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Le Passeur de temps

De
274 pages
Le Passeur de temps nous entraîne vers une merveilleuse aventure à travers le cheminement de Thierry Nogues et l’histoire de ses rencontres. Sa quête d’illumination et sa soif de découvertes nous font voyager dans l’espace et le temps.
Ce récit exceptionnel, singulier, et cependant très humain, délivre un véritable message d’espoir sur la propre existence de chacun, sa raison d’être et les perspectives de l’après-vie.
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Copyright
Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-72052-8
© Edilivre, 2014
Dédicaces
A Priscilia, Sarah, Elisabeth, mes filles A Melchior, mon fils
A celle qui m’a ouvert les yeux dans le réveil de ma conscience, Cette femme avec qui j’ai traversé les temps dans l’harmonie de nos retrouvailles, A cette âme associée d’aujourd’hui, qui ne sera jamais là où je l’attendais, mais toujours là où il faut être, Qui a guéri mes plaies, soulagé mes blessures, et avec qui j’ai conduit tant de batailles de la vie pour porter les âmes à la naissance de la lumière.
A notre amour
L’instant magique et inattendu de la reconnexion à ma mémoire akashique
Je suis dans l’instant et les terres se sont dévoilées laissant la place à des territoires inconnus, mais emplis des richesses et des découvertes qui peuplent le parcours d’une vie. Trouver le temps d’explorer ce jardin, autrefois d’Eden, cette part originelle que chacun d’entre nous doit connaître et découvrir, et qui parfois se révèle au travers d’une expérience ou d’une épreuve… Telle doit être la perspective d’évolution de nos âmes, en ce monde chaotique et parsemé d’embûches. La paix et la sérénité doivent être des compagnes quotidiennes et fidèles pour avancer sur ce chemin. Nous pouvons tous parvenir à percevoir cette lumière qui doit guider notre vie et sentir sa force, sa présence à chaque jour qui passe, qu’il nous pèse ou nous mette en joie. Parvenir à l’équilibre de sérénité doit être une quête permanente, jusqu’à devenir une seconde nature capable de faire face à tous les événements de l’existence. Que ces circonstances soient prévisibles, invisibles, connues ou inconnues, elles ne font qu’un tout qu’il faut appréhender avec amour, lucidité, et la clairvoyance de l’instant présent. Il est vrai que la résurgence et l’accumulation de difficultés récurrentes à affronter, à dépasser, sont probablement le signe d’une incompréhension, d’une impossibilité à aller au-delà de son propre karma que l’on a choisi et qui préfigure le point de stagnation d’une évolution. Alors, soit le temps du départ et de l’abandon est proche, soit nous acceptons de lâcher prise, pour laisser l’Energie nous porter et recevoir la connaissance. Tout individu dans une vie doit pouvoir recevoir le secours d’êtres « de rencontre », dont le rôle de certains de ces envoyés, après avoir été choisis et élus, est de porter et de guider les âmes. Mais pour d’autres, ils devront accepter de se transcender principalement par eux-mêmes, tout comme ces « passeurs », ces « messagers de lumière », qui eux, pour vivre leur évolution, ne pourront qu’exclusivement se référer à leur source d’énergie originelle. Lourde tâche, mais l’empreinte de leur mission est telle qu’ils ne peuvent en aucune façon être affectés par des vibrations extérieures, afin de rester purs et neutres, selon le destin qu’ils ont choisi, ou qui a été choisi avec eux pour le bien-être de l’évolution humaine. Ce récit raconte l’aventure d’un de ces êtres d’« exception », qui sut traverser les mondes et le temps, dans l’espoir d’une quête permanente d’illumination, de recherche et de découverte.
Le premier souvenir d’incarnation humaine
Ce matin-là, Arhus n’était ni mieux ni moins bien qu’un autre jour, mais il percevait au travers des signes qui l’entouraient un sentiment de paix et de bien-être. Le brouhaha qui régnait dans ce camp, encore tout proche du champ de bataille, ne semblait pas l’affecter et il se sentait en marge du temps, spectateur de sa vie, ou plutôt d’une vie qui arrive à la fin d’un acte.
Les tentes du campement respiraient les odeurs de fumées que la nuit avait couvertes, laissant se consumer les rêves et aspirations de l’inconscient. Chacun se préparait à une bataille probablement sans retour et sans espoir, même si la cause semblait juste.
