Safi née pour souffrir

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Ils quittent leurs terres, leurs pays et se retrouvent au milieu de nulle part. Ils viennent d’Afrique, d’Asie, de Syrie, d'Irak, d'Afghanistan, de la République Démocratique du Congo, du Soudan, de Libye, de partout. Ils ne savent pas où ils vont ; l’important est de sauver leur vie, laissant tout derrière eux ! Safi née pour souffrir retrace le parcours d’un groupe d’enfants fuyant la dictature, la guerre et ses atrocités. À 12 ans, Safi n’a connu que viols et violence, et se voit réinstallée dans un pays d’accueil après un séjour difficile au sein d'un camp de refugiés. Pourra-t-elle s’intégrer dans cette nouvelle terre d’accueil après un parcours si tumultueux ? Abdoul, un jeune révolutionnaire du pays, saura-t-il relever le défi de la société, après avoir libéré son peuple avec la participation des enfants-soldats ? L’auteur met à nu les vicissitudes de la vie d’une refugiée qui n’a connu que les viols comme notion d’amour.


Publié le : mercredi 30 septembre 2015
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EAN13 : 9782332977182
Nombre de pages : 94
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ISBN numérique : 978-2-332-97716-8
© Edilivre, 2015
Safi née pour souffrir
Un roman basé sur une histoire vraie.
Au Docteur Denis Mukwege, pour le soin apporté aux femmes violées à l’Est de la République Démocratique du Congo. À tous mes amis, surtout à Carl et Gisèle Lakkiss ; vous étiez avec moi quand j’avais besoin de vous : merci !
L’escorte du GM vient de quitter la résidence avec une armada d’hommes en uniforme. Le président de la République, le « Boss de la nation » se rend à une conférence des chefs d’État sur le développement de la sous-région dont il fut président en exercice. Le chef est conscient de l’état de faillite des finances de son pays ; c’est ce qui rend cette rencontre importante. Général Mbia, ami d’enfance du GM avait pris toutes les dispositions nécessaires pour que la sécurité du Boss soit bien assurée par ses hommes. Issu d’une grande école de formation militaire, « Nord-Sud Académie Militaire », Mbia est l’homme de confiance du président. Il n’a pas une fonction sûre, par contre il s’occupe presque de tout. Le général Mbia est en effet l’aide de camp du chef d’État, chef d’état-major particulier du chef, commandant en chef, officier extraordinaire du chef et ministre spécial de GM, l’homme de confiance, ambassadeur du chef et tout quoi. Pour ce déplacement très important du Boss, le chef d’état-major, le général des armées et son collègue du ministère de la Défense et de la sécurité nationale se sont concertés pour choisir les personnes qui feront partie de la délégation présidentielle à ce sommet dit « de la dernière chance » pour cette nation jeune de quarante ans afin qu’elle puisse finalement se développer. Rien ne va : la monnaie se déprécie chaque jour, les routes n’existent plus, les fonctionnaires de l’État sont impayés, l’insécurité bat son plein, la corruption gangrène le pays et son administration, la rébellion d’une partie du pays n’en finit pas, l’école n’existe presque plus, faute de moyens… litanie des problèmes auxquels il faut trouver des solutions dans l’immédiat ! Sans l’aide et le soutien de la communauté internationale et de ses homologues de la région, la survie de son pouvoir et l’autorité même de GM sont incertaines. Entre-temps, le général Mbia bute sur le choix de ceux qui doivent accompagner le chef de l’État au sommet. Cela a toujours été ainsi, chaque fois que le Boss voyage. « Je ne suis plus capable de gérer cette liste qui me semble trop longue, tout le monde ne doit pas faire partie du voyage ! » s’exclama le pauvre général. D’autant plus que tout doit se faire le matin même du voyage. Mbia alla poser son problème à GM. « J’ai juste besoin des gens qui vont partir avec moi ; fais-moi la liste dans cinq minutes avant que je te casse la gueule ! lui cria GM. – Hey Mbia, n’oublie pas le nom de mon cousin et de cette petite d’hier soir », souligna le Boss. Le cortège se dirige désormais vers l’aéroport international de Kiluville. La ville est très ensoleillée ce matin de la saison des pluies et l’avenue qui longe l’aéroport est parsemée de badauds et de commerçants ambulants cherchant d’éventuels clients, l’un pour escroquer et l’autre pour vendre… Les femmes avec enfants sur le dos se bousculent pour vendre de l’eau emballée dans des sachets en plastique à ces clients spéciaux. L’odeur des toilettes vous accueille dès l’entrée principale de l’aéroport. Le chauffeur du Boss sentit le besoin naturel ; il se dirigea vers le couloir des toilettes avec l’inscription VW. À sa sortie, deux jolies et belles dames assises devant la porte, apparemment pour percevoir l’argent, lui tendirent la main en ces termes : « Hey monsieur, tu n’as pas payé. – Payer quoi ? Et pourquoi ? répliqua le chauffeur. – N’est-ce pas que tu as utilisé nos services ? – Quels services ? Vos toilettes qui sentent mauvais… ! Je ne paie pas. » L’une des dames lui sauta au cou et une bagarre de quelques minutes s’ensuivit. Alertés par les bruits, les gardes rapprochés présidentiels arrêtèrent tout le monde qui se trouvait sur
