Ressac

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Après Ailleurs et En dedans, voici Ressac, Journal de personne, 2010. Ressac, c’est la vague qui vient
attaquer le granit pour en arracher des parcelles avant de retourner vers le large, puis venir frapper à
nouveau, inlassable. C’est bien la figure de ce travail autobiographique que je poursuis en attaquant le bloc
mémoriel à la recherche du moi, avant de retourner au présent, puis de revenir à l’attaque des souvenirs.

Le pacte autobiographique repose sur une parole donnée : dire la vérité et toute la vérité. Pour l’auteur, la
totale transparence est le seul espoir que l’autoanalyse aille aussi loin que possible, de telle manière que
le chemin vers l’invisible soit dégagé au mieux. Pour le lecteur, un journal ne peut avoir d’intérêt qu’à ce
prix-là.



Né à Marseille, Coste vit à Bangkok où il a servi comme ambassadeur. Il a notamment été en poste en Indonésie,
à Singapour, au Japon et en Californie. Il a aussi dirigé le service d’information du Premier ministre. Son
épouse Naomi (nommée Sarah dans le journal) est née à Washington D.C. d’une mère japonaise et d’un père
américain. Il l’a rencontrée, mannequin, à un défilé d’Issey Miyake ; leurs treize chats sont thaïs. Coste a
fait de nombreuses expositions de peinture en Asie et aux États-Unis. En dedans et Lami sont
parus chez JePublie.

Publié le : samedi 1 janvier 2011
Lecture(s) : 8
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953794595
Nombre de pages : 154
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Prologue
AprèsAilleursetEn dedans, voiciRessac.Ressac,c’est la vague qui vient attaquer le granit pour en arracher des parcelles, avant de retourner vers le large, puis de venir frapper à nouveau, inlassable. C’est bien la figure de ce travail autobiographique que je poursuis en attaquant le bloc mémoriel à la recherche du moi, avant de retourner au présent, puis de revenir à l’attaque des souvenirs. Le pacte autobiographique repose sur une parole donnée : dire la vérité et toute la vérité. Pour l’auteur, la totale trans-parence est le seul espoir que l’autoanalyse aille aussi loin que possible, de telle manière que le chemin vers l’invisible soit dégagé au mieux. Pour le lecteur, un journal ne peut avoir d’intérêt qu’à ce prix-là. J’ai observé qu’avecEn dedans, j’avais couvert dix années de ma vie.Ressacn’en couvre qu’une pour un volume sensiblement égal. C’est comme si la parole s’était libérée. Les lecteurs en sont responsables : ils m’ont encouragé. Je craignais de sombrer dans le banal et l’égotisme. Mon ami, l’éditeur Jean-Paul Caracalla, m’avait mis en garde contre ces écueils. Or, les lecteurs sont passés outre. Ils ont vu l’universel derrière le particulier. Et ils
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ont compris le mode d’emploi : se servir du travail sur soi décrit tout au long du journal pour travailler à leur tour. C’est pour l’auteur la récompense de la sincérité, mais aussi le devoir d’aller plus loin, plus profond, là où ça risque de faire mal.
2010
Samedi 2 janvier- Est-ce l’air de l’Irlande où il a choisi de vivre ? Michel Déon porte à merveille ses 90 ans. Comme on lui demande pourquoi, tout au long de sa vie, il a tenu un journal, il répond : « C’est pour moi une façon de croire à ma propre existence. » C’est tentant, non ? En tout cas, pour lui, ça marche ! Lundi 4 janvierest cette charmante station bal-- Shimoda néaire à trois heures de voiture de Tokyo. Il est tard dans la nuit. Il a beaucoup bu et il est ivre. Il a ramené la stripteaseuse à la fin du spectacle, dans cette chambre d’hôtel qui surplombe la plage. On l’a prévenu, la maffia veille. Mais, bravant le danger, ils avaient joué à se faire des mirettes, pendant le spectacle, elle sur la scène, lui dans la salle. La chambre d’hôtel est plongée dans le noir. Il parle encore très peu le japonais, elle comprend très peu l’anglais. Le vent marin du Pacifique entre par la fenêtre ouverte et fait bouffer le rideau blanc. Il passe aux toilettes. Il revient. Elle a disparu. L’angoisse le prend à la gorge : a-t-elle sauté par la fenêtre ? S’est-elle écrasée là, quarante mètres plus bas, sur la plage de sable ? L’a-t-on poussée ? Il regarde partout, mais la chambre reste tragiquement vide.
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