Pietro d'Abano

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Pietro d'Abano qui naquit en 1250 fut contemporain de la création des grandes universités européennes où il enseigna et rencontra les plus grands savants de son époque. Il fut l'ami de Marco Polo, de Giotto et de Dante. Il se passionna pour l'astronomie et l'astrologie. Il eut une approche très moderne de certains aspects de la médecine. La publication d'un ouvrage remettant en question certains dogmes de l'Église, l'exposera aux foudres de l'Inquisition, ce qui le conduira à la mort à l'issue d'un ultime procès.
Publié le : mercredi 1 juin 2016
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EAN13 : 9782140010873
Nombre de pages : 152
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une efflorescence des arts et de la science. Pietro d’Abano,
de son époque. Il est l’ami de Marco Polo, de Giotto et de Dante. Il se passionne pour l’astronomie et l’astrologie. Ses succès et son prestige suscitent l’envie, et la rédaction de nombreux ouvrages,
l’Église, l’expose aux foudres de l’Inquisition qui le conduiront à la mort à l’issue d’un troisième procès. À côté des croyances dans l’astrologie, propres à cette époque, Pietro eut une approche très moderne de certains aspects de la médecine.
la description de ses voyages à ceux qui furent documentés, d’autres supposés en Espagne et en Angleterre, jusqu’en Écosse, n’étant pas suffisamment étayés pour être racontés. En
imaginé et romancé, tout en s’efforçant de préserver au plus près la réalité historique.
la spécialité. Il préside actuellement le comité scientifique de la Fédération
Philippe Scherpereel
PIETRO D’ABANO
Médecin et philosophe de Padoue à l’aube de la Renaissance
PIETRO D’ABANO
Médecin et philosophe de Padoue à l’aube de la Renaissance
Médecine à travers les siècles Collection dirigée par le Docteur Xavier Riaud L’objectif de cette collection est de constituer « une histoire grand public » de la médecine ainsi que de ses acteurs plus ou moins connus, de l’Antiquité à nos jours. Si elle se veut un hommage à ceux qui ont contribué au progrès de l’humanité, elle ne néglige pas pour autant les zones d’ombre ou les dérives de la science médicale. C’est en ce sens que – conformément à ce que devrait être l’enseignement de l’histoire –, elle ambitionne une « vision globale » et non partielle ou partiale comme cela est trop souvent le cas. Dernières parutions e BernardDEMARSANGY,La Psychiatrie vécue auXIXLettres à siècle. Louisa, 2016. e Isabelle CAVÉ,siècleEtat, santé publique et médecine à la fin du XIX français, 2016. Julien MARMONT,L’Odontechnie ou l’art du dentiste. Poème didactique et descriptif en quatre chants, dédié aux dames, 2016. Patrick POGNANT,La Folle Clinique sexuelle du professeur P***. De la Belle Époque aux Années folles, 2016. Michel CHAUVIN,Le Geste qui sauve. L’étonnante histoire du défibrillateur cardiaque externe, 2016. Henri LAMENDIN,Docteur Albert Calmette (1863-1933). Pasteurien et co-inventeur du BCG, 2016. Xavier RIAUD(dir.),Médecine à travers les siècles. Entre rencontres et découverte, 2015. Xavier RIAUD,Et si la Seconde Guerre mondiale nous était racontée autrement…, 2015. Mathieu RAYSSAC,Les médecins de l’assistance médicale en Indochine (1905-1939), 2015. Thomas FERRANTE,Petit lexique bucco-dentaire de proverbes et autres expressions, 2015. Jean-Claude PONS,Jumeaux et jumelles. Représentations dans l’art et les sciences de l’Europe moderne (1492-1789), 2015. Michel A. GERMAIN,Musiciens célèbres malades. Pourrait-on les sauver aujourd’hui ?, 2015. Isabelle CAVÉ,Les médecins-législateurs et le mouvement hygiéniste sous la Troisième République (1870-1914),2015.
