Le secret d'une ado

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Tout le monde me surnomme Pacella.
Je suis persuadée que chacun de nous possède une vie, semblable à une coupe, débordante d’histoires passionnantes. Plus j'évolue plus je constate que les moments vécus, quels qu’ils soient, sont riches. C’est pourquoi j’aimerais que les personnes qui se sentent perdues et ne croient plus en la vie gardent espoir et reprennent courage pour se battre et retrouver cette joie. Le temps est important. Tout est une question de patience et de courage.


Publié le : lundi 28 avril 2014
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EAN13 : 9782332708335
Nombre de pages : 454
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-70831-1

 

© Edilivre, 2014

Chapitre I

– Voici la biographie de toute une vie ; tous mes proches me surnomment Parcella, je ne suis encore qu’une jeune femme mais je suis débordante de souvenirs.

– Des souvenirs qui remontent de mon enfance, jusqu’à ma vie d’adulte.

– Plus j’évolue dans la vie, plus je me rends compte que tout ce que je vis c’est des moments très forts en émotion.

– Je me dois de partager le peu que je sais de la vie. Certains me prennent pour une personne très courageuse mais, moi, mon histoire me paraît ordinaire, ce qui est loin d’être le cas pour certains.

– J’aimerais que ceux qui croient qu’ils n’ont plus d’espoir dans la vie puissent prendre leur courage à deux mains, se battre malgré tout.

– On devrait toujours se dire qu’il y a plus malheureux que soi, même si les choses paraissent difficiles et que cela paraît plus facile à dire qu’à faire.

– Seul le temps peut nous guérir, il nous permet de trouver une solution à tous les problèmes de la vie.

– Tout est une question de patience et de courage. Bien sûr, l’attente paraît longue mais, par moments, cela vaut le coup d’attendre, de faire confiance à l’avenir.

– Quoi qu’il en soit, la vie est un combat de tous les jours. Alors soyons plus forts que les coups durs de la vie !

– Beaucoup me disent : « Dans ce cas, ce n’est pas si simple… Plus facile à dire qu’à faire… » mais, si nous faisons abstraction de nos soucis, problèmes, des désagréments que la vie nous cause, nous nous rendrons compte que la vie est belle, vraiment belle, malgré tout.

– En baissant les bras, tout paraît plus simple mais, j’en suis sûre, nous passons alors à côté de plein de bonnes choses.

– Il m’arrive, par moments, de me dire : « La vie est cruelle. », car j’ai vu bien des situations qui auraient pu me faire renoncer à la vie, étant donné que j’ai croisé le mal plus d’une fois.

– Tant de choses si douloureuses, si pesantes, au point qu’il est difficile d’en revenir et de vouloir encore survivre.

– Au point qu’on ressentirait presque de la haine, au point de ne plus savoir quoi faire ; mais le bien prend le dessus, miraculeusement.

– On ressent alors un apaisement, puis on a le sentiment que rien, non, absolument rien, ne reste impuni et, finalement, on peut oublier et aller de l’avant ; on n’a qu’une envie, se battre, pour enfin vivre des belles choses.

– On a cette impression, qu’avec le temps, la vie nous rendra justice, il suffit alors de laisser faire les choses.

– Puis, finalement, on se rend compte que tout est une question de patience.

– Sans qu’on ait à lever le petit doigt, si nous sommes bons, alors, il nous arrive des choses étonnantes, ce qui fut mon cas.

– J’ai survécu à mon enlèvement, aux coups d’État de mon pays – qui le subit encore aujourd’hui – à la mort tragique de mon plus jeune frère et de ma grande sœur bien aimée.

– Puis à la mort de tous ceux avec qui j’ai grandi, beaucoup de gens à qui je tenais énormément.

– Tous ceux que j’ai perdus, je ne les avais pas vus depuis des années.

– Je m’attendais à les revoir un jour mais tous ont perdu la vie très jeune.

– Comme quoi, nous ne pouvons prédire l’avenir, nous sommes éphémères.

– Puis j’ai survécu à tout ce qui est surnaturel, à ce qui a failli coûter la vie à ma mère, à ce qui a coûté la vie à ma tante, à la noyade de mon petit frère.

