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Profession Paparazzo

De
160 pages
"Comment travaille un paparazzo ? Quelles sont ses techniques d'« espionnage » ? Qui sont ses informateurs ? Combien gagne-t-il ? Jusqu'où peut-il aller pour obtenir LA photo que les magazines s'arracheront ?
Livre-confession, cet ouvrage s'immisce dans le quotidien d'un paparazzo et dévoile les dessous d'une profession tant décriée par les stars. Bagarre avec Jamel Debbouze, shopping avec Kate Moss, altercation avec Jean Dujardin, poursuite avec Christophe Dechavanne... Ce livre évoque les relations parfois décalées, tendues, voire dangereuses, que peut entretenir un photographe avec les pipoles.
Enfin, l'auteur y révèle tous ses secrets et confie les anecdotes les plus marquantes de sa carrière."
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Éditorial : Frédéric Hébuterne, Stéphanie Grieu Mise en pages : Stéphanie Grieu Correction : Catherine Garnier
9782847365368
© Nouveau Monde éditions, 2009 24, rue des Grands Augustins 75006 Paris
Bêtes de pouvoir - Caricatures du XVIe siècle à nos jours
Guillaume Doizy
Remerciements à tous ceux qui m’ont aidéet appris ce métier :
à David qui m’a ouvert les portes de la profession,
à Jean avec qui j’ai eu la chance de travaillersur certaines enquêtes et qui m’a tant enseigné,
à Claudia qui m’a été d’une aide précieuse,notamment pour immortaliser Éric Tabarly,
à mes parents,
à Bruno,
et également à Charlotte.
Profession : paparazzo
Mon métier ?
Dans la rue, je ne dis jamais que je suis paparazzo. Journaliste, oui. Photographe, aussi. Jamais paparazzo. Généralement, le mot « paparazzo », ou « paparazzi », intrigue ou provoque une grimace chez les gens. On ne vous regarde pas comme un maçon, un postier ou un notaire.
« Les paparazzis sont responsables de la mort de Lady Diana, a-t-on pu dire. Ils poursuivaient sa voiture. »
Est-ce pour ces raisons que ce métier fait grincer les dents de certains ?
Peut-être. C’est d’ailleurs depuis la mort de Diana que le mot « paparazzi » est devenu connu, qu’il s’est étalé en grand dans les journaux. Avant le drame, personne ne parlait de nous.
En réalité, le mot « paparazzo » existe depuis longtemps déjà. La première fois qu’il a été prononcé, c’était dans le filmLa Dolce Vitade Federico Fellini. Inventé par Giulietta Masina, l’épouse du réalisateur italien, il avait été donné à ce jeune photographe jouant aux côtés de Marcello Mastroianni.
Paparazzi… Un mélange depapatacci, petits moustiques, et deragazzi, jeunes hommes, selon Giuletta.
Ainsi, je serais donc à la fois un insecte et un jeune homme.
Un insecte, pourquoi pas ? Il est vrai que je pique parfois, mais cela démange plus que cela fait mal.
Un jeune homme, encore mieux ! Si, à 46 ans, je suis considéré comme tel, je ne vais pas m’en plaindre !
Pour certains, je suis un homme vil et malhonnête.
« Ce que vous faites, c’est indécent ! m’a-t-on déjà dit. Comment peut-on faire un boulot pareil ! J’aurais honte, à votre place ! »
C’est un point de vue. Personnellement, je n’éprouve aucune honte à faire ce métier. J’aime mon métier. Prendre des photos d’une personnalité ne me pose aucun cas de conscience.
Oui, je comprends que les pipoles peuvent être agacés d’être suivis en permanence… Cela dit, ils ne peuvent pas dire qu’ils n’ignoraient pas que les gens s’intéresseraient à eux, au-delà des écrans de télévision, des radios ou des salles de cinéma.
Pour tout dire, je ne fais que mon métier. Un métier ni plus noble ni moins noble qu’un autre. Je ne vends pas de cigarettes, je n’inflige pas de contraventions, je ne m’introduis pas chez les gens pour saisir leurs meubles ou les mettre à la rue.
Je ne fais que répondre à une demande. Et je ne pense pas faire de tort aux pipoles. Les photos que je prends ne modifient en rien la cote de popularité des stars.
