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Soupe froide

De
40 pages

« Sur le coup, je me suis bien demandé ce que mes journées pouvaient avoir de passionnant. Il était minuit vingt-quatre et je n’avais plus qu’à vivre une journée hors norme, comme ça, pour voir... C’est des coups à vous faire faire des conneries, ça, ce genre de contrainte ! C’est du pousse-au-crime ! C’est comme le gars qui veut absolument être célèbre, ça le conduit à faire n’importe quoi, comme de se lancer du premier étage de la Tour Eiffel (57,63 m) avec un parachute de fortune (Franz Reichelt en 1912), ou de manger un vélo, ou encore de dissoudre l’Assemblée Nationale... ». Daniel Safon raconte « sa journée » à la façon du Régulateur, bien sûr. On retrouve son style et la dérision qu’il sait mettre en scène. En co-édition avec Éditions AO.

À propos de la collection "Une journée particulière" :

La collection propose aux auteurs de raconter une journée de leur vie avec autant de précision que possible, sans autre contrainte que de se limiter à la vérité. Chemin faisant, ils partagent avec leurs lecteurs des liens d’une richesse insoupçonnée, ­tissés entre tous les faits et réflexions qu’ils relatent.


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Résumé

« Sur le coup, je me suis bien demandé ce que mes journées pouvaient avoir de passionnant. Il était minuit vingt-quatre et je n’avais plus qu’à vivre une journée hors norme, comme ça, pour voir… C’est des coups à vous faire faire des conneries, ça, ce genre de contrainte ! C’est du pousse-au-crime ! C’est comme le gars qui veut absolument être célèbre, ça le conduit à faire n’importe quoi, comme de se lancer du premier étage de la Tour Eiffel (57,63 m) avec un parachute de fortune (Franz Reichelt en 1912), ou de manger un vélo, ou encore de dissoudre l’Assemblée Nationale… ». Daniel Safon raconte « sa journée » à la façon du Régulateur, bien sûr. On retrouve son style et la dérision qu’il sait mettre en scène.

À PROPOS DE L'AUTEUR
Né en 1957, Daniel Safon est diplômé en psychologie. Marié et père de trois enfants, il réside à Achères (Yvelines) où il a été élu au conseil municipal en 2008. Responsable informatique le jour, il pratique le soir le théâtre (et le sudoku) et écrit… la nuit. C'est ainsi qu'il se décrit lui-même comme un « éruptif touche-à-tout ».

DISPONIBLE EN NUMÉRIQUE DANS LA MÊME COLLECTION
Il voyage en solitaire de Jean-Luc Tafforeau
Des dômes et des hommes de Benoît Rousseau
Bienvenue chez les biobios de Marie Godart
Un jour à VIF de Céline Santran

numeriklire.net | Éditions AO

Daniel Safon

SOUPE FROIDE

Collection
UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE

ISBN 978-2-89717-677-8

numeriklire.net | Éditions AO

« Une journée particulière »

La collection propose aux auteurs de raconter une journée de leur vie avec autant de précision que possible, sans autre contrainte que de se limiter à la vérité. Chemin faisant, ils partagent avec leurs lecteurs des liens d’une richesse insoupçonnée, ­tissés entre tous les faits et réflexions qu’ils relatent. Qu’elles traitent de la vie quotidienne, d’expériences inédites ou encore de péripéties dramatiques, toutes ces tranches de vies sont non seulement singulières, mais racontées de façon plurielle… Que des journées « particulières » !

Précaution d'emploi

Il est déconseillé de lire cet opuscule en conduisant une automobile en raison de risques de fous rires intempestifs. Sa lecture est en revanche fortement recommandée
dans les rames des RER A, B, C, D et E
(ou sur le quai en les attendant),
afin de bénéficier de l’apport
des vitamines correspondantes.

Chapitre

Dans la sombre et ténébreuse obscurité de cette nuit opaque sans lune couverte d’un ciel déprimant de nuages accumoncelés tout au long de la journée précédente, les agressifs digits émeraude du ­radio-réveil de Marie-Odile m’exhibèrent insolemment l’irrémédiable évidence de mon insomnie en affichant les quatre zéros de minuit.

Je m’étais couché tôt, tout à mon plaisir de découvrir le Canard Enchaîné du mercredi précédent, que mes occupations à la fois professionnelles, électives et familiales m’avaient empêché de lire avant ce dimanche soir, le premier jour du mois de juin 2008.

On y parlait bien sûr sans ménagement de notre omniprésident Sarkoléon, et il n’est rien de plus doux à mon oreille que l’affirmation réitérée de l’incurie de ce président falot dont je ne comprendrai jamais l’élection. Je pensais m’amollir, benoîtement bercé par la douce musique des mots lorsque Marie-Odile me rejoignit et me proposa de faire un gros dodo.

