//img.uscri.be/pth/f7075cf6f4b99bb42532218ed09770d94695f3bd
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - MOBI - PDF

sans DRM

Révélations

De
334 pages

Dans ce récit autobiographie, Alain témoigne avec sincérité de sa singulière expérience de la vie. Entre une mère dépressive et un père alcoolique, cet enfant non désiré a souffert de maltraitance. Il raconte comment, malgré des périodes difficiles, dues au chômage, à la maladie et à la dégradation des relations avec sa femme, il finit par trouver un équilibre. Il s'en sort grâce à son extraordinaire don d'éveiller les consciences et de guérir les blessures de l'âme et du corps. Sa simple présence peut sauver des vies, comme lors de la naissance de son deuxième enfant. Altruiste, il décide de consacrer toute son énergie à faire le bien autour de lui. Au fil des rencontres, il sert de guide à des personnes en détresse et les aide à trouver le chemin du bonheur. Son ouvrage stimule l'envie de s'engager à défendre des causes justes, comme l'écologie, l'égalité entre homme et femme, mais aussi et surtout de savourer chaque instant.


Voir plus Voir moins

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-08098-4

 

© Edilivre, 2017

Exergue

 

On est dans la vie ce que l’on veut être tel est mon adage.

Prologue

Ce livre n’est pas une fiction, il relate mon histoire, mon vécu depuis un certain jour de juin 1963, jour de ma naissance, à nos jours. Ceci est le parcours d’un petit garçon prénommé Alain qui a mis des années à comprendre pourquoi, depuis son enfance, il ne se sentait pas comme les autres, voire à part.

Évidemment, je ne suis plus ce petit garçon qui ne croyait en rien sauf aux extra-terrestres et au destin. Je suis devenu un adulte à l’esprit ouvert… pourtant je reviens de loin ! J’étais cartésien, pragmatique et terre à terre.

Ce pragmatisme me permet de rester connecté avec la réalité et heureusement ! Car un esprit faible aurait peut-être sombré dans la folie.

Chacun de nous est aujourd’hui la somme de son vécu et de sa manière d’y faire face. Il m’aura fallu 50 ans pour découvrir non seulement pourquoi je ne me suis jamais senti comme les autres mais aussi que quelqu’un m’a protégé, guidé et aidé tout au long de mon cheminement, que le destin existe réellement – même si on peut en modifier le cours en ne prenant pas les bonnes décisions – et, surtout, que le hasard n’existe pas…

Hélas, de nos jours, le paraître et l’égoïsme ont plus d’importance pour le plus grand nombre que l’être. Si l’humanité ne se remet pas profondément en question, elle courre irrémédiablement à la catastrophe !

Loin de moi l’envie de changer les gens, chacun est libre de ses pensées et ses actes. Si je parviens à modifier un tant soit peu les états d’esprit alors je pourrai nourrir quelques espoirs quant au devenir de notre si belle planète.

Je ne prétends pas être omniscient. Je n’ai d’autre but que d’essayer d’amener mes concitoyens à réveiller leur conscience.

Chapitre 1
Une entrée fracassante dans la vie

D’un père né à Rochefort et d’une mère Lilloise, je ne m’attendais pas à faire une entrée fracassante dans la vie…

Un jour de juin 1963, je décidai qu’il était temps pour moi de quitter le ventre de ma mère.

Stupeur ! Ma mère demanda à l’infirmière de m’emmener car elle ne voulait pas me voir. Comment est-il possible de concevoir de l’animosité à l’encontre d’un nourrisson vierge de toute action mauvaise ?

Un jour, alors que nous faisions des courses, ma mère rencontra un couple de connaissances. Dans la discussion, le couple complimenta ma mère pour ce magnifique enfant, ce à quoi elle rétorqua, tout sourire, que je n’étais pas un enfant désiré, clôturant la discussion par l’anecdote de l’infirmière à ma naissance. Je n’ai jamais oublié le regard plein de tristesse dont ce brave couple me gratifia. Ce qu’il faut savoir, c’est que ma mère a souvent raconté cette histoire, et toujours avec son petit sourire.

