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Ma famille du Sikkim

De
168 pages
Le Sikkim, contrée méconnue et ignorée des voyageurs, fut longtemps considéré comme le dernier Shangri La himalayen: pays magique de la mythologie bouddhiste où règne la paix, l'absence de maladie et où quelques grains de riz suffisent à nourrir sa population. A travers le récit du séjour de l'auteur et de sa femme, petite fleur sikkimaise, celui-ci souhaite faire découvrir un pays, certes attaché à ses traditions, mais profondément tourné vers la modernité, sachant enchanter le voyageur par sa diversité culturelle, ses paysages extraordinaires.
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Ma famille du Sikkim

Frédéric Febvay

Ma famille du Sikkim

L' Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan

Hongrie

Kônyvesbolt 1053 Budapest, KossuthL. u. 14-16

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti 15 10124 Torino

HONGRIE

ITALlE

@ L'HARMATTAN,

2004

ISBN: 2-7475-7527-6 EAN : 9782747575270

Delhi,

1erfévrier

Je reprends contact avec ce pays qui m'a tant apporté, l'envie de vivre, une jolie femme et deux magnifiques petites filles. Assis à l'avant du taxi, je retrouve des sensations qui ne se sont jamais évanouies depuis mon retour de Calcutta. Un souffle de liberté caresse mon visage qui exsude le bonheur de fouler le sol de cet autre chez moi, ce pays fascinant. Chacun de nous quatre savoure intimement ces retrouvailles longtemps attendues. Pour Johanna et Jennifer, la fatigue du voyage atténue cette saveur. Mais la vue d'un éléphant, monté par son cornac, qui se déplace pesamment sur notre voie, produit une étincelle de magie qui réanime leur enthouSIasme. - Un éléphant! Maman, papa, regardez! Un éléphant! Un éléphant arpentant les rues de la capitale, scène surréaliste, qui dans les yeux d'enfants de cinq ans, devient féérique et renvoie Walt Disney dans ses studios. Shova s'est envolée dans une odyssée intérieure qui la mène sur les pentes himalayennes. Quant à moi, je flotte, je me laisse conduire jusqu'à la New Sikkim House, hôtel destiné aux ressortissants du Sikkim, où nous avons réservé une chambre. J'emmagasine cette Inde par tous mes sens. Je vis une séquence hors du temps qui ne me laissera pas que de vagues réminiscences, mais que je pourrai revivre émotionnellement et avec tous mes sens quand j'en éprouverai le besoin. Seule l'Inde peut me procurer cette résurrection du passé. Le taxi file au cœur de la nuit sur les larges et propres avenues de New Delhi. Cette ville récente, conçue par les architectes de l'empire britannique, se distingue des autres grandes métropoles indiennes. Les rues sont tirées au cordeau, elles se recoupent dans un plan géométrique comme les pièces d'un jeu de construction démesuré. 7

Delhi, 2février Nous consacrons cette première journée indienne au repos. Les visages de Johanna et Jennifer portent les stigmates de la fatigue du voyage et d'une nuit inconfortable. Nous avons dormi à l'étroit, dans deux lits à une place, avec deux couvertures élimées de taille réduite. L'hiver, les nuits sont froides. Les chambres, de même que la salle de restaurant, ne sont pas chauffées. Ici, les gens vivent des hivers plus durs que dans nos contrées où le chauffage est de rigueur. Les reniflements sont les seuls sons qui résonnent à notre difficile réveil. Cependant, la fatigue ne nous immobilise pas. Chacun ressent le désir de parcourir ces nouveaux lieux. Les filles ont besoin de se défouler après une journée passée sur un siège d'avion. Nous prenons la direction du parc le plus proche, le parc Nehru. L'air est doux, le soleil léger. Nous marchons sur de larges trottoirs dégagés. Plusieurs autoricksaws1 ralentissent à notre hauteur. Ils nous proposent de nous conduire. Notre refus, dans ce désert pédestre qui tranche totalement avec l'indicible cohue des autres grandes métropoles de l'Inde, les laisse pantois. Nous recensons les ambassades le long de notre chemin dans l'enclave diplomatique de Chanakyapuri où nous séjournons. L'intérêt du jeu réside dans leur comparaison et à déceler les caractères architecturaux propres aux pays qu'elles représentent. L'ambassade américaine, massive et sans fenêtres visibles de l'extérieur, ressemble à un gigantesque bunker du mur de l'Atlantique. La superpuissance de la planète aurait-elle quelque chose à se reprocher? Après une agréable marche d'une vingtaine de minutes, nous entrons dans le parc Nehru. Les filles courent dans tous les sens. Elles inventent un jeu, courser les écureuils qui foisonnent.
1 Les mots en italiques renvoient au glossaire situé en fin de livre.

