Montagnes... ma passion

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Comment peut-on devenir un grand alpiniste sans s'en rendre compte, ou plutôt sans le faire savoir haut et fort, tel pourrait être le fil conducteur de la vie de Benoît Grison, né en 1961 et qui, comme on "entre en religion", est "entré en montagne", devenant un virtuose de l'alpinisme. Après sa chute mortelle dans l'Annapurna en 1986, ses parents et son petit frère Emmanuel sont allés en pèlerinage jusqu'au camp de base de l'Annapurna 1, afin de se recueillir auprès de ce gigantesque cimetière, et ils en ont fait un récit commenté.
Publié le : jeudi 1 décembre 2011
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EAN13 : 9782296476219
Nombre de pages : 272
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Montagnes… ma passion
Graveurs de mémoire Henri Louis ORAIN, Avec Christiane, 68 ans de bonheur, 2011. Pascale TOURÉ-LEROUX,Drôle de jeunesse, 2011.Emile HERLIC, «Vent printanier », nom de code pour la rafle du Vél’ d’hiv’. Récit, 2011. Dominique POULACHON,René, maquisard. Sur les sentiers de la Résistance en Saône-et-Loire, 2011. Shanda TONME,: laLes chemins de l’immigration France ou rien ! (vol. 3 d’une autobiographie en 6 volumes), 2011. Claude-Alain CHRISTOPHE,Jazz à Limoges, 2011. Claude MILON,Pierre Deloger (1890-1985). De la boulange à l’opéra, 2011. Jean-Philippe GOUDET,Les sentes de l’espoir. Une famille auvergnate durant la Seconde Guerre mondiale, 2011. Armand BENACERRAF,Trois passeports pour un seul homme, Itinéraire d’un cardiologue, 2011. Vincent JEANTET,Je suis mort un mardi, 2011. Pierre PELOU,L’arbre et le paysage. L’itinéraire d’un postier rouergat (1907-1981), 2011. François DENIS et Michèle DENIS-DELCEY,Les Araignées Rouges, Un agronome en Ethiopie (1965-1975), 2011. Djalil et Marie HAKEM,Le Livre de Djalil, 2011. Chantal MEYER,La Chrétienne en terre d’Islam, 2011. Danielle BARCELO-GUEZ,Racines tunisiennes, 2011. Paul SECHTER,En 1936 j’avais quinze ans, 2011. Roland BAUCHOT,Mémoires d’un biologiste. De la rue des Ecoles à la rue d’Ulm, 2011. Eric de ROSNY,L’Afrique, sur le vif. Récits et péripéties, 2011. Eliane LIRAUD,L’aventure guinéenne, 2011. Louis GIVELET,L’Écolo, le pollueur et le paysan, 2011.Yves JEGOUZO,Madeleine dite Betty, déportée résistante à Auschwitz-Birkenau, 2011.
Benoît Grison Montagnes… ma passion Lettres et témoignages recueillis par son père L’HARMATTAN
Ouvrage du même auteur : La grande guerre d’un lieutenant d’artillerie, Carnets de guerre de 1914 à 1919 de Pierre Grison, L’Harmattan, 1999. © L'HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56272-1 EAN : 9782296562721
A notre fils Benoît et à son petit frère Emmanuel tombé au même âge dans la Meije pour la même passion.