Mes parents se sont connus alors qu’ils travaillaient dans la même entreprise. Le coup de foudre fut réciproque.

Un jour, ma mère qui était déjà mariée retrouva l’appartement vidé à son retour du travail ; son mari de l’époque était parti en emportant tous leurs biens… sauf leur fils en commun. Le bon côté de l’histoire, c’est que son mari était alcoolique.

Ce qu’elle découvrit rapidement, c’est que mon père avait également ce vice, contracté à son retour de la guerre d’Algérie où il a vu beaucoup d’horreurs. De plus, il était d’une jalousie maladive. Je laisse cependant à mon père qu’il n’a jamais pris dans l’argent du ménage pour assouvir sa soif, il a beaucoup et courageusement travaillé pour subvenir aux besoins de sa famille. Il buvait avec les pourboires (qui n’ont jamais aussi bien porté leur nom) ou avec le produit du travail au noir qu’il faisait à côté de son emploi à plein temps.

Mon père a rapidement demandé à ma mère de faire ménage commun. Elle était d’accord pour autant qu’il accepte son fils sans faire de différence avec d’éventuels enfants susceptibles de naître plus tard.

Mon père avait tellement peur d’être moins attentif à l’encontre de son fils adoptif, qu’il s’est toujours plus préoccupé de son sort que de celui de ses deux fils biologiques. Quant à ma mère, elle était bien trop occupée par l’amour qu’elle vouait à mon père pour avoir le temps de s’occuper de ses enfants à l’exception de nous alimenter et de nous vêtir. Entre son obsession de son mari et son toc pour le ménage, il ne restait plus de place à de la tendresse pour nous.

J’en suis parfois venu à me demander si je n’aurais pas préféré être orphelin… Les seuls fois où mes parents me manifestaient un quelconque intérêt, c’était quand j’avais fait une bêtise qui « méritait » une tannée.

De plus, mon frère et mon demi-frère se liguaient contre moi. Contrairement à eux, je réglais mes comptes ouvertement donc je m’en prenais toujours plus et pas forcément à bon escient. J’en garde une aversion profonde pour l’injustice.

À force d’être rejeté, je suis devenu une sorte de rebelle hyper nerveux, pleurant de rage à cause de mon impuissance.

Pauvre petit, incompris de la vie. Voilà ce que me disait ma mère chaque fois qu’elle me voyait en larmes. Si elle savait à quel point je la trouvais pathétique ! Tout l’art d’inculquer l’injustice et la souffrance à ses enfants :

– Maman, j’ai mal aux dents.

– Tu n’as qu’à prendre de l’aspirine !

Comme si l’aspirine pouvait remplacer une consultation chez le dentiste ! Vers 14 ou 15 ans, ne supportant plus les douleurs dentaires, je me suis extrait mes mauvaises dents à l’aide d’une fourchette et d’une cuillère…

À 18 ans, après 18 heures de train et 4 heures d’attente à Toulouse avec une rage de dents infernale et obligation à chaque arrêt d’aller chercher de l’eau pour prendre de l’aspirine dans le vain espoir de soulager ma douleur, je suis arrivé à Pau où j’ai fait mon incorporation dans les parachutistes. C’est à cette occasion que j’ai vu un dentiste pour la première fois de ma vie, mais le mal était fait.

Alors que j’avais 15 ou 16 ans, j’étais tellement désespéré par le rejet dont je faisais l’objet que. Profitant d’être seul à la maison, j’ai été prendre l’emballage de barbituriques dont ma mère avait besoin pour soigner sa dépression et avec lesquels, accessoirement, elle avait fait deux tentatives de suicide. Ma mère n’en prenait qu’une moitié car autrement elle avait des difficultés à se réveiller. Ce jour-là, j’avalai quatre fois la dose prescrite pour un adulte… seulement, je me réveillai en pleine forme une heure plus tard… étrange… Comment se faisait-il que cela n’ait pas fonctionné ?

