Parcours de vies

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En 1920, dans cette zone d’Ukraine devenu polonaise par les traités de Versailles et Trianon, Mikolaj épouse Barbara. La vie est dure, mais ils s’aiment et de cette union naissent Olga et Bogdan.
En 1927 Mikolaj quitte sa femme et ses enfants pour travailler dans la mine de fer de Crusnes en Lorraine. Sa famille le rejoindra en 1933 pour commencer une nouvelle vie à l'époque du Front Populaire.
Parcours de vies est une fresque familiale émouvante, qui montre la pauvreté et les difficultés de la vie entre les deux guerres mondiales.


Publié le : mercredi 11 juillet 2012
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EAN13 : 9782332497864
Nombre de pages : 266
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-69296-2

 

© Edilivre, 2013

Prologue

« Et l’Ukraine n’aimait ni le tsar ni le pan*, elle organisa la Cosaquerie. »

LaGenèse du peuple ukrainien, verset 72,
KOSTOMAROV, 1847.

« De province reculée et somme toute sans histoire de la Couronne autrichienne, la Galicie fut le théâtre d’affrontements déchirants durant la première guerre mondiale entre les communautés polonaise, ukrainienne et juive.

À la chute de l’Empire austro-hongrois se forme, en octobre 1918, une brève République nationale de l’Ukraine de l’Ouest. L’armée ukrainienne s’oppose aux troupes polonaises qui reprennent la capitale, puis l’ensemble de la région en juillet 1919. Durant la bataille de Lvov, les soldats polonais se livrent durant trois jours à un pogrome. La Galicie fut ensuite intégrée dans les territoires orientaux de la Pologne reconstituée, formant ainsi l’une des contrées, des « kresy », zone frontière ou tampon de la Seconde République de Pologne. La province perd son nom autrichien et disparaît avec la Galicie occidentale sous le nom de Malopolska (Petite Pologne).

Près d’un million de Galiciens ukrainiens, dits « Ruthènes », ont émigré au début du vingtième siècle vers les États-Unis, le Canada et l’Europe occidentale. De nombreux Galiciens polonais à la même époque ont pris les mêmes chemins d’émigration. »

Delphine Bechtel
Université Paris IV Sorbonne, CIRCE.

*Pan :Monsieur, seigneur.

Qu’est-ce qui pousse l’Homme à émigrer pour devenir, ailleurs, un immigrant ?

Souvent il le fait pour survivre, pour fuir un danger, une menace physique ou trouver sa nourriture, celle de sa famille ou de sa tribu.

C’est ce que font les oiseaux migrateurs et certains animaux qui fuient l’hiver, puis l’été pour aller chercher la nourriture, se reproduire et assurer la pérennité de la race.

C’est ce qu’a fait l’Homme depuis toujours et c’est ce qu’il tentera toujours pour survivre.

Le point de départ des « parcours de vie… » qui sont racontés ici, se situe sur la ligne frontière entre Pologne et Union soviétique, en Ukraine, en Galicie, dans les villages de Jaksmanice et Siedliska. Par le traité de Versailles le 28 juin 1919, le hasard a placé ces petits villages de Cosaques zaporogues ukrainiens à l’origine, du côté de la Pologne, à quelque quatre ou cinq kilomètres au sud-est de Przemysl.

Ce peuple fier et libre de paysans-soldats-garde-frontières, selon les déplacements successifs des frontières artificielles, tour à tour sujets, russes, polonais, ou austro-hongrois mais toujours ukrainiens, sous la contrainte des occupants successifs, a peu à peu perdu tous ses privilèges.

Pauvre, il a gardé sa fierté et ses racines ukrainiennes. Il est maintenant placé pour partie sous administration polonaise. Les postes clés sont tenus désormais par des Polonais, le curé est polonais, le seul gendarme du village est polonais, l’instituteur est polonais. Souvent les plus riches, ces derniers ne sont pas souvent les plus généreux.

À la lecture des notes que m’a confiées Bogdan, j’ai été surpris par son parcours de vie commencé là-bas le 18 janvier 1924. Je pouvais y ajouter quelques souvenirs contés par mes parents et par ma sœur Olga.

