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Lettres de voyage

De
128 pages
Au tout début du XXe siècle, Robert du Bourg de Bozas, jeune aristocrate fortuné et cultivé, organise à ses frais une mission scientifique à travers l'Afrique soutenue par le ministère de l'Instruction publique. Parti de Djibouti le 2 avril 1901, accompagné d'un jeune médecin, de deux autres européens et d'une imposante caravane, il meurt de paludisme au Congo dans la nuit de Noël 1902. Tout au long de son périple, il entretient une correspondance avec ses proches et particulièrement avec son père.
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DE LA MER ROUGE À L’ATLANTIQUE (111  Suivies de lettres de ses compagnons Avant-propos et notes de Claude Guillemot
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LETTRES  DE VOYAGE Écrites au cours de la ission cientiue du Bourg de Bozas
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Mémoires du XX e siècle   Déjà parus  
 Marion BÉNECH, Un médecin hygiéniste déporté à Mauthausen. Portrait de Jean Bénech , 2013.  Larissa CAIN, Helena retrouvée. Récits polonais, 2013. Lucien MURAT, Carnets de guerre et correspondances 1914  1918 . Documents présentés et annotés par Françoise FIGUS, 2012.  Zysla BELLIAT-MORGENSZTERN , La photographie, Pithiviers, 1941. La mémoire de mon père , 2012. Serge BOUCHET de FAREINS, De lAin au Danube,  Témoignages de vétérans de la 1 re  Armée Française (1944 1945), 2012.  Gabriel BALIQUE, Saisons de guerre,  Notes dun combattant de la Grande Guerre, 2012 . Jean DUCLOS, Notes de campagne 1914  1916 suivies dun épilogue (1917 1925) et commentées par son fils, Louis-Jean Duclos Collectif-Artois 1914/1915, 2012. Odette ABADI, Terre de détresse. Birkenau  Bergen-Belsen , nouvelle édition, 2012. Sylvie DOUCHE, Correspondances inédites à des musiciens français. 1914-1918 , 2012. Michel RIBON, Jours de colère , 2012. François MARQUIS, Pour un pays dorangers, Algérie 1959-2012, 2012 Jacques RONGIER, Ma campagne dAlgérie tomes 1 et 2,  2012. Michèle FELDMAN, Le Carnet noir, 2012. Jean-Pierre CÔMES, Algérie, souvenirs dombre et de lumière , 2012. Claude SOUBESTE, Une saison au Tchad , 2012. Paul OLLIER , Algérie mon amour , 2012. Anita NANDRIS-CUDLA, 20 ans en Sibérie. Souvenirs d une vie , 2011. Gilbert BARBIER, Souvenirs dAllemagne, journal dun S.T.O , 2011.
 
 
Robert du Bourg de Bozas
 
 
 
 LETTRES DE VOYAGE
Écrites au cours de la Mission Scientifique du Bourg de Bozas
De la Mer Rouge à lAtlantique  (1901-1903)  
 
Suivies de lettres de ses compagnons
 
 
 Avant-propos et notes de Claude Guillemot
 
 
 
 
 
 
                                
  © LHarmattan, 2013 5-7, rue de lÉcole-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00244-6 EAN : 9782343002446
 
 
 
