Mon avenue Montaigne

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Elle fut la plus jeune première vendeuse chez Christian Dior, pour revenir ensuite à ses premières amours, l'architecture d'intérieur et la décoration. Le jour où, retraçant sa carrière professionnelle pour le moins variée, elle constata qu'elle était toujours plus ou moins passée par l'avenue Montaigne, le désir lui vint de faire plus ample connaissance avec ce lieu, aujourd'hui la plus grande artère du monde de la mode. Elle nous livre là avec humour, parfois mélancolie, son histoire personnelle et celle de l'avenue, totalement imbriquées...
Publié le : mardi 1 décembre 2009
Lecture(s) : 250
EAN13 : 9782336274782
Nombre de pages : 180
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Aux deux hommes qui ont le plus marqué ma vie mon père et Christian Dior.

Remerciements Je voudrais remercier tous ceux qui sur l’ensemble de l’Avenue Montaigne m’ont aidée à rassembler mes souvenirs et à recueillir le matériel qui m’était nécessaire à l’élaboration de cet ouvrage. J’espère n’oublier personne et je remercie plus particulièrement ceux dont les noms suivent : Madame Michèle Rossi, mon Agent littéraire et attachée de presse grâce à qui va voir le jour « Mon Avenue Montaigne ». Monsieur Jean-Claude Cathalan, Président du Comité Montaigne qui a préfacé le livre et continue à m’aider. Monsieur Francis Lepigeon qui préside la destinée du Théâtre des Champs-Elysées et qui m’a donnée tant de matériel en ce qui concerne les deux Théâtres et l’ensemble du bâtiment. Monsieur C. Lanzenberg, historien, qui m’a donnée beaucoup de renseignements sur le passé de l’Avenue du temps où elle ne s’appelait pas encore l’Avenue Montaigne et jusqu’à l’époque du troisième empire. Le service de communication, d’archives et de presse de la Maison Christian Dior et en particulier Monsieur Philippe le Moult et Madame Soizic Pfaff. L’ensemble du personnel de la Maison Christian Dior et le peu de mes anciens collègues qui sont encore parmi nous, en particulier Madame Simone Noir. Le service de communication de l’hôtel Plazza Athénée et en particulier Madame Isabelle Maurin et l’ensemble du personnel pour sa coopération. Le service de presse de la Maison Caron. Monsieur Andrew L. Lorant qui fut le Président Directeur Général de Levitt France. La famille Fouquet de la confiserie bien connue, une des plus anciennes maisons du quartier, pour son aide à retrouver mes souvenirs de l’Avenue. Madame Martine Mazurel pour tous les renseignements sur la Maison Harry Winston. Madame Christine Derksen qui fut longtemps sur l’Avenue et qui préside maintenant aux destinées de Jun Ashida le plus grand couturier de l’empire du Soleil Levant dont la boutique se trouve à paris pour son soutien et son aide sans faille.

Préface Jacqueline Adutt-Thibaut nous raconte l’Avenue Montaigne et évoque son histoire dans un livre qui se lit comme un roman. Son destin s’est si souvent et si intimement recoupé avec l’Avenue Montaigne qu’elle nous la fait remarquablement vivre et sentir. Elle évoque, au gré de son récit, le passé si riche de cette belle Avenue qui en deux siècles est passée de l’Allée des Soupirs, puis de l’Allée des veuves à l’artère qui réunit les plus belles enseignes de prestige au monde. Tout au long de sa vie personnelle attachante qui se croise en permanence avec l’Avenue Montaigne, nous revoyons au-delà des façades aux grands noms, cette merveilleuse aventure qu’il serait trop facile d’oublier derrière les brillantes vitrines d’aujourd’hui et qu’elle nous conte si délicieusement. Nous tous qui aimons cette Avenue, la vivons et nous employons à la faire vivre et l’embellir, pouvons remercier Jacqueline Adutt-Thibaut de sa contribution pour ses grandes et petites histoires à retracer les étapes de son superbe passé et de son prestigieux présent. Ces lignes ne sauraient se terminer sans un hommage à la mémoire de Jacques Rouet qui présida aux destinées d’une des belles maisons de l’Avenue et créa en 1971 le Comité Montaigne qu’il présida jusqu’en 1983, et dont on retrouve la présence dans les pages de ce livre. Jean-Claude Cathalan Président Comité Montaigne

Sommaire

Première partie : L’avenue Montaigne et moi ................................... Deuxième partie : Les chemins qui mènent à l’Avenue Montaigne.. Troisième partie : 32 avenue Montaigne, les années Dior ................ Quatrième partie : 42 avenue Montaigne, 25 rue Bayard ALLCANTE et LEVITT France........................................................

