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Les Rebelles. Contre l'ordre du monde

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Sur la terre, aucune liberté ne s'obtient sans souffrance et sang versé. Là réside une des lois les plus constantes de l'histoire humaine. Mais aucune liberté ne se gagne sans amour agissant, sans une solidarité profonde entre les peuples. Ce livre tente de retracer l'histoire et de montrer les pratiques et les théories des mouvements armés de libération nationale du Tiers Monde.



Les nationalistes révolutionnaires d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine - leurs combats, leurs victoires, leurs sacrifices - modifient profondément le paysage politique et social de notre planète. Ils bouleversent les rapports entre classes de nombreux pays et changent, sur plusieurs continents, l'équilibre entre les deux superpuissances. Pourtant, ces mouvements armés de libération demeurent très mal connus en Occident. Idéalisés, ou bien relégués au rang de "terroristes" quand il mènent les combats, ils sont souvent perçus comme les simples instruments d'une superpuissance quand, leur victoire acquise, ils tentent de bâtir un Etat.



Il faut faire un sort à ces naïvetés et à ces calomnies. En cette fin du XXe siècle, alors que l'oppression policière, le cynisme des grandes puissances ou les tyrannies de la faim ravagent l'existence de millions d'hommes et de femmes, les nationalistes révolutionnaires du Tiers Monde tentent de mettre en oeuvre des principes d'autonomie politique, d'autosuffisance économique, de liberté et de justice, qui répondent aux désirs les plus irrépressibles des hommes.



Où en cette grande espérance ? Quelles leçons pouvons-nous tirer - pour notre propre liberté - de ces combats lointains ? Jean Ziegler, familier du Tiers Mondes, raconte ici une épopée mal connue chez nous. Il esquisse avec une générosité vibrante mais lucide un bilan mondial du demi-siècle.


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couverture

Ouvrages de Jean Ziegler

La Contre-Révolution en Afrique

Payot, 1963, épuisé

 

Sociologie de la nouvelle Afrique

Gallimard, coll. « Idées », 1964, épuisé

 

Sociologie et Contestation

essai sur la société mythique

Gallimard, coll. « Idées », 1969

 

Les Vivants et la Mort

essai de sociologie

Éd. du Seuil, coll. « Esprit », 1975 ; coll. « Points », 1980

 

Une Suisse au-dessus de tout soupçon

(en collaboration avec Délia Castelnuovo-Frigessi,

Heinz Hollenstein, Rudolph H. Strahm)

Éd. du Seuil, coll. « Combats », 1976 ;

coll. « Points-Actuels », nouv. éd., 1979

 

Main basse sur l’Afrique

Éd. du Seuil, coll. « Combats », 1978 ;

coll. « Points-Actuels », nouv. éd. revue et augmentée, 1980

 

Le Pouvoir africain

Éd. du Seuil, coll. « Esprit », 1973 ; coll. « Points », 1979

 

Retournez les fusils !

Manuel de sociologie d’opposition

Éd. du Seuil, coll. « Histoire immédiate », 1980 ; coll. « Points », 1981

COLLABORATION
À DES OUVRAGES COLLECTIFS

La Société émergente

in Vocabulaire de la sociologie contemporaine

Gonthier, 1971

 

Anthologie des sociologues de langue française

PUF, 1972

 

La Mort dans la littérature sociologique

française contemporaine

in La Sociologie française contemporaine

PUF, 1976

 

Le Nomadisme de l’au-delà :

les morts-revenants d’Itaparica

in Nomades et Vagabonds

UGE, coll. « 10/18 », 1975

COLLECTION « L’HISTOIRE IMMÉDIATE »
DIRIGÉE PAR JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD

EXTRAIT

ANOUAR ABDEL-MALEK, Égypte, société militaire

JEAN-PAUL ALATA, Prison d’Afrique

MICHEL ALBERT, Le Pari français

JEAN BERTOLINO, Albanie, la sentinelle de Staline

FRANÇOIS BLOCH-LAINÉ, Pour une réforme de l’entreprise

HERVÉ BOURGES/CLAUDE WAUTHIER

Les 50 Afriques (2 tomes)

CLAIRE BRIÈRE/PIERRE BLANCHET

Iran : la révolution au nom de Dieu

GÉRARD CHALIAND, Mythes révolutionnaires du tiers monde

L’Enjeu africain

MADELEINE CHAPSAL/MICHÈLE MANCEAUX

Les Professeurs, pour quoi faire ?

