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Résurgences...

De
216 pages

« Tout comme un vaccin qui combat le mal sur son terrain
l'auteur revit ses chagrins d'enfant
pour cautériser son chagrin présent...

L'agonie d'une maman c'est effroyable,
c'est comme une noyade interminable,
toute la vie défile douloureusement
pour qu'elle reste encore avec nous un instant. »


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Couverture
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Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-99988-7
© Edilivre, 2015
Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant , aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L. 122-5, d’une part, que les « copi es ou reproductions strictement à l’usage privé du copiste et non destinées à une uti lisation collective » et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, qu e les « analyses et les courtes citations justifiées ou d’information », toute repr ésentation intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou des ayants droi t ou ayants cause, est illicite (article L. 122-4). Cette représentation ou reprodu ction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionné e par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
PrefacE
Simone Pascal écrit là son troisième ouvrage. Déjà auteure de deux recueils elle publie la première partie de son autobiographie. Le titre, révélateur, en symbolise à lui seul le contenu : « Résurgences… » ; titre que l’on pourrait, selon le jeu du langage métaphorique, désigner par « réapparition à la cons cience claire de souvenirs, d’événements restés enfouis et souterrains ». Pour certains le retour du refoulé ou le déverrouillage de la mémoire peut passer par la par ole « pleine », allongé sur le divan de l’analyste. Pour d’autres l’écriture devient un exutoire nécessaire, indispensable, voire vital. Pour tous, l’espoir de guérison est au bout du chemin ! Ainsi, lorsqu’on emmène Simone, petite fille, consulter le docteur, « un guignol en blouse blanche », elle pense pouvoir enfin se confier, se libérer de cette tragique balade en vélo avec « un grand garçon » qui voulait voir son maillot de bain. Mais l’heure et les temps ne font pas des médecins « à l’écoute » des enfants. L ’oreille des praticiens n’est pas prête à entendre les traumatismes, les souffrances, le manque d’amour, les tourments de la fillette ! Les tabous ont la vie dure ! Simon e se sentira alors exclue, abandonnée, « je m’enfermais dans un mutisme total, une solitud e morale » écrit-elle. Autour de la mort de sa mère – une mort qui s’éternise – Simone articule ses écrit pour tenter de se reconstruire : « Tout revient maman quand tu t’en v as ». Cette disparition c’est l’impulsion, la « pulsion », qui va générer l’écrit ure comme on organise les mots, les phrases en cercles concentriques à partir de « l’om bilic primordial ». L’adolescente va réécrire son enfance au sein de sa nombreuse fratri e… car aux côtés du Père il n’y a que des frères. Au milieu de ces hommes il n’y a qu e la Mère ! Qui donc aurait pu mieux la comprendre : « le chagrin de ton décès m’a donné le courage de relater tous ce qui était enfoui au fond de moi ». Sur la forme tout le talent de Simone est de ne pas se contenter d’un tempo phonique linéaire, mais d’u n rythme propre à être chanté – d’ailleurs sa prose alterne souvent avec des chanso ns « de gamins » ou « de colos » ; le texte, riche en dialogues, devient ainsi dynamiq ue, vif, rapide, coloré, bref « vivant ». Il est aussi teinté d’humour et de « parler méditer ranéen » ou de provençal (la lengo nostro). Ne nous y fions pas il n’y a pas chez Simo ne d’optimisme latent, mais plutôt des tentatives, par ces tournures lexicales, d’exor ciser ce passé qui fait si mal, de conjurer « la noyade interminable ». Enfin Simone u tilise souvent un procédé rhétorique pour traduire l’indicible, ce qui ne peu t se dire, donc s’écrire : les points de suspension. Elle pratique ce qu’on nomme l’aposiopè se, qui consiste à interrompre, suspendre la phrase, « se taire », pour laisser au lecteur le soin de la compléter. C’est précisément là où l’écrit trébuche pour l’écrivain ou que le discours cesse pour le patient sur le divan, que se situe « ce silence émo tionnel »… si lourd à porter par le narrateur ! Résurgences… est à lire de toute… urgen ce ; et découvrir comment Simone au travers de ses errances douloureuses parviendra à devenir une Femme libre.