*
*       *

J’ai grandi sous les coups de ma mère pour laquelle nous étions, mes frères et moi, toujours à faire les imbéciles.

Mes parents se sont également totalement désintéressés de notre scolarité ; la seule chose que ma mère nous ait dite étant vous faites ce que vous voulez mais il ne faudra pas venir vous plaindre plus tard.

N’aimant pas particulièrement l’école, je me suis orienté sur le Lycée Professionnel à 14 ans afin d’intégrer plus rapidement le monde du travail d’une part, mais aussi pour prouver à mes parents que je n’avais pas besoin d’eux pour avancer.

Un mois avant mes examens, ma mère me dit :

– De toute façon, tu n’auras jamais ton diplôme !

– Après avoir obtenu mon diplôme haut la main, je lui dis :

– Tu vois, je l’ai eu mon diplôme !

– Je disais ça en rigolant (bien sûr…)

Moralité, si on veut réellement quelque chose, on peut l’obtenir pour peu que l’on croie en ses capacités.

*
*       *

Lorsque nous étions en famille, mes parents changeaient d’attitude à notre égard, nous ressemblions alors à ce qui pourrait se rapprocher le plus à une famille normale. J’aimais ces moments sans tension, je me sentais bien.

Curieusement, malgré ce qu’ils me faisaient subir, je me suis toujours senti protecteur vis-à-vis de mes parents. Combien de fois se sont-ils disputés quand mon père rentrait ivre, ma mère n’hésitant pas à le frapper ?! Je restais toujours à proximité dans le cas où cela aurait trop dégénéré. Un jour, ma mère a frappé mon père tellement fort qu’elle s’est fracturé le poignet ! Mon père, lui, ne l’a jamais frappée, même pas pour se défendre.

Mes frères de leur côté se sont toujours arrangés pour disparaître dans ces moments-là, laissant le plus jeune gérer la situation. Ils n’imaginent pas ce que j’ai enduré, des cris et des hurlements. C’était particulièrement dur lorsqu’ils s’enfermaient dans leur chambre et que mes suppliques pour qu’ils arrêtent restaient vaines.

Chapitre 2
L’âge ne fait pas la maturité

La seule chose que mes parents nous ont inculqués, c’est le respect et la politesse. Il m’est arrivé de les haïr profondément, mais je ne leur jamais manqué de respect. Pour le surplus, j’ai établi tout seul mes propres valeurs et limites.

Mon défaut principal était ma trop grande gentillesse ; lorsque je disposais d’un peu d’argent, je ne le dépensais jamais pour moi mais m’acharnait au contraire à faire des cadeaux pour ma mère.

Un jour, au Lycée Professionnel, un camarade de classe m’a asséné un violent coup de poing dans un endroit très sensible, me laissant hurlant sur le carreau. Je ne l’ai pas dénoncé et n’ai pas cherché à me venger.

Il ne devait pas en être toujours le cas… à l’occasion d’un chahut en dehors des heures de cours, l’un de mes camarades me tomba dessus, pensant certainement que j’étais une proie facile vu que je ne réagissais jamais :

– Si tu me touches, je te massacre !

Stupeur ! Tout le monde se fige ! Depuis ce jour, plus aucun ne m’a cherché des noises, ont-ils vu quelque chose dans mon regard ? Ce jour-là j’ai compris que la gentillesse n’implique pas de se laisser malmener, que ce soit physiquement ou psychologiquement.

Par rapport à ton passé, tu aurais dû devenir délinquant m’a dit un jour un ami. Sauf que je ne voulais pas ressembler à toutes ces personnes négatives et sèches. Heureusement, que j’avais suffisamment de force pour trouver, malgré tout, mon équilibre dans mes relations amicales, car ce ne fut pas facile de grandir au milieu de ces facteurs perturbateurs.

