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Profession : éducateur

De
136 pages
Une vie c'est un parcours. Et sur ce parcours, les rencontres sont nombreuses. L'auteur nous invite tous à la rencontre, avec ses mots les plus simples. La formation n'est jamais achevée, la compétence n'est jamais aboutie. Une profession c'est ce chemin de continuité qui s'inscrit en nous jusqu'à ce que nous ne soyons plus capables de nous projeter dans l'avenir. Une action de découverte et de création permanente.
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Profession:

éducateur

De rencontres en rencontres

Histoire de Vie et Formation Collection dirigée par Gaston Pineau
avec la collaboration de Bernadette Courtois, Pierre Dominicé, Guy Jobert, Gérard Mlékuz, André Vidricaire et Guy de Villers

Cette collection vise à construire une nouvelle anthropologie de la formation, en s'ouvrant aux productions qui cherchent à articuler "histoire de vie" et "formation". Elle comporte deux volets correspondant aux deux versants, diurne et nocturne, du trajet anthropologique. Le volet Formation s'ouvre aux chercheurs sur la formation s'inspirant des nouvelles anthropologies pour comprendre l'inédit des histoires de vie. Le volet Histoire de vie, plus narratif, reflète l'expression directe des acteurs sociaux aux prises avec la vie courante à mettre en forme et en sens.

Dernières Volet: Histoire de vie

parutions

Claude ROSALES, Journal d'un rappelé d'Algérie. Mainovembre 1956: 200 jours entre Alger et Djelfa, 2008. Philippe BALIN, Voir autrement, 2008. Gérard LEFEBVRE, Récit d'adoption. Du désert à la source, 2008. Aline MARTIN, Le cri de l'âme: après le viol..., 2008.

Marie-Thé LACLAVERIE, Un instant pour toujours - Paroles de
Jin de vie, 2008. Nicole CROYÈRE (coord.), Surdité: quelle(s) histoire(s) !, 2008. Geneviève MASSÉNA, S. comme usine, 2008. Henry BOURCERET, Une vie sur la route. Lettres d'un pèlerin vagabond, Tome 2, 2008. Henry BOURCERET, Une vie sur la route. Lettres d'un pèlerin vagabond, Tome 1,2007. Joseph BARBARO, Quotidien d'une maison de retraite, 2007. Jean-François GOMEZ, L'éducation spécialisée, un chemin de vie, 2007. Association des Anciens Responsables des Maisons Familiales Rurale (coord. par J.-c. Gimonet), Engagements dans les Maisons Familiales Rurales, 2007.

Jacques LAD SOUS

Profession:

éducateur

De rencan tres en rencan tres

Préface de Michel CHAUVIÈRE

L'Harmattan

Ouvrages principaux du même auteur : - L'éducateur dans l'éducation spécialisée, ESF, 1974. - Diriger autrement, Scarabée, 1982. - Le projet social dans la solidarité nationale, Scarabée, 1984. - Gérer, c'est aussi évaluer, Actif, 1985. - Madame François, aventurière de l'éducation nouvelle, Erès, 1986. - Janusz Korczack, P.U.F., 1992. - Le travail social aujourd'hui, Erès, 2004. Il a participé à une douzaine d'ouvrages collectifs et a coordonné « La lutte contre l'exclusion », Editions ENSP. Il est aussi membre des comités de rédaction de deux revues: - Vie sociale (revue du CEDIAS). - Vie sociale et traitement (VST), revue des CEMEA.

2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairiehannattan.com diffusion.hannattan@wanadoo.fr hannattanl@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-06837-7 EAN:9782296068377

@ L'Harmattan,

A Guillaine

Sommaire
Préface . Introduction: Le fil rouge ........................................ Chapitre l : Rencontre avec la vie ............................ Chapitre II : Rencontre avec la liberté ..................... Chapitre III : Rencontre avec l'éducation ................ Chapitre IV : Rencontre avec ma sexualité .............. Chapitre V: Rencontre avec l'autre, l'étranger, l'étrange . Chapitre VI : Rencontre avec la formation .............. Chapitre VII : Mes humbles rencontres ................... Chapitre VIn: L'exercice du pouvoir ..................... Chapitre IX : Rencontres avec la mort ..................... Chapitre X : Et Dieu? .............................................. Chapitre XI : Hier, aujourd'hui, demain .................. Chapitre XII : Rebond .............................................. En guise de conclusion............................................. 9 13 17 25 35 47 59 69 81 91 99 109 119 125 131