– Puis à deux histoires de couple désastreuses, dont une m’a emmenée à vivre loin de mes proches.

– Mais, je dois le dire, je crois au destin de chacun d’entre nous.

– J’ai survécu alors je veux profiter des joies de la vie ou, tout simplement, j’ai trouvé en moi la force d’aller de l’avant.

– Je devrais être morte. Consciente de ma chance, je prends le temps d’aimer la vie.

– Je savoure cette chance d’être une survivante, d’avoir tout ce que j’ai aujourd’hui. Alors, voici mon histoire, si surprenante soit-elle…

Chapitre II
Mon départ pour la France

– Je suis fière de mes origines ; Centrafrique, pays natal.

– J’ai immigré en France en 1997 ; j’avais alors quinze ans, j’étais insouciante, pressée de découvrir les joies de la vie.

– Je commençais à peine à vivre ; j’ai laissé pratiquement toute ma famille et mes souvenirs, bons ou mauvais, loin derrière moi ; je partais alors découvrir l’Europe.

– Je voulais surtout tourner le dos à toutes les mauvaises choses qui me sont arrivées, ainsi qu’à mes proches, qui me manquent constamment.

– Grâce à la distance, j’ai pu éclaircir chaque chose.

– J’ai pu trouver le courage d’aimer la vie à nouveau, trouver la force d’accepter la séparation avec mes proches pendant si longtemps.

– Tant d’obstacles m’empêchaient d’apprécier les choses à leurs justes valeurs… Il me fallait alors patienter, comme je sais si bien faire.

– Je suis partie en laissant mes frères et sœurs, mère et père, et une si grande famille que je ne saurais dire le nombre de personnes qui sont chères à mon cœur.

– J’aime l’aventure depuis mon plus jeune âge ; explorer la vie et d’autres cultures permet d’élargir notre connaissance et d’apprendre à s’adapter à d’autres modes de vie.

– Puis cela est dans les gènes de mes ancêtres, mes parents ; j’ai grandi avec pas mal de proches en Europe, c’était alors logique, évident pour moi.

– De plus, je ne pouvais plus vivre dans un pays où la souffrance était perpétuelle ; il me fallait avoir les idées claires, voir la vie autrement.

– J’avais toujours eu envie de voyager puisque je trouve triste la routine, je trouve que l’on passe à côté de beaucoup de choses essentielles à la vie.

– Aujourd’hui, je sais qu’il y a un prix à payer pour chaque désir ; pour chaque désir, il y a un sacrifice.

– Pour moi, ce fut le manque de ceux que j’aimais, ou encore le manque de tous ceux qui ont perdu la vie sans que l’on ait pu se revoir.

– Car on aurait encore tant à se dire… La mort surprend, elle ne nous permet pas les adieux.

Chapitre III
À tous ceux que j’ai perdus

– Tous ont été des proches durant mon éducation, tous ceux que je n’ai pas vus disparaître de cette terre, qui méritaient plus que tout de vivre, le plus longtemps possible.

– À mes grands-parents, Kida et Ouato ; mes grands frères, Guy et Clou ; à mon petit frère Habib et mes grandes sœurs, Lolita et Éliane.

– J’ai pleuré seule, loin de mes origines avec, pour seul soutien, le téléphone.

– À un moment de ma vie, je ne vivais que dans l’angoisse. J’avais eu droit à une année assez tragique, beaucoup trop de proches étaient morts ; des drames que l’on ne peut oublier.

– Cela revient souvent par vagues dans ma vie, je vis avec ; pour moi, leur souvenir restera à jamais.

– Des gens qui disparaissent, avec de bons principes de vie ; souvent des gens biens comme il y en a peu, ou pas du tout.

– Des gens droits comme il y en a peu. Plus le temps passe, plus on se pose ces questions : « Où va le monde ? Que sera le monde demain ? »

– Je ne sais pas, pour certains, mais les valeurs disparaissent de plus en plus.

– Tous des gens biens qui ont laissé une part d’eux-mêmes dans mon enfance.

– Je suis ce que je suis.