*
*       *

A 18 ans, j’ai décidé de faire mon service militaire afin d’en être « débarrassé » et de pouvoir, enfin, me consacrer à mon avenir et surtout, montrer à mes parents ce dont j’étais capable.

C’est pendant cette période que j’ai découvert les mots entraide et solidarité grâce à mon capitaine de compagnie, ancien légionnaire du fameux 2ème REP.

Les régiments parachutistes ont la réputation d’être très difficiles physiquement ; cela m’a enseigné l’entraide et la solidarité – porter le barda d’un camarade qui n’en peut plus – mais aussi la compassion – en consoler un autre qui a une peine de cœur ou le moral en berne.

C’est à cette époque qu’une « contrariété de destin » est intervenue, me laissant une grande incompréhension. Je n’en ai eu l’explication que des années plus tard…

De par mon affectation, armurier, j’avais beaucoup de contacts avec mes supérieurs et surtout mon capitaine de compagnie avec lequel je me sentais des affinités. J’étais certain que ces affinités étaient partagées mais ne savais pas de quelle manière. Je me suis souvent demandé s’il avait un fils qui me ressemblait ou si j’étais le fils qu’il aurait aimé avoir car, de mon côté, je le voyais comme une figure paternelle.

Un samedi matin, il est venu à l’improviste à l’armurerie me dire que je partais avec lui passer le brevet de parachutiste hollandais, ayant même planifié mon remplacement pendant mon absence. J’en fus heureux mais surtout étonné car les places étaient rares…

Un autre jour, il est venu me dire la même chose mais pour le brevet de chute libre. Pour le brevet de parachutisme hollandais, la sangle à ouverture automatique (SOA) était reliée à un filin dans l’avion ainsi qu’à une attache qui tient le tout sur le parachute ; le fait de sauter hors de l’avion déclenchant alors l’ouverture du parachute. Pour la chute libre, on ne dépend que de soi-même et je n’avais pas eu le temps de me préparer psychologiquement ; j’ai donc décliné et je regrette encore que les événements se soient présentés ainsi. Si j’avais pu disposer d’un peu de temps de réflexion ! Est-ce pour ça qu’il a refusé que je passe mon permis de conduire sous les drapeaux ? Je ne saurai jamais.

En 1982, à l’occasion de la coupe du monde de football, nous avons décidé de faire un barbecue un soir de semaine. Je me suis donc proposé de faire la demande d’autorisation au capitaine ainsi que de prêt d’un véhicule afin d’aller acheter les saucisses, merguez ainsi que le pain. Non content d’accepter, il m’a envoyé chercher de sa part, au mess des officiers, un tonneau de vin rosé, des épices et de la moutarde.

Pendant ce temps, mes parents avaient changé de région. Quand je me suis rapproché de la fin de mon temps de service militaire, j’ai sérieusement envisagé de m’engager à partir au Liban (en guerre à cette époque). Cela m’aurait permis de me constituer un petit pécule qui aurait, entre autre, financé mon permis de conduire.

Je suis donc allé en faire part à mon capitaine qui m’a opposé une fin de non-recevoir. Je n’ai jamais su les motifs de son refus qui, venant d’un militaire de carrière, qui plus est ancien légionnaire, m’ont laissé dans une totale incompréhension.

La première permission après le déménagement de mes parents, ma belle-sœur, qui ne m’avait pas vu depuis 10 mois, est venue me chercher à la gare. Elle ne m’a pas reconnu !

Chapitre 3
Un début prometteur
dans ma vie d’homme ?

De retour à la vie civile et possédant un CAP de menuisier bois, mon père m’a fait engager dans l’entreprise de menuiserie aluminium et vitrerie-miroiterie où il était employé.

Travailleur consciencieux – n’avais-je pas été surnommé la conscience professionnelle par mes professeurs – j’ai vite maîtrisé les subtilités du travail sur aluminium, acquérant du même coup l’appréciation de mes patrons et de mes collègues.