GABRIEL DARDAUD, SIMONNE et JEAN LACOUTURE

Les Émirats-mirages

RÉGIS DEBRAY, La Guérilla du Che

JEAN-FRANÇOIS DENIAU, L’Europe interdite

PIERRE-MARIE DOUTRELAND, Les Bons Vins et les Autres

RENÉ DUMONT, L’Utopie ou la Mort !

Chine, la révolution culturale

RENÉ DUMONT/MARIE-FRANCE MOTTIN

Le Mal-développement en Amérique Latine

L’Afrique étranglée

RENÉ DUMONT/FRANÇOIS DE RAVIGNAN

Nouveaux Voyages dans les campagnes françaises

MAURICE DUVERGER, La Démocratie sans le peuple

BRUNO ÉTIENNE, Algérie, cultures et révolution

CHARLES-HENRI FAVROD, L’Afrique seule

ROBERT FOSSAERT, Le Contrat socialiste

SAUL FRIEDLÄNDER, Pie, XII et le IIIe Reich

Hitler et les États-Unis

Réflexions sur l’avenir d’Israël

L’Antisémitisme nazi

IRÈNE GENDZIER, Frantz Fanon

ANDRÉ GORZ, Stratégie ouvrière et Néocapitalisme

Le Socialisme difficile

ROBERT GUILLAIN, Dans trente ans, la Chine

Japon, troisième grand

JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD, Les Jours terribles d’Israël

Les Confettis de l’Empire

MIKHAËL HARGSOR, Naissance d’un nouveau Portugal

MAHMOUD HUSSEIN, Les Arabes au présent

MAHMOUD HUSSEIN/SAUL FRIEDLÄNDER

Arabes et Israéliens, un premier dialogue

RAJ et RENÉE ISAR, L’Inde au-delà du mythe et du mensonge

JEAN-NOËL JEANNENEY, Leçon d’histoire pour une gauche au pouvoir

CLAUDE KIEJMAN/JEAN-FRANCIS HELD, Mexico, le pain et les jeux

JEAN LACOUTURE, Cinq Hommes et la France

Le Vietnam entre deux paix

Quatre Hommes et leurs peuples – Nasser

JEAN et SIMONNE LACOUTURE, Vietnam, voyage à travers une victoire

En passant par la France

HUBERT LAFONT/PHILIPPE MEYER, Le Nouvel Ordre gendarmique

MICHEL LAUNAY, Paysans algériens

MORVAN LEBESQUE, La Loi et le Système

Comment peut-on être breton ?

DANIEL LECONTE, Les Pieds-Noirs

SERGE MALLET, Les Paysans contre le passé

Le Gaullisme et la Gauche

MICHÈLE MANCEAUX, Les policiers parlent

EUGÈNE MANNONI, Moi, général de Gaulle

GILLES MARTINET, La Conquête des pouvoirs

Les Cinq Communismes – Le Système Pompidou

Sept Syndicalismes

TIBOR MENDE, La Chine et son ombre

Des mandarins à Mao – Entre la peur et l’espoir

Regards sur l’histoire de demain – un Monde possible

De l’aide à la recolonisation

Soleils levants, le Japon et la Chine

JEAN-JACQUES MICHEL/HUANG HE

Avoir 20 ans en Chine… à la campagne

EDGAR MORIN, Introduction à une politique de l’homme

La Rumeur d’Orléans

MARIE-FRANCE MOTIN, Cuba quand même

JEAN-PIERRE MOULIN, Qu’est-il arrivé à la France ?

PAUL MUS, Hô Chi Minh, le Vietnam, l’Asie

PAUL MUS, JOHN MCALISTER JR., Les Vietnamiens et leur révolution

JACQUES NOBÉCOURT, Le Vicaire et l’Histoire

Une histoire politique de l’Armée :

t. I. De Pétain à Pétain (1919-1942)

L’Italie à vif

ANTOINE OTTAVI, Des Corses à part entière

PIERRE PACHET, La Violence du temps

JEAN PLANCHAIS, Une histoire politique de l’Armée :

t. II. De de Gaulle à de Gaulle (1940-1967)

Les Provinciaux ou la France sans Paris

JEAN PLUMYÈNE et RAYMOND LASIERRA

Les Fascismes français, 1922-1963

JEAN-CLAUDE POMONTI, La Rage d’être vietnamien

MAXIME RODINSON, Israël et le Refus arabe

E. ROULEAU, J.-F. HELD, J. et S. LACOUTURE

Israël et les Arabes

ALBERT DU ROY et ROBERT SCHNEIDER

Le Roman et la Rose

JEAN SCHWŒBEL, La Presse, le Pouvoir et l’Argent

NORODOM SIHANOUK, L’Indochine vue de Pékin

ROBERT SOLÉ, Le Défi terroriste

SERGE THION, Le Pouvoir pâle

GERMAINE TILLION, Le Harem et les Cousins

Ravensbrück

CHARLES TILLON, Un « procès de Moscou » à Paris

ALAIN TOURAINE, Le Mouvement de mai

Vie et Mort du Chili populaire

VIET TRAN, Vietnam : j’ai choisi l’exil

ALAIN VERNAY, Les Paradis fiscaux

PIERRE VIANSSON-PONTÉ, Les Gaullistes

Après de Gaulle, qui ?

