Mon évasion du camp de Mayence durant la guerre de 1870

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Auguste Vonderheyden, né en 1849 en Alsace, a grandi sous le Second Empire. Il s'engage à l'âge de 21 ans dans le conflit franco-prussien. Fait très vite prisonnier, il raconte l'arrivée des captifs au camp de Mayence et surtout le périple de son évasion pendant l'hiver 1870/1871 dans des circonstances climatiques difficiles. Ce qui frappe dans ce récit, c'est le patriotisme et la fougue inébranlable du jeune homme.
Publié le : mardi 1 janvier 2013
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EAN13 : 9782336286495
Nombre de pages : 152
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MON ÉVASION
Auguste DU CAMP DE MAYENCE
DURANT LA GUERRE Mémoires Mémoires Vonderheyden
DE 1870 e edu XIX siècle du XIX siècle
Auguste Vonderheyden né en 1849 en Alsace
a grandi sous le Second Empire. C’est un jeune
homme qui souhaite être militaire. Il connaît l’histoire MON ÉVASION DU CAMP
et la géographie de sa région d’origine, il est
germanophone et souhaite ardemment combattre. DE MAYENCE DURANT C’est dans cet état d’esprit qu’il s’engage à l’âge
de 21 ans dans le confit franco-prussien, guerre
qui marque dans l’histoire des relations franco- LA GUERRE DE 1870
allemandes la naissance de « l’ennemi héréditaire ».
Fait très vite prisonnier, il raconte l’arrivée des Témoignage présenté et annoté captifs au camp de Mayence et surtout le périple
de son évasion pendant l’hiver 1870/1871 dans des par Marie-Chantal Lhote-Birot
circonstances climatiques diffciles (froid, neige). et Pierre LhoteCe qui frappe dans ce récit, c’est le patriotisme et
la fougue inébranlable du jeune homme qui veut
combattre à nouveau et qui est prêt à braver tous
les dangers pour ne plus être prisonnier.
Marie-Chantal Lhote-Birot et Pierre Lhote,
tous deux historiens, ont présenté et annoté ce
témoignage.
Photo de couverture : L’Armée illustrée, revue bimensuelle des
Armées de Terre et de Mer, 1899 dans le texte « Souvenirs de
1871 », p. 182.
ISBN : 978-2-336-29017-1
Prix : 15,50 €
MON ÉVASION DU CAMP DE MAYENCE
Auguste Vonderheyden
DURANT LA GUERRE DE 1870





Mon évasion du camp de Mayence
durant la guerre de 1870

Auguste VONDERHEYDEN








MON ÉVASION DU CAMP
DE MAYENCE DURANT
LA GUERRE DE 1870


Témoignage présenté et annoté
par Marie-Chantal Lhote-Birot et Pierre Lhote











L’Harmattan




































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-336-29017-1
EAN : 9782336290171

A Jean Lhote,
historien et petit-fils d’Auguste Vonderheyden




Remerciements


Nous remercions aussi plus particulièrement Jacques Auboin
qui nous a fourni un arbre généalogique détaillé des
descendants d’Auguste Vonderheyden ainsi que deux
ouvrages sur la guerre de 1870 qui nous ont été très utiles.
Après sa parution en 1912, le récit a été publié sous
forme de feuilletons dans la presse locale de Troyes.







« AVERTISSEMENT AU LECTEUR »


1Publié une première fois en 1912 aux Imprimeries de Troyes,
ce témoignage a été ensuite repris par l’historien Jean Lhote
2dans son livre « Odyssée lorraine » sous la forme d’une version
remaniée et abrégée. Nous avons choisi d’adopter la démarche
inverse et nous avons conservé le texte intégral de l’évasion
telle que l’a vécue et relatée Auguste Vonderheyden.
Ce récit a donné lieu à deux publications de Jean Lhote, la
3première dans l’Almanach Saint-Joseph, paru en 1994, la
4seconde dans un bulletin de l’Association Lettres et Arts . Ce
conflit, qui a débuté le 19 juillet 1870 par la déclaration de
guerre de la France à la Prusse, a été suivi par la capitulation de
Napoléon III le 2 septembre 1870, ce qui a eu pour
conséquences la fin du Second Empire et la proclamation de la
eIII République. Le régime républicain décide de poursuivre la
guerre. Le traité de Francfort signé le 10 mai 1871 met fin au
conflit.
Nous nous proposons d’étudier le témoignage d’Auguste
Vonderheyden en ayant pour objectifs l’étude des conditions de
détention des prisonniers de guerre en 1870 et celle des
conditions de son évasion, action qui, en 1870, était plus rare
qu’on ne le pense.