Mon père était vitrier/miroitier de formation et je le regardais souvent travailler. Ma concentration était telle que j’eus l’occasion de m’apercevoir que j’avais intégré le savoir-faire et les techniques s’y rapportant. Un jour, je lui demandai une chute de verre et une tournette (outil servant à faire des trous dans le verre). Une fois dans mon atelier, j’ai posé mon morceau de verre sur des tréteaux et m’appliquai à le trouer. Du premier coup dans un verre de 6 mm ! Pourtant, ce n’est pas une tâche aisée. J’ai fièrement montré mon exploit à mon père qui, à l’exception d’un regard étonné, ne me gratifia d’aucune parole…

Mon chef, qui, au demeurant, j’appréciais beaucoup, avait le défaut de faire les choses trop vite, ne jugeant pas nécessaire d’utiliser un niveau à bulle pour vérifier un aplomb ou le niveau des maçonneries, reportant du même coup ces approximations sur mes fabrications. Combien de fois ne dus-je pas tout corrigé, voire tout refaire ! Le fait est que cela m’agaçait de plus en plus. Il n’est pas gratifiant de faire du travail de singe, d’autant moins quand votre charge de travail s’est augmentée de par votre promotion. J’envisageais donc de changer d’employeur, mais retourner à la menuiserie bois ne m’intéressait plus.

Un ami, débardeur à son compte, me proposa de devenir bûcheron indépendant, celui pour lequel il travaillait ne faisant pas face tout seul. Je pris le temps d’y réfléchir car l’investissement était important. Puis me lançai dans l’aventure.

Impossible d’oublier mes deux premiers mois de travail ! Porter 8 kilos de tronçonneuse à bout de bras dans toutes les positions possibles et imaginables n’a rien d’une sinécure… j’avais des courbatures partout et m’endormais comme une masse en fin de journée. Le matin, il me fallait une bonne demi-heure pour ouvrir mes mains entièrement…

Si les débuts furent difficiles, je finis par bien gagner ma vie jusqu’au jour où mon ami débardeur m’appela pour m’informer que la personne nous mandatant avait disparu dans la nature et que nous ne serions pas payés.

La situation était catastrophique ! Je ne voyais pas comment faire face à mes obligations financières sans cet argent. À force de ténacité, je parvins à retrouver sa trace. Espérant qu’il n’avait pas quitté la région, je suis parti le voir… et n’oublierai jamais sa surprise et sa déconfiture lorsqu’il m’ouvrit la porte.

Après qu’il ait tenté en vain de se justifier, je finis par obtenir un chèque de huit mille francs sur les onze mille qu’il me devait, chèque que je m’empressai de déposer. Dès qu’il fut encaissé, je prévins ses autres débiteurs de son adresse et me désintéressai totalement de son sort.

N’ayant plus de débouchés dans ce domaine, je fus contraint de cesser mon activité et, une fois les charges payées, il ne me restait plus grand-chose.

*
*       *

C’est à cette période que j’ai passé mon permis de conduire et acquis une 2CV du même âge que moi. Ce n’était pas le grand luxe mais cela m’a permis d’accéder enfin à une certaine indépendance.

J’ai appris à connaître cette région (le bassin d’Arcachon), me suis fait des amis et des amies.

Un jour, par l’entremise d’un copain de travail, j’ai fait la connaissance d’une des sœurs de sa petite amie. Pas vraiment mon genre physiquement, elle m’a touché par sa timidité et quelque chose qui ressemblait à de la fragilité. J’étais plus préoccupé par mon travail qu’une éventuelle relation sentimentale, aussi notre relation n’évolua-t-elle pas immédiatement dans cette direction. Je devais cependant la revoir souvent car j’avais une amitié assidue avec son frère, avec lequel j’avais pas mal de points communs.