MICHEL VIRALLY, L’ONU d’hier à demain

CLAUDE WAUTHIER, L’Afrique des Africains (nouvelle édition)

ÉLIE WIESEL, Les Juifs du silence

*** Un observateur à Moscou

Ce livre est dédié
à Alexei Jaccard, citoyen chilien et suisse, mon étudiant à la faculté de Sciences économiques et sociales de Genève, enlevé par les forces armées argentines devant l’hôtel Bristol à Buenos Aires le 17 mai 1977 et « disparu » depuis lors ;

à Ruth First, citoyenne sud-africaine et anglaise, Aquino de Bragança, citoyen mozambicain, Brigett O’Laughlin, citoyen américain, Pallo Jordan, citoyen sud-africain, professeurs au Centre d’études africaines de l’université Eduardo-Mondlane de Maputo, victimes le 17 août 1982 de l’explosion d’une lettre piégée, probablement expédiée par les services secrets sud-africains. Ruth First a été tuée sur le coup. Bragança, O’Laughlin et Jordan ont été grièvement blessés ;

à François Simon, comédien, et Roy Preiswerk, ancien directeur de l’IUED, mes amis, morts en 1982.

Et je dis : Hier, le sang !

Venez voir le sang de la guerre !

Mais ici, c’était autre chose.

Les coups de feu ne claquaient pas,

Je n’écoutais pas dans la nuit

Passer

Un fleuve de soldats

Débouchant

Vers la mort.

C’était autre chose ici, dans les cordillères :

Un gris qui tuait,

Fumée, poussière de mines ou de ciment,

Toute une armée obscure

S’avançait

Dans un jour sans drapeau

Et je vis où vivait

L’homme entassé

Environné de bois brisé,

De terre pourrie, de fer-blanc rouillé,

Et je dis : « moi j’en ai assez »,

Je dis : « je ne fais plus un pas dans cette solitude ».

Pablo Neruda, Canto general
 (traduction C. Couffon)

Avant-propos


« Pour notre et votre liberté1 »

Sur la terre, aucune liberté ne s’obtient sans souffrance et sang versé. Là réside une des lois les plus secrètes, les plus constantes de l’histoire humaine. Mais aucune liberté ne se gagne sans amour agissant, sans une solidarité profonde entre les peuples. Tomas Borge, commandant de la Révolution2 et ministre de l’Intérieur du Nicaragua, poète, aime citer ce poème de Vallejo :

Muerto el combatiente miró

Hacia el hombre

Y le dijo :

Te amo tanto…

Pero el cadáver seguía muriendo…

Le combattant se meurt. Il fixe l’homme de son regard et lui dit : « Je t’aime tant… » Mais il continue de mourir. L’homme appelle alors vingt, cent, dix mille, un million, des millions d’autres hommes. De partout et de toujours, les hommes viennent, entourent le mort, le regardent, lui parlent. Finalement, tous les hommes de la terre entourent le mort. Alors, le cadavre se lève lentement, embrasse le premier homme et se met à marcher.

Tomas Borge commente : « Solo la solidaridad de los pueblos del mundo puede levantar nuestros muertos. Cuando los muertos se levantan, hay revolución » (seule la solidarité des peuples du monde peut faire se lever nos morts. Lorsque les morts se lèvent, il y a révolution3).

Pour la compréhension des guerres révolutionnaires de libération nationale du tiers monde, la théorie qui reste universellement valable, jusqu’à être démentie par l’histoire, est celle de la lutte des classes : les hommes opprimés se révoltent, partout et toujours. A quelque classe, région, religion, ethnie, époque historique qu’il appartienne, jamais l’homme n’accepte durablement ses chaînes. Or, dans certaines conjonctures historiques précises, des avant-gardes se constituent qui produisent des analyses contingentes, objectivement justes. Ces analyses théoriques et les contradictions sociales qui les fondent font naître l’embryon d’une conscience collective anticoloniale, anti-impérialiste. Cette conscience nouvelle, inédite, alternative, permet à un nombre rapidement croissant de dominés de saisir ce fait capital : leur situation individuelle d’humiliation, de souffrance, d’exploitation, qu’ils partagent avec une multitude d’autres hommes, est commandée par des mécanismes sociaux analysables, qu’il est possible de combattre, et de détruire. A partir de cette évidence, les opprimés vont donc se réunir, s’organiser, s’armer pour le combat autour de leur avant-garde. C’est ainsi que naissent les mouvements armés de libération nationale.

