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Regarder les corbeaux en face

De
166 pages
Regarder les corbeaux en face, c'est affronter la réalité brutale, injuste, de la vie qui bascule lorsqu'un conjoint meurt sans prévenir. C'est la pensée qui oscille en permanence entre désespoir et soulagement, entre colère et acceptation. C'est aussi l'histoire d'une vie (celle du défunt) dans un contexte sociétal et professionnel agité et maltraitant. Dans ce voyage en "ethnocentrie", l'auteure décrit simplement les jours et les mois qui suivent le décès d'un compagnon de vie.
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Christine Maurey
Regarder les corbeaux en face
Regarder les corbeaux en face
ETHNOGRAPHIQUES
Regarder les corbeaux en face
Ethnographiques Collection dirigée par Pascal LE REST
Ethnographiques veut entraîner l’œil du lecteur aux couleurs de la vie, celle des quartiers et des villes, des continents et des îles, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, des blancs et des noirs. Saisir le monde et le restituer en photographies instantanées, de façon sensible et chaude, proche et humaine, tout en préservant la qualité des références, des méthodes de traitement de l’information et des techniques d’approche est notre signe et notre ambition.
Déjà parus Pascal LE REST,Franck Lombard dans les starting-blocks. Ethnographie d’une insertion professionnelle, 2016. Philippe LIPCHITZ,L’été de Benjamin, 2016. Caroll KLEIN,La vie de passages…, 2016. Roberta RUBINO,Outils de recherche. Étude du projet Coton bio-équitable du Mali, 2016. Ahmed ATMANI,La relation mère-enfant en milieu traditionnel algérien, Tome 2 : Psychopathologie, 2015 Ahmed ATMANI,La relation mère-enfant en milieu traditionnel algérien, Tome 1 : Ethnopsychologie, 2015 Philippe LIPCHITZ,1914, la mémoire de mes 20 ans,2015. Louis FALAVIGNA,Tout le soleil du monde, 2015. Philippe LIPCHITZ,Quand pourtant le bonheur était là…, Tome 2, 2015. Philippe LIPCHITZ,Quand pourtant le bonheur était là…, Tome 1, 2015. Muriel SANTORO,Mon voisin de maíz. Voyage au Guatemala au cœur de la culture maya, 2010. Bertrand ARBOGAST,Voyage initiatique d’un adolescent… Lancelot et le vieux, 2009. Mohamed DARDOUR,Corps et espace chez les jeunes français musulman. Socioanthropologie des rapports de genre, 2008.
Christine Maurey Regarder les corbeaux en face
Du même auteur
Chroniques d’une assistante sociale en milieu médico-social, « Cette nuit que je n’dormais pas »,Paris, L’Harmattan, 2016.
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10679-3 EAN : 9782343106793
Je ne crois pas à la valeur de l’exemple. Son efficacité n’a jamais été prouvée. On ne fait pas quelque chose pour faire « comme » quelqu’un ou bien si c’est le cas, on se trompe, c’est qu’on ne se fait pas suffisamment confiance. Je crois, par contre, à la valeur des messages délivrés et aux traces laissées. Je pense que l’on transmet ce que l’on est, tout simplement. Ensuite, chacun sa route car personne ne se ressemble ni ne vit les mêmes choses. Lus, dis ou observés, les messages cheminent ensuite dans nos têtes et nous permettent de bouger en toute liberté. Ils vont et viennent et se partagent. Libre à nous de les intégrer tout ou partie, à notre convenance et selon ce que la vie nous réserve. A vous donc, mes trois demi-dieux, mes barbouillés de saindoux, mes pierres précieuses, ces messages et traces d’amour.
7
De battre, son cœur s’est arrêté. De battre, notre chœur à cinq s’est aussi arrêté. Nous étions cinq, nous ne sommes plus que quatre. Même si d’autres, compagnons des enfants, viennent enrichir la tribu, l’harmonie d’avant est brisée. L’amputation est là : il en manque un, pour toujours. La recherche d’une nouvelle harmonie est malgré tout en marche avec toujours, au fond de nous, le regret du passé, l’impossible retour en arrière. De notre chœur manque celui qui avait la voix, quoique très douce, la plus grave. C’est tout de même lui qui prenait la voix de basse quand, les enfants petits, on se mettait à chanter «Douce Nuit»… Il manque cette montagne, ce colosse aux pieds d’argile, cet homme aux allures « depardiesques » capable de nombreux excès mais d’une tendresse gigantesque et d’une sensibilité extrême. Il était mon homme, mon ami, mon compagnon. Il n’est plus. En attendant, le chagrin occupe le terrain. Le chagrin est un vaste océan… Il a son flux et son reflux, sa force et son calme, ses tempêtes et ses accalmies, ses couleurs et sa noirceur. Par sa force et sa démesure, il oblige à suspendre le temps, à se poser sur un ailleurs, à réfléchir l’intensité. 9