– Je connais leur bonté, leur amour et, même s’ils ne sont plus là, s’ils sont au loin, je les sens et les vois tout le temps dans mes souvenirs.

– Ces souvenirs me hanteront, bien qu’ils guident mes pas dans la vie, car ils me manquent tout le temps.

– Ce qui me réconforte c’est que je sais qu’ils étaient vraiment des gens purs, qui n’avaient pas la force de survivre aux malheurs, au destin que tout être se doit d’accepter.

– Car, en étant des gens biens, nous avons besoin de vivre dans un monde serein.

– Malheureusement, dans mon pays, la Centrafrique, rien n’est serein.

– Cependant, le mal existe partout dans le monde et c’est pour cela que nous grandissons avec tant de blessures, même si cela diffère d’un être à l’autre.

– Moi, j’aurais aimé y être mais la distance et le manque de moyens, puis les coups d’État, ne me l’ont pas permis.

– Nous ne savons jamais quand la roue va tourner, la vie est si imprévisible…

– Pratiquement tous ceux qui sont partis étaient les meilleurs que je connaissais, leur mort reste injuste à mes yeux.

– La plupart, banals, avec le temps disparaissent et la vie continue ; il ne nous reste alors que des souvenirs, qui nous marqueront à jamais.

– Avec le recul, vu l’éducation que j’ai reçue, toutes les souffrances qu’il y a dans mon pays d’origine – et que beaucoup subissent encore –, si j’y étais restée, je ne serais plus de ce monde. À croire que mes parents sentaient cela…

– Les parents sont nos anges gardiens ; surtout ma mère ; elle ressent et détecte tout ce qui peut nous arriver de mal.

– Quand les répercussions du premier coup d’État se sont apaisées, mes parents n’ont pas hésité à me dire : « Pars ! ».

– Ils m’ont fait partir, sans regret, et moi sans regarder derrière.

– Comme s’ils pressentaient tout ce qui pourrait m’arriver…

Chapitre IV

– Dans ma spiritualité, je crois à l’au-delà. Il y a une vie après la mort, le paradis ou l’enfer, nous prions alors pour tous ceux qu’on aime, pour qu’ils puissent être en paix.

– Pour moi, ils ont leur place au paradis.

– Aventurière depuis mon enfance, j’ai suivi mon premier homme, celui avec qui j’ai découvert l’amour.

– Après tout ce que j’avais subi, je m’engageai avec lui très rapidement et très jeune.

– Pour la première fois, je décidai alors de partir en Europe, avec lui, sans imaginer que le temps s’écoulerait aussi vite.

– J’allais affronter d’autres combats. J’étais jeune et je croyais que j’allais laisser mes peines derrière moi, passer à autre chose pour un début de bonheur ; dans la vie, on s’accroche à nos rêves et ils nous permettent de survivre.

– Les choses changent et le temps passe à une vitesse folle, on ne s’en rend compte que lorsque certaines choses nous arrivent et nous ramènent à la réalité.

– On prend de l’âge et on voit ceux que l’on aime disparaître.

– On accepte son destin, on survit comme on peut car, malgré tout, nous devons nous battre pour ceux qui restent, vivre et faire ce que l’on peut pour changer certaines choses à notre tour.

– Voici alors mon histoire… Je la raconte car certaines choses de la vie, comme les coups d’État, sont pour moi une angoisse pesante.

– Pour ceux qui ont perdu la vie à cause d’un coup d’État ; pour ceux qui ont des proches, au milieu de tout cela, encore vivants.

– Mes proches, qui affrontent encore cela aujourd’hui, en 2013, subissent toujours cette situation tragique.

– Tout cela mérite d’être raconté, certains n’imaginent même pas que l’on puisse encore vivre cela de nos jours.

– Je prie pour la survie de tous, avec ma famille, nous espérons la paix pour tous.

– Cela fait partie de ma vie et je continue à vivre avec.

– J’ai un point fort pour survivre à toutes les difficultés…

– Ma force, c’est l’espoir du changement, d’une vie meilleure pour tous ceux qui souffrent. J’ai espoir que les choses changent et je patiente, avec toute l’attention nécessaire, pour un jour voir le bonheur.