Je me fis d’autres amis qui travaillaient à côté de l’entreprise dans laquelle j’étais employé. Grâce à eux, j’ai réalisé un de mes rêves, jouer de la batterie. Je me suis acheté une batterie sur laquelle je m’entrainais tout seul, en autodidacte, allant jusqu’à acquérir un certain niveau. Nous ne devînmes pas célèbres avec le groupe de Hard Rock que nous avons monté ; il nous permit de nous épanouir. Quant à moi, une discrète évolution était intervenue, j’étais capable d’apprendre seul.

J’eus d’autres « déclics » au cours de ma vie, tous revêtant une certaine importance. Pour moi, ils ne sont pas le fruit du hasard.

*
*       *

Un ami me fit découvrir l’univers de la photographie, ce fut un vrai coup de foudre. Après avoir acquis du matériel d’occasion, il m’initia à ce passe-temps formidable et m’incita à me documenter dans le magazine « Chasseur d’images », vraie mine d’or d’informations et de conseils.

Quand je faisais de la photo sur diapositives, le top à cette époque, il était impossible de retoucher quoi que ce soit ; vous deviez retranscrire ce que vous voyiez. Les déchets coutaient chers. En effet, sur une pellicule de 36 poses, il n’était pas rare qu’aucune ne soit bonne.

*
*       *

Le temps faisant son travail et à force de nous côtoyer, les sentiments évoluèrent entre la sœur de mon ami et moi-même. Nous nous installâmes donc ensemble, d’abord chez ses parents puis chez les miens, son travail à mi-temps ne nous permettant de louer quelque chose.

À l’époque de ma déconfiture financière suite à la cessation de mon activité de bûcheron, nous louions une maison. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne reçus aucun appui, ni de mes parents, ni de mon amie.

Dans l’impossibilité de faire face aux dépenses courantes avec son salaire à mi-temps, nous en fûmes réduits à voler parfois de quoi nous nourrir ! Ce ne fut vraiment pas une période facile !

J’appris à cette occasion que le monde est rempli d’égoïstes ! Pas un pour nous proposer son aide !

*
*       *

Je finis par retrouver du travail en construction navale grâce à un ami. Ma petite amie fut également engagée à plein temps, améliorant nos revenus et nous permettant de nous marier.

Mon épouse était à peu près autant handicapée des câlins que moi-même, elle avait beaucoup de mal à les accepter alors que moi j’avais un besoin effréné d’en donner. Cela créa des tensions et des frustrations, elle refusant mes câlins et moi, blessé de ne pouvoir lui en donner.

Un jour, je reçois un coup de téléphone de ma femme m’annonçant la mort de mon demi-frère René. Gendarme en Corse, il s’est suicidé d’une balle dans la tête, laissant trois très jeunes orphelines.

Deux mois plus tard, je devenais papa pour la première fois et je me promis que Benoit n’aurait pas à subir le désert affectif dans lequel j’ai moi-même grandi.

*
*       *

Un dimanche, j’avais invité mes parents et des copains à prendre l’apéro. Ma femme amena des petites saucisses sur la table. Armé d’un pressentiment, je ne quittai pas Benoit des yeux, lui-même hypnotisé par les petites saucisses. Une seconde d’inattention et je retrouve mon fils livide, le regard figé. J’ai tout de suite compris et me suis précipité pour le prendre par les pieds et l’aider à expectorer le corps étranger. Sans ma présence d’esprit, Benoit serait mort ce jour-là. Quant aux autres personnes présentes, non seulement elles m’ont regardé avec étonnement mais aucune n’a pris la mesure de ce qui venait de se passer.

Des années plus tard, je devais sauver Jonathan, mon deuxième garçon, dans les mêmes circonstances (fausse route avec une saucisse cocktail) mais en le ceinturant…

*
*       *

L’entreprise de construction navale dans laquelle je travaillais était spécialisée dans les bateaux utilitaires, pêche, affaires maritimes, gendarmerie. Les ponts étaient accessibles par passerelles et se trouvaient à une hauteur de 3 mètres. Un jour, ayant du travail par-dessus la tête et des délais à respecter, je décidai de sauter sur le pont depuis la cabine, bien que le capot du moteur était ouvert et que la place pour atterrir était en tout et pour tout d’une trentaine de centimètre… Dans ma chute, je me suis aperçu que c’était impossible que je ne me blesse pas en tombant… le réalisant, je suis parti vers le garde-corps tout en basculant de plus en plus sur l’extérieur et l’attrapant in extremis… c’était comme si quelqu’un me soutenait en même temps !