Commençait alors pour moi une lutte à bras raccourcis avec la vigilance. Il fallait dormir. Demain, la journée serait dure : un trajet en RER-A (oui, je sais, je suis capable de tout pour nourrir ma famille), une journée de responsable informatique dans un organisme international que je ne nommerai pas pour ne pas faire de tort à l’IFRI, le retour en RER-A (je vous dis que j’ai des nerfs d’acier), puis un « bureau municipal » dans ma bonne ville d’Achères, et enfin dodo, probablement à plus d’heure, après un repas rapidement expédié sur le bord de l’évier de la cuisine dans le silence hermétique de la nuit banlieusarde.

Il fallait dormir. Il aurait fallu. Mais Morphée, ce dégueulasse, refusait de me blottir dans ses bras.

Je m’étais tourné une fois, puis deux, espérant trouver dans le changement de position un nouveau bien-être de nature à me rasséréner et à m’entraîner sur la délicieuse pente de l’abandon au sommeil, mais non, rien à faire. J’avais encore besoin de bouger.

J’ai appris un jour que l’un des supplices qu’on infligeait à des prisonniers – dans un pays d’Amérique du Sud je crois – consistait à leur inoculer une sorte de poison rendant vaine toute sensation de ­bien-être quant à la posture. On ne réussit plus à trouver une position confortable, et on devient dingue. J’étais actuellement sous l’emprise d’un poison de cette nature…

Marie-Odile, de sa voix délicate et chantante, me fit remarquer gentiment que j’avais du mal à trouver le repos. Puis, un peu plus tard, lorsque je me redressai pour constater que nous étions le 2 juin, elle me taquina tendrement : « Quel bougeon ! Tu devrais aller te faire une soupe… »

Nous avions découvert les soupes froides, et j’y avais pris goût. Moi qui suis longtemps resté un adepte du sauciflard bien gras accompagné d’un beaujolais épais comme la sève des pins de mon pays landais, je me relevais désormais la nuit pour me calmer d’une soupe carottes-melon ou courgettes, et j’y prenais plaisir. Et puis, ça valait mieux que de s’abrutir à la vodka-bison, ce qui est une autre alternative non dépourvue d’intérêt…

La remarque bienveillante de mon épouse (« aller me faire une soupe », je rappelle aux colmatés du bulbe et aux engoncés du rachis qui s’immiscent parfois dans le lectorat de mes ouvrages de haute tenue), me fit quand même penser à une variante du fameux « va te faire cuire un œuf ! », et, sans chercher à savoir s’il y avait réellement de cela dans la remarque de Marie-Odile, je décidai d’adopter un profil bas, de battre à Niort (Deux-Sèvres), et de suivre son conseil, la laissant tranquillement en écraser velu.

Et je descendis les marches craquantes de l’escalier de notre maison, non sans avoir auparavant refermé au passage la porte laissée béante de notre puîné, Rémi, qui ne s’endort jamais la porte fermée car il a probablement peur des mêmes choses que moi lorsque j’avais son âge, c’est-à-dire de se faire dévorer par une bête immonde venue d’on ne sait où. Pour l’heure, il pionçait comme une bûche et le faisait savoir en ronflant d’abondance.

Une fois au salon, j’allumai la lumière du bar, la télévision, le décodeur Noos, choisis le canal 450, coupai le son en branchant un casque et me dirigeai vers la cuisine.

Là, j’ouvris le réfrigérateur d’une main ferme et virile, et empoignai le bocal de soupe « trois poivrons plus coriandre » auquel je faisais allusion supra.

Glacé. Je m’en servis une pleine rasade dans un verre estampillé « Perrier » et retournai au salon pour tomber, subjugué, sur le spectacle d’une accorte brunette en train de se faire bourrer debout par un mec monté comme un mulet, les deux protagonistes s’émoustillant à zyeuter deux copines en train de se taquiner, on va dire, sur le bord d’une piscine aussi sympa que celle de l’hôtel Kruger que mon épouse avait d’ailleurs visitée lors d’un séminaire de sa boîte à Budapest – mais la comparaison s’arrête là.

Je ne fis ni une ni deux : j’empoignai d’une main surexcitée le ­TV-Câble-Satellite de la semaine, et cherchai quel était le chef-d’œuvre que la chaîne XXL avait programmé ce dimanche soir : Sandy pornochic, d’Hervé Bodillis !

C’est très correct, l’image est léchée, si j’ose dire, les dialogues sont réduits au strict minimum et c’est pas plus mal, les situations sont érotiques…

Non, c’est du bon porno, un peu trop soft pour mon goût mais bon, c’est propre, c’est hygiénique, quoi, ça permet de s’éponger le glandulaire dans une ambiance raffinée…

 

*

 

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www.numeriklire.net

ISBN 978-2-89717-677-8

Co-édition numérique
Numeriklivres et Éditions AO

Les Éditions Numeriklivres :
Éditeur : Jean-François Gayrard
Éditrice déléguée : Anita Berchenko

Tous droits réservés,
Daniel Safon, Numeriklivres et Éditions AO.
Copyright 2014 pour la version numérique.

eBook design : Studio Numeriklivres
Nous joindre : numeriklivres@gmail.com

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