– J’écris pour le futur, pour nos enfants, qui ont le droit de connaître leur histoire, pour que, peut-être, ils prennent conscience qu’il faut changer les choses.

– Pour permettre, peut-être, à ceux qui me liront de comprendre que nous sommes maîtres de notre destin, qu’il faut par moments regarder sa personne.

Chapitre V

– Il faut faire le maximum de bien, malgré les difficultés de la vie, regarder un peu plus les autres.

– Je souhaite surtout faire prendre conscience à mes enfants, et à d’autres jeunes, de certaines situations assez graves qui existent dans la vie.

– Pour eux, j’aimerais un meilleur avenir, une réflexion approfondie de chacun de leurs actes, car je privilégie le bonheur à la souffrance.

– En espérant que leur monde soit meilleur, avec un peu de chance, je leur souhaite la sérénité dans la vie de tous les jours.

– D’aventure en aventure, de mes hauts à mes bas, ma biographie est dédiée à toute ma famille en Centrafrique, qui doit savoir ce qu’est ma vie loin d’eux.

– Je ne veux pas qu’ils souffrent mais qu’ils puissent comprendre qu’il nous faut aller de l’avant malgré tout, survivre pour enfin réussir, un jour, à aider ceux qui en ont besoin. Voilà de bonnes raisons de ressentir l’amour et la paix.

– À ceux que je n’ai pas vus partir, à qui je pense souvent, à mes enfants, à ceux qui souffrent encore des coups d’État…

– La veille de mes 31 ans, en cette nouvelle année 2013, j’ai décidé d’écrire.

– J’ai temps à dire, à partager avec tous.

– Je dois dire que ma famille va également découvrir certaines choses qui, j’espère, feront leur fierté.

– Je n’ai jamais fait de confidences sur certaines choses de ma vie ; mes proches attendent tant de moi…

– Je n’ai rien dit avant car ce sont des faits inconcevables ; j’ai mis du temps à accepter mes peines, mes blessures…

– Des parties de ma vie que, longtemps, j’ai voulu ignorer pour essayer, malgré tout, de survivre.

– Je n’ai pas eu le courage de dire ces choses plus tôt, par peur du jugement de certains ; pour mes parents et mes proches, par peur de les inquiéter ou de leur imposer davantage de mauvais souvenirs.

– Pour moi, ma famille a déjà tant souffert… La vie ne nous fait pas que des cadeaux.

– Par moments certaines situations paraissent évidentes ; avant même de dire quoi que ce soit, nous savons déjà les conséquences que cela aura sur autrui.

– Alors nous y réfléchissons… Mais on ne peut garder un secret trop longtemps, sinon, il faut accepter de vivre avec ce poids et de mourir sans s’en être soulagé.

– Je n’avais pas envie d’évoquer certaines choses que j’ai subies, qui ont atteint ma dignité. Cela a déshonoré mon éducation.

– Je me voyais tout autre, pensais avoir la chance de vivre sans connaître de choses vraiment mauvaises.

Tout ce que je sais à présent c’est que nous ne choisissons pas, tout ce que nous vivons fait partie de la vie.

– Je le sais, je suis l’aînée, tant de personnes qui me sont chères veillent à ce qu’il ne m’arrive que du bien.

Chapitre VI

– Mais certains drames nous surprennent, on ne s’y attend pas.

– Je veux plus que tout que l’on me respecte ; combler ceux qui croient en moi, cela est ma nature, ma personne.

– Je me sens mieux si ceux que j’aime sont comblés par mes actes ; la loyauté compte beaucoup pour moi.

– Pour cela, soit je m’attache, soit je ne m’attache pas mais, quand ce n’est pas le cas, il y a alors une bonne raison.

– Je fais confiance à mon intuition, qui ne me trompe pas, la plupart du temps.

– Par moments, je ne comprends que trop tard, c’est là qu’il m’arrive des drames.

– Dans d’autres situations, il ne m’arrive des coups durs que lorsque je laisse le bénéfice du doute.

– J’ai dû faire le choix de changer. Je me dis toujours : « Les gens changent. », mais je me trompe parfois.

