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Mimi dans la tourmente

De
95 pages
Du 23 au 26 mai 1940, Calais-Nord a été en grande partie détruite par les bombardements allemands. En quelques heures, des centaines de foyer ont perdu leurs biens, et pour beaucoup, leurs moyens d'existence. Ce fut le cas pour la famille de Mimi, qui avait dix ans au début de la tourmente. Fidèle à l'Histoire, l'auteur dégage, à travers ses yeux d'enfant, puis d'adolescente, des situations souvent gaies, parfois cocasses, au milieu des événements tragiques qui ont frappé le Calaisis.
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Mimi dans la tourmente

Rue des Ecoles
Cette collection accueille des essais, d'un intérêt éditorial certain mais ne pouvant supporter de gros tirages et une diffusion large, celle-ci se faisant principalement par le biais des réseaux de l'auteur. La collection Rue des Ecoles a pour principe l'édition de tous travaux personnels, venus de tous horizons: historique, philosophique, politique, etc.

Déjà parus

SOLVEIG, Mots pour maux, 2005. Lucie CHARTREUX, Derrière le soleil, 2005. Janine FOURRIER DROUILHET, Brocante, 2005 Delia MONDART, Les miettes de la diplomatie, 2005. Michel LECLERC, L'astre et la mer, 2005. Béatrice SAGOT, Mission en Guinée. Humanitaire, vertige et poussières, 2005. Joseph YAKETE, Socialisme sans discriminations, 2005. Raymond William RABEMANANJARA, Madagascar, terre de rencontre et d'amitié, 2004. Francine CHRISTOPHE, Guy s'e va. Deux chroniques parallèles,2004. Raymond CHAIGNE, Burkina Faso. L'Imaginaire du Possible, 2004. Jean-Pierre BIOT, Une vie plus loin..., 2004. J. TAURAND, Le château de nulle part, 2004. Jean MPISI, Jean-Paul II en Afrique (1980-2000), 2004. Emmanuel ROSEAU, Voyage en Ethiopie, 2004. Tolomsè CAMARA, Guinée rumeurs et clameurs, 2004 Raymond TSCHUMI, Auxjeunes désorientés, 2004. partie, 2004. SOLVEIG, Linad, 1ère Roger TINDILIERE, Les génies de lafontaine, 2004. Sylvie COIRAUT-NEUBURGER, Penser l'inaccompli, 2004.

Micheline Canonne Bédrine

Mimi dans la tourmente
Calais, 1939-1945

L'Harmattan 5-7,rue de l'ÉcolePolytechnique 75005 Paris

L'Harmattan Hongrie Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest

L'Harmattan ltalia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

HONGRIE

FRANCE

(Ç) L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-8554-9 EAN : 9782747585545

La drôle de guerre L'invasion

Je n'ai pas de souvenirs déprimants de l'été 1939, au contraire. J'étais la plus jeune d'une famille de six enfants (ce qui me procurait quelques privilèges) et j'avais terminé mes classes primaires au Collège de la rue Leveux. J'allais entrer, (honneur suprême I), à Sophie Berthelot en 6ème, là où mes sœurs avaient fait leurs études. J'étais une bonne élève, souvent récompensée par les Félicitations. J'aurais même pu être une excellente élève si je n'avais pas pensé, comme dans la chanson, « que les bonbons valent mieux que les leçons» ! Je venais de passer avec succès le D.E.P. qui, dans les collèges, remplaçait le fameux Certificat. Par un incroyable concours de circonstances, j'ai retrouvé en 1946 ma copie de dictée dans un tas d'archives entreposées dans la cour du collège Jean Jaurès et destinées à la destruction. J'ai -7-

découvert que j'y avais obtenu un 18 sur 20. Ma mère m'avait accompagnée pour la lecture des résultats et par ordre alphabétique, mon nom est sorti le deuxième. Ma mère en a aussitôt déduit que j'étais reçue deuxième et pour me récompenser, elle m'a acheté rue Royale à la Bijouterie Lecrosnier un bracelet formé d'un cercle de métal blanc où étaient accrochées des coccinelles: c'était très joli! (Ce nom de Lecrosnier reviendra plus tard dans les annales du Tribunal de Commerce qu'ont présidé mon père et mon mari : le rideau de fer de ce magasin déplacé après la guerre Boulevard Lafayette voulait bien se fermer, mais pas s'ouvrir!) Et les vacances ont commencé comme toutes les autres années: 14 juillet, 1er octobre. Nous allions en Juillet et en Août tous les jours à la plage; on jouait et on se baignait et, de temps en temps, ma sœur Gisèle daignait nous emmener faire un tour dans son canoë, cadeau de mon père pour son bac.

1938 lage de Le canoë de Gisèle.
d:erriêre Les chalets.

Mes parents écoutaient tous les midis les informations sur leur poste de TSF. Je n'écoutais pas, cela me faisait prodigieusement suer. Seul fait marquant de cet été-là: mon père a décrété un dimanche qu'il allait venir à la plage et se baigner. Or, mon père venait très rarement à la plage, seulement quand ma mère acceptait d'apporter le

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souper au chalet. Elle n'aimait pas la plage, et y manger encore moins. Il faut reconnaître qu'elle devait se battre avec un antique réchaud à alcool où il fallait pomper pour qu'il chauffe mieux, en vain d'ailleurs! Il fallait manger froid. Or ma mère n'aimait ni les repas froids, ni le sable, ni les pique-niques... Mais nous, nous adorions. Quand le soir tombait, tous les jeunes des chalets voisins ramassaient du bois qui traînait sur la plage et faisaient un grand feu. On était loin des incendies de forêts à cette époque, et encore plus des incendies de chalets sur la plage comme en en voit si souvent de nos jours! Pour en revenir au bain de mon père, il a tenu promesse et c'est bien la seule fois où j'ai vu mon père en maillot de bain, noir, bien sûr. Toute la famille en faisait des gorges chaudes sauf moi, qui trouvais que c'était bien des histoires pour un bain. Plus tard ma mère m'a dit qu'il avait dû pressentir que c'était la dernière fois qu'il voyait la mer, la plage, son chalet (le chalet surtout car il a été réduit en miettes dès les premiers moments de mai 1940). J'ai oublié de dire que ce chalet, construit par l'entreprise, s'appelait Gisèle-Eliane. Mes parents n'avaient pas dû se creuser beaucoup la cervelle! Et puis... la fin Août est arrivée et malgré mon peu d'intérêt, j'ai senti que cela ne tournait pas rond. J'avais appris très tard par ma grande amie Cécile, vers l'âge de sept ou huit ans, que les guerres duraient longtemps, souvent des années. Je me souviens que ce fut un coup de foudre car pour moi elles ne devaient durer qu'un mois grand maximum! Et ce fut le 2 septembre 1939. Cette année là, nous n'irions pas, mes petites amies et moi, tricoter sur le sable les vêtements de nos poupées et baigneurs. Mais mon intérêt a été accaparé de suite par les décisions de mon père. Il a expliqué à ma mère que les Allemands avaient bombardé les villes en 1914-18, et notamment Calais et qu'ils recommenceraient dans cette nouvelle guerre.Ils - 9-