Parents, si vous saviez !

De
Publié par

Dans les années 50, en Basse-Bretagne, les conditions de vie ne sont guère favorables à la réussite scolaire. Il y a très peu de confort, pas d'eau, pas d'électricité. Cependant une éducation basée sur la confiance, va conditionner favorablement tout le devenir de Marie. A 19 ans, elle devient enseignante. Après six années d'exercice en milieu rural, elle relève un défi : enseigner dans la région parisienne ! La petite paysanne au grand cœur va devoir affronter tous les milieux. Si échec il y a, elle s'en servira pour mieux aider les autres. Les autres, ce sont ses élèves et leurs parents pour lesquels elle va se consacrer entièrement. Enseigner est pour elle une vocation et elle va le prouver... Les situations qu'elle décrit sont parfois cocasses, drôles, inattendues. Ce livre est surprenant !


Publié le : lundi 17 mars 2014
Lecture(s) : 5
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332695819
Nombre de pages : 120
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Copyright
Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-69579-6
© Edilivre, 2014
Prologue
Les enfants actuels sont différents de nous. Plus éveillés ! Plus dégourdis ! Mais aussi plus dérangeants et parfois exaspérants ! Combien de parents sont désemparés ! Certains sont désespérés ! Tous veulent la réussite de leur enfant. Beaucoup de spécialistes se sont penchés sur le cas de ces nouveaux enfants nés notamment après les années 1970.
Pendant plus de quarante ans, je me suis occupée d’enfants. J’ai toujours eu un excellent contact avec eux. Ils sentaient que je les aimais et que je faisais le maximum pour les aider. Ma pédagogie a toujours été celle de l’encouragement. Devant l’échec, mes regrets étaient sincères. Ces échecs me permettaient de rester humble. Ils m’obligeaient à m’interroger.
Le but de ce livre n’est pas d’apporter des solutions toutes faites. Chacun a sa propre histoire et son propre mode de fonctionnement. Je veux seulement vous faire part de mon expérience et de mes réflexions. Tant mieux si ce livre vous aide à mieux comprendre vos enfants et à mieux les aimer.
Avant de commencer, j’ai choisi de citer ici le texte de khalil Gibran que j’aime beaucoup. Je vous invite à le méditer.
« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à la Vie. Ils viennent à travers vous, mais non de vous. Et, bien qu’ils soient avec vous, Ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre Amour Mais non pas vos pensées. Car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps, Mais pas leurs âmes Car leurs âmes habitent la maison de demain Que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, Mais ne tentez pas de les faire comme vous Car la Vie ne va pas en arrière, Ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés Tels des flèches vivantes. L’archer vise la cible sur le chemin de l’infini Et il vous tend de Sa puissance Afin que Ses flèches volent vite et loin. Que la tension que vous donnez vise la joie ! Car de même qu’il aime la flèche qui vole, Il aime également l’arc qui est stable. »
Première partie
I
Dans cette première partie, je parlerai de mon enfance et de l’éducation que j’ai reçue. Je suis une enfant de l’après guerre. Nous connaissions peu le chômage. Mais les conditions de vie n’étaient pas faciles. Tout était à reconstruire et à réinventer. Née en Basse-Bretagne, j’ai grandi au milieu des champs et des animaux, dans une fratrie de dix enfants, entre une mère austère et un père colérique. J’étais, je crois, une enfant heureuse… et pourtant !
II
Mes parents étaient des gens simples. Ils avaient l’intelligence du cœur et le bon sens des gens de la campagne. Ils ont beaucoup appris sur le terrain, c’est-à-dire à l’école de la vie. Sans le savoir, ils étaient pleins de sagesse. Je les remercie pour la manière qu’ils ont eue de nous élever. Je suis la sixième d’une fratrie de dix. Nous partagions à nous tous, trois pièces seulement. Une grande cuisine faisait office de salle commune. C’est là que dormaient quatre frères, dans deux lits de coin. Les deux lits étaient séparés par une très grande table en châtaignier construite dans la pièce-même. Cette table existe toujours. Elle porte encore les stigmates de notre vie mouvementée. Elle aurait tant d’histoires à raconter !… La chambre de mes parents blanchie à la chaux était chauffée par un feu de cheminée, elle était partagée par l’un ou l’autre d’entre nous ou encore par mon grand-père maternel qui s’installait pour trois semaines lorsqu’il venait faire des paniers en osier. Une troisième pièce, toute petite, avait été construite pour loger la domestique qui faisait partie de la famille. Plus tard, ce sont nous les filles qui occupions cette chambre non chauffée. C’était presque un luxe ! Un peu d’intimité ! Enfin ! Une seule armoire à partager, mais elle était à nous. Nous pouvions décorer notre espace à notre guise. Nos parents ne s’opposaient pas à ce genre de fantaisies. J’ai même vu ma mère s’en amuser lorsqu’à quinze ans, j’ai tapissé les cloisons avec des aquarelles très colorées. J’étais alors alitée, paralysée par des rhumatismes articulaires aigus.