8

A dix-neuf heures, on frappe à notre porte. Nous sommes en effervescence. Je découvre Manoj et son magnifique sourire, tellement vrai. Chaque fois que je vois son sourire, je vois la pureté originelle de l'homme aux premiers jours de la Genèse.
- Manoj ! C'est Manoj ! s'écrient les filles.

Manoj les vit naître, leur donna le biberon, les aida à faire leurs premiers pas. Il tient une place privilégiée dans leur cœur. Nous travaillions ensemble à Calcutta dans le cadre d'une association humanitaire indienne et vivions sous le même toit. Il me connut célibataire, fut témoin de mon mariage avec Shova. Il fut lié aux grands évènements de ma vie. Je suis heureux de le retrouver après deux ans. Il conquiert immédiatement les filles qui n'avaient que trois ans à cette époque, un âge où on oublie vite. La barrière de la langue importe peu, la compréhension s'effectue comme par magie lorsque les êtres s'aiment. Manoj dîne avec nous. Il passe la nuit sur un matelas que nous procura l'homme de chambre. Nous avons tant de choses à nous raconter.

Delhi, 3février - Devrons-nous prendre un ricksaw pour trouver des boutiques? Comment les gens du quartier font-ils pour s'approvisionner? me demande Shova. L'homme de chambre lui donne la solution:
- Passez derrière les appartements de fonction de la Sik-

kim House. Vous déboucherez sur une ruelle, de l'autre côté vous trouverez des boutiques. Hier, notre promenade nous mena uniquement sur de grandes avenues où la seule présence humaine était la police armée pour soutenir un siège devant les ambassades de Chanakyapuri. 9

A l'entrée de la ruelle, un homme repasse une montagne de linge devant une maisonnette de briques qui est accolée au mur d'enceinte d'une grande habitation. Dans ce quartier paisible, elle pourrait être le refuge secret de quelques enfants à l'imagination fertile. Elle m'évoque les cabanes de branchages que nous construisions avec les copains d'enfance dans le bois jouxtant notre groupe de maisons. C'est la blanchisserie du dobhi qui lave le linge des clients de la Sikkim House. Quelques pas plus loin, nous slalomons entre des tas de sable, de gravier et de briques qui envahissent la chaussée. Des femmes travaillent sur le chantier d'un immeuble de trois étages. L'une porte un plateau rempli de ciment posé sur un foulard enroulé sur sa tête, puis le vide aux pieds d'un maçon au premier étage. Deux autres femmes gravissent à leur tour les marches, une dizaine de briques reposant en parfait équilibre sur leur tête. A notre vue, elles s'arrêtent. Leurs regards convergent vers Johanna et Jennifer. Leurs yeux s'illuminent. Elles discutent joyeusement d'un simple évènement qui chez nous n'en serait pas un. Spontanéité des gens qui voient les choses avec les yeux de l'enfance! En raison de leur peau foncée, on distingue mal de discrets tatouages sur les mains et les avant-bras. Bien qu'elles fassent un travail de forçat, elles n'en demeurent pas moins coquettes. Des bagues ciselées ou torsadées parent leurs orteils. Surtout, elles possèdent une allure noble que la grâce de leurs saris accentue. - Elles me rappellent les femmes adivasis du Madhya Pradesh. - Oui, elles viennent de tribus. Leur langage est très différent de l'hindi et leur aspect physique le laisse à penser, nous explique Manoj. De l'autre côté de la ruelle, une dizaine de boutiques et de petits restaurants sont alignés sur quelques mètres. Sous un imposant banian, un vendeur de fruits leur fait face. Nous lui achetons une douzaine de bananes de petite taille. Quel goût 10

inimaginable pour le mangeur de mégabananes de nos grandes surfaces. Un peu plus loin, j'aperçois une longue chevelure dont la beauté irréelle ne pourra jamais être reproduite par les mille artifices de nos salons. L'heureux propriétaire présente une impressionnante stature. C'est un sikh qui sèche ses cheveux en permanence recouverts d'un long turban, excepté pour dormir. En ce début d'après-midi, la grande foule se presse aux entrées du zoo. Nous demandons à notre chauffeur sikh s'il peut nous attendre, car nous craignons de rencontrer des difficultés pour rentrer à la Sikkim House. La journée de demain est cruciale pour la suite de notre séjour. Elle s'annonce longue et harassante. Nous ne voulons pas fatiguer les filles inutilement. Le zoo, qui est attenant à l'impressionnant mur d'enceinte du Purana Qila, vieux fort, s'étend sur une vaste superficie. L'espace réservé aux animaux est acceptable. Peut mieux faire, mais j'ai déjà vu pire. Après une heure de visite, comme chez la plupart des enfants, l'intérêt diminue. - On peut jouer au loup? nous demande Johanna. Elle trouve un partenaire de jeu privilégié, Manoj, qui prend un plaisir non feint. Soudain, elle percute de plein fouet un arbre. Elle est commotionnée, d'une pâleur effrayante en comparaison de l'éclat du teint mordoré de Manoj penché sur elle. A notre grand soulagement, elle n'est que sonnée. L'heure de fermeture approche, nous sortons et partons à la recherche de notre taxi dans une mêlée indescriptible de voitures, d'autoricksaws, de vendeurs ambulants, de visiteurs à la recherche d'un véhicule ou des leurs.
- Introuvable! Il a certainement pris des clients entre-