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Benoît Grison est apparu dans le monde de la verticale à la fin des années 70, et bien vite il a fait partie du noyau des grimpeurs passionnés. Ce n’est sans doute pas un hasard si la passion de Benoît s’est cristallisée au moment où "tout" est en train de changer ! L’escalade sportive s’est enfin imposée et offre tant de possibilités nouvelles sur les falaises à découvrir. Et l’alpinisme de "style" en rocher comme en glace et mixte, commence à renouveler le jeu pour donner toute sa valeur : le "comment" devient plus important que le simple but du sommet. Recherche de la légèreté et de la simplicité de moyens pour valoriser l’engagement, voilà un modèle d’alpinisme qui va attirer Benoît et qu’il illustrera plus tard, en particulier dans ses ascensions en solitaire. Mais au début, c’est la découverte de l’escalade et des falaises, où ses qualités gestuelles et la force de sa motivation le font progresser rapidement. A l’époque, j’ai partagé avec Benoît quelques journées d’escalade intenses sur les sites où alors "le milieu s’active" : en Bourgogne, à Buoux, au Verdon… Parfois nous partions ensemble (je le faisais profiter de mon véhicule) pour nous rendre sur les falaises et au cours de nos discussions, j’ai vite compris que Benoît était "un mordu" ! Même si le personnage respire la discrétion et si son physique n’a rien de particulièrement athlétique, je constate chez Benoît un talent et un appétit pour la difficulté qui le font sortir de l’ordinaire ! Et alors qu’il a trouvé un partenaire de grimpe régulier en la personne de Jean-François e Peyroux, Benoît va bientôt rejoindre le 7 degré de difficulté, "l’extrême" d’alors dont il va agrandir la liste des voies. Je peux citer la réussite en libre du "Boulevard à Mathieu" à Saffres, objectif de l’époque, après que je l’ai équipé dans cette optique. Mais surtout, à rencontrer Benoît, je ressens que la falaise, et même le Verdon, ça ne lui suffit pas ! Il a découvert la montagne, un monde encore plus exigeant où l’aventure et l’engagement sont plus forts. Ses rêves l’attirent là-haut, pour vivre intensément en gravissant le sommet par les plus belles voies. Et aux yeux de Benoît, c’est l’altitude, le domaine des lignes verticales glacées qui symbolise l’exigence de la haute montagne, dans un esprit traditionnel mais dans un style moderne. C’est ainsi que le Mont-Blanc deviendra son jardin secret, et qu’il en découvrira presque tous les itinéraires du versant italien, souvent seul ! Au début des années 80, alors que je fréquente moins la haute montagne pour me consacrer au rocher, en particulier à l’étranger, je rencontre quand même Benoît au fameux camping "du C.O.B." (loué par le G.H.M. en réalité) aux portes de Chamonix, où beaucoup de passionnés des cimes s’installent. Pour Benoît, c’est la démarche inverse, sa motivation pour l’altitude m’apparaît pleine et entière ! En toute simplicité, sans forfanterie, il envisage de répéter à l’envi, les plus grandes voies glaciaires et mixtes, du Mont-Blanc aux Droites
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en passant par les Jorasses. Et il va concrétiser ses rêves, sacré Benoît ! Sans nous dire au début qu’au besoin, il partira seul… Quelques années brillantes vont se succéder, où sa liste de courses devient remarquable, exemplaire : Benoît la renforce par une fréquentation hivernale, et parfois solitaire, des grandes parois du massif du Mont-Blanc. Mais si Benoît a envie de grimper seul sur ses montagnes préférées, ce n’est pas vraiment un solitaire en bas, dans la vallée. L’enthousiasme qu’il peut manifester au retour de ses aventures, il l’offre aux autres : la sérénité et le plaisir qu’il en retire sont évidents et sont comme un encouragement pour les autres alpinistes à y aller voir. Et Benoît va former une cordée "de pointe" avec quelques-uns des meilleurs du moment comme François Marsigny par exemple. Mais au delà des performances, l’essentiel est sûrement l’esprit qui anime l’action. Avec Benoît, j’ai toujours ressenti que ses efforts, comme son enthousiasme étaient complètement désintéressés : pour lui, il n’était surtout pas question de faire "carrière" dans l’alpinisme. Tout juste a-t-il voulu ensuite devenir guide, en délaissant son diplôme d’ingénieur pour consacrer le maximum de temps à sa passion, mais sa disparition ne lui en laissera pas la possibilité. Pas plus qu’il ne fut question pour Benoît de miser de quelconques retombées médiatiques "profitables", à la différence des amateurs de "Trilogie" qui se mettent en scène à la même époque. A l’occasion de son service militaire, Benoît est choisi pour intégrer le GMHM avec lequel il va pouvoir continuer sa quête d’altitude pendant l’expédition de 1984 en Alaska, riche de plusieurs succès. Et l’année suivante, il est sur les plus hauts sommets des Andes Péruviennes où il réalise une série remarquable d’ascensions en haute altitude, et plusieurs en solo par des voies de glace très raides. Après ces succès, et les hauts sommets symbolisant pour Benoît la recherche de la perfection, il est logique qu’il ait tourné ses ambitions vers l’Himalaya, comme un aboutissement de sa démarche. En dépit d’un objectif relativement modeste sur le plan technique, l’expédition 1986 à l’Annapurna a séduit Benoît comme le rêve de pouvoir gravir un sommet de plus de 8000 mètres, le premier gravi dans l’histoire en plus ! Son chemin vers la lumière du sommet s’est arrêté là-haut, dans le domaine de l’oxygène rare où le moindre incident prend vite des proportions dramatiques ; les circonstances de sa disparition sont restées imprécises…
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