Mon grand-père paternel qui habitait de l'autre côté de la rue acceptait de recevoir pour la nuit ceux qui n'avaient pas de lit. A tour de rôle nous avons occupé le lit de coin aux draps trop rêches, constamment enfumés par une cheminée qui tirait mal. La peinture du mur jauni s’écaillait. Nous nous amusions à y voir des formes bizarres auxquelles nous prêtions vie. A côté du lit s’ouvrait la porte de la cave où on allait tirer le cidre. Cette cave trop noire fut pour moi, pendant très longtemps, une usine à cauchemars. Au-dessus de notre lit, un grenier interdit décuplait notre imagination… Pour nous distraire de cet environnement peu sécurisant, nous inventions des histoires où chacun jouait un rôle. C’était pour nous une manière d’extérioriser nos peurs et nos fantasmes. On riait plus souvent que l’on pleurait.
C’est dans la cuisine, à la lueur d’une bougie ou d’une lampe à pétrole que nous étions sensés faire nos devoirs. Nous, les plus jeunes, nous préférions occuper la chambre de nos parents qui devenait un lieu fort animé. Nous récitions nos leçons à tue-tête, debout sur la table ronde, la faisant parfois basculer. Nous écrivions sur la porte d’entrée nos leçons avec du charbon de bois. Notre sœur aînée un peu complice effaçait ensuite nos gribouillages.
Je dois rendre ici un hommage particulier à notre sœur aînée. Pour seconder notre mère et notre père, remplaçant ainsi la domestique, elle accepta de quitter l’école à l’âge de douze ans. Le soir, à la veillée, elle prenait le temps de nous tricoter avec amour des pull-overs bien beaux et bien chauds qui faisaient toute notre fierté. C’est elle qui veillait à notre habillement et qui, à l’occasion, nous emmenait sur son vélo consulter un médecin distant de dix-sept kilomètres. Sur ce même vélo, elle allait vendre au marché poules et lapins. Avec l’argent récolté, elle achetait des produits courants, de la laine et quelques médicaments de première nécessité. C’est grâce à elle, si l’assistante sociale de l’époque n’a pu nous enlever à nos parents pour nous mettre à l’assistance publique. Cette sœur aînée a été pour les plus jeunes une vraie petite mère. Elle a sacrifié sa jeunesse pour nous. Nous ne la remercierons jamais assez.
Je remercie également mes frères qui ont dû quitter l’école très tôt pour être à leur tour soutien de famille. Nous avons tous été, à des moments différents de la vie, des soutiens de famille. Nous étions solidaires et déjà responsables, unis par un même esprit. Les circonstances de la vie ont fait de nous des adultes précoces.
Les va-et-vient incessants causés par les nouvelles naissances, les départs au pensionnat et leur retour, faisaient que nous n’avions pas vraiment de coin à nous. Nous avions par nécessité pris l’habitude de tout partager, et nous nous en accommodions au mieux. Cette promiscuité forcée avait tissé entre nous, des liens fraternels tellement forts que nous avions appris à fonctionner en tribu plutôt qu’en individuel. Nous y puisions une grande solidarité et une grande affection. C’était pour nous une force qui m’a nourrie pendant très longtemps.
Nous avions peu de confort. Nous appelions notre maison « l’hôtel des courants d’air ». Les ouvertures fermaient mal. Il manquait souvent un carreau aux fenêtres. L’hiver, le froid s’engouffrait à travers les différentes fissures. Nous avions pour nous réchauffer une grande cheminée qui était toujours allumée. Nous y faisions cuire les aliments, sécher le linge les jours de pluie, réchauffer nos mains et nos doigts gelés les jours d’hiver. Il n’y avait pas d’électricité et pas d’eau courante. Pour la cuisine et la toilette, nous allions puiser l’eau dans un puits de trente mètres de profondeur et situé dans la cour de la ferme, non loin du tas de fumier et de l’étable. Très jeune, nous nous acquittions de la corvée d’eau qui n’était pas sans danger. En effet, emportée dans sa course, la manivelle nous lâchait parfois et c’est sur le front que nous la recevions alors qu’elle était au maximum de sa vitesse… La douleur était atroce et laissait pour quelque temps une grosse bosse et un sérieux hématome sur lequel on mettait une noix de beurre en guise de pansement. Plus tard quand le puits ne donna plus assez d’eau et peut-être aussi par mesure d’hygiène, nous devions aller chercher l’eau à la fontaine située à quelques cents mètres. Nous partions avec deux grands seaux et un cerceau. Celui-ci nous permettait de porter les seaux de façon à ce que l’eau ne dégouline pas trop sur nos jambes et dans nos chaussures. Malgré cet arrimage de fortune, nous revenions bas et souliers trempés, avec au fond du seau quelques litres d’eau quand il en restait. Personnellement, j’étais alors plus humiliée par cette perte d’eau que par mes vêtements mouillés. Les jours de grands froids, l’eau gelait dans les cuvettes. C’est donc à l’eau glacée que nous faisions notre toilette avant de partir pour l’école.
La lessive se faisait dans un lavoir aménagé dans le courant d’une rivière. Dès mon jeune âge, j’accompagnais mes sœurs aînées et participais au lavage du linge, une fois par semaine, été comme hiver. C’est souvent que je revenais avec des engelures aux doigts… Devenue un peu plus grande, j’emportais avec moi mon livre de lecture dont j’avais du mal à me séparer. Et pendant que le linge bouillait dans la grande lessiveuse, je...
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Les 12 portes du Kaama

de editions-edilivre

Le Prix des choses

de editions-edilivre

Le Chant de Marie

de editions-edilivre

suivant