temps et reviendra nous chercher, sa course terminée, nous dit Manoj nullement inquiet. Nous rions. Nous retrouvons cette insouciance qui est cruellement absente en Occident. - Buvons un coup en l'attendant.
Il

Les lieux se désertifient peu à peu et toujours pas de taxi en vue.
- Nous n'allons pas l'attendre toute la soirée. Nous le

verrons ce soir à la station de taxis. A Chanakyapuri, notre chauffeur discute avec des collègues sikhs. Il nous accueille avec un large sourire qui anime sa longue barbe fournie. - Je vous ai attendus jusqu'à six heures.
- Nous sommes sortis du zoo à six heures moins le quart,

lui répond Manoj en hindi. - Vous n'avez pas vu mon taxi dans cette cohue! La discussion se poursuit ainsi dans la bonne humeur et ce n'est pas une question d'argent qui l'envenimerait. Je lui offre cent roupies, soit quelques roupies de plus que le prix de la course. Illes accepte, satisfait.
- Regardez si ce n'est pas un billet de cinq cents, plai-

sante Manoj. Les nouveaux billets se ressemblent tellement.
-

Non, non, rigole le taxi en le glissant dans la poche de

sa chemisette. Situation surréaliste. Le chauffeur ne doutait pas une seconde que je ne viendrais pas lui payer sa course.

Delhi, 4février Je garde en mémoire les rituels bouchons des grandes villes du nord de l'Inde, mais New Delhi est une exception. Je n'ai jamais circulé aussi aisément sur les routes d'une capitale. Nous arrivons avec une heure d'avance devant Lok Nayak Bhawan, l'immeuble du ministère de l'intérieur. Quinze minutes avant l'ouverture au public, un planton nous invite à former une file d'attente. Nous sommes en tête d'une dizaine de visiteurs. - HelIo! dit-il aux filles. 12

Jennifer lui tend la main. Lorsqu'il s'apprête à la prendre, elle la retire rapidement et lui adresse un salut indien, les mains jointes au niveau du front. Le fonctionnaire rigole comme un enfant à qui on a fait une bonne blague. Il demande à un policier assis derrière un bureau dans le vestibule du ministère de serrer la main de Jennifer, hilare, qui renouvelle sa plaisanterie produisant le même effet. Si nous croisons d'autres uniformes, nous assisterons à un concert de nres. Ce matin, nous jouons la tournure de notre séjour de trois mois. J'ai pris un congé sans solde pour nous réunir chez Shova à Gangtok dans l'état du Sikkim. En raison de sa situation stratégique à la frontière tibétaine, le Sikkim est un état protégé et uniquement accessible muni d'un permis de séjour délivré pour quinze jours que l'on peut proroger de la même période au bureau d'enregistrement des étrangers de Gangtok. Nous venons demander une autorisation spéciale pour un séjour de trois mois. Quelle désillusion serait un refus pour Shova ! Un employé nous donne un formulaire que nous lui retournons une fois rempli. Il nous fait signe de nous asseoir dans une vaste salle d'attente qui s'apparente à une salle de conférences avec ses fauteuils neufs alignés face à une petite table et deux chaises en plastique. Un couple indo-russe est assis à nos côtés. La femme espère obtenir un permis de séjour. Pour cela, elle devrait posséder un visa d'entrée, mais elle n'a qu'un visa de tourisme valide six mois. Son mari, un Indien de Delhi se veut rassurant, mais l'inquiétude transparaît dans ses paroles, ses gestes rapides et répétés.
- Ne vous inquiétez pas. J'ai aussi été dans une situation

analogue et j'ai fini par obtenir mon permis de séjour. Au même instant, un fonctionnaire s'installe à la petite table. Il appelle un à un les demandeurs. J'ai l'impression que l'on se présente tous à un examen de passage. - Monsieur Febvay !
13

Il m'indique la chaise libre. Shova et les filles restent debout. Conception différente de la courtoisie où l'on offre l'unique siège au chef de famille. Il nous retient deux à trois minutes, notre requête lui semble justifiée. - Attendez qu'on vous appelle. Je suis plutôt rassuré. Shova trépigne d'impatience, son stress atteint son paroxysme.
- Allez au F.F.R.O., me dit le même fonctionnairequi me

tend une enveloppe cachetée à la cire sans aucune explication.
- Nous avons l'autorisation, Shova ! Le F.F.R.O. va nous