Jean-Marie SCHNEIDER Président du Cercle des Auteurs Bandolais
Biologiste Qualiticien.
Prologue
Les souffrances de Maman s’éternisaient. Pendant qu’elle s’effaçait tout doucement, Je m’évadais dans mes souvenirs cuisants. Je redécouvrais les traumatismes de mon enfance. … L’enfance ? L’enfer… Je revivais l’invivable pour ne pas subir le présen t insoutenable. … « TOUT REVIENT MAMAN QUAND TU T’EN VAS »… J’ai hésité des années à publier mon histoire perso nnelle en respectant l’anonymat des proches pour qui l’affection reste intacte malg ré l’éloignement physique ou moral, malgré les épreuves de chacun, malgré les erreurs d es uns, et les maladresses des autres. La vie sépare toujours ceux qui s’aiment d’autant p lus facilement quand on n’a pas appris à cultiver la tendresse qui, j’en suis sûre, à tellement manqué pour chacun d’entre nous. J’ai longtemps hésité de peur de heurter ceux que j ’aime, de récolter plus de mépris que d’estime, de blesser la fratrie éparpillée par les aléas de la vie. C’EST QUAND LA MAMAN DISPARAIT QUE LES ENFANTS SE DISPERSENT. Modeste existence pitoyable survie où tu subis doul oureusement et c’est la soumission qui crée le lien familial, où tu te héri sses agressivement et c’est la révolte assurée qui divise la famille. Quand le terreau sur lequel t’es née est déjà pauvr e et fragile, les difficultés existentielles s’accumulent tristement. Vous, mes Chers Parents vous avez réussi à façonner malgré tout une femme pleine de bonne volonté… Avec ses échecs, ses réussites… en bref, une femme devenue libre. C’est votre courage, votre endurance qui ont détein t sur moi. … La disparition de Maman m’imposait un bilan catas trophique de mes quinze premières années de vie plutôt morose. Névroses de mon enfance. Submergée par une déprime grandissante, j’avais osé, ADO, écrire ce que je n’avais jamais pu exprimer ju sque là. Mon enfance ? C’est sûrement grâce à son côté sombr e que j’appréhende aujourd’hui la vie clairement, résolument, dans la compréhension, la tolérance et le respect d’autrui.
… Elle me donna le coup de grâce, « la personne en blouse blanche », quand, en sortant de la pièce, elle dit à mes parents : – Votre fillette est normale !…
surgences…
Maman n’est pas douillette. Elle ne l’a jamais été. Sa seule crainte disait-elle malicieusement c’est l a peur d’avoir peur…
Début de l’année quatre-vingt-cinq ; Maman a une fo rte hémorragie vaginale. Elle est allée à Forcalquier avec Papa aujourd’hui, pour ramener notre petit frère P… dans le centre spécialisé pour épileptiques. Est-ce la fatigue ? La route est longue et tellemen t sinueuse. Ce n’est pas la première fois qu’elle a des saignem ents nous dit Papa ; ça ne les a pas inquiétés outre mesure jusqu’ici, mais cette fo is, maman se confie à ses filles. Nous l’avons emmenée chez un gynécologue ; elle n’e n a jamais vu de sa vie, je crois ; son médecin de famille lui suffit, elle lui fait confiance depuis tant d’années… – Allez ! Ma petite dame ! Vous êtes coriace va ! V ous avez une santé de fer ! Lui dit le « docteur Prospère », à chaque consultation, avec une petite tape « amicale » sur les fesses. Rassurée par sa