MARTIN SE REND A L'HOPITAL

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Qui n'a jamais été victime d'une erreur de communication commise par le personnel soignant ? Celui-ci est-il bien formé à l'art de soulager le patient autrement que par des médicaments ?

C'est ce que va constater Martin, 82 ans qui, par la force des choses, pénétrera dans l'antre hospitalier.

Fiction tirée de faits réels vécus par l'auteur, celui-ci nous montre, commentaires à l'appui, que communiquer avec le malade est un véritable art dont l'inspiration prend sa source dans l'humanisme et l'empathie. Un livre que tout soignant se doit de lire.


Publié le : jeudi 1 octobre 2015
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EAN13 : 9782332960436
Nombre de pages : 104
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ISBN numérique : 978-2-332-960412-5
© Edilivre, 2015
A ma mère, pour toutes ses œuvres.
« La communication est une science difficile. Ce n’est pas une science exacte. Ça s’apprend et ça se cultive. » Jean-Luc LAGARDÈRE
Introduction
«Un médecin est un bon médecin lorsque celui-ci a été malade. »
Plume en main, c’est à partir de ce proverbe arabe plein de sens que je commence ce livre. L’idée m’est venue alors que j’étais hospitalisé il y a quelques mois de cela dans une clinique privée. Il s’agissait d’une hospitalisation voulue dans le cadre d’une intervention programmée. Tout était réglé façon horloge suisse. Néanmoins, notre point de vue change inéluctablement lorsque l’on troque la blouse blanche pour le bout de tissu universel donné au patient lambda. Le dos est à découvert, de même que les fesses si nous ne portons pas de caleçon ! Une fois affalé sur un brancard, Narcisse s’en va au loin. Nous ne sommes plus qu’un numéro de box ou un organe malade à gérer pour le personnel soignant dont je fais partie depuis maintenant 9 ans. De manière partielle ou totale, notre corps est livré à autrui. Bon gré, mal gré, nous subissons chaque seconde passée à l’hôpital (même si on nous dit ces dernières années que le patient est unpartenairede soins, si ce n’est le patron, qui décide de sa prise en charge et qui peut à tout moment s’en aller.) Quid de la personne qui angoisse quant à son état de santé et se laisse confier aux professionnels du soin. Elle subit, un point c’est tout. J’ai pu ainsi observer durant quelques jours le comportement et les quelques principes de communication du personnel de cette clinique. Une méditation intime a suivi cet épisode hospitalier. Je me suis rendu compte que ma façon d’agir en tant que médecin, mes paroles, mes tics et mimiques se calquaient souvent à la leur. Un véritable électrochoc délivré à mon insu. Je me suis également mis à réfléchir sur la formation en communication dont bénéficiaient les étudiants en médecine. Le corps médical ne me contredira pas si je dis que nous apprenons de manière générale« sur le tas ». N’est-ce pas surprenant ? ème L’Examen Classant National, dit ECN, qui a lieu une fois par an et sanctionnant la 6 année de médecine portait à mon époque sur 345 thèmes médicaux. Il déterminait la spécialité ainsi que la ville de formation du futur praticien. Un seul de ces thèmes abordait la communication avec le patient (Question n°1 : la relation médecin-malade.)Elle était d’ailleurs très souvent abrégée dans les différents ouvrages destinés aux aspirants soignants. Alors oui, il existe des livres faisant mention d’une méthodologie de conduite au sein du parc hospitalier (ou dans les cabinets) mais j’ai décidé de m’inspirer principalement de mon expérience personnelle. Pour être franc, j’ai voulu voir à quoi ressemblaient ces guides, mais la litanie de données introductives théoriques sur la communication m’ont fait jeter aux oubliettes ces recueils sans avoir pu atteindre le dixième de leur contenu. Un livre doit savoir captiver son lecteur rapidement, fournir immédiatement des informations étonnantes en continu dans le but de se transformer enpage turner. Les exemples livrés vous permettront de comprendre plus en détail mon vécu et peut être d’éviter de reproduire les mêmes erreurs. Au final, je ne livre que mon modeste point de vue de médecin urgentiste qui a commis ses bourdes en matière de communication et ayant évolué au sein d’hôpitaux de toutes tailles. J’apprends encore tous les jours, à savoir comment entretenir une relation saine et constructive avec mes patients. A présent, allons plus loin dans la réflexion. Nous, médecins, sommes sélectionnés initialement non pas sur des tests psychologiques mais sur une série d’examens nécessitants une certaine mémoire et une faible part de réflexion. Donc, nous sommes extirpés de la masse des prétendants doctorants sur des bases théoriques de médecine, et non pas sur nos facultés humaines comme : la passion du travail, l’ingéniosité, l’humanisme, l’empathie, la vocation… Il n’en est pas question. Difficile à croire n’est-ce pas ? Beaucoup font ce métier pour l’argent et le prestige de la profession. Allez ! Soyons honnêtes. Combien d’entre nous auraient étudiés 10 ans voire plus pour un SMIC ? Très peu, je suppose. Cela dit, nos études et notre vocation doivent privilégier des esprits extrêmement forts et tenaces au long cours. Au moment où je rédige ces lignes, 2 étudiants de ma
