//img.uscri.be/pth/52edc69eb0e10934c3fbf32559eae1a984efb536
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,75 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Le chemin du purgatoire

De
170 pages
Le chemin du purgatoire raconte l'histoire d'un petit flic de banlieue parisienne décédé prématurément et mis au ban de la mémoire familiale pendant plus de quarante ans. Or son fils aîné, devenu sexagénaire, en vint à considérer que cet homme qu'il avait jugé sans appel pouvait être son fils. Et c'est ce paradoxal renversement de perspective qui le décida à reprendre depuis le début le chemin qu'emprunta son père. Histoire personnelle, ce récit offre aussi une chronique familiale des années 1920 à 1960.
Voir plus Voir moins
Alain Gagnieux
Le chemin du purgatoire Récit
/H FKHPLQ GX SXUJDWRLUH
$ODLQ *DJQLHX[ /H FKHPLQ GXSXUJDWRLUH Réci
Du même auteur
'DQV OH FDGUH GH VD PLVVLRQ DX 6HUYLFH pGXFDWLI GHV $UFKLYHV GpSDUWHPHQWDOHV GX 'RXEV  Planoise 1960-1990, une véritable petite ville au sein de Besançon &RQVHLO JpQpUDO GX 'RXEV  Étrangers de chez nous– L’immigration dans le Doubs et à Colombier-Fontaine (1850-1950) &RQVHLO JpQpUDO GX 'RXEV  $X[ pGLWLRQV /¶+DUPDWWDQ  Chronique des jours immobilesLes « nomades » internés à Arc-et-Senans (1941-1943)  Clair de lune, d’un ciel à l’autre – Itinéraire d’une Vietnamienne au gré de l’HistoirH  FRpFULW DYHF 7UDQ 1JX\rW $QK
À Guitou, Kiki, Alice et Cathy Quand on raconte son passé, on ne le revit pas, on le reconstruit. Ce qui ne veut pas dire qu’on l’invente. Ce n’est pas un mensonge. Au contraire même, pour faire un récit, on utilise les éléments du passé. Mais tout ne fait pas événement dans une vie. On ne met en mémoire que ce à quoi on a été rendu sensible.
Boris CYRULNIK, Un merveilleux malheur, Odile Jacob, 2002.
Prologue Hôpital Tenon, Paris 10e, le matin du 21 septembre 1965. On nous conduit tous les deux à la morgue. Il est là, comme posé sur un tréteau, couvert d’un drap blanc jusqu’au menton. Seul au milieu d’une salle nue à la lumière crue, il est comme en lévitation. Je laisse échapper un sanglot. Lucien est juste derrière moi. Il se tourne alors vers la personne qui nous accompagne : « Bien sûr ! » On revient l’après-midi pour la mise en bière. Pendant que Lucien s’absente pour les formalités, je reste auprès du corps. On l’a déposé dans son cercueil. Je reconnais cette froideur minérale découverte avec horreur neuf mois plus tôt. Curieux, fasciné même, je touche le front du défunt puis ses joues rasées de près. Je passe mes doigts sur ses cheveux brun coupé court. «Tête de fou ne blanchit jamais ! »,lui disait en plaisantant sa belle-mère. Je soulève sa paupière droite : l’œil est éteint, comme délavé. Le vide. Disparu, ce regard qui nous visait et se vissait à nous, noir et brillant, insoutenable. ¸Il y a dix ou quinze ans, j’ai fait un rêve, énigmatique et proche du cauchemar. J’étais en possession d’un cadavre enveloppé de chiffons tenus par des ficelles. Je ne peux dire pourquoi et comment il se trouvait en ma possession. Sa présence dans le placard de ma chambre était connue de moi seul. J’avais
9