réputation colportée de bastides en bastides, et l’ordonnance chargée qu’il lui renouvelle à chaque « contrôle de routine », ses douleurs s’apaisent instantanément. – Je vous revois dans quinze jours, d’accord ? Quan d vous aurez fini le mini traitement que je vous prescris. Vous pouvez prendr e les médicaments chez moi, il m’en reste en réserve… J’ai toujours pensé que notre digne docteur de camp agne, en qui j’ai eu confiance moi aussi, comme tant d’autres, pendant des années, (quand il soignait énergiquement les petits bobos de mes enfants dans leur jeune âge ), entretenait les patients, de préférence les seniors, dans une psychose maladive, et s’assurait ainsi une clientèle rurale fidèle de patients crédules et âgés pour la plupart ; source de revenus réguliers très intéressants. Pour ma part, alors que je l’avais appelé une fois, pour une grippe carabinée qui m’avait tenue au lit méchamment, j’avais eu droit, à mon grand étonnement, à un examen gynécologique ? Le Savoir de l’Érudit en qui j’avais mis toute ma c onfiance, annihilait la moindre réaction de ma part. Aux médicaments anti-grippaux, s’ajoutait l’inquiét ude de ce soi-disant fibrome qu’il m’avait diagnostiqué et qu’il faudrait bien sûr sur veiller de près afin qu’il ne grossisse pas ; mes visites régulières de patiente confiante étaient assurées. Aucun médecin, aucun gynécologue, aucune échographi e ultérieure n’a jamais retrouvé cette grosseur anormale dans mon anatomie ; elle a dû se résorber ou se volatiliser par enchantement ? C’est à ce cher médecin que je dois également l’atr ophie nasale de mon fils ; celui-ci n’a rien trouvé de mieux, tout bébé, de se mettre un gravillon dans le nez. La pince à épiler étant inefficace et l’interventio n bien trop délicate pour déloger le
gravier, je l’emmène chez le « docteur Prospère ». C’est en pétrissant le petit nez dans tous les sens , que ce dernier a réussi victorieusement à faire sortir le caillou. L’arête du joli petit nez de mon rejeton ne s’en es t jamais remise. C’est ce jour-là que j’ai commencé à haïr ce médeci n de campagne. Et ce besoin, au moindre examen médical, de vous fa ire déshabiller systématiquement ? Une de mes serveuses trouvait un peu curieux de dev oir quitter le soutien-gorge pour une simple angine. Notre cher Docteur, doté d’une conscience professio nnelle illimitée, a dû être aux anges, quand la mode est arrivée, pour les femmes, de se faire palper régulièrement les seins afin de déceler quelques éventuelles gros seurs anormales dont il était coutumier. Maman aurait dû consulter un spécialiste depuis lon gtemps ; mais voilà, c’est difficile de changer les habitudes ancestrales et d e s’adapter aux progrès de la médecine. Et la part de confidences intimes qui font les troi s-quart de la guérison, qu’est-ce qu’on en fait, dans la froide chaîne médicale robot isée où l’on s’envoie les patients entre confrères spécialisés ? Moralement, rien ne remplace le médecin de famille et ses « biens-faits ». Et pourtant ? Ce docteur de pacotille qui soignait Maman depuis u ne quinzaine d’années, n’aurait-il pas pu déceler plus tôt les grosseurs c ancéreuses bien réelles cette fois ?