promotion ont mis fin à leurs jours (je suis médecin depuis seulement 5 ans.) Les médecins ont un risque accru de se suicider par rapport à la population générale. Les statistiques le prouvent ! Une étude internationale réalisée entre 1958 et 1993 a montré que le taux de suicide chez les médecins dans de nombreux pays était supérieur à celui observé dans la population générale et pour d’autres groupes professionnels. Une étude ultérieure a cherché à déterminer les facteurs de risque (sexe, spécialité d’exercice) chez les médecins en Angleterre et en Écosse, entre 1979 et 1995. Sur cette période, 223 décès de médecins par suicide (87 % d’entre eux) ou cause indéterminée (13 %) ont été recensés. Le risque plus élevé de suicide chez les femmes médecins comparé à la population générale est préoccupant, du fait du nombre croissant de femmes dans la profession. Passons cette petite parenthèse sur l’autolyse du personnel médical (et donc sur la nécessité d’un mental à toute épreuve) et revenons sur la formation des soignants en matière 1 de communication . L’Homme suit l’Homme et nous sommes formatés par des gens ayant eux même appris sur le terrain. Cependant, les lacunes évoluent crescendo. Et très peu de piqûres de rappel de formation en communication sont organisées (staff médicaux, conférences dans les congrès, repas organisés par les laboratoires…) Je prends conscience que nous attachons plus d’importance à la technique (soins, piqûres, médicaments, opérations…) qu’à la relation humaine. Mais, à mon sens, la technique ne représente que 60 % d’une prise en charge d’un patient. Il reste encore les 40 % qui rendent ce dernier entièrement satisfait. Notre métier de soignant représente le rêve de milliers de personnes en France. Chaque année, de nombreux étudiants sont recalés au concours d’entrée en médecine, alors qu’ils sont dotés pour certains, de qualités humaines supérieures. Il suffit de voir le succès des différentes séries médicales pour apercevoir l’engouement despostpubèresla médecine. En toute franchise, j’ai été pour influencé par la sérieUrgencesplus d’informations, je vous renvoie au livre (pour TV lobotomie,édifiant ouvrage de Michel Desmurget traitant des effets perfides de la télévision sur la population.) Cependant, la fiction ne se calque pas toujours sur la réalité. Il est question de vies humaines et d’une relation interpersonnelle des plus nobles entre le soignant et le soigné. Nous nous concentrerons ainsi sur ces fameux 40 % précités. Vous pouvez être le meilleur médecin ou chirurgien au monde, votre façon de vous comporter déterminera à la fois votre réputation mais également le brûlé de la crème qui vous rendra incontournable et irrésistible auprès de vos patients et de leurs entourages. Il en est de même pour le personnel paramédical. Plus précisément, ce livre se destine à quiconque endosse la responsabilité de s’occuper d’autrui. Médecin, chirurgien, sage-femme, infirmier, kinésithérapeute et j’en passe… Ce petit ouvrage vous est consacré. Petit par son épaisseur mais grand (je l’espère) par les messages véhiculés. En changeant personnellement d’attitude, j’ai remarqué que les patients me remerciaient bien plus souvent pour les soins prodigués. Quelque part, au-delà des soins, ils recherchent la gratitude qu’ils n’ont peut-être pas à la maison. Qui sait ce qu’ils vivent au quotidien ? Penser qu’en France tout le monde est heureux est un leurre. Notre pays est un pays riche et démocratique certes, mais qui garde malgré tout des citoyens aux problèmes divers et variés. Dieu sait qu’il existe dans nos contrées des gens victimes de tous les types de violence : physique, psychologique, sexuelle, de privation, économique… Alors tenter de les réconforter un tant soit peu offrira un court moment de répit à ces naufragés de la Vie. Une collègue aide-soignante qui travaillait avec moi s’était faite arrêter par un gendarme pour un contrôle de routine sur le bord d’une route. Apprenant que cette dernière évoluait dans le même service que le mien, il n’a cessé de tarir des éloges à l’égard d’un médecin de mon service. En effet, il avait été soigné quelque temps auparavant et il en avait gardé un très bon souvenir. Vous ne pouvez imaginer à quel point le patient consultant ou hospitalisé éprouve le