– Puis, j’ai dû avoir beaucoup de courage pour accepter tout, absolument tout ce que j’ai subi.

– J’ai cru pendant longtemps que je rêvais et que j’allais un jour me réveiller. Tout ce que j’ai vécu est tellement irréel pour moi…

– Donc ce que je ressens par rapport à tout ça découle de la patience et de la réflexion.

– Je ne voulais surtout pas imposer mes souffrances aux autres.

– À partir du moment où j’ai accepté tout cela, j’ai alors accepté de survivre, d’écrire, de raconter à ceux qui veulent changer les choses.

– Par moments, je ne veux plus penser à tout cela, j’estime avoir eu la chance de survivre, la chance de vivre aussi longtemps.

– J’écris pour enfin décider d’une nouvelle vie, pour prendre mes propres décisions, avec tous les atouts en mains.

– J’aime assez penser aux meilleures choses de la vie ; le bonheur est alors primordial, se sentir heureux…

– Atteindre l’extase de la vie, partager ce bonheur avec ceux qui souffrent pour, un jour, mourir à son tour, mais avec le cœur en paix.

– Pouvoir avoir le contrôle de sa vie… Moi, ma vie passée ne m’appartenait que très peu.

– J’ai parlé de cela à certains proches, des personnes qui ont, aussi, un passé difficile et avec qui j’ai eu des beaux échanges.

– Puis, surtout, comme ils tiennent à moi, je voulais connaître leur ressenti par rapport à mon histoire.

– Leurs réactions m’ont encouragée à écrire ouvertement, à me livrer aux autres.

– J’ai ainsi pu en parler librement, car j’avais besoin de réponses. Souvent, ceux qui savent me conseillent de raconter mon histoire.

Chapitre VII

– Ils me conseillent d’écrire car, pour eux, cela mérite un roman, un roman plein de conseils pour tous ceux qui n’osent pas parler de leur souffrance ; cela peut être un réconfort.

– Mais, moi, j’en fais une biographie, avec toutes mes souffrances et mes peines.

– Puis j’ai toujours aimé écrire, je trouve que cela est une bonne façon de s’exprimer et le meilleur moyen de laisser une marque de l’Histoire.

– C’est le moyen de passer des messages au plus de monde possible, quelle que soit la nature de l’histoire, l’horreur, les malheurs et bonheurs, en espérant qu’il y ait une raison à tout ce que l’on vit, que le destin nous permette de surmonter toutes les angoisses et les peines qui nous submergent.

– On extériorise beaucoup d’émotions qu’on ne soupçonnait pas lorsqu’on écrit, j’en ai pris conscience. Grâce à cette initiative, j’ai l’impression de me libérer de certains poids, dû aux décès successifs dans ma famille. D’autre part, ce sont les seuls souvenirs qui resteront quand je disparaîtrai.

– Si nous n’y faisons pas attention, nous ne laisserons aucune trace, comme si nous n’avions jamais existé.

– Nous existons seulement dans la mémoire de quelques personnes qui nous aiment, mais qui sont aussi éphémères.

– Les seules choses que ceux qui disparaissent nous laissent sont leur image dans nos mémoires, dans nos cœurs, et quelques souvenirs.

– La plupart du temps, nous oublions la moitié de ce que nous savons ; la mémoire nous joue des tours, souvent, en vieillissant.

– Le peu que nous savons, il y a un moyen d’en laisser une trace à ceux qui restent, que nous aimons, qui prendront le relais à leur tour, un moyen de transmettre, une manière sûre de conserver ce savoir pour le bien de tous.

– Mais, seuls les souvenirs de nos ancêtres nous habitent.

– Le fait de ne pas transmettre signifie pour moi la disparition ; leurs descendants n’ont aucune chance de les connaître.

– La seule chose qui reste est la parole, pour raconter à ceux qui viennent au monde à leur tour. Mais ils ne peuvent pas tout savoir ; même si l’on raconte, certaines choses ne laissent aucune trace puisqu’elles demeurent inconnues.

– On ne peut avoir connaissance de tout car les descendants ont, à leur tour, leurs propres souvenirs à créer.