En dehors de ce peu, j’ignore à peu près tout de ce pays et de leurs vies.

Plutôt qu’une histoire authentique, bourrée de dates, de notes et de détails incontestables, j’ai préféré écrire une histoire romancée où les personnages sont vrais, où les événements sont vrais mais où les liens entre les événements sont romancés.

Grand-père Panejko est un Ruthène émigré aux États-Unis.

Petite fortune faite, il revient vers sa femme et ses filles, dont l’aînée s’appelle Barbara, restées à Siedliska…

Il construit un moulin à farine et huile de noix actionné par le premier moteur Diesel implanté dans la région.

Outre sa maison, ses champs, ses vaches, il possède trois chevaux.

Les Filc, Yvan l’aîné et son fils Vassil, son frère Mikolaj (Nicolas en français) et sa sœur Stefka (Stéphanie en français) habitent Jaksmanice à environ un kilomètre de Siedliska.

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Carte d’Ukraine avant et après les traités de Versailles et de Riga.

Chapitre premier
1919
Où les jeunes mariés vivent sous le toit
du frère du marié

Comme à regret, le clair soleil du printemps naissant repousse la nuit et découpe sur le fond de ciel là-bas sur le flanc de la colline à la sortie du village la silhouette de la khata* au toit de chaume.

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Le coq chante. Dans l’écurie les vaches, le pis gonflé, commencent à tirer sur leur chaîne. Passant par les deux petites fenêtres, le jour peine à éclairer la grande pièce commune. Contre le mur de briques réfractaires du poêle-four à pain qui occupe presque toute la largeur de la pièce, dans l’ombre que la faible lumière commence à diluer, s’élève de quatre châlits le souffle paisible des dormeurs.

Bien au chaud dans le creux de l’épaisse paillasse de paille de seigle, sous un gros édredon rouge gonflé de duvet d’oie, se serrent dans un calme sommeil repu les jeunes mariés.

Elle, Barbara, se niche contre le corps d’homme qui l’enveloppe.

Lui, Mikolaj, la retient d’une main caressante négligemment posée sur un sein rond qui s’échappe par l’ouverture de la chemise de grosse toile de lin. Le nez dans ses longs cheveux dénoués épars sur l’oreiller, il s’enivre de la chaude odeur légèrement musquée de jeune femme.

Dans son demi-sommeil, Mikolaj revoit en rêve l’arrivée chez lui de Barbara.

La fiancée est vêtue de sa robe de mariée. Une couronne de fleurs est posée sur ses longues nattes de cheveux châtains, roulées en macarons sur les oreilles. Elle est arrivée au matin chez son futur époux, conduite par son père, dans un chariot décoré de fleurs et de rubans jaunes et bleus, tiré par un petit cheval.

D’autres chariots également décorés suivaient. Ils transportaient les parents et amis, les musiciens chauffant leurs instruments, accordéons et balalaïkas, et suffisamment de victuailles, pâtisseries et boissons fortes pour soutenir un siège.

Sur le seuil de la khata, sur la plus haute des trois marches, Mikolaj vêtu d’une chemise à col rond brodée, rentrée dans les charavary* par-dessus des bottes de cuir, et coiffé de la papakha*, attendait, debout entre son frère Yvan pareillement vêtu, et sa sœur Stefka en longue robe brodée.

Sur l’aire de battage les amis et les voisins de Mikolaj tous en habits de fête s’affairaient autour d’une grande table couverte de draps de lin parsemés de fleurs et de feuillages fraîchement cueillis.

Pan* Panejko, dans une de ses plus belles chemises brodées en charavary bouffant sur des bottes de cuir souple, a sauté du chariot alors que les musiciens debout dans leur chariot exécutaient un puissant et vif air de circonstance. Le père de la mariée tendit les mains à sa fille pour l’aider à descendre. Mikolaj descendit rapidement les trois marches et s’avança vers Barbara que son père conduisait par la main…

Un réveil grelotte sur le coffre à la tête du châlit et arrache Mikolaj à son rêve. Après un rapide mais tendre baiser dans les cheveux de sa compagne, il roule sur le côté pour descendre. Sa hanche gauche se meurtrit sur le fusil qu’il cache sous la paillasse.

