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Mais la musique soudain s'est tue. Journal 2009-2013

De
528 pages
Avec ses journaux intimes aux titres flamboyants, provocateurs, Un galop d’enfer, Mes amours décomposés, Calamity Gab, Gabriel Matzneff s'est depuis sa jeunesse attiré une fâcheuse réputation de libertin, de mauvais sujet. Trop beau, trop libre, trop heureux, trop insolent, trop de lycéennes dans son lit, ça indispose les honnêtes gens.
Le temps passe, irrémédiablement, même pour les plus obstinés polissons. Mais la musique soudain s’est tue est un joli titre. Toutefois, si Billy Wilder ne l’avait pas précédé, Gabriel Matzneff aurait volontiers intitulé Boulevard du crépuscule ce journal intime des années 2009-2013.
Certes, il demeure fidèle à ses passions, il est amoureux, il voyage, il a la dalle en pente et un solide coup de fourchette, il combat pour les causes qu’il croit être justes, bref, il aime toujours la vie, mais peut-être, désormais, est-ce la vie qui a cessé de l’aimer.
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GA BR I E L M AT Z N E F F
Mais la musique soudain sest tue
Journal 20092013
G A L L I M A R D
Romans
D U M Ê M E A U T E U R
o LA R C H I M A N D R I T E , La Table Ronde,; La Petite Vermillon, n. N O U S NLa Table Ronde,A U L U X E M B O U R G , I R O N S P L U S ; La o Petite Vermillon, n. o I S A Ï E R É J O U I S  T O I , La Table Ronde,; La Petite Vermillon, n. o I V R E D U V I N P E R D U , La Table Ronde,; Folio, n. H A R R I S O N P L A Z A , La Table Ronde,. o L E S L È V R E S M E N T E U S E S , La Table Ronde,; Folio, n. o M A M M A , L I T U R C H I ! , La Table Ronde,; La Petite Vermillon, n. V O I C I V E N I R L E F I A N C É , La Table Ronde,. L A L E T T R E A U C A P I T A I N E B R U N N E R , La Table Ronde,.
Poèmes
D O U Z E P O È M E S P O U R F R A N C E S C A , Alfred Eibel,; rééd. revue et augmentée, La Table Ronde,. S U P E R F L U M I N A B A B Y L O N I S , La Table Ronde,.
Récits
C O M M E L E F E U M Ê L É DA R O M A T E S , La Table Ronde,; La Petite o Vermillon, n. o L E C A R N E T A R A B E , La Table Ronde,; La Petite Vermillon, n. B O U L E V A R D S A I N T  G E R M A I N , Le Rocher,; La Petite Vermillon, o n.
M O N S I E U R L E C O M T E M O N T E E N B A L L O N , Léo Scheer,.
Essais
o L E D É F I , La Table Ronde,; La Petite Vermillon, n. L E S M O I N S D E S E I Z E A N S , Julliard,; rééd., Léo Scheer,. L E S P A S S I O N S S C H I S M A T I Q U E S , Stock,; rééd., Léo Scheer,. o L A D I É T É T I Q U E D E L O R D B Y R O N , La Table Ronde,; Folio, n.
Suite desœuvres de Gabriel Matzneff en fin de volume
M A I S L A M U S I Q U E S O U D A I N S E S T T U E
GABRIEL MATZNEFF
M A I S L A M U S I Q U E S O U D A I N ST U EE S T
J O U R N A L      
G A L L I M A R D
Il a été tiré de lédition originale de cet ouvrage trente exemplaires sur vélin rivoli des papeteries Arjowiggins numérotés de1à30.
©Éditions Gallimard,.
P R OL OGUE
SiMais la musique soudain sest tueavait un soustitre, celuici seraitDe Senectute, cestàdire « De la vieillesse ». Ce journal est celui de mon crépuscule. Louvrage intituléCarnets noirssétend des premiers jours daoûtjavais seize ansaudécembrejen avais soixantedouze. Voilà qui est, me sembletil, fort clair.Carnets noirsest uneœuvre constituée par mon journal intime. Elle naura ni ajout, ni postscriptum, tel un tableau auquel le peintre donne la dernière touche de couleur,lultimo tocco, puis la signe. Mais la musique soudain sest tue, dont jécrivis les pre mières lignes en janvier, nappartient pas auxCarnets noirs; cest un autre livre. La décision décrire le mot « fin » sur le manuscrit desCar nets noirs, je la pris courant. Pour deux raisons princi pales, lune pratique, lautre essentielle : Le monceau de carnets noirs que je devais encore déchif frer, dactylographier, occupait un entier coffre de banque ! Je craignais de navoir pas le temps daccomplir cette tâche avant de mourir ; javais la certitude que si je continuais
chaque jour à lalourdir en noircissant de nouvelles pages je nen viendrais jamais à bout, un vrai tonneau des Danaïdes. Dautre part et surtout, je refusais dêtre dansCarnets noirsle scribe de mon propre déclin.Carnets noirscélèbre et fait aimer la vie, non la mort.Javais en mémoire limpres sion sinistre, détestable, que mavaient faite les journaux intimes de vieillesse dun Léo Malet, dun Julien Green, je ne voulais pasun refus dordre esthétique plus que moral que le mien se conclût sur des images tant pitoyables. La vie trépidante, aventureuse de Calamity Gab, son galop denfer, ses amours décomposées, oui, voilà qui insuffle du vifargent à un journal intime ; mais les misères physiques et morales de la vieillesse, cest autre chose. Le ton et le rythme deMais la musique soudain sest tuene sont donc pas, cest clair, ceux du journal dun grand pécheur que constitueCarnets noirs, mais jespère néanmoins que ce livre intéressera les psychologues de la décadence, et aussi les adolescents qui, à laurore de leur vie, sont curieux de connaître les états dâme dun artiste qui, après avoir toujours vécu ses passions à fond la caisse, sapprête à quitter la sienne.
G . M .