besoin de parler. L’envie de montrer qu’il est quelqu’un : une personne avec des sentiments avec un vécu parfois lourd et non un simple organe malade. Je ne peux m’empêcher de dire que la formation à la bonne communication doit être une obligation pour le corps médical et paramédical. De ce fait, adopter un comportement «housien »tiré de la série télévisuelle n’est ni plus ni moins que du suicide professionnel et humaniste à petit feu. Croyez-moi, il existe des médecins qui excellent dans l’art de «détruireverbalement des malades et leurs proches. » J’étais de garde la veille avec un confrère. Il demanda à un jeune patient qui venait pour vertiges la raison pour laquelle il ne travaillait pas. Il le jugeait ouvertement. Quel en était le besoin, franchement ? Deux heures plus tard, sa mère appelait le même médecin pour avoir des explications concernant sa conduite. Nouvelle joute verbale pour cet ami grande gueule et collectionneur compulsif de « prises de tête ». Chaque mot et chaque expression du visage sont décortiqués et interprétés en temps réel par le patient à l’affût de la moindre information quant à son état de santé. Sa susceptibilité est décuplée. Ses sentiments aussi. Très vite, il peut adorer le soignant ou le détester, l’aduler auprès de son entourage ou écrire un courrier assassin au directeur de l’établissement. D’autres n’hésitent pas à consulter un avocat. Alors pourquoi ne pas faire partie plutôt des référencés en qualité humaine ? Ce livre incite simplement le lecteur à sa remise en question personnelle et professionnelle. Chapitre par chapitre, il apporte un voire plusieurs conseils à appliquer le jour même. Je vous garantis que vos interlocuteurs n’en seront que plus heureux. Lorsque j’étais étudiant en médecine, mon maître en endocrinologie à Nancy m’avait dit un jour : ème ème ème « Vous, les externes (NB 4 , 5 , 6années de médecine), êtes des interrupteurs. Il suffit d’appuyer au bon moment pour allumer la lumière qui est envous. » Je n’oublierai jamais cette phrase. J’extrapolerai même en disant qu’elle peut s’appliquer finalement à toute personne apte à apprécier le changement, l’amélioration. Le mieux est l’ennemi du bien. Alors ne pas se montrer suffisant et vouloir se parfaire au quotidien est un sentiment qui doit réveiller un bonheur caché. Un proverbe japonais dit :« on vieillit lorsqu’on a fini d’apprendre ». Ceci est on ne peut plus vrai. Sachez qu’au terme de cet ouvrage, je pense que vous aurez appris des choses qui vous serviront durant toute votre vie professionnelle.
La communication n’est pas que la simple résultante de mots et des effets qu’ils produisent. 2 Il existe également la communication non verbale. Selon une étude menée en 1966 , un message transmis comporte également l’intonation qu’on emploie mais aussi le langage du corps. Ce dernier est très important. 57 % d’un message transmis vient de la communication non verbale. Notre regard, notre posture, le mouvement de nos mains, notre position géographique vis-à-vis du patient… trahissent nos pensées car livrent en continu des informations aux personnes qui savent les analyser. Dans cette étude, les mots ne comptent que pour 7 % ! C’est une chose que beaucoup d’entre nous ignorent mais s’en rendent compte inconsciemment. Par exemple, regarder sa montre alors que le patient nous parle est un signe d’agacement et de non écoute du malade, une façon d’annoncer l’hermétisme de nos conduits auditifs. Ce dernier s’en aperçoit même s’il n’en dira rien, mais comptera cela comme un « mauvais point ». Les points négatifs accumulés de bout en bout donneront une note finale intérieure. Il faut s’imaginer dans ce cas que chaque malade corrige la copie que nous livrons et qu’il coche les cases en fonction des dires et des gestes du personnel. Je pense que cet exemple est approprié pour prendre conscience que nous devons donner pour chacun les soins et l’attention maximale. Bien évidemment, cela est plus facile à dire qu’à faire. Allez dans un service des urgences d’un CHU. Pour y avoir travaillé, il est impossible, compte tenu de la fréquentation excessive (une autre problématique d’ailleurs) d’être aux petits soins pour tout malade. Il y a trop de travail, trop de choses à faire et le temps imparti à l’écoute attentive du
3 patient est tronqué. L’exemple donné par le Pr Taboulet lors d’un reportage télévisuel reflétait parfaitement l’esprit du médecin urgentiste évoluant au sein d’un service bondé. Il parlait d’un écran d’ordinateur avec...
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