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Ce fusil, il faut qu’il lui trouve une autre cache.

C’est une arme de guerre avec ses munitions qu’il avait récupérées alors qu’il était enrôlé de force dans l’artillerie polono-ukrainienne. En ces temps agités (Guerre civile en Ukraine – 1917-1921), les bolcheviks russes voulaient étendre leur territoire vers la Pologne et l’Ukraine.

En Ukraine les troupes de Cosaques, d’ouvriers et de paysans avec à leur tête le Cosaque libertaire Nestor Makhno sont en lutte tout à la fois contre les Russes Blancs et rouges. En Pologne le général Pilsudski voulant garantir le nouveau tracé des frontières que le traité de Versailles a défini, est en guerre contre les Russes Blancs et rouges et les insurgés makhnovistes ukrainiens. Mikolaj, Cosaque ukrainien que le même traité de Versailles a naturalisé polonais, reste avant tout ukrainien.

Un Cosaque préfère perdre son pantalon plutôt que ses armes, il dort avec son fusil.

Avant son mariage il dormait aussi avec son chien Bossaï*, un corniaud noir à pieds blancs. Le soir des noces, Bossaï trônait au milieu de l’édredon, grognant, les crocs menaçants. Barbara n’a pas pu monter dans le châlit et elle a posé un ultimatum :

« Mikolaj, à partir de ce soir, dans notre lit, ce sera ton chien Bossaï ou ta femme Barbara. »

Cette nuit-là fut la première que Bossaï n’a pas passée dans le lit de son maître. Et depuis, il a toujours montré ses crocs et fait un grand détour en croisant Barbara.

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En chemise à manches longues Mikolaj s’assoit les pieds nus sur le sol de terre battue ; à tâtons il saisit le briquet dans la poche de son pantalon jeté sur l’édredon. À la lumière vacillante de la petite flamme, il soulève le verre de la lampe à pétrole, allume, et règle la mèche avant de la recoiffer. Bossaï silencieusement se frotte contre ses jambes. Mikolaj le caresse et le repousse doucement. Il se lève, enfile le pantalon de grosse toile de coton et le serre à la taille par un large ceinturon. Il s’assoit pour emmailloter soigneusement chaque pied nu dans les ounoutchkys* avant de les introduire dans des bottes de cuir boueux. Il se lève et passe par-dessus la tête une camisole de grosse toile rustique. À la lueur de la flamme fumante il se dirige vers les grandes jattes en terre cuite, recouvertes de torchons, rangées au pied du mur autour de la pièce. Elles contiennent pour l’une du lait de la veille qui repose pour que la crème qu’il contient surnage, pour d’autres du lait déjà écrémé qui maintenant caillé se transforme en fromage, pour d’autres encore, des morceaux de viande de porc confits dans du saindoux ou de l’huile de noix. Dans un tonneau debout, fermé par une planche, nage dans son jus un reste de choucroute de l’hiver dernier.

Le jeune homme saisit la louche cabossée qui pend à un crochet planté dans le torchis du mur. Il soulève un des torchons qui couvre une cruche, y plonge la louche.

Goulûment il boit à même la louche le lait caillé qu’elle contient. Par trois fois il recommence. Il repend la louche à son crochet en s’essuyant la moustache du revers de la main. D’un grand pot en grès qu’il découvre, il sort en s’aidant d’une fourchette deux gros cornichons aigres-doux dégoulinants de saumure parfumée au fenouil et les croque à belles dents. Dans un coffre il prend un pain cuit la semaine précédente. Avec le couteau sorti de sa poche, il en coupe une tranche qu’il tend à Bossaï. Le chien la happe et s’éloigne en frétillant de la queue. Mikolaj s’en coupe un imposant morceau, l’emballe dans un torchon et le loge avec un gros oignon dans une musette de toile. Avec ça il devra faire patienter son estomac jusqu’au soir.

