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Le statut personnel des Juifs au Maroc : Droit et Pouvoir

De
117 pages
L'auteur a souhaité faire partager aux lecteurs la singularité du statut personnel des Juifs du Maroc sans passer par une étude historique ni juridique de ce fait. L'approche psychologique était donc la sienne, jointe à celle de ses amis de longue date, avec qui il a réalisé cet ouvrage, en tant que témoins de la souffrance de leurs proches qui ont eu a souffrir du pouvoir exorbitant et discrétionnaire des rabbins dont certains se croyaient détenteurs exclusifs du savoir et de la vérité. Vérité qui n'est pas la même pour tous.
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Le statut personnel des Juifs au Maroc: droit et pouvoir
(RJ"J"az)

Suivi de

Conseil de famille
(Drame en 3 adeJ)

Hanania Alain AMAR

Guy VERNA Y

Le statut personnel des Juifs au Maroc: droit et pouvoir
(Essai)

Suivi de

Conseil de famille
(Drame en 3 actes)

L'Harmattan

@ L'HARMATTAN, 2009 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harma ttan@wanadoo.fr harma ttanl @)wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-10817-2 EAN : 9782296108172

À Agnès À Chipie et Minnie À tous ceuxqui me sont chers
H.A.A.

Présentation
Les lignes qui vont suivre sont le fruit d'une très profonde amitié de longue date qui nous lie, Guy Vemay et moi. Nous avons usé les bancs du lycée Gouraud puis ceux du lycée Descartes, à Rabat, dès 1962. Les hasards de l'existence nous ont permis de nous retrouver, malgré le départ du Maroc et des choix divergents tant à l'université que dans nos vies professionnelles. Alors que je poursuivais mes études médicales à Paris, Guy terminait son droit à Nice et s'installait dans la capitale. Lorsque, à mon tour, je m'installai à Lyon, Guy prenait des fonctions de responsabilité à Villefranche-sur-Saône. J'ai éprouvé l'envie de l'associer pour ce nouvel ouvrage, compte tenu de sa double formation en droit et en sciences politiques. Ma connaissance incomplète, mais certaine du judaïsme viendra compléter notre propos et étayer la partie consacrée au statut personnel des Juifs au Maroc illustrée par un drame en trois actes intitulé Conseil de famille fondé sur des événements réels. Une conclusion à deux voix assurera la synthèse de nos réflexions.

Le statut personnel des Juifs au Maroc
Hanania. Alain Amar

Préambule
Mon souhait consiste à livrer au lecteur essentiellement ce que je ressens par rapport à cette singularité que constitue le statut personnel des Juifs du Maroc et non de me livrer à une étude historique et juridique, voire universitaire ou scientifique... D'autres que moi l'ont fait avec brio et précision. J'en citerai quelques-uns en bibliographie. En ce qui me concerne, l'aspect psychologique, le vécu de ce statut m'intéressent davantage, d'autant que des membres

de ma famille - et non des moindres - ont eu à souffrir du
pouvoir exorbitant et discrétionnaire des rabbins dont certains se croyaient détenteurs exclusifs du savoir et de LA vérité, donc du pouvoir. Cette vérité n'était que la leur et ces individus (il y en avait d'honnêtes et scrupuleux et parfois même ouverts à la discussion) s'étaient auto-investis. Il est vrai que notte :XXIe siècle n'est pas en reste et que le nombre d'experts auto-proclamés est légion... L'ignorance des milieux modestes et pauvres a fait le lit du pouvoir des religieux et les rabbins n'étaient pas en reste, sauf lorsqu'une part mystique les habitait. Le pouvoir s'exerçait alors sur un mode que je n'hésite pas à qualifier de stalinien, toute discussion ou toute contestation au bon sens du terme étant inenvisageable. « La Loi est la loi, un point c'est tout », ai-je si souvent entehdu de la part d'individus mono-neuronaux ! 9

Je ne pourrai toutefois pas éviter de retracer quelques grandes étapes de l'évolution du pouvoir rabbinique depuis le prophète Moïse.

Moise et les« Dix Paroles»
Le judaïsme repose totalement sur un socle fondamental

qui dépasse le cadre même du judaïsme et sert de base aux
religions monothéistes dans une vision minimaliste. En effet, leur contenu est quasi universel et c'est sans doute cette universalité qui explique en partie les débuts précoces de l'antijudaïsme de l'Antiquité. Ce socle est constitué par les lois de Moïse, premier législateur majeur dont les règlements régissent encore et régiront probablement pour longtemps encore la vie quotidienne des Juifs pratiquants dans le monde.

Le message plurimillénaire - on estime que les lois de
Moïse remonteraient à 1300 ou 1400 ans avant l'ère chré-

tienne - de ce personnage hors du commun de l'histoire de
l'Humanité - qu'il ait réellement existé ou non - perdure et a inspiré les deux autres religions monothéistes, christianisme et islam. Certes, avant Moïse, des lois existaient déjà, il suffit de se référer au Code d'Hammourabi en Mésopotamie. Mais les règles morales édictées par Moïse régulent toujours nos sociétés. C'est à tort que le monde non-juif parle des Dix Commandements reçus par le grand Prophète sur le mont Sinaï durant la longue traversée du désert par les Hébreux après la sortie d' Egypte. En effet, le terme hébraïque asserot hadevarim signifie les Dix Paroles. Ce ne sont pas des commandements mais des principes fondamentaux qui ne ferment pas la discussion, comme le feraient des ordres sans appel.

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Le retour de Moïse parmi les siens, la découverte du Veau d'or par le prophète et les fâcheuses tendances du peuple à se laisser aller à l'idolâtrie ont conduit Moïse à compléter les Dix Paroles pour « encadrer» ses brebis égarées. Au fil de l'histoire, des consignes se sont ajoutées aux précédentes pour aboutir à un nombre effarant de commandements quotidiens, 613 si l'on veut être un vrai juif. De quoi décourager les bonnes volontés. Et pourtant, le peuple juif a survécu même au massacre le plus systématique et effroyable de I'histoire humaine sans doute à cause ou grâce à la transmission de la loi dans sa rigueur et dans son intégralité. Pour encadrer un peuple trop vite oublieux et tenté par les idoles et la défiance face à un dieu invisible, Moïse a eu besoin de bâtir un appareil complexe destiné à faire appliquer les lois. C'est ainsi que, progressivement, vont apparaître trois catégories d'Hébreux, les Cohanim (Cohen), les Grands prêtres, peu nombreux, puis les Leviim (Lévi) en plus grand nombre qui seront les assistants des Cohanim et enfin les Israël, c'està-dire le peuple. Tous les commandements n'ont pas la même importance. Ainsi, 365 interdisent et 248 imposent. Les 365 représentent symboliquement les jours de l'année (cependant, il est permis de se demander si du temps de Moïse, la division de l'année était bien de 365 jours ?) et les 246 correspondraient aux différentes « parties» du corps. Cette distinction est contenue dans la Thora, les commandements étant nommés mitzvoth (prescriptions que certains traduisent à tort par bonnes actions ). Au sujet des prescriptions, le sage et réputé Abraham

ben Meir Ibn Ezra - né dans l'émirat de Saragosse en 1090 et
mort en 1165 de l'ère chrétienne - explique que la tradition rabbinique qui revendique ce chiffre aberrant est probablement dénuée de tout fondement et que les grands principes qui régissent la vie juive sont moins nombreux. . . 11