Out of Liberia

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Oublions, à la lecture de ce récit, les vives critiques faites depuis quelques années à l’encontre de l’exploitation forestière en zone tropicale, mère de tous les maux, destructrice du poumon vert de la planète ou pourvoyeuse d’argent pour un dictateur corrompu ou sanguinaire !

Dans les années 70, le Libéria vivait encore loin des mouvements politiques, sociaux ou éthiques qui ont profondément modifié la structure de nombreux pays africains. Le calme régnait. Le pouvoir n’intervenait pas dans la gestion des quelques entreprises forestières existantes, pour autant qu’elles respectent les lois mises en place, destinées à protéger la forêt. La population locale profitait directement de la manne financière générée par l’emploi dans des régions isolées et sans ressources autres que celles provenant d’une agriculture rudimentaire. Personne à cette époque ne pouvait prévoir les tragiques événements qui, tout d’abord sournoisement, puis brusquement, allaient dévaster ce pays et causer la mort ou le déplacement de centaines de milliers de personnes.

C’est le 12 avril 1980 que le pays a basculé dans l’incertitude de l’avenir. Peu à peu, les investisseurs établis avant cette date fatidique quittaient le pays. Je suis resté jusqu’à la fin de l’année 1986. Trois ans plus tard, le jour de Noël, Charles Taylor pénétrait au Liberia, à quelques kilomètres de Tappita, à la tête d’une troupe lourdement armée. La guerre civile débutait.


Publié le : mardi 1 janvier 2008
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9999998529
Nombre de pages : non-communiqué
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PRÉFACE
Ceci est le récit dune tranche de vie passée dans un petit pays dAfrique occidentale dont on ne parlait pas, ou très peu, avant que de tragiques événements ne viennent perturber un calme qui semblait immuable.
Depuis plusieurs années, je réfléchissais sur la meilleure manière de parler du Libéria, pays que jai aimé, malgré tout pourrais-je dire, et dans lequel jai passé de nombreuses années.
Et je suis arrivé à la conclusion que la seule façon crédible et valable de le faire serait peut-être de raconter mon aventure personnelle. Cela me fut facile tant sont encore présents dans mon esprit tous les détails de ce parcours peu ordinaire. En outre, depuis longtemps, je sentais le besoin dextraire de ma mémoire tous ces souvenirs, mais non de les jeter, de les oublier. Dès lors me vint lidée de les mettre sur papier, sans savoir si jen serais capable ! Et je lai fait, non seulement pour moi, mais également pour que les personnes qui mont accompagné dans cette aventure sachent, si par hasard elles me lisent, que je ne les ai pas oubliées. Car ce parcours, je ne lai pas fait seul.
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Sans être accompagné de mon ami et associé Robert, je ne serais jamais allé au Libéria.
Et puis, un autre ami, cher également, sest joint à nous, Bill, qui malheureusement nest plus de ce monde.
En cours de route, jai eu la chance de retrouver deux anciennes relations daffaires, des amis également, je veux parler de Kurt et Manfred.
Otto, également, que javais connu au Ghana, réapparut un soir au campement, et notre amitié a duré et sest renforcée au cours des années. Il nous a quittés lan dernier. Que de regrets
Je me dois de mentionner également les employés de la société, les expatriés, Jean et Claude, les ingénieurs, Elsasser et Suarez, les chefs de la scierie, Richard, le fils de Robert, Jean-Paul, en charge du bureau de Monrovia.
Cette liste serait incomplète si je ne notais pas le nom de Victor qui fut, pendant quelques années, notre client principal. Cet homme eut malheureusement une fin tragique, assassiné quil fut dans les rues de Monrovia, fin des années nonante.
Il y eut également quelques Libériens qui ont joué un rôle très important. Tout dabord, John Beh qui ma accompagné tout au long de ces années, qui ma toujours soutenu, aidé, une personne dune honnêteté scrupuleuse. Je viens dapprendre son décès lan passé. Je suis heureux de savoir quil a survécu aux atrocités commises pendant la longue guerre civile qui dura des années nonante jusquau début du nouveau siècle.
Ce ne fut malheureusement pas le cas pour David Gaye qui avait su se rendre tellement indispensable quil était devenu un pilier essentiel et incontournable dans la vie de la société. Le pauvre garçon fut égorgé, un matin, devant son domicile, plu-sieurs années après mon départ, une des nombreuses victimes de la guerre civile.
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La troisième personne que je voudrais nommer est Emmanuel Emmeh, en quelque sorte le vice-ministre des Eaux et Forêts, qui ma également toujours aidé lorsque cela savérait nécessaire.
Cette énumération serait incomplète si je ne mentionnais pas nos deux employés du bureau de Monrovia, Elias Quist et James Togbeh, toujours dévoués et disponibles.
Durant tout ce temps, jai connu beaucoup dautochtones que je ne saurais nommer ici, des Libériens, des Guinéens et dautres, certains honnêtes, dautres un peu moins et quelques-uns corrompus jusquà la moelle !
Je tiens également à porter une pensée toute spéciale à ma fidèle équipe douvriers ivoiriens et burkinabés, ex-voltaïques, que jemployais en Côte-dIvoire et qui mont suivi au Libéria. Tous des travailleurs exceptionnels, consciencieux, fidèles et sans histoire. Et, « last but not least », ma famille qui, très souvent seule à Genève, ma cependant toujours supporté et ne ma jamais re-proché mes longues absences. Dommage que la nouvelle situation du pays après le coup dÉtat de 1980 nait plus rendu possi bles les venues des miens. Ces périodes où nous étions tous réunis en brousse étaient si agréables et vivantes.
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