Philippe Scherpereel PIETRO D’ABANO
Médecin et philosophe de Padoue à l’aube de la Renaissance
Du même auteur dans la même collection Albert Calmette. « Jusqu’à ce que mes yeux se ferment », L’Harmattan, 2016.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09369-7 EAN : 9782343093697
Des coups sourds étaient frappés à la porte. Marietta s’y précipita pour l’ouvrir, mue par un sombre pressentiment. Cela faisait plusieurs semaines que des sbires de l’Inquisition étaient venus chercher le maître Pietro et l’avaient emmené sans ménagement à la prison du tribunal ecclésiastique. Cela ne lui laissait présager rien qui vaille. Certes, il avait été persécuté à de nombreuses reprises et il avait déjà fait l’objet de deux procès, l’un à Paris, l’autre dès son retour à Padoue en 1306. Il s’en était toujours sorti, parfois grâce à l’intervention du pape en personne, et l’accusation s’était retournée contre ses détracteurs, mais cette fois elle se disait qu’ils ne le lâcheraient pas. En tant que médecin, il avait une très grande réputation, qui débordait largement la ville de Padoue. Il était riche et admiré mais cela lui valait également de nombreux ennemis. Parmi ceux-ci, Pietro di Reggio, médecin rival qui le jalousait pour ses connaissances et sa réputation, l’avait dénoncé à l’Inquisition comme hérétique et nécromancien. Marietta était la compagne de Pietro depuis la mort de sa femme et lui avait donné deux fils. Elle ouvrit la porte avec précaution. Dès que l’homme eut retiré la capuche qui lui masquait le visage, elle reconnut l’élève et ami de Pietro, Gentile de Foligno. Il était pâle et avait les traits tirés. Il s’engouffra rapidement dans la maison. Rien qu’à le voir, elle comprit que quelque chose de grave s’était passé. Le procès était encore en cours d’instruction, et il ne pensait pas qu’il puisse être déjà condamné. Très angoissée, elle lui demanda ce qui s’était passé. Dans un souffle, Gentile lui dit qu’il avait appris de source sûre que Pietro était mort. Je ne sais pas, dit-il, s’il
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a succombé à des tortures, s’il s’est suicidé ou s’il est mort de cause naturelle. Il n’avait que 66 ans et n’était pas malade avant d’être arrêté. Il m’avait demandé, lors de ma dernière visite au cachot, de lui apporter une fiole de poison qu’il cachait dans la maison, me disant qu’il préférait finir dignement comme Socrate plutôt que sous la torture. Depuis plus d’un an, Pietro était inquiet et avait pris très officiellement des dispositions testamentaires. Il voulait éviter que, s’il était condamné, l’Inquisition puisse se saisir de ses biens. Ils continuèrent à discuter à voix basse dans le cabinet de travail de Pietro. Marietta pensait qu’il avait pu succomber aux tortures qu’on lui avait infligées. Habituellement, ils s’efforçaient de ne pas aller trop loin pour ne pas empêcher l’exécution d’une sentence publique. Lorsque cela arrivait, ils décidaient de faire brûler le cadavre en place publique faute d’avoir pu brûler vif le condamné. Marietta, qui était déjà très affectée, pensa à l’excitation de la populace, toujours friande de ces spectacles, et à la jouissance des Inquisiteurs qui n’avaient jamais supporté que Pietro leur ait échappé à deux reprises en raison de ses relations haut placées. Il fallait donc essayer de récupérer le corps au plus vite avant que les juges de l’Inquisition ne puissent prendre leur décision et la mettre à exécution. Gentile disposait de complicités au sein même de la prison de l’Inquisition. Il apprit qu’il avait été rapidement enterré dans un enclos qui n’était pas terre chrétienne où l’on déposait le corps des hérétiques qui avaient succombé, habituellement sous les tortures, avant de pouvoir être brûlés sur le bûcher. Ses informateurs lui firent savoir que les juges, qui se sentaient frustrés par la mort inopinée de leur proie, s’étaient à nouveau réunis pour statuer sur le sort de sa dépouille mortelle. Ils avaient
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décidé de faire exhumer le corps et de faire brûler le cadavre en place publique avant de disperser ses cendres, une façon de faire qui était loin d’être exceptionnelle. Gentile avait un plan qu’il exposa à Marietta. Il avait découvert un tombeau ouvert et vide situé près de la porte dans l’enclos de la Basilique Saint-Antoine. Les franciscains n’étaient pas contre l’idée de jouer un bon tour aux dominicains à condition que l’on ne puisse pas les soupçonner de connivence. Il se proposa avec quelques amis sûrs de récupérer le corps dès la nuit tombée afin de le cacher dans ce tombeau. Grâce à une bourse remplie de quelques écus, il pensait pouvoir s’assurer la complicité d’un gardien qui accepterait de leur donner accès au jardin du Palais Episcopal où avait siégé le tribunal de l’Inquisition. Sans perdre de temps, il partit pour la prison s’assurer des complicités nécessaires, en faisant taire les scrupules du gardien par une bourse bien remplie, puis il se dirigea vers l’université où il savait trouver de l’aide parmi les élèves de Pietro. Rendez-vous fut pris pour deux heures du matin près d’une petite poterne donnant sur le terrain où le corps de Pietro avait été enterré sommairement à la hâte. Le garde qui avait été soudoyé les attendait et leur indiqua l’emplacement où le corps avait été déposé. Munis de pelles, ils dégagèrent la terre à l’endroit indiqué et le corps apparut rapidement, entouré d’un simple linceul, preuve étant qu’ils avaient eu d’emblée l’intention de l’exhumer afin de le brûler. Comme des pilleurs de tombe qu’ils étaient, ils s’esquivèrent rapidement en silence, se dirigeant vers la Basilique Saint Antoine, achevée cinq ans auparavant, sans rencontrer de passants à cette heure avancée de la nuit. Marietta les avait précédés afin de les alerter en cas de danger. Lorsque l’on rapporta aux Grands Inquisiteurs que le corps avait disparu, ils entrèrent dans une rage folle et
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