AVANT-PROPOS   
  A la fin du XIX° siècle et au tout début du XX° siècle, les puissances occidentales ont besoin de nouvelles ressources pour alimenter leurs industries en pleine expansion. Une énorme compétition sengage entre les É tats pour affirmer leur présence et leurs prétentions sur des territoires encore mal cartographiés, particulièrement en Afrique. Ils organi-sent de nombreuses explorations à louest et à lest  de ce continent. Rares sont les voyageurs qui ont réussi la traver-sée intégrale de ce territoire immense. Beaucoup y ont laissé leur vie, assassinés, ou vaincus par la maladie. __________          Le Marquis Antonin du Bourg de Bozas (1836-1922), aristocrate fortuné, ancien écuyer de l empereur Napoléon III, avait la passion des chevaux et de la chasse à courre. Il avait fait construire dans les années 1880 dimposantes et luxueuses écuries dans son domaine du château de Prye, près de Nevers. A la même époque il fit lacquisition de deux métairies en Sologne, près de Neuvy-sur-Barangeon, et y fit édifier une résidence de chasse, le château de Saint Hubert.  Antonin du Bourg avait deux fils, Antoine, né à Paris en 1866, et Robert, né à Vichy le 13 avril 1871 ; ils reçurent une solide formation classique et sportive mais cest surtout R o-bert qui hérita de cette passion pour les chevaux et la chasse à courre. Pendant la saison de chasse, il rejoignait son père en Sologne, quittant ainsi la vie mondaine de Paris. Au cours de lannée il résidait éga lement au château de Prye que son père avait fait restaurer et agrandir par un élève de Violet-le
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Duc et sadonnait à léquitation. Il fut élu maire  de la petite commune de la Fermeté, dont dépendait le château, le 20 mai 1900.     Dun esprit curieux, Robert fréquentait, à Paris, les mi-lieux scientifiques et médicaux, se renseignant sur les der-nières découvertes et en particulier les explorations en Afrique. Les récits de Stanley, Livingstone, et dAbbadie,  déjà anciens, mais aussi les comptes-rendus récents des mis-sions de Borelli, Teleki et von Höhnel, Donaldson Smith, Bottego, Marchand, etc., dans le bulletin de la Société de Géographie, le Tour du Monde, le Geographical Journal, faisaient partie de ses lectures préférées et attisaient  son désir de voyages.  Cette vie oisive et répétitive dans les salons parisiens, ces séjours réguliers à la campagne ou dans les hôtels européens lui devenaient insupportables. Il sentait monter en lui une ambition, une envie de briller, de montrer aux autres quil était capable de grandes choses, de poursuivre le travail dun Foà (1862-1901), dun Crampel (1864 -1891) ou dun Vers e-puy (1869-1896) dans un esprit  scientifique.   Il franchit le pas en septembre 1900 en allant voir Raoul de Saint-Arroman, directeur du bureau des travaux histo-riques et scientifiques du Ministère de lInstruction Publique. Il lui expose un projet que sa fortune personnelle pourra financer et demande seulement lappui du Ministère sous la  forme dune mission officielle : il sagit, part ant de Zanzibar, dexplorer le Kilimanjaro, le pays des Massaï, le lac Natron et les alentours du lac Victoria, de revenir par le lac Rodolphe et lAbyssinie, avec une équipe de scientifiques, lui-même se réservant les études ethnographiques.  Ayant re çu laccord de la Commission des Missions et du Ministre il sattèle aux préparatifs logistiques de sa mission et surtout il engage dans son équipe Emile Brumpt, jeune mé-decin de 24 ans, préparateur au laboratoire dhistoire nat u-relle du professeur Blanchard, et qui possède de bonnes
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connaissances en médecine tropicale et parasitologie, mais aussi en géologie et botanique.  Il a déjà envoyé un grand nombre de caisses de matériel à Zanzibar quand on lui fait savoir que la situation politique très instable en Afrique de l Est  ne lui permettra pas de réali-ser son exploration. Il veut éviter de se retrouver dans un imbroglio diplomatique face aux Anglais qui contrôlent cette partie de lAfrique ; il ne se décourage pas et décide de chan-ger son itinéraire et de partir de Djibouti, passer à Harrar, descendre vers le sud, le long de la frontière somalienne, revenir vers Addis Abeba, puis rejoindre le lac Rodolphe et traverser la région du Turkana, par une route que personne avant lu i na  encore empruntée, jusquau Nil. Cet itiné raire passera ainsi dans la zone restée blanche sur les cartes, une terra incognita . Arrivé sur le Nil, il avisera sur place pour décider de la route de retour. Idéalement, si les circonstances le lui permettent il souhaite, à partir du Nil, rejoindre le Haut-Oubangui, traverser le Tchad, et revenir par lAlgérie, ce qui serait en quelque sorte une « première ». Il  avait déjà fait parvenir de largent  à Khartoum facilement accessible par le Nil en cas déchec.   Ce nouveau projet lui avait été conseillé par une commis-sion spéciale composée de scientifiques de renom parmi lesquels Alfred Grandidier, géographe et ethnologue et Ed-mond Perrier, zoologue et anatomiste, directeur du Muséum dHistoi re Naturelle.  Robert du Bourg de Bozas se proposait de ramener un maximum de documents utiles à la science et dalimenter les nouvelles galeries du Muséum, inaugurées deux ans aupara-vant, consacrées à la paléontologie, l anthropologie et l anatomie comparée.   Quelques jours avant son départ il fut nommé « Officier dAcadémie » par le Ministre de lInstruction Publique et des Beaux-Arts.   
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