Préface
Jacques Ladsous nous invite tous à la rencontre, avec ses mots les plus simples. Comment ne pas saisir la main tendue d'un homme qui s'est engagé toute sa vie du côté de l'éducation et de l'action sociale, de la liberté et de la justice, dans le combat des idées autant que dans celui des actes? Qui plus est, il me fait l'amitié et surtout I'honneur de me demander une préface pour cet ouvrage, certainement le plus personnel de tous ceux qu'il a écrits ou auxquels il a contribué jusqu'à ce jour. Ce qui fait une belle œuvre! Je ne sais pas si j'en suis digne et je ne voudrais pas qu'il y ait méprise sur ce que représente une préface. Pour moi, il s'agit clairement d'inviter, d'en dire un peu plus, d'ouvrir ce qui pourrait paraître trop intime. D'être un peu le passeur. Mais c'est aussi un contrat philosophique et politique avec l'auteur; en d'autres termes, il faut prendre le risque de dire ce qu'on a compris de l'homme et de ses convictions au fil des années de compagnonnage, surtout quand on a eu le plaisir d'être avec lui dans les débats, dans les mobilisations, dans les voyages aussi et finalement dans les écritures. En un mot, préfacer, c'est s'engager et le faire savoir. Si je devais maintenant rédiger une vraie préface, je dirai d'abord que, malgré son découpage en plans successifs, avec un curieux éclectisme du moins en apparence, ce récit est d'un seul souffle. C'est ce qui en fait la force pour qui le parcourt d'une traite. Et je vous invite à le dévorer de la sorte. Ce n'est pas Ladsous racontant Ladsous dans le détail, avec tous les risques du genre autobiographique, illusion rétrospective voire égotisme, mais Ladsous racontant quelques moments, quelques images choisis d'une longue histoire de vie dans la vie, la sienne, commencée, ni riche ni pauvre, voici plus de 80 ans; une vie, forcément inséparable de beaucoup d'autres vies, de celles d'une génération d'hommes, de femmes, d'enfants et, pour lier le tout, une vie

scandée par des circonstances heureuses, en chansons ou tragiques, qu'il a traversées et qui l'ont tout autant traversé, hier, aujourd'hui et demain. De Wallon à Lafon, à Fanon et combien d'autres, des CEMEA au festival d' Avignon, de l'Algérie à quelques directions d'institutions, etc. Pas seulement des circonstances historiques. Dieu (<< foi en ma Dieu est plus intuitive que raisonnée ») et les morts qui ont marqué douloureusement son existence, trouvent aussi toute leur place dans ce récit tellement personnel! Chez Jacques Ladsous, la rencontre n'est jamais unidimensionnelle, comme peut l'être la communication, la consommation, la consumation des objets ou parfois des gens. Elle n'est pas non plus volontariste, que ce soit pour des raisons morales ou stratégiques. Elle n'est pas même simple réciprocité des consciences. La rencontre, avec les « grands» comme avec les «camarades» et «collègues », est toujours un dialogue, un partage, et cela malgré les asymétries sociales, de place, de genre ou encore de caractère qui nous séparent. Je regarde l'autre, j'aime autrui, mais «autrui me regarde» aussi, comme l'a écrit Lévinas. La question de l'autre, de l'étrange, de l'étranger, y compris dans les plus humbles rencontres, hante en réalité ce livre miroir, comme elle taraude son auteur depuis longtemps. Si nous sommes des êtres individués, sans aucune réciprocité, il n'y a pas de rencontre et sans rencontre, il n'y a pas de vie humaine qui vaille. Mais il y a plus encore. À le suivre, la rencontre implique aussi un troisième terme, produit par elle et qui la dépasse. On pourrait se contenter du triptyque: donner, recevoir, rendre, cher aux anti-utilitaristes après Marcel Mauss. Ce serait encore insuffisant. Car le tiers inéluctable en question, c'est tout à la fois l'amour, y compris charnel, où s'incarne et s'éprouve la relation à l'autre « dans un pacte de couple », c'est l'engagement pour la justice, son combat de toujours, c'est le savoir, une autre forme de l'échange, c'est 10