établir le permis.
- Ca y est! s'écrie Shova voyant Manoj qui nous attend à

l'extérieur du ministère. Notre cas pose un problème aux fonctionnaires du Foreigners' Regional Registration Office. S'ils sont devenus experts dans l'établissement des prorogations de visas ou des permis de résidence, la délivrance d'un permis de séjour de longue durée pour une région protégée semble être un cassetête. On nous réclame des photocopies de la page de garde de nos passeports et de nos visas. Mais il n'y a pas de photocopieuse mise à la disposition du public à l'intérieur du complexe administratif où sont installés les bureaux du F.F.R.O. Je me rends donc jusqu'à une boutique le long de la large avenue dont le complexe administratif occupe tout un côté. Une photocopieuse, une cabine téléphonique pour les communications nationales et internationales, un téléphone local posé sur le comptoir et deux ordinateurs connectés à Internet encombrent les six mètres carrés de la boutique. - Frédéric, ils nous ont donné tous ces formulaires, imprimés en hindi, à remplir. Je n'y comprends rien, me dit Shova à mon retour. L'un des deux formulaires est identique à tous ceux de l'administration indienne. Nous devons en remplir un par 14

personne, mais le second, que l'on nous a donné en douze exemplaires, ressemble à un permis vierge. C'est insensé! Voyant notre désarroi, un jeune fonctionnaire nous fait sIgne:

Qui vous a donné ces formulaires? - La personne à l'accueil, monsieur.
-

Il soupire. Il ne semble plus se bercer d'illusions sur certains de ses collègues.
-

J'établis un permis pour tous les quatre à votre nom

monsieur Febvay. J'y reporte les numéros de tous vos passeports. Cela vous évitera sûrement des problèmes. Nous venons d'obtenir notre sésame en six heures. L'administration du ministère de l'intérieur de Delhi s'est montrée extrêmement efficace.

Delhi, 5février Je me rends à Connaught Place, centre d'affaires de New Delhi, où sont installées la plupart des banques, des compagnies aériennes et des agences de voyages. La place, circulaire, s'étend en trois cercles emboîtés les uns dans les autres comme des poupées russes et, est traversée par de longues avenues qui lui donnent un aspect de toile d'araignée. Les arcades des bâtiments à la lourde architecture coloniale britannique, tous blanchis à la chaux, offrent aux passants un refuge contre le soleil brûlant de l'été. Sur le cercle intérieur, devant l'American Express, je trouve des journaux français d'hier que vend un homme assis sur un carré de jute. Tu veux du haschich? Il vient de Manali. C'est de la première qualité. J'en doute. Ce dealer d'une vingtaine d'années a vu en moi un nouvel arrivant, un pigeon potentiel. Mon teint pâle ne lui donne pas tort. - Je ne suis pas intéressé. 15

-

Il est bon. Tu veux voir. J'ai aussi de l'herbe, du brown

sugar. L'ami semble être en mesure de fournir toutes les défonces présentes sur le marché local. Après plusieurs tentatives infructueuses, il me propose de l'accompagner dans un emporium, magasin d'artisanat. La drogue ne lui apportant pas ses premières roupies de la journée, une commission sur mes achats s'en chargera. - Non, j'attends un ami! - Il est français ton ami? poursuit la sangsue. - Non, indien! Sans me départir de ma bonne humeur, je réussis à le décourager. Quand tu seras libre, tu me trouveras au coin là-bas dans ce ricksaw. Je t'emmènerai gratuitement à l'emporium. A peine débarrassé de cette sangsue, un autre type assez semblable m'accoste.
-

Quel est votre pays?

- La France. - Je veux aller en France!

Le rêve éveillé est en marche. Mon interlocuteur s'imagine qu'il peut venir comme cela en France, y travailler, économiser et ainsi rentrer riche au pays. Il envisage la construction de sa maison, l'ouverture d'un commerce et, sans qu'il ne le dise, de réaliser un beau mariage. - Pour obtenir le visa français, je dois donc me rendre à l'ambassade de France, conclue-t-il avec candeur. - Il vous serait plus simple de tenter votre chance en Angleterre, vous n'aurez pas besoin d'apprendre une nouvelle langue.
- Vous avez raison, mais j'aime la France.

Manoj arrive enfin. Il a passé la nuit chez un ami. Sa précédente nuit à la Sikkim House fut assez inconfortable. Je confirme rapidement nos billets d'avion pour Bagdogra, puis nous nous rendons à la gare de New Delhi toute proche. 16