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LES TRIBULATIONS D'UN MIGRAINEUX : Thérapeutes insolites Thérapies curieuses

De
136 pages

C'est le récit authentique d'un migraineux à la recherche éperdue du remède miracle.

L'auteur est animé du désir incoercible de faire profiter de son expérience tous ses frères et sœurs migraineux, de leur éviter de tomber dans les pièges des thérapeutes charlatans et escrocs qui traquent les personnes atteintes de longues maladies.

Vous rirez de bon cœur en lisant l'évocation de « soins » invraisemblables, dangereux ou cocasses...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-87401-6

 

© Edilivre, 2015

Citation

 

 

« Je me presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer. »

Beaumarchais,
Le Mariage de Figaro

Préambule

Voici, amis lecteurs, le récit des souffrances et des espoirs d’un migraineux. Un malade perdu parmi cinq à sept millions de ses semblables aux maux terribles, différents pour chacun et néanmoins comparables… J’ose espérer que beaucoup d’entre eux se reconnaîtront dans mes aventures et dans le combat que j’ai mené, avec la fragile certitude de la guérison.

Vous voilà prêts à suivre mes pérégrinations au pays plus ou moins secret de tous les thérapeutes, médecins honnêtes ou malhonnêtes, guérisseurs plus ou moins sincères. Car, des doctes professeurs aux charlatans les plus malins, en passant par toutes les spécialités reconnues ou contestées, j’aurai tout essayé ! Des médecins allopathes et homéopathes, des acupuncteurs, des auriculothérapeutes, des iridologues, des vertébrothérapeutes, des chiropracteurs, des magnétiseurs, la liste est longue et je vous en ferai grâce. Seuls les cas les plus surprenants ou cocasses retiendront mon attention. Me croirez-vous ? Je jure n’avoir rien inventé parmi les épisodes insolites, parfois invraisemblables que vous allez découvrir.

Cette histoire vécue non romancée, je veux la dédier à tous mes frères et sœurs dans la douleur. Puisse le récit de mes tribulations leur éviter mes erreurs et tâtonnements. Puisse-t-il surtout leur redonner espoir car, malgré ces épreuves, ma vie a été féconde en aventures tragiques ou cocasses.

J’ai même trouvé, dans ma recherche de la guérison, le sel de l’aventure…

Chapitre 1
Où j’éprouve mes premières crises

Je peux dater très précisément le début de mes crises aigües, violentes et fréquentes de 1950, année de mon mariage. Des attaques hélas presque habituelles, qui allaient alors jalonner ma vie, l’habiter de manière quasi-permanente.

Cependant, en sondant ma mémoire, je me souviens d’incidents plus anciens, difficiles à dissocier des indigestions et autres crises de foie, mais reconnaissables par leur facteur déclenchant : odeurs fortes ou nauséabondes, consommation d’alcool.

Deux épisodes ont ainsi surgi, des souvenirs marqués du sceau de ce mal, l’un datant de mon enfance en Périgord, l’autre de ma jeunesse, lors de ma vie dans les maquis.

Des conséquences d’une drôle de bataille
au Moulin du Frau

La première crise se produisit dans un vieux moulin périgourdin à cheval sur l’Isle pour en tirer son énergie, le Moulin du Frau, un lieu sauvage dans l’amont de la rivière pas encore assagie, lieu célébré dans le roman éponyme d’Eugène Le Roy, qui nous a fait pleurer avec son ouvrage L’Ennemi de la mort.

J’étais âgé d’une dizaine d’années et je m’étais rendu au moulin par ce beau jour de printemps pour faire l’huile de noix avec les cerneaux préparés pendant les longues veillées d’hiver. J’étais venu avec mon grand-père dans la charrette tirée par Bichette la bourrique. Lilou, la cousine de mon âge, était du voyage. C’était une fête pour les jeunes, un véritable rite.

Pendant que le meunier et « le pépé » meulaient, cuisaient et pressaient les noix pour en extraire l’huile, les enfants s’ébattaient dans les prés et les champs autour du moulin. Leurs cris étaient couverts par le fracas de la cascade du barrage sur la rivière. Des centaines de poules se promenaient en liberté dans la propriété, picorant les graines abondantes. Beaucoup pondaient ou couvaient dans les haies et les buissons. Ce jour-là, Lilou et moi fûmes vite rejoints par le cousin Pijassou et Hortense Biglanbiet, la fille du meunier.