l'action fraternelle mais aussi le cas échéant l'exercice du pouvoir, du moins de la responsabilité devant les autres, toujours exposé à leur jugement. Si bien que cette rencontrelà n'est jamais simple dialogue technique, aussi rationnel, nécessaire ou fécond puisse-t-il être dans l'instant, même au service des plus belles causes! En cela, Jacques Ladsous n'est ni un gestionnaire, ni un manager, ni un technocrate. La rencontre est avant tout un effort permanent, mais libre, de co-création, comme dans l'éducation et la formation, ces «permanentes espérances », par l'affrontement assumé des différences et pour l'enrichissement mutuel. Tout l'idéal de l'éducation populaire! Dès lors, il me semble que pour lui l'éthique n'est pas tout à fait première et que c'est l'action créatrice qui finalement incarne le mieux l'humain. Mais je peux me tromper. .. Pourtant, derrière ces rencontres cumulées qui ont fait l'homme que nous avons tous appris à aimer, dans toute sa complexité d'homme debout, ce qui demeure apparemment le moins explicité, sauf rapidement dans les toutes premières pages, c'est la naissance du professionnel, et plus précisément de l'éducateur. Je veux dire que ce thème est partout, mais comme en filigrane, sans jamais être vraiment problématisé. En réalité, connaissant assez bien Jacques Ladsous, je crois que chez lui ce traitement est assez volontaire. Pour ne pas tomber dans les items éculés ou modernisés du métier - on pense notamment aux prétentieux référentiels qui tiennent désormais lieu de blason -, il aura préféré laisser habilement flotter la question (théorique) de l'éducateur, éviter au passage tout essentialisme, pour mieux nous faire comprendre que c'est la situation, l'épreuve, l'aventure qui font avant tout la qualité d'un professionnel, qu'il soit estampillé éducateur ou tout autrement. Un Fernand Deligny n'est jamais loin de cette attitude, même si leurs chemins ne furent pas toujours les mêmes, tout en se croisant à plusieurs reprises, notamment par les livres, que Jacques Ladsous connaît et cite abondamment. Mais beaucoup Il

d'autres acteurs sont également évoqués dans ces lignes qui reconstituent de l'intérieur la grande aventure de l'enfance inadaptée, quoique plus souvent sur ses marges qu'en son administration, fut-elle parfois bien orientée. Finalement, au-delà du témoignage, qui force l'admiration par sa franchise factuelle et sa liberté de ton, on voudrait que cet ouvrage puisse aussi donner matière à refonder le « social en actes », à renflouer les raisons d'agir, bien endormies par les temps de populisme et d'anesthésie des consciences qui courent. Il en va en effet de notre effort

collectif - et beaucoup reste à faire sur ce plan, comme nous
le savons bien depuis les états généraux du social de 2004

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mais aussi tout simplement de notre définition de l'humain dont l'actualité révèle hélas! chaque jour comment ils sont bafoués (exclusions et discriminations, reconduites musclées à la frontière, tests de filiation ADN, creusement scandaleux mais «décontracté» des inégalités, etc.). Soit un combat encore plus fondamental, à mener à l'enseigne d'un humanisme laïc qu'il faut absolument revivifier. Par ses engagements comme par ce livre, qui s'achève sur un éloge de l'insoumission, comme « garantie d'une fidélité intelligente », Jacques Ladsous rehausse singulièrement le niveau de notre réflexion collective. Il faut l'en remercier très chaleureusement et nous mobiliser tous pendant qu'il fait
encore assez JOUr.

Michel

CHAUVIERE

Directeur de recherche au CNRS Le 5 octobre 2007

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Introduction: Le fil rouge