1 Auguste Vonderheyden, « Au camp de Mayence en 1870, souvenir de
captivité », Evasion, Troyes, Imprimerie et lithographie, 1912, 87 pages.
2 Jean Lhote, Odyssée lorraine, Metz, Pierron, 2006, pages 13 à 29.
3 Jean Lhote, « Une évasion en 1870 », in « Almanach Saint-Joseph », 1994, pages
40-44, Media.
4 Jean Lhote, « Une évasion en 1870 », « Bulletin de la société Lettres et arts ».

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INTRODUCTION


La guerre « franco-prussienne » de 1870 est un conflit au
caractère particulier qui peut être appréhendé par des récits
de souvenirs, carnets de guerre, journaux intimes de l’époque
présentant des témoignages précis qui appartiennent à deux
grandes catégories : les textes sous forme de lettres, de
carnets rédigés « à chaud » et les souvenirs publiés entre
1871 et 1914, écrits rédigés « a posteriori » qui sont les plus
nombreux.
Le récit d’Auguste Vonderheyden appartient à la
deuxième catégorie. Jeune soldat âgé de 21 ans appelé sous
les drapeaux au moment de la guerre de 1870, il est fait
prisonnier et se trouve emprisonné à Mayence dans un des
plus grands rassemblements de captifs au moment de ce
conflit. Il s’en évade en compagnie d’un compagnon
prisonnier comme lui : Lohner et il rédige ensuite le récit de
ses aventures - et mésaventures-publié en 1912, soit deux
ans avant la première guerre mondiale .Ce témoignage paru
longtemps après les faits , quarante ans, relate avec un luxe
de détails les multiples péripéties des deux compagnons pour
atteindre enfin la Suisse au terme d’un périple
particulièrement mouvementé.
Après le désastre de Sedan et la chute du Second Empire,
les prisonniers sont transférés en direction des camps en
Allemagne dont celui de Mayence où l’auteur est incarcéré.
La masse considérable des prisonniers consécutive aux

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défaites du mois d’août 1870 pose d’énormes problèmes
logistiques aux autorités allemandes qui n’étaient pas
préparées à accueillir autant de prisonniers, lesquels ont été
répartis entre le rassemblement de Magdebourg avec 24 000
prisonniers, ensuite Mayence avec 22 000 prisonniers,
Colberg (19 000) et Stettin (16 000 prisonniers). Rainer
5Bendick donne un élément de comparaison : Magdebourg
comptait 84 000 habitants et il y avait 24000 prisonniers, les
contacts des prisonniers avec la population locale devaient
être fréquents.
6En très peu de temps, selon Jean-François Lecaillon , les
Allemands sont confrontés à une situation d’une ampleur
sans précédent : le nombre de prisonniers. Sur l’ensemble du
conflit, près de 400 000 Français ont été internés en
Allemagne mais c’est leur afflux brutal qui pose problème :
6000 dès le 6 août, puis 83 000 le 3 septembre et 175 000 le
28 octobre. Inutile de préciser que l’accueil et l’hébergement
d’un nombre aussi important de prisonniers posent des
problèmes d’organisation.
Leur transport en direction de Mayence se fait en wagons
à bestiaux. L’auteur décrit la ville au moment de leur arrivée
au début du mois d’octobre 1870 : une cité défendue par
plusieurs portes, les rues étroites sont éclairées par de rares
becs de gaz. Les prisonniers ne résident pas à l’intérieur de la
ville, ce qui était réservé aux officiers, mais à l’extérieur au
camp du Kreusberg, sans eau courante ( les soldats sont
obligés de participer aux corvées d’eau ), ils sont logés dans

5 Sous la direction de Sylvie Caucanas, Remy Cazals, Pascal Payen, Les prisonniers
de guerre dans l’Histoire, article de Rainer Bendick « Les prisonniers de guerre
français en Allemagne » , Toulouse, Privat, pages 183-195
6 Jean-François Lecaillon, Les Français et la guerre de 1870, Paris, Bernard
Giovanangeli éditeur, 2004, page 188.