– Il y a tant de souvenirs qu’on ne peut penser à parler de tout, ni tout garder en soi.

– Quant à moi, je suis certaine de passer à côté de pas mal de choses, alors je voudrais dire tout ce que je sais aux miens, tout ce qui fait partie de moi, je dois transmettre l’essentiel.

Chapitre VIII

– Cela me tient à cœur de laisser une trace de mon histoire, aussi terrible soit-elle, nos proches, les générations futures ont le droit de savoir qui nous sommes.

– Ce que je veux c’est laisser autant de souvenirs que possible, pour une vie plus saine.

– Car, si nous disparaissons à notre tour, la plupart ne pourront se souvenir de tous nos souvenirs, les descendants qui ne nous connaissent pas physiquement ne pourront pas tout savoir de nous. On apprend pour leur transmettre.

– Moi-même, je ne connais pas la moitié de l’histoire de mes grands-parents ; de mes parents, je ne connais que ce qui est essentiel et cela n’est pas suffisant pour moi, comme c’était le cas de l’une de mes grandes sœurs décédées.

– Je ne sais que ce que j’ai vécu avec elle mais, le peu qu’il me reste d’elle, je souhaiterais l’immortaliser dans cette biographie ; de cette manière, ses descendants sauront qui était Lolita.

– Elle n’avait ni enfant, ni photo, je n’ai aucun souvenir de ma sœur, si ce n’est en pensée, mais on se satisfait de cela après une telle souffrance.

– C’est comme si elle n’avait jamais existé, sauf dans la mémoire de quelques-uns, et je trouve cela triste ; si je décide de laisser certaines parties de moi, c’est que j’aimerais que l’on ne m’oublie pas.

– Elle aimait la vie, pourtant, sa vie a été si courte…

– Je laisse mes souvenirs, mes pensées, pour ceux que j’aime, je laisse ainsi une trace de ce qui me marque dans la vie.

– On saura vraiment qui je suis. Mes enfants ne connaissent pas encore leurs origines.

– Ils ont encore tant à découvrir de moi : d’où leurs proches et leurs ancêtres viennent ; grâce à qui ils existent aujourd’hui et demain…

– Cela m’apporte chaque jour du réconfort de raconter mon vécu, pour leur permettre de savoir d’où ils viennent dans les moindres détails.

– Par un simple fait, on naît, on disparaît, la mort est pour tous et beaucoup d’entre nous disparaissent avec tant de souvenirs…

– La mort est si triste en soi, il est très dur de perdre ceux que l’on aime.

– Certains d’entre eux, avec qui nous n’avons pas eu le temps de nous connaître davantage, disparaissent avec plein de souvenirs.

– Essayons de nous forger des souvenirs qui soient durables dans le temps, qui aideront peut-être ceux que nous aimons à survivre à leur avenir, à comprendre certaines choses qui leur sont peut-être difficiles.

– Après ces tragiques moments, on comprend beaucoup de choses, on a l’impression que l’on n’a pas eu assez de temps.

– On comprend alors que chaque moment était précieux mais, bien souvent, il est trop tard et on doit faire avec.

Chapitre IX
Ma vie, mes pensées

– J’ai toujours voulu avoir une vie enrichissante – peut-être pas avec autant de drames ni de douleur – et de pouvoir écrire aux autres ce que je ressentirais.

– Dire les choses, car certaines situations dans la vie nous échappent ; bien souvent, nous avons du mal à comprendre le sens de certaines choses.

– Je suis une battante, peut-être parce que j’aime la vie ; pour moi, cela est précieux.

– Les coups durs de ma vie me renforcent davantage ; ce que j’entends souvent : « Ce qui ne tue pas rend plus fort ! ».

– Cette force me donne du courage, pour affronter d’autres coups durs et aller de l’avant.

– J’ai eu la chance d’être née sous une bonne étoile – avec le temps, j’y crois plus que toute chose, pour une raison toute simple, j’ai eu la vie sauve plus d’une fois – plus d’une personne me l’a dit.

– J’ai eu beaucoup de chance car ma vie a toujours été accompagnée de prières. Je suis un exemple vivant que les miracles existent.

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