Nous étions à la fin d’un règne et nous étions auréolés, comme ces derniers soldats romains qui avaient connu la gloire des conquêtes et celle d’un empire, mais conscients qu’une nouvelle ère était en train de s’ouvrir. Nous combattions pour l’honneur, cette valeur dans laquelle on se réfugie parfois lorsqu’il ne reste plus rien, que l’on a abandonné ses idéaux, que nos péchés, nos doutes et incertitudes se sont évanouis, et que la fin est proche. Un soldat est conscient constamment de ce départ, et, côtoyer la mort rapproche de la conscience et de la beauté de la vie, comme de sa temporalité. Sans nous en rendre compte, nous demandions pardon pour ce qui nous semblait avoir terni l’éclat de nos existences, et je ressentais au fond de moi, une lumière, une conscience qui commençait à frissonner pour me transmettre un message, une parole, une étincelle d’une autre vie qui s’annonçait et se présentait à moi.
A cette époque, rien ne me prédisposait à cette conscience qui allait s’ouvrir en moi, mais j’avais la profonde sensation que j’avais été sélectionné, choisi pour cette destinée et qu’un choix se présentait : soit je l’accepterais, soit je tenterais de l’oublier, de l’analyser rationnellement pour le détourner ou le refuser.
Les heures qui suivirent, je les ressens encore aujourd’hui malgré tout ce temps passé, m’ont semblé « magiques », ce qui ne correspondait pas à ma culture et à mon éducation de soldat.
Mes hommes étaient prêts à la bataille, cherchant à déceler sur mon visage le moindre signe de doute ou d’angoisse, mais jamais rien ne trahissait le bouillonnement intérieur de mon être et de mes pensées, encore moins ce jour-là.
Qui pouvait se douter, envisager que l’être rompu au combat, à la souffrance et à la solitude depuis tant d’années, aspirait à la transcendance de son âme et à la découverte de l’au-delà ? Qu’il percevait les sentiments de chacun des hommes devant lui, leurs liens de confiance rendant leur union totalement indéfectible ? J’avais ressenti pour la première fois, je m’en souviens, que je discernais, sans en être totalement conscient, leurs sentiments, leur inquiétudes, leurs peurs depuis déjà longtemps, mais ce jour particulier fut pour moi la réelle prise de conscience de cette faculté, qui m’avait probablement plus porté et protégé que je ne le pensais.
Je mis mes affaires en ordre, pris mon casque et en le posant sur ma tête je savais que ce serait la dernière fois que ce rituel s’accomplirait. Je me saisis de mon épée, qui ne m’avait jamais trahi et qui avait connu tant de batailles et de réussites guerrières. Une face pour guérir, une face pour mourir, une face pour servir, une autre pour combattre, une pour donner et une autre pour recevoir, tout le parcours de ma vie était symbolisé dans la devise de cette arme, qui allait bien au-delà des honneurs que j’avais reçus dans cette vie de combats où l’amour n’avait pas eu de place. Mes hommes savaient que la bataille serait rude, probablement eux aussi pressentaient
que nos chances de revoir le soleil briller étaient minces, mais nous étions couverts et auréolés de nos vies de batailles, de ces expériences qui vous endurcissent le cuir du corps et parfois de l’âme. Nous étions des guerriers, peut-être pas encore de lumière, mais sûrement pas de l’ombre. Nous avions tous, derrière nos destinés individuelles, un parcours commun que nos longues vies de batailles avaient illustré et marqué du sceau du combat qui sera le symbole de mon chemin et de quelques-uns de mes amis et frères. Nous étions prêts, les détails matériels de l’intendance du camp ne nous concernaient pas, et en enfourchant nos chevaux, mon visage irradiait de force et d’expérience, de certitude et de sagesse et je voyais cette marque se refléter sur mes compagnons d’arme.
La poussière et l’odeur des chevaux emplissaient ce petit matin humide et la vie pesait de tout son poids en nous, comme une charge dont on allait bientôt se délester. Mon grade supérieur, les années d’expériences passées dans cette fin d’empire, me donnaient une forme de liberté dans mes actes face à la hiérarchie environnante. La gloire des combats, la force du groupe que mes hommes et moi représentions, imposaient un respect et une crainte qui nous convenaient et nous libéraient de bien des contraintes. En cet instant, et après bien des années, je ressentais à nouveau en mon être le tressaillement qui vous fait percevoir que la peur n’est pas loin et qui instille le doute en vous, vous amenant à refuser l’instant futur en envenimant le présent.