La deuxième fois que j’ai sauté, je me suis permis de le faire car le bateau était beaucoup plus grand, me laissant une place suffisante pour la réception. C’était un gros bateau de pêche, armé d’un énorme moteur de 500 CV à l’air libre. La cabine était plus haute car il y avait un double poste de pilotage. Dans ma chute, je suis parti en vrille, tombant de dos dans le compartiment et, m’étalant littéralement sur le moteur. Je n’ai rien eu, pas même un hématome… alors qu’en théorie…

Suite à des détournements de fonds, le chantier naval dans lequel je travaillais se retrouvait en difficultés financières, et ma femme et moi fîmes partie des 50 % de licenciés.

Un jour, ma femme rentrant des courses m’informa qu’une impulsion l’avait poussée à acheter un billet de Millionnaire et qu’elle avait découvert au grattage les trois télés lui permettant de participer à l’émission du même nom.

Deux mois plus tard, accompagnés du couple qui tenait le tabac-presse dans lequel elle avait acheté son billet, nous prenions l’avion en direction de Paris. Le séjour fut royal : accueil en limousine, hôtel 3 étoiles près des Champs Élysées, champagne à volonté et repas en haut de la Tour Eiffel.

Il s’est passé une chose étrange lors du tournage de l’émission. Vient le tour d’un homme d’une quarantaine d’année de tourner la roue… elle s’arrête sur 400’000.00 francs et lui, au lieu d’être heureux, montre bien qu’il est déçu. J’ai appris ce jour-là que certaines personnes ne sont jamais satisfaites de ce qu’elles obtiennent, ne sachant voir que le négatif d’une situation. Fuyez ces personnes toxiques !

Ma femme a gagné 200’000.00 et nous en fûmes très contents, cela nous permis de rembourser un crédit de 70’000.00, contracté pour l’achat d’une voiture.

La région étant gravement touchée par le chômage, il nous fallait cependant rapidement trouver une solution. J’alternais deux emplois contrat solidarité en CDD, le premier en tant que palefrenier aux haras d’Arcachon le matin et le second pour la SNCF à débroussailler le long des voies ferrées l’après-midi.

La situation ne s’améliorant pas, nous décidâmes de retourner en Haute-Savoie où mon frère pouvait nous héberger.

Chapitre 4
Je suis perdu dans ma vie…

Toujours avec cet optimisme qui me caractérisait, je me suis installé chez mon frère, seul dans un premier temps, attendant d’obtenir un emploi avant de faire venir ma femme et mon fils. Hélas, la Haute-Savoie était également très touchée par le chômage. Je restai malgré tout optimiste malgré des semaines de recherches infructueuses.

Au bout d’un mois et demi, je suis allé voir ma femme et mon fils qui me manquaient, profitant du déplacement pour me faire établir une lettre de recommandation par mon ancien chef de la SNCF. À cette occasion, je découvris qu’il m’aurait engagé bien que je n’eus pas le diplôme de ferronnerie ; mais la place était maintenant attribuée à quelqu’un d’autre. Cette découverte me laissa un goût amer d’autant qu’une fois de retour en Haute-Savoie, mes recherches restaient sans suite.

Ma femme me suggéra de rechercher parallèlement un poste dans un pressing pour elle. La région avait passablement changé depuis mon départ et entre la lecture des petites annonces et les kilomètres que je parcourais, mes journées étaient bien remplies. Je fis quelques rares missions en intérimaire, pas de quoi décrocher la Lune et finis par trouver un emploi à ma femme, un peu par hasard. Le contrat ne portait que sur 30 heures par semaine mais c’était mieux que rien.