De plus, d’une année sur l’autre, si l’on regarde les magazines, on peut constater qu’un même cercle restreint de pipoles apparaît chaque fois. Claire Chazal, Benjamin Castaldi, Flavie Flament, Christophe Dechavanne… Il s’agit toujours des mêmes personnes.
Leur vie intéresse la presse, et les lecteurs qui la lisent. Les pipoles sont-ils amoureux ? Vont-ils se marier ? Avoir des enfants ? Se sont-ils trompés ? Vont-ils divorcer ?
Les mêmes questions reviennent sans cesse. Des questions purement humaines, en somme.
« Vous faites des photos volées », dit-on parfois.
« Volées. » Ici, ce n’est pas moi qui emploie ce mot, mais les stars. Peut-être entendent-elles par là que les clichés en question seront vendus sans qu’elles ne touchent d’intérêts dessus ? Je ne me fais pas de souci pour elles. Avec un procès, elles parviennent toujours à récupérer une part du gâteau.
« Vous n’êtes que des voyous ! »
Le voyou, n’est-ce pas celui qui agresse, qui se montre violent ? Quand je travaille, je fais toujours preuve de sang-froid. Je me fais le plus discret possible. Ce n’est pas le cas de tous les pipoles, par exemple. Certains ont le sang chaud et en viennent aux mains lorsqu’ils découvrent qu’ils ont été pris en photo.
« Vous ne pouvez pas faire un autre métier ? »
Je pense faire suffisamment de métiers. Je suis enquêteur, espion, policier (parfois les gens me prennent pour un flic), comédien, conducteur, motard… Un homme polyvalent, en somme.
« Vous n’avez pas de morale. »
À ceux qui pourraient penser que je n’ai pas d’éthique, pas de limite, que je suis un voyou, je leur répondrais ceci : lorsque Lady Diana est morte dans sa voiture, sous le pont de l’Alma, certains paparazzis ont ouvert la portière du véhicule pour la prendre en photo. Personnellement, c’est une chose que je n’aurais jamais faite, et peu importe la récompense.
Si je devais dire quelle est la photo la plus trash que j’ai réalisée, je dirais : un baiser d’amour.
« Je n’aimerais pas être à votre place et faire ce métier pour tout l’or du monde. »
Avant de juger, lisez ce livre. Vous changerez peut-être d’avis.
Les risques du métier
– Nom ? Prénom ?
– Abenhaim. William.
– Âge ? – 44 ans – Profession ?
– Journaliste… photographe.
Le policier en face de moi affiche un léger rictus.
– Journaliste… photographe… répète-t-il à voix basse, les yeux fixés sur son écran, en tapant sur son clavier d’ordinateur.
Je prends une gorgée de café. Je suis fatigué. Seul, dans cette cellule, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit.
Je soupire longuement, me frotte les yeux. Le temps me semble horriblement long. Non, il faut croire que ce n’était pas mon jour de chance. Il faut dire que se retrouver en garde à vue pour… des raisons professionnelles… cela n’arrive pas à tout le monde, je pense. Les risques du métier !
Une question m’obsède : quand va-t-on enfin me libérer ? Tout n’est pas encore fini. Après l’interrogatoire, il faudra que j’attende le verdict du procureur. Cela prendra certainement des heures.
Je bâille. Discrètement. Contrairement à moi, le flic est calme. Aucun signe de nervosité. Il poursuit son interrogatoire, me bombarde de questions. Je raconte toute l’histoire. Encore une fois !
Nanterre, mai 2007. Hier après-midi, je faisais des photos de la princesse Sarah Poniatowski, la femme de Marc Lavoine. Elle est enceinte. Elle est entrée dans une boutique. J’ai pénétré dans des bureaux afin de trouver un bon angle pour la photographier. Je me suis fait passer pour un enquêteur pour qu’on me laisse travailler. Quelques minutes plus tard, après avoir pris des clichés de la fille Poniatowski, je la perds de vue. Quelque chose me semble louche. La fille ne sort pas du magasin. Aussi, je décide de prendre la fuite. À l’entrée, le type de la sécurité cherche à m’empêcher de passer. Je l’esquive et me sauve à l’aide de mon scooter. Plusieurs mètres plus loin, c’est la police qui me barre la route, m’interpelle. L’un des fonctionnaires demande à voir mes papiers et mon permis de conduire. Il m’explique que je réponds au signalement d’un homme bizarre – peut-être un escroc – qui s’est introduit dans les bureaux, que je viens de quitter, pour prendre des photos. « Votre permis de conduire, monsieur ? » Je dis que je ne l’ai pas. « Avec votre scooter 125, c’est obligatoire, monsieur. » Les policiers vérifient mon identité. « Vous n’avez pas le droit de conduire, monsieur. » Je joue l’étonnement. Dans mon métier, griller des feux, des stops et faire des excès de vitesse est monnaie courante. C’est la raison pour laquelle je ne devrais plus conduire. « Vous n’avez plus de points sur votre permis, monsieur. » Je fronce les sourcils, je feins de tout ignorer. « Vous ne le saviez pas, monsieur ? Ha non, je vous le certifie, vous n’avez plus de points. Vous allez devoir nous suivre au commissariat, monsieur. »
Le policier face à moi imprime le compte rendu, me le fait signer.