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des tentes coniques, de vieilles tentes autrichiennes que les
Prussiens avaient prises en 1866 et ils dorment sur des lits
formés de bottes de paille. La nourriture, recherche de
nourriture et tout ce qui s’y rapporte occupent une place
importante dans le récit et aussi dans la vie des captifs. Dès
leur arrivée au camp, les prisonniers ont faim et ce ressenti
de la faim est une constante du récit, que ce soit au camp ou
au dehors et ensuite au moment de l’évasion des deux
hommes. Au début, les prisonniers reçoivent des demi-
miches de pain noir appelé « obus de quatre » accompagnées
de café noir. Ils n’ont droit qu’à un seul repas par jour : un
seau de bois plein de soupe composée de haricots, pois,
lentilles avec un morceau de viande qui devient de plus en
plus petit au fil des jours. La viande, souvent de mauvaise
qualité, fait cruellement défaut. La faim est une composante
de la vie des prisonniers et occupe les esprits nuit et jour. Les
conditions de vie sont difficiles mais elles n’ont cependant
rien de comparable avec les systèmes concentrationnaires du
èmeXX siècle où le souci de déshumanisation est constant.
Dans les camps de toile de Mayence ou d’ailleurs, ces
constructions sont la conséquence de la « guerre de masse »
et, si les conditions de captivité sont rendues difficiles par le
froid, la neige, c’est plus par nécessité de s’adapter à une
situation nouvelle que par désir de punir les prisonniers. Les
maladies qui touchent plus particulièrement les soldats sont
la petite vérole, le typhus, la dysenterie ; l’hiver 1870/71 a été
particulièrement rude, ce froid glacial rend les conditions de
détention encore plus difficiles et la mortalité très élevée est
due aussi aux conditions climatiques particulièrement
rigoureuses marquées par la neige et le froid. Auguste
Vonderheyden évoque des températures très nettement
inférieures à 0°.Cependant, les médecins allemands

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réussissent à faire diminuer le taux de mortalité dans les
camps, le souci n’est pas de laisser mourir le prisonnier.
La vie des prisonniers devient progressivement
« acceptable », les observateurs suisses, membres de la Croix
Rouge et français, les prêtres en témoignent. L’ouvrage
d’Henry Dunant intitulé Un souvenir de Solférino est publié à
Genève vers la fin de l’année 1862 .Gustave Moynier est à
l’origine de ce qui va devenir la Croix Rouge.
Progressivement, la vie dans les camps s’organise. Pour
tromper l’ennui, le pire ennemi du soldat, les hommes
fabriquaient avec des souches de bois des jeux de quilles,
voire des jeux de dames et d’échecs. Les prisonniers jouaient
aux jeux de bouchon, de cartes et au loto militaire. Ils
rédigent aussi leurs souvenirs, c’est là que se met en place
une mémoire de la guerre en rédaction. Cette mémoire est
souvent une reconstruction « a posteriori » comme le
témoignage d’Auguste Vonderheyden mais cela n’empêche
pas une part indéniable de sincérité.
Les prisonniers de guerre ont constitué une constante
dans les pratiques de la guerre et en même temps un
phénomène de masse. Auguste Vonderheyden a-t-il écrit en
captivité ? Rien ne nous permet de le dire. Les conditions
d’écriture de son récit ne nous sont pas connues.
Alsacien d’origine, l’auteur est né à Weyer dans le Bas-
Rhin le 4 septembre 1849. Il s’est engagé le 27 juillet 1870
ed’abord au 16 régiment de chasseurs en garnison à
eBesançon puis au 13 régiment. Il est décédé à Troyes le 23
octobre 1927 à l’âge de 78 ans.
En 1869, il obtient ses deux baccalauréats puis il passe le
concours d’entrée à l’Ecole militaire de Saint-Cyr où il est

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