les lieux. Question de sécurité. Après avoir été entendu, le chauffeur fut sommé de payer un montant de cent francs. L’aéroport est juste constitué d’un grand espace, un lopin de terre et une petite tour surmontée d’une tour de contrôle pour permettre les atterrissages et les décollages des avions. Ce qu’on appelle ici « salle d’honneur » ressemble à une salle de séjour normale, dans une habitation modeste d’un citoyen kiluvillien. L’aéroport international de Kiluville est l’un des plus vieux du continent. Pour le bien de la nation et la sauvegarde de la culture, il faut le garder dans cet état, question de respecter la formule du GM : « Vive l’authenticité nationale ». Partout les effigies du Boss, de son père, de ses grands-parents, voire de ses arrière-arrière-grands-parents, il faut garder l’histoire et la culture du pays pour les générations à venir. C’est à l’aéroport, avant le décollage de l’avion présidentiel Kilu Airways Force, un cadeau de l’Occident au peuple kiluvillien, que le Boss se souvint de ne pas avoir laissé d’intérimaire au sommet de l’État… Vite il désigna Mbia. Avec une délégation de quinze personnes à son bord, l’avion décolla. « Vive le président, vive GM, vive le Boss ! »
Le GM, confortablement installé dans son compartiment habituel, lisait un quotidien local. Il ordonna qu’on lui amène un verre d’eau bien glacée ; Kiluville est traversée par l’équateur, ce qui explique cette horrible chaleur. L’un des gardes rapprochés appela l’une des hôtesses d’accueil et lui intima l’ordre d’amener l’eau au chef. Une très jolie petite fille de douze ans surgit, vêtue d’une minijupe bleue entourant ses hanches appétissantes et laissant apparaître les rondeurs et le contour de ses fesses dansantes. Cette petite fille, c’est Safi. L’uniforme de l’hôtesse de l’air de l’avion présidentiel était composé d’une jupe courte et d’une petite veste à un bouton. Une tenue érotique et provocatrice que portent les jeunes filles de Gangstown où est née Safi. En effet, depuis quelques années, l’habillement indécent des jeunes filles de Kiluville interpelle les bonnes consciences. Malgré le décret signé par la présidence, interdisant le port de minijupe, les hôtesses de l’avion présidentiel continuent à le porter. Ces jupes moulantes laissant échapper des quartiers de cuisse, des fois toutes les parties intimes dehors, choquaient tout le monde. Jadis, les mères ne portaient que des pagnes, une sorte d’étoffe entourant les hanches et couvrant jusqu’aux pieds, protégé de l’intérieur par un jupon et les jeunes filles, des longues robes allant du cou aux pieds malgré la chaleur et l’humidité. Connaissant GM et ses acolytes de caniveau, ancrés dans la débauche, ils n’hésitent pas à sauter sur ces hôtesses pour satisfaire leur appétit bestial. Le Boss lui-même, un chef obsédé de cet acabit, peut rougir d’envie en observant une fille nue en dessin animé.
À peine sortie du cycle d’orientation, Safi était recrutée comme hôtesse de l’air grâce à sa taille imposante, un mètre quatre-vingt-dix… Et surtout grâce à son teint naturel qui se faisait remarquer dès le premier regard. Elle fait exception car tout le monde a tendance à se brunir avec des produits destinés à soigner les maladies de peau. Issue d’une famille pauvre de Kiluville, Safi venait de finir ses études de cycle d’orientation, ce qui lui permettrait d’accéder aux études secondaires par le soutien de sa mère, qui vendait des haricots au marché central de Kiluville. Un marché où presque tout se vend à même le sol. Et les allées dans lesquelles les clients circulent pour leurs différents achats et contemplations sont perturbées par la boue et les mouches de toute part. Les flaques d’eau aux alentours du marché, comme partout à Kiluville, font partie intégrante des usagers de la route. Et la boue glissante de ses ruelles refuse presque l’accès des riverains à leur propre domicile. C’est cette fille née sous l’emprise et l’inquiétude du lendemain que le garde du corps choisit pour servir le chef d’État. Safi n’a pas pu continuer ses études faute de moyens. Elle eut la chance d’être recrutée parmi les hôtesses de l’air au service du GM… dans son avion officiel. Safi est choisie par l’un des gardes du corps du Boss pour lui apporter l’eau minérale. C’est un grand honneur de servir le guide de la révolution et de la nation, un privilège, un rêve pour...
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