Les roues de l'infortune

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La vie réserve parfois des surprises pénibles à des moments inattendus, et celle-ci peut apparaître souvent comme trop lourde à porter. C'est ce qu'Yves Veulliet, dont la vie bascula radicalement en quelques minutes alors qu'il n'avait que 21 ans, à la suite d'un accident de la route, raconte avec franchise, passion et humour dans ce livre. L'auteur montre ici que chacun de ces moments difficiles, pour peu qu'on s'en donne la peine, peut nous aider à avancer.
Publié le : lundi 1 novembre 2010
Lecture(s) : 238
EAN13 : 9782296708365
Nombre de pages : 101
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LES ROUES DE L’INFORTUNE

Yves Veulliet

LES ROUES DE L’INFORTUNE
De la chute à la lutte

Préface du Pr Claude Hamonet

L’Harmattan

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12976-4 EAN : 9782296129764

Remerciements
Au Professeur Claude Hamonet, qui prouve de manière éclatante que l’intelligence du cœur est indispensable au cœur de l’intelligence. A Isabelle Henkens, l’alpha de ce projet, pour son enthousiasme redoutablement contagieux !

Préface Le récit d’Yves Veulliet est très remarquable. Familier de la rééducation et de la lutte contre l’exclusion des personnes en situation de handicap, ayant côtoyé quantité d’aventures analogues, je suis émerveillé et ému par la lecture d’un récit aussi réaliste et positif. Ce livre n’est pas le premier qui traite du plongeon (Marc Maury Le plongeon… vers la vie, 2002) ou du virage qui, en une fraction de seconde, vous fait découvrir que le monde qui vous entoure est, en fait, truffé d’obstacles qui vous renvoient l’image de l’anormalité alors que c’est ce monde-là, notre monde à tous précisément, qui n’est pas normal. Il est conçu pour un type bien particulier de bipèdes humains adultes, pas trop petits, pas trop grands ni trop gros, aptes rapidement à voir, entendre, raisonner, s’exprimer face à un réseau d’obstacles naturels ou imaginés par l’homme : escaliers, trottoirs, passages étroits, portes trop lourdes, panneaux difficiles à lire, parcours mal explicités… Ce voyage initiatique vers la découverte des situations de handicap et la reconquête d’une nouvelle liberté, Yves Veulliet nous le fait revivre en nous accompagnant, patiemment et avec beaucoup de compréhension pour nos étonnements et nos ignorances d’une façon que je n’ai jamais rencontrée jusqu’ici dans des ouvrages semblables. Le récit de son parcours de l’accident à la vie réveille en moi, très fortement, l’image de mon ami Gérard si proche, lui-même paraplégique et épris de liberté, qui maniait l’humour et l’autodérision dans un style analogue à celui d’Yves Veulliet. Le livre se lit avec facilité, car il est très bien écrit dans un langage imagé, souvent drôle, parfois cru, un peu dans le style de Céline, toujours tendre, exprimant l’énorme réserve d’amour de l’auteur. Il sait, avec brio, nous faire partager, en 9

enrobant son émotion dans des mots parfois provocateurs, jamais déplacés, son quotidien de personne « paraplégique » pour reprendre le langage médical stigmatisant. L’épisode du lit Stryker anti-escarres, qu’il appelle « croque-monsieur », exprime bien une rigueur thérapeutique très « ortho-pédique » qui a dominé un certain temps tant dans le domaine des complications de la peau que dans celui des problèmes organiques (escarres, souffrances rénales) qui étaient redoutés des médecins qui écrivaient, jusque dans les années 1950, que la survie avec une paraplégie leur paraissait impensable. Tout ceci a bien changé et les pratiques quasi rituelles se sont « humanisées », reste la vraie question: audelà de la survie comment vivre avec une paraplégie dans un monde qui n’est pas, a priori, fait pour ça. C’est là qu’Yves Veulliet pose, avec beaucoup de talent, toutes les vraies questions. Tout d’abord, au niveau du soin, il y a l’attitude des professionnels de la santé. Tous formés à la maladie, ils ne sont pas encore adaptés au handicap et à la réadaptation, même ceux qui ont fait le choix d’en faire leur métier. La majorité d’entre eux continuent à raisonner en termes de déficiences, ce qui n’est pas sans rappeler l’archaïsme dévalorisant de l’infirmité. Le langage négatif en « in » et en « de » reste trop courant dans les lieux de la réadaptation. Les médecins, en particulier, n’ont pas encore adapté leur langage à cette réalité nouvelle qu’est la valorisation, la « positivation » des capacités existantes chez une personne en situation de handicap du fait d’une maladie ou d’un traumatisme lésant son corps et bousculant sa subjectivité, c'est-à-dire sa perception de soi, de son environnement, des autres et du sens de sa vie. Ceci est très bien exprimé dans l’analyse du mot rééducation, lorsqu’Yves Veulliet insiste, à l’instar de mon ami le Professeur Andrej Seyfried de Varsovie, ancien expert à l’Organisation mondiale de la santé avec qui j’ai beaucoup partagé professionnellement. Il y a évolution puisque l’on 10

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