Jeune soldat j’avais connu ces moments très longtemps, avant d’acquérir l’expérience et comprendre, un jour, que je n’étais pas destiné de sitôt à mourir sur un champ de bataille, ni hier, pas plus qu’aujourd’hui, mais je savais qu’il se passerait un évènement qui bousculerait ma vie.
En traversant le camp vers ce qui devait être notre lieu de combat, chaque visage que nous croisions reflétait le respect et l’incompréhension face à notre courage et notre abnégation. Nous avions toujours été la tête de pont, la pointe de la lance armée, les éclaireurs des batailles et aujourd’hui cette fonction était encore plus forte, c’était le dernier combat de l’une des plus grandes armées du monde. Nous avions dépassé la dernière clairière, les chevaux semblaient nous porter et supporter nos défaillances, et la lumière commençait à poindre face à nous. Le bruit de la bataille qui se préparait martelait nos cœurs et les sons des tambours et des cors parvenaient jusqu’à nous, donnant une vibration particulière à l’instant, en résonnance et en écho à nos âmes perdues, ou en éveil de l’après. Nous étions des guerriers, et nous savions nous débarrasser du doute et de la peur, mais nous fûmes aveuglés, plongés à cet instant dans les réflexions qui nous tenaillaient depuis l’aube. Je voyais et percevais en chacun des hommes, une conscience qui s’éveillait à des degrés différents.
Nous fûmes attaqués par traîtrise, bien avant le lieu de bataille convenu, nos opposants semblaient sortis de nulle part et une impression surnaturelle nous déséquilibra momentanément, bien au-delà de l’effet de surprise. Passé cet instant, la bataille s’engagea, aussi rude et violente que nous les connaissions, mais le profil de nos agresseurs n’était pas commun et nous savions que nous allions faire face à notre égal où la partie la plus noire de nous-mêmes n’osait s’exprimer. Le combat fut sans merci et je vis, tout autour de moi, bien des corps tomber, décapités ou mutilés. Tout notre art de la guerre était à son maximum et nous défendions pied à pied, non pas nos couleurs ou nos vies, mais nos âmes, conscients de l’importance des forces qui s’étaient matérialisées en cet instant. Ce lieu de bataille, qui resterait sacré, était devenu, en ces quelques instants, une parenthèse en dehors du temps, de la vie et de la mort terrestre. Nous combattions pour des motifs et des raisons qui nous dépassaient et la survie n’était plus notre priorité.
Les uns après les autres, je vis mes hommes succomber. Mon fidèle allié et ami resta près de moi jusqu’à l’arrivée de l’armée principale qu’il perçut, juste avant de recevoir le coup fatal
d’une lame, emplie de la traîtrise que nous avions connue tout au long de cette journée. Il succomba dans mes bras, et dans ma dérive et le départ de mes assaillants, je vis s’évanouir les derniers liens d’espoir qui me liaient à cette vie. Une page était en train de se tourner, je restais le seul homme debout malgré mes nombreuses blessures et dans un état qui ne me permettait pas d’être conscient de la santé de mes hommes, ce que mon devoir habituel m’imposait. Je vis les renforts de la troupe passer, allant vers une issue que beaucoup appréhendait et redoutait…
Un secours vint à moi, et son visage me fit comprendre que mes lésions étaient graves. Même si je ne trépassais pas ce jour-là, je ressentais que le moment était proche. Je mourus à cette vie quelques jours plus tard, de mes blessures, mais surtout de la main du destin, celle d’un apprenti chirurgien de l’époque, qui, croyant me sauver, toucha irrémédiablement un point vital dans mon dos provoquant par là-même une hémorragie qui me perdit à cette vie, mais me sauva à « la vie éternelle ».
Mes derniers souffles de vitalité me permirent d’entendre les bruits de la défaite qui parvenaient jusqu’à moi et que je percevais dans l’angoisse de mes soignants ; je ne pus que savoir que je partais en paix face au désespoir et au déclin liés à l’issue fatale d’un empire.