Dans le jour naissant résonne un long coup de sifflet modulé.

C’est l’heure, son copain Michael Lechczouk signale sa présence en haut de la colline. Tous deux sont cantonniers sur le chemin de fer qui traverse la région à quelques verstes* au sud. Ils ont en charge l’entretien de vingt verstes de voies ferrées.

Barbara assise sur le lit, s’habille. Mikolaj l’embrasse.

Souhaitant une bonne journée à son frère et à sa sœur qui s’agitent et se lèvent, la veste sur le bras, la musette pendue à l’épaule, il tire le verrou, ouvre la porte et hume l’air frais du matin en levant la tête vers la lumière du soleil sur l’horizon. Il referme la porte et se dirige vers le puits, son chien sur les talons. Il pose sa veste et sa musette à côté du seau qui attend sur la margelle. Il plonge ses mains dans le récipient et se mouille le visage en le frottant.

S’essuyant du revers des manches, renvoyant le chien du geste et de la voix à la maison, à grands pas il grimpe à travers champs vers le haut de la butte où l’attend son ami et complice. À mi-chemin entre le puits et la maison, le chien le regarde s’éloigner et hésite entre l’obéissance et l’indiscipline. La journée de travail commence.

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*Katha :Petite maison ukrainienne aux murs de rondins de bois et adobe, blanchis à la chaux, recouverte d’un toit de chaume et entourée d’un petit jardin. Elle se compose en général d’une seule pièce commune entourée de dépendances.

*Charavary :Large pantalon bouffant.

*Papakha :Grand bonnet de fourrure.

*Bossaï :Veut dire « pieds nus ».

*Pan :Monsieur, Seigneur.

Chapitre 2
Cohabitation tendue des deux belles-sœurs

Assises face à face sur des bancs de part et d’autre de la longue table, les deux belles-sœurs, les cheveux couverts de la khustka* qu’elles ne quittent que pour se coucher, avalent le même frugal petit-déjeuner fait de lait caillé et de tranches de pain tartinées de saindoux qu’elles poudrent de grains de sel roulés entre le pouce et l’index.

Elles se répartissent le travail du jour.

Aujourd’hui rien de spécial ne s’ajoute aux corvées habituelles.

Les tasses rincées à l’eau tirée du seau sur la margelle du puits, Stefka commence par écrémer à l’aide d’une grande cuillère en bois le lait trait de la veille. Elle recueille la crème épaisse dans une jatte. Lorsque la jatte est pleine, elle la vide dans la baratte. C’est un tonneau cylindrique de douelles de bois ajustées et serrées par des anneaux de fil de fer torsadé. Le couvercle du tonneau est percé en son centre pour laisser passer une tige solidaire d’un piston.

Lorsque la baratte est à moitié pleine, elle pose le couvercle équipé du piston sur le cylindre. Elle attire un tabouret, s’assoit et serrant la baratte entre ses genoux commence à actionner la tige.

Le piston plonge dans la crème puis remonte. À la montée comme à la descente le piston lamine la crème contre les parois de la baratte Avec beaucoup de patience et un nombre incalculable de va-et-vient de plus en plus résistants du piston, le beurre s’agglomère et se sépare du petit lait. Après plusieurs lavages à l’eau claire, ce beurre sera vendu en ville.

Pendant ce temps dans l’écurie, Barbara assise sur un tabouret, la tête calée contre le flanc de la plus vieille des vaches, tire le lait dans un seau émaillé. Les trois vaches d’Yvan s’impatientent et tirent sur leur chaîne.

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Le seau plein, elle répartit le lait dans les deux gros bidons qui tout à l’heure s’égouttaient retournés, coiffant des piquets à proximité du puits. Quand ils sont presque pleins, elle remplit des pots qui rejoindront les autres le long du mur de la pièce principale.

Plus tard, après avoir donné de l’herbe aux lapins, des pommes de terre cuites, écrasées et mélangées à un peu de son au cochon, elle lâchera encore les poules qui iront gratter leur pitance de vers et de larves dans la terre et le fumier.