Dans les nids sauvages des haies buissonneuses, il y avait des œufs en abondance. La meunière se bornait à ramasser ceux des poulaillers et abandonnait les autres. Pour les quatre garnements, c’étaient des munitions pour « la bataille des œufs pourris » qui allait débuter. Les enfants garnirent leurs tabliers et allèrent déposer leurs projectiles dans leurs camps respectifs : après plusieurs voyages, ils étaient prêts pour déclencher les hostilités. D’un côté, Lilou et moi étions tapis derrière une haie d’aubépines. En face, Pijassou et Hortense étaient cachés derrière le poulailler.

La partie commença avec des tirs paraboliques plongeants. Comme ils n’atteignaient pas l’ennemi, les combattants sortirent de leur abri pour se mitrailler à découvert en se rapprochant de plus en plus. Les instincts guerriers sommeillant en eux s’étaient réveillés. Ce fut une grande bataille.

Les œufs s’écrasaient sur les blouses donnant de jaunes coulées visqueuses. Pijassou avait découvert un couvercle de lessiveuse qui lui servait de bouclier. Visiblement, il ménageait Lilou et s’acharnait sur moi.

Le combat se termina par manque de munitions dans la puanteur sulfureuse des œufs pourris. Sur ma tête, un impact jaune dégoulinant et fétide prouvait que j’avais bien été touché. Les filles enlevèrent le jaune et le blanc, mais pas l’odeur. Celle-ci m’enveloppait, m’imprégnait, mes poumons s’emplissaient des miasmes putrides. Je pâlissais, verdissais et avais des hauts le cœur. Les foudres de la colère du grand-père avec sa voix d’airain, les piaillements de la meunière ne furent rien à côté de l’épreuve qui m’attendait au cours du repas. A table, mon visage passe du blanc au gris. Je ne touche ni à la soupe fumante aux haricots arrosée d’huile de noix, ni au bon poulet de basse-cour, ni même au millassou, cette délicieuse galette de pommes de terre râpées, typiquement périgourdine.

Des nausées incoercibles retournent mon estomac comme une chaussette. Dans ma tête douloureuse, le sang martèle mes tempes à coups redoublés.

C’est dame Migraine sortie, elle aussi, de sa tanière, excitée par l’odeur des œufs pourris. La famille en chœur s’écrie : « c’est une crise de foie » et on accourt rechercher dans les placards la potion maison.

Plus tard, après des années de dure expérience, j’appris que les odeurs putrides persistantes sont un facteur déclenchant de ma maladie : c’était ma première crise.

Farceur et rancunier, je gardai pour Pijassou l’un de mes œufs pourris et le lui rendis à la première occasion. Ce fut au cours d’un jeu de « baise couillon », sorte de jeu de la chandelle où, en guise de mouchoir laissé tomber derrière un camarade, un œuf fut caché sous son béret. Un compère l’écrasa sur le crâne du pauvre gamin d’un preste coup de poing. La vengeance était parfaite, l’honneur lavé, mais pas Pijassou.

Où nous prenons Angoulême
et quelques caisses de Cognac

Le deuxième souvenir me renvoie à un autre combat, le 1er septembre 1944, le jour de la libération d’Angoulême. Comme beaucoup de mes camarades périgourdins, je m’étais engagé volontaire dans les F.F.I de la Dordogne, les Forces Françaises de l’Intérieur regroupant différents groupes de la Résistance.

La poignée de maquisards qui s’était réunie à Thiviers en 1942 avait considérablement prospéré. Son créateur, un jeune officier d’active lorrain, le lieutenant Cézard dit « RAC », l’avait amené à un groupe de trois mille résistants, parfaitement structuré en bataillons et en compagnies : la Brigade RAC. J’étais fantassin maquisard de 2ème classe, affecté au poste de commandement de la 11ème compagnie comme agent de liaison. Notre commandant était le lieutenant Lavaud, un homme exemplaire dont le caractère et la grandeur d’âme se révélaient dans la dureté et la fraternité des combats.

Après les violents engagements qui aboutirent à la libération de Périgueux, la Brigade RAC se dirigea sur Angoulême. La ville était occupée par une importante garnison allemande qui devint, après la Libération, la colonne Elster comprenant 19200 hommes, avec à leur tête deux généraux et 470 officiers.

Pour les Allemands, Angoulême était une plaque tournante qui faisait communiquer le Nord avec le Sud, Bordeaux et le mur de l’Atlantique avec Paris.

Les F.F.I et F.T.P (Francs Tireurs et Partisans) venant du Périgord, du Limousin, de l’Auvergne et de Bigorre encerclèrent progressivement la ville. Ils étaient plus de 10000 au total, équipés d’armes légères. Il fallait beaucoup d’audace et de courage pour s’attaquer à ce bastion. Avec ma mitraillette Stein et mes deux grenades, je n’en manquais pas.