Une autre forme d’existence s’ouvrait à moi, et ces quelques heures de souffrance sur ce lit de soins m’avaient définitivement ouvert la conscience face à ce qui m’attendait. Je n’étais pas, comme je l’avais toujours su, mort sur le champ de bataille, comme je savais également, préparé par ces quelques jours d’espoir et de compréhension, ce qui m’attendait par-delà cette vie.
Le cheminement allait commencer. L’histoire et la mémoire d’un parcours allaient s’écrire….
L’illumination : le passage de la mort à l’au-delà
Le départ de cette vie n’avait pas été violent, et l’attente pendant ces quelques jours de souffrance m’avait semblé douce, face à la rudesse et à la violence de ma vie terrestre. Mes sentiments, ma raison s’effaçaient et la sensation de mon corps s’estompait, je le percevais seulement se soulever par soubresauts, comme un nouvel accouchement. Ce moment ultime, comme avant la naissance, où l’on sait que le temps est venu, cet instant magique vers l’inconnu et l’inconsciente antichambre de l’oubli des vies passées. Je me suis accroché à ces moments avant de quitter définitivement mon corps, non par peur, mais pour tenter de maîtriser l’instant et ma destination, mais je ne pouvais rien diriger de ce qui fut le pilier de ma construction humaine, mon mental. J’étais nu dans tous les sens du terme, désarmé de toutes les protections, attributs, et remparts que l’on forge au cours d’une vie. J’étais simplement ce que j’avais été depuis l’origine, paré cependant d’une nouvelle aura de densité, plus riche autour d’un noyau, et que je percevais comme mon âme. Je ressentais dans cette densité vaporeuse qui m’entourait, tout le poids et la richesse de ma vie passée. J’avais la conscience que je devrais l’alléger des particules lourdes qui la peuplaient, mais je savais qu’une richesse énergétique la faisait vibrer, de par la teneur de mon vécu. L’enrichissement de la constitution de mon corps éthérique débutait et je commençais à prendre conscience de ce phénomène. Ce fut, en effet, lors des circonstances de cette fin de vie de soldat que je me souvins pour la première fois du « passage de la mort à l’au-delà », mes incarnations précédentes étant enfouies dans des sphères trop profondes et inaccessibles à la compréhension humaine.
Passés les quelques instants de surprise et d’étonnement à la perte de mes repères, je revivais la sensation de mes douleurs encore présentes, mais aussi le fait qu’elles diminuaient et s’estompaient au fil de l’éloignement de mon corps physique. D’abord cette sensation de décollement et d’arrachement, puis de libération, comme probablement en apesanteur. La perception de vison, dénuée de dimension, d’espace et de temps me déstabilisait encore une fois, face à l’absence de repères et d’objectifs. Je pris rapidement conscience que je devais me laisser porter par l’intensité de cet instant, sans retenue et sans but, simplement ressentir. J’observais, je vibrais au diapason avec ce lieu terrestre environnant que j’avais quitté quelques instants plus tôt, tout en sachant que le mot « instant » n’avait plus aucune signification de durée. Je vivais un nouveau choc intérieur, très profond, comme un soubresaut qui vous coupe le souffle et vous fait suffoquer. Je me sentais encore relié à ce corps de chair et je devais maintenant définitivement le quitter, le temps était venu. Je compris par la suite que ce moment d’observation, de flottement avant la coupure d’avec le corps physique, est chez de nombreux individus, suffisamment long pour permettre à ceux qui restent, aux proches, de faire leur deuil, et au défunt de les préparer au mieux, en fonction de leur éveil, à son départ de cette vie.
Je mourus seul. Tous mes amis, connaissances étaient partis et ce temps de passage fut pour moi accéléré, peut-être trop d’ailleurs, car je me souviens que cette première coupure fut difficile. Je n’étais plus les armes à la main, j’étais seul face à moi-même, sans la force d’un apprentissage. Je m’ouvrais juste à la vie céleste et rien ne m’avait préparé à cette condition. Je sentais ma douleur exploser à l’intérieur de ce qui fut mes « tripes physiques », mon corps se débattait dans toutes les souffrances que j’avais connues et les remords m’assaillaient de toutes les afflictions, les peurs que j’avais engendrées et les atrocités que j’avais commises, probablement sans conscience. Je sentais profondément qu’au travers de cette lutte, j’allais basculer dans un au-delà inconnu, à un stade différent, mais je n’arrivais pas à me
débarrasser de cette gangue qu’était devenue la vision de mon enveloppe terrestre. Je souffrais, je brûlais en mon âme, dévoré par un feu qui me purifiait, mais me faisait souffrir dans toutes les vibrations de ce corps éthérique, que je commençais à percevoir.