Puis, un bidon de lait à chaque extrémité d’un balancier posé en travers sur ses épaules contre sa nuque, Barbara soulève sa charge. À pas lents, rythmés par le ballant des bidons, elle s’achemine par la petite route de terre, vers la ville à cinq ou six verstes de là.

Aujourd’hui, il fait sec et c’est à peine si ses pas soulèvent un peu de poussière. Par temps de pluie, elle s’y enfoncerait jusqu’aux chevilles.

Ainsi, tous les jours il faut aller vendre le lait.

Si tout va bien, elle sera de retour de bonne heure pour aller chercher de l’herbe pour les lapins. Ensuite, elle mènera les vaches au pré communal. En les gardant, tout en discutant avec les autres bergères du village, elle s’adonnera à son passe-temps favori, la broderie.

Le travail de cantonnier, seul travail autorisé par l’administration polonaise, permet à Mikolaj de gagner un peu d’argent pour acheter du pétrole pour la lampe, et un peu de sucre.

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C’est à peu près les seules dépenses qu’il s’autorise, ils économisent pour l’achat des matériaux de construction qu’il ne peut réaliser de ses mains pour leur future maison.

Pour se nourrir, il aide son frère au travail des champs, la culture des légumes du potager et la cueillette des champignons, des framboises et autres fruits sauvages.

Souvent le soir les nouveaux mariés rejoignent les jeunes du village à la mairie-maison commune ou l’église pour répéter la pièce de théâtre et les chants qu’ils donneront pour les fêtes de fin d’année.

La cohabitation dans une seule et même salle est parfois insupportable pour les jeunes mariés. La belle-sœur toujours célibataire, jalouse peut être, supporte mal la présence de l’épouse de son frère. Le partage des tâches est alors la cause de frictions entre les deux jeunes femmes. Barbara s’en ouvre à Mikolaj :

« Stefka m’a encore reproché de traîner à Przemysl et de lui laisser tout le travail du potager !

– Patiente encore un peu, nous passerons encore l’hiver ici avec eux. Au printemps je construirai un abri pour passer l’été. Dès que nous aurons assez d’argent pour construire notre maison, nous demanderons aux amis de nous aider. Ça ira vite et nous serons enfin chez nous. »

Et pour s’aider à patienter, ils s’embrassent. Ils sont heureux.

*Khustka :foulard de cotonnade dont les femmes se couvrent les cheveux et qu’elles nouent sous le menton.

Chapitre 3
Au quotidien, la vie est rude

Dans cette région Podkarpatie, ce qui veut dire « sous les Carpates », le climat est continental. Les étés sont très chauds et secs, c’est la saison de la poussière. Les hivers sont très rigoureux, longs, et la neige est abondante. Pour se préserver du froid, dans les villages on double les murs de torchis de remparts de bottes de paille maintenus en place par des perches plantées dans le sol et entretoisées par d’autres perches ligaturées horizontalement.

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On ne laisse libre que la porte et les fenêtres de l’isba. Les intersaisons sont pluvieuses. La fonte des neiges de l’hiver et la poussière de l’été se transforment en boue gluante. Sur les routes de terre tout juste empierrées et dans les champs, les chariots à quatre roues s’enlisent et les courageux petits chevaux cosaques ont bien du mal à les faire avancer.

Rythmé par les saisons, le temps passe. Chaque jour apporte sa charge de travail et chacun s’emploie à faire des provisions pour nourrir la famille et le bétail au mieux jusqu’à la prochaine récolte.

Le blé, le seigle, l’orge sont moissonnés à la faucille. Les gerbes sont liées à la main avec des liens de paille. Pour les engranger l’entraide joue, on emprunte un chariot à quatre roues et les petits chevaux cosaques pour le tirer. À la saison, dès le lever du jour, la faux de Mikolaj couche sur le sol l’herbe encore trempée de rosée jusqu’au coup de sifflet de Michael qui donne le signal du départ vers le chantier de cantonnier. Le soleil sèche l’herbe en surface, et Barbara dans la journée la retournera.

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