* * *
Premiers examens, premières inquiétudes… début de l a course tragique contre la M… (on peut y mettre le mot que l’on veut) Maman entre à l’hôpital le lundi 11 mars 1985. Diagnostic du gynécologue : infection de polypes qu i nécessite un prélèvement des tissus pour analyses plus précises… opération de l’ utérus ! Monsieur « Grave » nous convoque, ma sœur et moi, e t nous informe sans plus de détours, du résultat de l’intervention : – C’EST LE CANCER ! Nous nous demandons, ma sœur et moi, si nous avons bien entendu ? – Prise à temps, c’est une maladie qui se soigne as sez bien à cet endroit-là, mais elle a atteint un stade critique qui ne laisse que très peu d’espoir… Au regard du docteur, nous comprenons peu à peu qu’ il parle de Maman. Que cette chose-là nous arrive à nous, à notre mère. De près ou de loin, tout le monde est touché un jou r où l’autre, par cette sale maladie, mais c’est quand elle vous frappe de plein fouet, comme en cet instant, que l’on mesure toute l’injustice, la révolte qu’elle v ous soulève, l’impuissance qu’elle vous démontre, le désespoir qu’elle vous inspire… Ma sœur et moi, nous nous refusons de la nommer, de prononcer ce mot couperet qui inhibe psychologiquement tout espoir. Dans notre désarroi, nous décidons de mépriser ce m al, de le combattre de toutes nos forces en aidant Maman à surmonter cette terrib le épreuve qui ne peut être que passagère, et pour cela, nous gardons au plus profo nd de nous, ce mot implacable qui
condamne irrémédiablement un être cher. Dès lors, nous laissons Maman dans l’ignorance, per suadées d’être dans le juste, convaincues que c’est la seule façon pour elle de g arder toute son énergie. Nos premiers mensonges lamentables commencent à fai re partie de la vie quotidienne. On l’aura cette saleté de maladie ! Ne dit-on pas q u’il suffit de faire une « totale » pour se débarrasser de toutes les infections et imp uretés vaginales indésirables, quelles qu’elles soient ? Nous avons bien le temps de lui dire la vérité ; qu and elle sera guérie, nous pourrons lui annoncer qu’elle revient de loin, et a vec quelle satisfaction ? Seule, notre petite belle-sœur C… rentre dans la co nfidence ; à nous trois, nous nous relayerons nuit et jour au chevet de maman ; l es autres enfants étant trop éloignés pour cela. Croyant fermement à nos bonnes raisons, nous cachon s au reste de la famille, la vérité, l’oubliant nous-même, afin de ne pas nous trahir à un moment où à un autre. Papa, surtout, ne doit pas l’apprendre, car en viva nt à ses côtés, il pourrait craquer encore plus facilement ; sous ses dehors d’homme fo rt on devine sa sensibilité, et ses maladresses auraient tôt fait d’anéantir tout coura ge. Comment pourrait-on leur annoncer, à tous, que Mama n est perdue, sans se perdre avec elle ? Il faut qu’elle trouve un appui solide dans chacun de nous, des forces positives et affectives. – Je vous la rends votre Maman ! L’opération est ré ussie ! C’est aujourd’hui qu’elle sort ! (Quelle opération ? C’est un prélèvement de tissus qu’il a fait ce cher docteur ; « Réussie » ? Je lui accorde. Dans sa façon joviale et enjouée, n’élude-t-il pas lui aussi, la gravité de la situation à la patiente ?) Convalescence à Isle sur Sorgue, bâtiment des perso nnes âgées dit : « l’hospice », tout près de la maternité où elle a tant de fois donné la vie, ironie du sort. Si l’on m’avait dit qu’à soixante-six ans, ma mère attendrait fébrilement déjà, derrière la fenêtre d’un hospice, la visite des sie ns, j’aurais souri ; d’un sourire confiant, mesuré, rassurée par la solide constitution dont el le a fait preuve toute sa vie, par le courage qu’elle a démontré à chacune des dures épre uves subies, par la persévérance discrète de son devoir de mère meurtrie par cette v ie qu’elle aime malgré tout ce qu’elle a enduré depuis son enfance. J’aurais souri, d’un sourire triomphant à cette éve ntualité inimaginable d’une existence aussi active, ralentie bien trop tôt et q ui plus est, dans la douleur. Commencent ensuite, les va et vient entre la cliniq ue Sainte Catherine, l’hôpital et la maison. Maman est hospitalisée à Sainte Catherine, cinq à s ix jours d’affilés, par intermittences, pour des séances de rayons, ceux-là même qui lui faisaient dire, il n’y a pas bien longtemps encore, lorsque une connaissance était acheminée vers cette clinique spécialisée en maladies cancéreuses : – Ce n’est pas bon pour elle, ça ! Sainte-Catherine , c’est le début de la fin ! Et neuf fois sur dix, c’était vrai. Qu’est-ce qui peut bien se passer dans sa tête main tenant ? Que pense-t-elle de sa situation personnelle ? Et nous, qui continuons de faire comme si de rien n ’était, sans trouver le courage
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