Des combats, des accrochages eurent lieu dans toutes les localités périphériques et notamment à La Couronne où ma compagnie fut engagée.

Le harcèlement continuel, les attaques surprises des corps francs, les actions de la S.S.S, la section spéciale de sabotage, démoralisèrent les Allemands qui acceptèrent une négociation. Il était convenu qu’il y aurait une trêve pour qu’ils puissent évacuer la ville, se cantonner en forêt de la Braconne et remonter vers le Nord pour être désarmés.

Cet accord fut conclu en collaboration avec les Forces Françaises Libres qui attendaient les Allemands au verrou d’Autun. C’est là que la colonne du général Elster fut encerclée et se rendit. Ainsi, il n’y eut pas de combats de rues, mais quelques échauffourées. Je me rappelle avoir enjambé deux cadavres d’Allemands en rejoignant mon cantonnement dans une Ecole Normale abandonnée par l’occupant. Le bilan faisait état de 14 morts et 26 blessés parmi mes camarades de la Brigade R.A.C.

Dans la ville, une foule déchaînée criait sa joie en savourant ce jour de la libération tant attendu. J’étais harassé. J’avais dû porter des messages aux P.C des compagnies combattantes de jour comme de nuit.

Je m’allongeai pour un repos bien gagné lorsque mes camarades vinrent me quérir. Ils me conduisirent dans des salles de classe emplies jusqu’au plafond de caisses de bouteilles de cognac et me dirent : « Prise de guerre, sers-toi ».

On me persuada que j’étais un vainqueur et que la victoire, ça se fêtait. Il fallait boire et trinquer. Je trinquai en effet au sens propre et figuré. Le vin du Chabrot ajouté dans la soupe selon l’antique coutume occitane fut remplacé par du cognac et je fus immédiatement terrassé par des nausées et un insupportable mal de tête.

Le lendemain, il fallut repartir vers de nouveaux combats : Cognac, Saintes, et « la poche de Royan », une zone de résistance allemande.

Je n’avais pour bagages que mon barda, mes hardes et mon couchage. Aussi dus-je abandonner, sans regrets, le « butin de guerre » et sauter dans le camion à gazogène, couché sur le plateau à ridelles parmi mes compagnons, à la poursuite de l’ennemi.

Le soir, couché dans la paille, au fond d’une grange, je méditai sur le début de cette maladie qui s’installa sous forme de crises fréquentes après mon mariage.

Où j’émigre dans les Vosges et je me marie

La guerre était finie, qui m’avait ballotté entre le maquis, les chantiers de jeunesse, différents corps de l’armée. J’avais enfin déposé ma mitraillette, mais gardé mes deux grenades pour me souvenir de ces temps intenses et glorieux.

La paix était retrouvée, dans une France ruinée et des régions ravagées. Le Périgord épargné était en léthargie et moi, je voulais retrouver mes années de travail volées par l’occupant. Construire, c’était mon idéal. Animé d’une ardeur juvénile et ambitieuse, je décidai d’aller reconstruire les villes et villages dévastés. Normandie ? Lorraine ? Alsace ? Je jouai à pile ou face, et ce fut les Vosges. Je m’informai dans mon entourage sur cette région de montagne, mais elle était, à cette époque, une terra incognita en Périgord. Seul Maurice, le sabotier, les avait connues dans les tranchées, l’hiver de la guerre de 14-18. « T’es un fou, n’y va pas, c’est la Sibérie ! » A Raon ou Thaon, il y avait même une femme à barbe…

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Loin de me décourager, cela stimula ma détermination : en route pour la « Sibérie » vosgienne et le pays des femmes à barbe !

Un beau jour de l’été 1947, je débarquai à la gare de Raon L’Etape avec mon vélo. La ville venait de résulter de la fusion des deux communes sinistrées de La Neuveville-les Raon et de Raon-L’étape. Je sortis mon vélo du train, traversai la rue et allai m’installer à l’hôtel de la gare, une des rares bâtisses à être encore debout. J’installai mon Q.G et mon bureau dans la brasserie de l’hôtel.

30000 obus des belligérants étaient passés d’une montagne à l’autre, n’épargnant aucune maison. Façades et magasins portaient des meurtrissures. Plusieurs quartiers étaient détruits, leurs habitants logés dans des baraques. A Saint-Dié, à une vingtaine de kilomètres de là, la ville incendiée par les allemands était en ruine. Des tas de pierre soigneusement...