La maison de mon frère avait un rez-de-chaussée spacieux mais ne comportant qu’une chambre et un étage plus petit avec un accès indépendant. À mon arrivée, je vivais à l’étage mais il me laissa par la suite la jouissance du rez-de-chaussée afin que ma femme et mon fils me rejoignent.

Bien que ma famille soit réunie, je ne parvenais pas à être serein car j’étais incapable de subvenir à nos besoins. Il me fallait un exutoire. Sur les recommandations de mon frère, je m’inscrivis dans un club de fitness et remise en forme, avec cardio et salle de musculation. Cela devint rapidement une passion, m’apportant beaucoup plus qu’un dépassement physique, puisqu’il me permettait également de me vider la tête. Je gardais également l’espoir que les amis que je me fis en pratiquant ce sport me permettrait de trouver un travail. Puis plus tard, je pratiquais trois sports supplémentaires chacun m’apportant quelque chose de différent, le karaté, le vélo et la randonnée.

Je me liai avec un homme d’un peu plus de 60 ans correspondant à l’image que je me faisais du grand-père que j’aurais aimé avoir et ne tardai pas à l’appeler « mon papy ».

Lorsque mon frère partit s’installer en Ardèche, ma femme et moi reprîmes le bail de la maison.

Par l’intermédiaire du club de musculation, je fis la connaissance du patron d’un night-club à Morzine qui m’engagea pour un peu plus de deux semaines pendant les fêtes de fin d’année, de 20 heures jusqu’à 5 heures (mais le plus souvent 6 ou 7 heures). 90 kilomètres et 2 heures de route au lieu de 60 et 1 heure et demie pour cause de route fermée à cause du verglas…

À cette époque, nous n’avions pas les moyens de faire garder notre fils par de la famille ou ami à proximité aussi, quand je rentrais du travail, il m’incombait de m’en occuper le matin, ma femme étant partie travailler. Avec un peu de chance, je parvenais à faire une petite sieste les après-midis. Dix-sept jours d’affilés avec une moyenne de 3 ou 4 heures de sommeil… je ne sais toujours pas comment j’ai tenu le coup.

Sur ce, mes parents revinrent dans la région et s’installer dans l’appartement du 1er étage qui était vacant. Inutile de préciser que cela ne m’enchantait guère mais ma conscience me dictait de ne pas refuser. Dans la mesure où ils ne descendaient pas souvent, la cohabitation ne se passait pas si mal.

Un dimanche matin, alors que je rédigeai encore des lettres pour postuler à des emplois, mon père descend pour je ne sais quelle raison et, dans la conversation, me traite de fainéant ! Peut-être que j’avais eu tort de ne pas parler de mes recherches, mais je ne voulais pas que mes parents me voient encore plus négativement. Eux-mêmes, d’ailleurs, ne m’avaient jamais posé la moindre question. Évidemment, la conversation dégénéra et, après lui avoir mis les lettres que je venais d’écrire sous le nez, je lui fis remarquer que je ne savais plus quoi faire, que si j’étais vraiment fainéant, il y a bien des boulots que j’avais exercé que je n’aurais jamais faits et que j’étais prêt à accepter n’importe quel emploi.

Non seulement ma femme ne me défendit pas, mais je lus dans ses yeux qu’elle pensait comme mon père… Quelque chose se cassa dans notre relation ce jour-là. Des années plus tard, lui rappelant son comportement, elle ne nia pas.

Pour des raisons financières, j’avais été obligé d’interrompre mon abonnement de fitness. Un jour, je décidai d’y passer boire un café et expliquer aux patrons la raison de mon absence. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’ils me proposèrent de venir gratuitement en attendant des jours meilleurs !

Chance ? Hasard ? Cela me permit en tous cas de retravailler tout le mois d’août dans le même night-club et, surtout, de revoir mon Papy.

– Qu’est-ce que tu recherches exactement comme travail ?

– J’ai une formation de menuisier mais je prendrais tout ce qui se présenterait !