15 41 77 111

Cinquième partie : Promenades studieuses d’un trottoir à l’autre sur l’avenue ............................................................................................. 137 Épilogue............................................................................................. 175

PREMIÈRE PARTIE L’AVENUE MONTAIGNE ET MOI

Je n'aurais pas l'outrecuidance d'affirmer ici que l'Avenue Montaigne exerce sur nos visiteurs étrangers la même fascination que notre vieille « Dame de Fer » , d'autant que cette dernière arbore depuis l'an 2000 une scintillante parure de diamants qui lui donne encore plus d'attraits. Pourtant, toutes les « victimes de la mode », venant de contrées plus ou moins lointaines et dont le « luxe » est le credo, se donnent rendez-vous sur les trottoirs de l'Avenue la plus fashion du monde. Elles admirent les vitrines des marques les plus prestigieuses qui existent sur la planète. Qu'ils aient les yeux bridés ou la peau noire, qu'ils parlent arabe, russe ou anglais ces passants repartiront tous avec le paquet orné du « logo » convoité, même si parfois leurs moyens financiers n'auront permis que l'achat d'un « gavroche » ou d'un tube de rouge à lèvres. A travers les méandres des sentiers du hasard et des coïncidences, ma vie professionnelle un peu chaotique est toujours passée par l'avenue Montaigne. Bien que croyante, j'ai toujours pensé que tout était déjà écrit dans le grand livre des destinées et que la participation de l'individu au déroulement de sa vie se bornait à quelques choix qui n'étaient pas forcément ceux qu'il eût été judicieux de faire. Beaucoup de questions sont restées sans réponse, d’autres parfois ont trouvé longtemps après des explications approximatives, mais pas celle-là : pourquoi à des époques différentes, des activités diverses et à chaque fois avec des gens nouveaux, me suis-je toujours retrouvée travaillant avenue Montaigne, même si j'ai souvent changé de trottoir et de numéro ? De cette constatation est né le désir de me plonger dans mes souvenirs et de voir ce que nous étions devenues l'une et l'autre, l'avenue Montaigne et moi. D'un passé qui commence à la fin de la seconde guerre mondiale et qui court jusqu'au XXe siècle, serais-je capable de montrer combien nous avons changé toutes les deux et découvrirais-je enfin pourquoi nos destins ont été si souvent imbriqués. Mais cette évidence n'aura pas été ma seule motivation. Il en est d'autres plus profondes que je vais tenter d'expliquer aux fil de ces lignes qui courent sous ma plume et dont je ne peux plus arrêter le flux. Je n'ai pas eu d'enfant, pour des raisons médicales. Les méthodes actuelles me permettraient comme à des milliers de femmes une grossesse et une maternité. Hélas, dans les années cinquante, l'idée de la « fécondation in vitro » n'avait sans doute pas commencé à germer dans le cerveau des chercheurs. Ce fut une incommensurable frustration, une blessure qui ne s'est jamais refermée et le moteur sans faille d'innombrables challenges vis-à-vis de moi-même. Je dois reconnaître que si j'avais eu la vie de ma mère et de ma grandmère, je n'aurais pas eu le temps de réaliser le centième de ce que j'ai fait dans ma vie. Les bourgeoises cossues de leur génération étaient élevées pour le mariage et les maternités, elles se devaient d'être soumises au

patriarche de la famille, l’Homme, unique pourvoyeur de leur confort et du moindre de leur désir. Si j’avais eu ce destin, pour lequel on m'avait préparée, je serais sans nul doute passée à côté d'une vie qui fut ce qu'elle fut, riche, pleine d'expériences, de rencontres, de voyages, de tout ce qui fait qu'aujourd'hui j'ai la tête si pleine de souvenirs que je n'aurai jamais le temps de m'ennuyer. Cette année, j'ai du subir une grave opération, la prothèse du genou, trop de sport avait eu raison de mon articulation. Cela ne s'est pas bien passé et pendant quelques semaines, la douleur était tellement violente que je suis restée vingt-sept jours sans manger ni dormir et que je ne supportais aucun calmant. Cette douloureuse expérience se passait pendant cette horrible canicule qui vit tomber comme des mouches des milliers de femmes et d'hommes de ma génération, parfois dans des circonstances inimaginables. Le spectacle de cette tragédie sur l'écran de télévision de ma chambre d'hôpital et l'insupportable douleur, me précipitèrent en quelques jours dans mon âge, le vrai, moi dont le problème n'était pas d'être septuagénaire, mais de me sentir vingt ans dans ma tête et dans mes actes. Je dois avouer qu'alors que j'avais survécu à la tuberculose, à un cancer du sein, à une grave affection rhumatoïde et à tout le reste, sans jamais cesser de me battre, je voulus mourir. Je me sentais glisser vers un néant auquel j'aspirais de toute ma douleur et qui sait, sans les transfusions, je ne serais pas en train d'écrire ce livre. Depuis, tout est rentré dans l'ordre et j'ai repris toute mes activités avec, en prime, un genou de vingt ans. J'ai beaucoup réfléchi pendant ces quelques mois d'immobilité et de douloureuse rééducation et certaines conclusions se sont imposées à moi. Je viens de réaliser qu'il est enfin venu le temps d'arrêter de courir après ma queue, de chercher dans des activités diverses et envahissantes qui phagocytent ma vie des remèdes à ce qui ne fut pas. Il est l'heure de m'accepter telle que je suis sans tricherie, de prendre ce que la vie m'a donné et d'arrêter de m’étourdir. Le travail est une drogue dont on peut devenir « accro », comme l'alcool, le tabac, le canabis ou la cocaïne, moins dangereux, certes, mais tout aussi anesthésiant. Je voudrais me persuader que ce n'est pas parce que je n'ai pas su mettre un enfant au monde et l'élever qu'il faut absolument que je prouve quelque chose. A moi, aux autres, quoi exactement ? Je ne sais pas. J'ai eu la très grande chance d'être éduquée par un père exceptionnel qui, même s'il est passé « de l'autre côté de la rue », ne m'a jamais véritablement quitté et dont je devrais bien essayer d'appliquer les principes de vie. Il disait qu'il faudrait savoir enlever les majuscules à beaucoup de mots, le bonheur avec un grand B, l'amour avec un grand A,
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