Le Caire au cœur

De
Publié par

J’ai vécu en Egypte douze ans, la plupart du temps au Caire allant de coups de coeur en désillusions.

Ces dix-huit jours de la Révolution égyptienne m'ont profondément émue. J'ai découvert alors des gens enthousiastes, créatifs, généreux, des battants.

Aussi ai-je voulu raconter ce moment, éphémère, comment, moi, je l'ai vécu.

La passion est tombée ou, du moins, je ne la ressens plus. Malech...

Publié le : dimanche 1 janvier 2012
Lecture(s) : 34
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9789999989350
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Le 31 décembre 2010 du calendrier grégorien, 26Muharram 1432 de l’Hégire, 12 ou 13 Nivôse 219 du calendrier révolutionnaire, dans ma rue, de mon balcon, j’ai vu ceci.
C’était donc un jour ordinaire ici comme ailleurs. J’ai pensé appeler la police (-secours ? je rêve) ou un hôpital. Shérif m’a dit que ça ne servait à rien. J’ai sorti mon appareil-photo, honteuse, et je me suis dit en prenant furtivement le cliché : Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand vais-je supporter ça, la misère côtoyant la richesse, la religion omniprésente, la surveillance policière ? Jusqu’à quand allons-nous, les Egyptiens, supporter ça ? C’est la première fois que je vois un mec se traîner comme ça sur la chaussée, il hurle des appels à l’au-mône, je suppose, car des voitures s’arrêtent et on lui
1
jette une pièce. À cause de la hauteur, il ne peut pas tendre la main. Quoique si, il y arrive mais c’est appa-remment peu confortable. Nous sommes le 31 décembre 2010, mais il n’a pas l’air d’être prêt pour la très grande et très surveillée fête des Champs-Élysées dont la télé nous rapporte les préparatifs.. Sa robe est pourrie sur le cul. Il doit se retourner quand il n’est pas dans la rue, s’asseoir peut-être. Je me demande si demain sera pour lui différent d’aujourd’hui. Pas plus pour nous que pour lui, sans nul doute.
Ouf, il me faut un petit quelque chose pour me re-monter le moral ! Carpe diem…
24 jours plus tard, nous étions le 25 janvier et j’ai eu ma réponse. Et quelle réponse ! « Franche et massive » Le peuple veut la In du système. El shab yourid eskat el nizam. Il était temps… Parce que j’étais prête, décidée à quitter ce pays où j’avais cependant trouvé du bonheur, le soleil, du tra-vail, un mari amoureux, des amis, la mer Rouge et les montagnes du Sinaï.
Mais où j’avais dû oublier que j’ai besoin du bonheur de tous pour être heureuse.
2
Parce qu’avant le 25 janvier 2011, l’Égypte, pour moi, c’était aussi ce qui suit …
L
u
i
Lui d’abord : la Vache qui rit. Pendu sur tous les murs de la ville, aux carrefours des routes. Ici, sur le Nil éternel, au milieu de ses alliés, de ses forces, arborant le geste auguste du sauveur-protecteur.
3
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.