Philosophie des âges de la vie

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Paradoxe : c'est au moment où, grâce à l'allongement de l'espérance de vie, nous avons le plus de chance de vivre la totalité des âges, que les moyens de les concevoir clairement et de leur donner sens nous font le plus cruellement défaut. Jamais, dans l'histoire, l'homme n'a bénéficié d'une telle certitude de son horizon de vie. Jamais pourtant il n'a paru aussi démuni sur la manière de parcourir le chemin, du berceau à la tombe. Qu'est-ce qu'un enfant ? Qu'est-ce qu'un adulte ? Alors qu'ils relevaient autrefois de l'évidence, le sens des âges semble irrémédiablement brouillé. C'est ce dont témoignent les débats contemporains. - Quel est le coeur de cette fameuse « crise de l'école », sinon l'incertitude qui pèse sur l'idée même de maturité ? - Le dessein d'une « éducation tout au long de sa vie » ne nous voue-t-il pas à n'être tous et à tout âge que des adultes en devenir, donc des adolescents jusqu'à la fin ? - Quel est le n'ud du problème des retraites, sinon l'apparition d'une figure nouvelle de la vieillesse qu'il revient à la société de gérer ? Face à de telles interrogations, on dispose de deux scénarios explicatifs : la fin des âges, l'individu ayant réussi à se dégager des contraintes du temps aidé par la technologie « anti-âge » ; ou la lutte des âges, ceux-ci se constituant en castes antagonistes. Chacun de ces scénarios a sa part de vérité. Mais surtout, ils se retrouvent sur le constat d'une crise de l âge adulte. C'est à examiner la nature profonde de cette crise que l'ouvrage est consacré. A la lumière d'une histoire philosophique des âges de la vie, les auteurs défendent l'idée que la crise contemporaine de l âge adulte relève davantage d'une reconfiguration que d'une disparition. Sans doute est-il plus difficile que jamais d'accéder à la maturité dans un monde en constante mutation, mais l'horizon demeure intact, plus exigeant que jamais. « Etre soi-même » ou « devenir ce que l'on est » n'a rien d'aisé et il se pourrait que cet idéal, jadis réservé aux plus sages, soit devenu notre lot commun. Cette reconfiguration qu'il faut décrire en détail permet aussi d'envisager une nouvelle échelle des âges qui s'élabore dans un univers individualiste mais aussi, parce qu'elle reste fragile, la perspective d'une politique des âges de la vie susceptible de l'accompagner.
Publié le : mercredi 11 avril 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246678199
Nombre de pages : 544
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Paradoxe : c'est au moment où, grâce à l'allongement de l'espérance de vie, nous avons le plus de chance de vivre la totalité des âges, que les moyens de les concevoir clairement et de leur donner sens nous font le plus cruellement défaut. Jamais, dans l'histoire, l'homme n'a bénéficié d'une telle certitude de son horizon de vie. Jamais pourtant il n'a paru aussi démuni sur la manière de parcourir le chemin, du berceau à la tombe. Qu'est-ce qu'un enfant ? Qu'est-ce qu'un adulte ? Alors qu'ils relevaient autrefois de l'évidence, le sens des âges semble irrémédiablement brouillé. C'est ce dont témoignent les débats contemporains. - Quel est le coeur de cette fameuse « crise de l'école », sinon l'incertitude qui pèse sur l'idée même de maturité ? - Le dessein d'une « éducation tout au long de sa vie » ne nous voue-t-il pas à n'être tous et à tout âge que des adultes en devenir, donc des adolescents jusqu'à la fin ? - Quel est le n'ud du problème des retraites, sinon l'apparition d'une figure nouvelle de la vieillesse qu'il revient à la société de gérer ? Face à de telles interrogations, on dispose de deux scénarios explicatifs : la fin des âges, l'individu ayant réussi à se dégager des contraintes du temps aidé par la technologie « anti-âge » ; ou la lutte des âges, ceux-ci se constituant en castes antagonistes. Chacun de ces scénarios a sa part de vérité. Mais surtout, ils se retrouvent sur le constat d'une crise de l âge adulte. C'est à examiner la nature profonde de cette crise que l'ouvrage est consacré. A la lumière d'une histoire philosophique des âges de la vie, les auteurs défendent l'idée que la crise contemporaine de l âge adulte relève davantage d'une reconfiguration que d'une disparition. Sans doute est-il plus difficile que jamais d'accéder à la maturité dans un monde en constante mutation, mais l'horizon demeure intact, plus exigeant que jamais. « Etre soi-même » ou « devenir ce que l'on est » n'a rien d'aisé et il se pourrait que cet idéal, jadis réservé aux plus sages, soit devenu notre lot commun. Cette reconfiguration qu'il faut décrire en détail permet aussi d'envisager une nouvelle échelle des âges qui s'élabore dans un univers individualiste mais aussi, parce qu'elle reste fragile, la perspective d'une politique des âges de la vie susceptible de l'accompagner.
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