Les pompiers, j'écoute ! - Mémoires d'interventions

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Ayant servi 34 années à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris de 1968 à 2001, je retrace dans ce livre quelques interventions marquantes que j’ai eu l’occasion d’effectuer dans les domaines les plus variés, tant à Paris qu’en région parisienne.
J’apporte ainsi mon témoignage sur un métier passionnant et fais ressortir la diversité des situations auxquelles tout sapeur-pompier peut être confronté et sur lesquelles il peut être amené à intervenir.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
Lecture(s) : 73
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EAN13 : 9789999994516
Nombre de pages : non-communiqué
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PENDUS
Certaines interventions pour pendus sont parfois sur-prenantes. Mon premier fut dans le bois de Verrières. C’était un soir d’été, il y avait un beau clair de lune. Des promeneurs du soir nous ayant appelés, choqués, nous signale un pendu dans un arbre en nous désignant l’endroit approximatif. Nous formons des groupes de deux à la recherche du corps en levant les yeux vers les arbres. Il ne manquait plus que le hululement des chouettes pour corser le tout. Après quelques minutes de recherche, mon collègue et moi tombons nez à nez avec le corps, dont les pieds sont à un mètre du sol. Vision apocalyptique sur fond de lune qui vous glace les sangs sur le moment. On se serait cru dans un film d’horreur. Dans ce même bois, nous étions intervenus peu de temps auparavant pour un véhicule en flammes. Jusque là rien d’extraordinaire pour ce qui nous concerne, mais après avoir éteint l’incendie, nous constatons qu’une personne se trouve à l’intérieur carbonisée et enchaînée.
13
Règlement de compte probablement. La police fut bien sûr demandée. Pour en revenir aux interventions par pendaison, nous recevons un jour un appel d’une femme dont le mari se serait pendu dans son appartement. À notre arrivée, cette dernière nous attend, très dé-contractée et nous indique que son mari est dans le séchoir. Effectivement, il est bel et bien là pendu, en état de mort apparente. Nous pratiquons immédiatement la ranimation artifi-cielle et le massage cardiaque externe en attendant l’arrivée de l’ambulance de réanimation que nous avions demandée. Le médecin arrivé sur place déclare la victime décédée. Son épouse ne semble pas à notre grande surprise éprou-vée et nous demande expressément d’évacuer son corps ? Nous n’en faisons rien bien sûr, et laissons le soin à la police sur place d’apprécier la situation ? Dans une zone pavillonnaire une odeur nauséabonde, indispose des voisins. Nous nous rendons sur place sans savoir exactement ce que nous allons y trouver. Après recherches, l’odeur provient de derrière la maison. Là nous trouvons un homme pendu à la crémone de ses vo-lets au moyen d’une ficelle de boucher, les pieds touchant terre. Le corps est pratiquement en état de décomposition avancée et la tête ne tient qu’à un fil c’est le cas de le dire. Le corps était là depuis plusieurs jours. D’après les voisins qui ne se sont rendu compte de rien, cet homme vivait seul, drame de la solitude peut-être ? La police fut demandée ?
14
Un matin nous sommes appelés pour un homme pendu devant une fenêtre d’un immeuble d’habitation. À notre arrivée sur les lieux une mère de famille choquée nous reçoit. Celle-ci nous explique qu’en ouvrant les volets de la chambre de sa fille qui donne sur une courette intérieure, elle s’est trouvée nez à nez avec un pendu ? Elle referma aussitôt les volets et fit sortir sa fille, qui apparemment ne s’est rendu compte de rien. Nous ouvrons les volets et constatons effectivement der-rière ceux-ci un jeune homme pendu au bout d’une corde, fixée au garde-fou de la fenêtre de l’étage du dessus. Nous montons à l’étage intéressé et informons les lo-cataires avec ménagement de la situation. Ces derniers sous le choc, ont du mal à se rendre compte de ce qui vient d’arriver. Le jeune homme en question dépressif s’est suicidé sans que ses parents s’en aperçoivent, et a passé une partie de la nuit accroché au bout de sa corde ? Nous hissons le corps et le remettons à la famille après avoir demandé la police.
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