Mon voisin de maíz

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Depuis la rencontre de ce vieil homme qui aura été à la source de son ouverture sur cette société inconnue, jusqu'aux révélations que la terre maya consentira à lui livrer sur les heures noires des siècles passés, en passant par la transformation mystique de la narratrice elle-même, qui pour devenir l'écho de la voix du Guatemala, a dû laisser les croyances précolombiennes s'emparer d'elle tout entière. Parce que la découverte d'un pays entraîne souvent la rencontre avec soi-même, ce livre invitera à la métamorphose.
Publié le : vendredi 1 octobre 2010
Lecture(s) : 245
EAN13 : 9782296707276
Nombre de pages : 102
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Ethnographiques Collection dirigée par Pascal LE REST
Ethnographiques veut entraîner l’œil du lecteur aux couleurs de la vie, celle des quartiers et des villes, des continents et des îles, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, des blancs et des noirs. Saisir le monde et le restituer en photographies instantanées, de façon sensible et chaude, proche et humaine, tout en préservant la qualité des références, des méthodes de traitement de l’information et des techniques d’approche est notre signe et notre ambition.

Déjà parus
Bertrand ARBOGAST, Voyage initiatique d’un adolescent… Lancelot et le vieux, 2009. Mohamed DARDOUR, Corps et espace chez les jeunes Français musulman. Socioanthropologie des rapports de genre, 2008. Jacques HUGUENIN, La révolte des « vieilles » : Les Panthères Grises toutes griffes dehors, 2003. Pascal LE REST, Des Rives du sexe, 2003.

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12849-1 EAN : 9782296128491

« On ne voit bien qu’avec le cœur, “Solo se ve bien con el corazón, l’essentiel est invisible pour les yeux. » lo esencial es invisible para los ojos.” Le Petit Prince.

Antoine de Saint-Exupéry a été hospitalisé un mois au Guatemala en 1938.

Avant-propos Mon Voisin de maíz m’a permis de me réconcilier avec l’écriture. Je n’avais pas écrit depuis bien des années et au fil du temps, ce rêve m’apparaissait de moins en moins réalisable, parce que trop difficile. Jusqu’à mon arrivée au Guatemala. Je suis partie dans ce petit pays d’Amérique centrale quelques semaines après mon diplôme. J’ai eu la chance d’y vivre cinq mois en tant que boursière « tandem ». Cette bourse, délivrée par la France et l’Espagne par le biais de leur ministère des affaires étrangères respectif, consiste en la réalisation à deux d’une mission de coopération dans un pays en voie de développement. La nôtre a été pilotée par l’Agence Espagnole de Coopération Internationale et de Développement (AECID), au sein du Centre Culturel d’Espagne à Guatemala Ciudad. Je n’avais jamais mis les pieds en Amérique latine. Les années précédentes, j’avais vécu en tant qu’étudiante dans différents pays (tous européens). J’avais aussi voyagé hors d’Europe, mais toujours dans des pays développés. C’est certainement cette virginité du regard – et cet esprit enfermé dans les a priori – qui ont été à la source de ce récit. Aux côtés de mon collègue espagnol et désormais ami précieux, j’ai réalisé une mission de terrain sur l’ensemble du territoire guatémaltèque. Le Centre Culturel d’Espagne dont nous dépendions souhaitait renforcer sa coopération avec les acteurs locaux. Il s’agissait ainsi de répertorier les associations et les collectifs culturels ; d’aller à leur rencontre pour comprendre leurs activités ; et enfin d’écrire un rapport de notre mission pour le compte de l’AECID. Ce n’est ni le lieu ni l’objet de ce livre que de parler des forces et des nombreuses faiblesses de la coopération culturelle espagnole au Guatemala. Ma déception a largement été compensée par mon émerveillement à être au contact des gens, de leur histoire, de leur culture. D’où le besoin inattendu de coucher les mots sur le papier.
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J’ai écrit en voulant parler du Guatemala et uniquement de lui. Ce que j’y ai vécu a trouvé en moi de multiples échos qui je crois résonneront pour toujours. C’est un pays peu connu comparé à d’autres terres latinoaméricaines. Sur les cartes, il figure souvent sans nom ; dans la presse, on ne le croise qu’après une grosse catastrophe naturelle ; à la météo, on passe au-dessus ou au-dessous de lui. Peu de gens en connaissent la véritable forme, et moins encore ont eu vent de son histoire. Le tourisme y est bien moins développé qu’ailleurs. Et puis je me suis rendue compte qu’en écrivant sur l’Autre, on écrit forcément aussi sur soi. A vrai dire, la première ébauche n’était destinée qu’à mes proches. Les conseils de mes proches et la confiance de Pascal Le Rest, directeur de la collection Ethnographiques aux éditions L’Harmattan, m’ont encouragée à prendre du recul sur mon écrit. Plusieurs mois de retour en France m’ont aidée à le mûrir sans le dénaturer - comme je le craignais au départ. En couverture, j’ai tenu à faire appel à l’art d’un ami photographe rencontré à Quetzaltenango, Henning Sac Morales. J’ai pensé : quoi de mieux qu’un œil interne pour entamer l’approche du Guatemala? Quoi de plus vrai qu’une âme indigène descendante des ancêtres mayas ? Mon expérience au Guatemala a été passionnante et inoubliable ; difficile et angoissante aussi, pour avoir vécu la moitié du temps dans la capitale guatémaltèque, au climat d’insécurité et de violence particulièrement pesant. Mais grâce à ce séjour, je porte un regard différent sur beaucoup de choses. Je suis rentrée en colère contre « mon monde » qui m’avait caché ce pays qu’il méconnaît – ses heures noires – et ignore jusqu’à ses beautés. Puisse ce livre vous donner l’envie de partir pour poser vos yeux sur elles.

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