A cet instant, commença à poindre en moi une parcelle d’espoir. Derrière mon fléchissement et l’approche de l’abandon, je ressentais, sans la voir, une main qui s’approchait, sans vouloir me tenir, mais s’offrant à mon désespoir, me demandant, m’interrogeant, si j’étais prêt à la suivre, lavé des souffrances, et des probables et nombreuses erreurs que j’avais perpétrées dans cette vie.
Le temps n’avait plus aucune consistance, même encore aujourd’hui, je m’en souviens… Le choc avait été si brutal en passant de l’inconscience à la conscience, de l’ombre à la lumière, mais je crois que ce fut long… Pendant toute cette période, cette main s’était offerte à moi, je ne me sentais pas encore prêt à la mériter, à être digne de la toucher, puis peu à peu, je la sentis plus proche, plus visible et enfin accessible. J’entends à nouveau, aujourd’hui encore, la première rupture complète avec mon corps physique, je la ressens au fond de moi comme le claquement d’un fouet qui libère de la souffrance dans la violence d’un instant. Cette main tendue, je la percevais à chaque seconde un peu plus, pour enfin laisser deviner un corps, plutôt une présence, que je savais être celle d’un être connu. La chaleur de ce moment fut mémorable et je ressentis le bonheur de la sérénité de celui qui avait parcouru un chemin, qui ne m’était pas encore ouvert. J’avais reconnu, plutôt perçu mon fidèle ami, mon allié de toutes mes batailles qui, en cet instant, était plus un guide de lumière que le soldat que j’avais connu autrefois. Rien ne m’avait préparé à cette rencontre, j’étais encore complètement déstabilisé par cette découverte, comme l’enfant qui vient de naître et qui croit qu’il a tout à apprendre, alors que tout est déjà à l’intérieur de lui. Je sentis aussi sa joie de me voir enfin parvenir jusqu’à lui, il avait toujours été là, dans le passé, comme dans ce présent, et j’avais la mémoire de son soutien, de notre partage indéfectible. La scène de nos retrouvailles n’était pas une étreinte, mais plutôt un éblouissement lumineux de chaleur et d’énergie, je venais de quitter définitivement mon corps terrestre et mon âme s’était libérée. Je ressentais tout ce que j’avais imprimé dans cette aura que je voyais en moi et autour de moi, fruit de l’essence de la naissance de mon âme et du vécu de ma dernière vie consciente, et sans doute première vie humaine. Cet ami, ce frère que je savais si proche à mon cœur, j’avais la certitude, en ce jour, que nos destins étaient liés à jamais, que nos rencontres se croiseraient et se décroiseraient tout au long de nos vies, mais que nous serions toujours reliés dans les différents plans et dimensions de l’univers. J’étais son cœur, comme il était mon âme, il avait partagé et supporté ma souffrance dans cette vie après la mort physique, comme j’avais supporté et partagé la sienne sur notre dernier combat dos à dos, face à l’ennemi, conscients de ce qui nous attendait dans ce monde, et peut-être après.
Je sais que celui qui est mon fils d’aujourd’hui fut en d’autres vies mon père, mon ami, mon frère, mais il est et restera avant tout mon compagnon céleste à travers l’univers sur le chemin de l’évolution de l’âme.
Nos deux entités s’élevèrent vers une lumière que je n’avais pas perçue jusqu’alors, et qui s’intensifiait à chaque instant un peu plus à notre approche. La présence de mon alter égo me rassurait, même si je savais qu’un nouveau sas de dimension, de passage, se présentait à moi, je ne ressentais plus de douleurs, ni d’oppression. Je savais vers où j’allais, sans aucune indication, ni repères, franchissant une première couche de ce qui serait ma vie céleste, au travers des évolutions de mes réincarnations, que je ne savais pas encore successives et multiples.
J’avais la certitude que je ne serais plus jamais seul, que l’énergie était présente partout et que, quoiqu’il m’arrive dans le futur, j’étais la pointe d’une flèche céleste qui s’élançait vers un infini sans limite, une tête de pont que j’avais choisi d’être, et que j’allais recevoir, à l’aune de