J’écris en Europe, pour des Européens et pour ceux d’entre les habitants du tiers monde qui ont accès aux livres. Il est donc peu probable que les guérilleros des forêts du Guatemala, les combattants des montagnes d’Érythrée, les guerriers nomades sahraouis ou les paysans insurgés de Namibie lisent mon livre. Tout ce que je peux espérer, c’est expliquer aux lecteurs des centres impérialistes la lutte menée par les mouvements armés de libération, aider à faire comprendre cette lutte et susciter, chez le lecteur, une inquiétude et peut-être une volonté de solidarité et de combat. Ce livre tente de retracer l’histoire et de montrer les lois qui gouvernent les pratiques et les théories des mouvements armés de libération nationale du tiers monde. En d’autres termes, il essaie de déterminer, dans la succession apparemment chaotique d’événements souvent sanglants, les invariants, les récurrences – bref : les lois – qui marquent la genèse, l’épanouissement, le dépérissement de ces mouvements. Mais, avant d’être en mesure d’énoncer ces lois, avant d’inventorier, de définir, d’analyser les invariants du devenir de ces mouvements, il nous faut répondre empiriquement à une foule de questions comme celles-ci : Quelle est la genèse sociale, l’histoire vécue des mouvements armés de libération nationale ? Quelles sont leurs composantes sociales ? les matrices culturelles qui nourrissent leurs idéologies, leurs visions du monde ? Quelle est l’histoire des peuples qui enfantent ces mouvements ? Quelles formes d’organisation politique, économique nouvelles naissent de leurs combats ? Qui est leur ennemi ? Comment définir leurs stratégies politiques, leurs tactiques militaires ? Quelles alliances avec quelles puissances étrangères ces mouvements sont-ils forcés de conclure ? Quelle est la nature des États qui naissent de leur victoire ?

Ce livre comporte cinq parties d’inégales dimensions. La première partie examine – à l’aide d’exemples empruntés aux luttes de libération des peuples d’Amérique centrale et caraïbe – les rapports entre les deux phénomènes qui occupent face à l’impérialisme le paysage politique planétaire en ce dernier tiers de notre siècle : le nationalisme et la révolution socialiste. La seconde étudie le passage de la guerre anticoloniale à la guerre de libération nationale et à la révolution socialiste. Cette seconde partie s’appuie surtout sur des analyses de certaines guerres de libération nationale d’Afrique occidentale et australe. La troisième partie du livre analyse, à l’aide de l’exemple de l’Angola, le conflit jamais totalement résolu entre les avant-gardes du mouvement armé de libération nationale, leur vision du monde, leur volonté de puissance, d’une part, et les masses paysannes, fournissant l’immense majorité des combattants, de l’autre. La quatrième partie du livre tente de répondre à trois questions différentes qui sont sous-jacentes à la lutte de tous les mouvements armés de libération nationale du tiers monde : quelles alliances et avec quelles puissances étrangères les mouvements armés de libération d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie sont-ils forcés de conclure pour vaincre l’occupant de leur pays ? Quels sont le rôle historique, la fonction de la violence dans le processus de construction nationale ? Quel rôle jouent les cultures autochtones dans la guerre de libération nationale et dans le processus de construction de l’État ? La cinquième partie, celle des conclusions, tente d’indiquer les « constantes » que je décèle dans toutes les guerres révolutionnaires anticoloniales, anti-impérialistes et de définir les lois historiques qui gouvernent la genèse, l’épanouissement et le dépérissement des mouvements armés de libération nationale du tiers monde.

Voici les principaux mouvements, dont les victoires, les réalisations et les conflits serviront de références empiriques aux analyses de ce livre :

– Le Front sandiniste de libération nationale du Nicaragua (FSLN).

– Le Parti africain de l’indépendance de la Guinée-Bissau et des îles du Cap-Vert (PAIGC).

– Le Front populaire de libération de l’Érythrée (FPLE).

– Le Front de libération du Mozambique (Frelimo).

– Le Mouvement du 26 juillet de Cuba.

– Le Front populaire de libération de la Seguiet El-Hamra et du Rio de Oro (Polisario).

– Le Front Farabundo Marti de libération nationale du Salvador (FMLN).

– Le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA).

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