheur perdu des  exclus , fait partie de cette entreprise de vérité et de justice. Sans esprit revanchard et sans brutalité, mais toujours avec cette émotion qui affleure au niveau du langage, et même de l'analyse sérieuse et historique, il dénonce cette histoire officielle faite de partis pris et d'aveuglement, de bassesses et de trahisons, de renoncements et d'humiliations. Robert Lopez parle pour ce peuple de vaincus, pour cette histoire du peuple pied-noir qu'on voudrait bien voir oubliée, cette petite épopée qui à travers tant de générations a fait ce pays, cette terre, l'Algérie, l'a enrichie et portée, comme jadis les Romains, au plus haut niveau de prospérité. Il raconte aussi sa jeunesse qui fut celle de tous les pieds-noirs, faite de soleil et de courage. Ne s'y retrouveront pas seulement ceux qui sont natifs d'Oran mais tous ceux qui, comme le disait encore Albert Camus, étaient devenus au même titre que les Algériens, des indigènes à part entière, parce qu'ils s'étaient incarnés dans ce pays natal, ils l'avaient enrichi de leurs mains, à la force de leur travail et de leur amour et l'avaient, comme un autre Israël, transformé pour en faire un Royaume. Au sens le plus sacré du terme.
 
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C'est dire que l'exode fut l'épisode le plus tragique de leur vie. Que la « terre-mère », la France, ait pu commettre une telle faute, qu'elle ne les ait pas accueillis dans ses bras avec amour et compassion, qu'elle n'ait pas eu cette charité-là, qu'elle n'ait pas consolé ses enfants égarés et en danger, (on pense à l'inouï respect de la lettre que le général Katz a observé, maintenant ses unités dans leur caserne quand les pieds-noirs se faisaient assassiner dans les rues), montre bien la violence encore intense du contentieux. Robert Lopez dit tout cela avec la sérénité que le temps lui a permis d'acquérir, avec la maîtrise dont ses fonctions l'ont doté, mais il remet les choses en place : à la jeunesse pied-noir prétendument dangereuse que Joxe et ses amis ministres repoussaient de toutes leurs forces, il oppose cette jeunesse "saine" dont la nature ardente était en communion avec les "vraies richesses" que l'Algérie offrait. Aux accords d'Évian officiels, il oppose la face obscure, faite de petits arrangements et de trahisons. A la bienveillance dispensée aux chefs de la rébellion, à leur relégation dans des châteaux patrimoniaux, à l'attention protocolaire que l'État français leur a offerte, il oppose l'exode des pieds-noirs, voués aux gémonies, jetés dans des paquebots avec une seule valise. A une histoire faite d'a priori et de clichés, il oppose l'élan et la force d'un peuple qui a été le fondateur de l'Algérie moderne, et qui l'a remise "besif" certes, c'est-à-dire, par la force, à ceux qui se proclamèrent les vainqueurs. C'est pourquoi il leur est si amer de voir ce que l'Algérie est devenue. Elle qui aurait pu être l'avant-poste de la modernité arabe, elle qui aurait pu devenir une nouvelle Floride, généreuse comme l'est sa terre, accueillante comme l'est son peuple, pourtant brimé et cadenassé, n'a pas su opérer sa mutation. 50 ans, c'est justement un bon laps de temps pour juger de la capacité d'un état à se moderniser et à se forger enfin sa
 
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vraie identité dont il a prétendu, sur le mode constant de l'outrage et de la plainte, qu'il en avait été dépouillé et que ses lenteurs n'étaient dues qu'aux méfaits de la colonisation. Non, l'Allemagne détruite en 1945, s'est relevée de ses ruines en quelques années. Non, l'Algérie d'aujourd'hui ne peut plus excuser ses retards en les mettant sur le dos de la colonisation... Le livre de Robert Lopez est suffisamment synthétique pour comprendre que l'histoire d'une guerre n'est pas aussi simple que les vainqueurs veulent bien le dire et que les vaincus (la France) ne le prétendent dans leur incommensurable orgueil. Les deux vérités officielles, enseignées dans les manuels scolaires, nous disent, hélas, comment l'on peut s'arranger avec les faits. Comment l'on peut orchestrer l'Histoire. Robert Lopez a vécu, comme ses compatriotes, au jour le jour, cette histoire. Son récit, à ce titre, est suffisamment limpide et honnête pour "entendre" un autre son. Ecoutez-le, ce son-là : il dit au-delà du rétablissement de certains faits, le chant, lumineux et sourd à la fois, de ceux qui, tout en ayant rejoint la France, et qui n'eurent pas d'autre alternative que "la valise ou cercueil , " n'ont jamais cessé d'aimer leur terre et observent à leur tour, les prémisses d'une autre guerre de libération qui travaille à bas bruit et contraint la jeunesse d'Algérie, muselée et sans emploi, à scruter l'horizon de la mer et à rêver de venir vivre ...en France ! Alain Vircondelet  Note de lauteur : Alain Vircondelet est universitaire et écrivain, originaire dAlgérie. Il a récemment écrit :  « La traversée » First Éditions « Cétait notre Algérie » Editions LArchipel « Albert Camus, fils dAlger » Fayard
 
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