13 heures, je sors enfin.
L’histoire, pour moi, ne sera pas pour autant terminée. Un procès aura lieu quelques mois plus tard. Selon mon avocat, le procureur demandera un mois avec sursis contre moi. J’attends aujourd’hui le délibéré.
Les risques du métier !
Premières photos
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être photographe. Certains enfants veulent devenir pompier, policier ou vétérinaire. Moi, c’était photographe, et rien d’autre. Des métiers vous fascinent depuis toujours, vous ne savez pas pourquoi. Ça ne s’explique pas.
Il faut dire que je n’avais pas franchement le goût des études. Je n’étais pas un cancre, loin de là, mais je n’étais pas non plus un bon élève. L’école, à vrai dire, m’ennuyait. Pour preuve, je n’ai jamais obtenu mon baccalauréat.
À 20 ans, j’ai quitté Paris. Tout s’est passé sur un coup de cœur, sur un coup de tête. Claudia est entrée dans ma vie. Elle était professeur de danse. Sa famille était originaire de Bretagne, et les quelques visites que j’avais faites avec elle dans sa région natale m’avaient donné envie de m’installer là-bas.
Notre refuge fut les Côtes-d’Armor. En commençant cette nouvelle vie, je pris une autre grande décision : celle d’arrêter de fumer. J’étais en très mauvaise santé, à cette époque-là. Je fumais près de deux paquets de cigarettes par jour, si bien que j’avais constamment des douleurs atroces à la gorge.
– Arrêtez la cigarette tout de suite, monsieur Abenhaim, m’avait dit un médecin. Dans quelques années, vous êtes mort si vous continuez ainsi.
Je décidai de me mettre au sport. Une vraie révélation, puisque j’en fis mon métier par la suite. Alors que je cherchais du travail, je fus orienté par l’ANPE pour devenir éducateur sportif.
Après une formation, et quelques diplômes, j’exerçai alors mon premier métier.
Puis, un jour, alors que je donnais un cours de gym, un journaliste duTélégramme de Brest, venu faire un papier sur les activités sportives de la région, me propose de devenir correspondant pour le journal.
L’idée me séduit aussitôt. Sans compter que le mot magique – photo – venait de sortir de sa bouche. Le travail qu’il m’avait proposé consistait chaque semaine à écrire une page et à publier des photos sur les événements sportifs de la région.
Je prenais énormément de plaisir à cette nouvelle activité. Tous les mardis, ma petite page magazine apparaissait dansLe Télégramme de Brest. Interviews, photos, articles…
Très vite, ces petites parutions me conduisirent à travailler pourOuest France. Comme la rédaction appréciait mon travail, elle me proposa de devenir correspondant photographe pour eux. Il faut dire qu’un ami qui connaissait mes articles m’avait chaudement recommandé auprès du rédacteur en chef.
Ainsi, chaque semaine, je couvrais les compétitions sportives, dont les photos paraissaient chaque lundi.
En parallèle, je poursuivais mes activités d’éducateur sportif et partais chaque week-end encadrer des camps et randonnées.
Plus tard, je décidai de déménager pour m’installer dans le Morbihan. Outre le climat doux qui m’attirait, je souhaitais, en accord avec Claudia, me rapprocher de l’antenne de Vannes du Télégramme.
Au même moment,Le Miramar, un hôtel 4 étoiles situé à Port Crouesty, dans le golfe du Morbihan, m’embauche. Là-bas, je donne des cours de gym, de sport aquatique, et aide les gens qui le souhaitent à arrêter de fumer.
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