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Souvenirs d'enfance et de Pologne

De
146 pages
C'est l'histoire d'Irène, bébé de quelques mois, qui a été transportée du ghetto de Czestochowa et accueillie par Kamilla. Survivant à la guerre, elle a pu retrouver ses parents. Halinka a connu le ghetto, le travail forcé puis l'errance sur terre et sur mer sur le bateau Exodus 47. Mayorek communiste, devenu trotskiste, a permis, grâce à ses camarades, mon évasion du ghetto de Varsovie. Du milieu de ces foules conduites à la mort, nous avons obligation nous les survivants, de faire renaître leurs visages.
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SOUVENIRS
D’ENFANCE Larissa CainMémoires Mémoires ET DE POLOGNE
e edu XX siècle du XX siècle
Du milieu de ces foules conduites à la mort, dont les
nazis pendant la Seconde Guerre mondiale voulaient faire
disparaître jusqu’à la moindre trace, nous avons obligation,
nous les survivants, de faire renaître leurs visages.
C’est l’histoire d’Irène qui bébé de quelques mois a
été transportée du ghetto de Czestochowa et accueillie SOUVENIRS D’ENFANCE
par Kamilla. Elle a pu survivre à la guerre et retrouver ses
parents. ET DE POLOGNE
Halinka a connu le ghetto, le travail forcé et dans
l’aprèsguerre, l’errance sur terre et sur mer sur le bateau Exodus 47.
Mayorek communiste, devenu trotskiste, grâce à ses
camarades a permis mon évasion du ghetto de Varsovie.
Il y a aussi une conversation avec moi.
Larissa Cain a été enfermée dans le ghetto de Varsovie
dont elle a pu s’échapper en décembre 1942. Elle a
survécu et émigré en France en 1946 à l’âge de 14 ans.
Chirurgien-dentiste, spécialisée en orthodontie, elle a
cessé son activité pour se consacrer à l’écriture. D’avoir survécu à
la guerre lui crée l’obligation de témoigner pour les disparus par les
livres et dans les classes.
Photographie de couverture : Élèves du Lycée
Français auprès du mur du ghetto de Varsovie.
ISBN : 978-2-343-09710-7
15,50 €
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Larissa Cain
SOUVENIRS D’ENFANCE ET DE POLOGNE







SOUVENIRS D’ENFANCE
ET DE POLOGNE

eMémoires du XX siècle


Déjà parus

Michel GASPARD, Eaux mêlées à Montmartre, Une histoire
familiale, Deuxième période : 1936-1950, 2016. PARD,
familiale, Première période : 1880-1936, 2016.
Henri CHENNEBENOIST, Carnets de Chine (1900-1901). Un
Français dans la guerre des Boxers, 2016.
Auguste VONDERHEYDEN, Cahiers de guerre (1914- 1918),
2016.
Sabine CHERON et Marie-Hélène PRECHEUR, Les
coquelicots au vent de la liberté. De Varsovie à Nancy : un rêve
réalisé, 2016.
Rafael MONREAL, Le chemin de Rafael. Un républicain
espagnol dans la guerre civile, 2016.
Anna Senik, Une famille juive de la Pologne à la France de
Vichy, Penser ce qui nous est arrivé, 2015.
Bernard GROUSELLE, De la ligne Maginot à Berchtesgaden.
Souvenirs d’un français libre, 2015.
Viktor GEIGER, Viktor et Klára. Camp de travail en Ukraine
dans le Donbass (1945 – 1946), 2015.
Henri CHENNEBENOIST, Carnets de campagne 1914–1918,
2015.
Paul GRISON, Un soldat écrit à sa famille depuis le Maroc,
l’Algérie, l’Indochine (1944 – 1953), 2015.
Jean GRIBENSKI, De Suwa łki à Paris. Histoire d’une famille
d’origine juive polonaise : les Gribinski/Gribenski (vers
18401945), 2015.
Pedro CANTINHO PEREIRA, Un « Malgré nous » dans
l’engrenage nazi, Les sacrifiés de l’Histoire , 2015.
Fernand THOMAS, Mémoires de guerre, La vie malgré tout
(1914 – 1918), 2014.
eRenaud de BARY, La 4 batterie. Journal intime d’un appelé
en Algérie (1 mars 1961 - 5 janvier 1963), 2014.
Richard SEILER, Charles Mangold, chef de l'armée secrète en
Périgord, 2014. LARISSA CAIN








SOUVENIRS D’ENFANCE
ET DE POLOGNE












Autres publications de l’auteur


Livres publiés aux Éditions L’Harmattan :

Une enfance au Ghetto de Varsovie,
L’Errance d’Oleg Lerner,
J’étais enfant dans le ghetto de Varsovie,
Helena retrouvée.

Ghettos en révolte Pologne 1943.
Éditions Autrement.

Irena Adamowicz une Juste des Nations
en Pologne. Éditions Cerf.

Irena Adamowicz Sprawiedliwa Wsrod
Narodow Swiata. Éditions W Drodze.





Illustration de couverture : Varsovie, juin 2013. Visite des vestiges
du mur du ghetto de Varsovie avec les élèves du lycée Français de
Varsovie.







© L'HARMATTAN, 2016
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-09710-7
EAN : 9782343097107


Je vis depuis longtemps
Je n’aurais pas du
Ma mort était programmée
Parmi les millions

Les longs convois aux mille visages
Accompagnent ma vie
Me suivent pas à pas
Traboulent dans mon cœur


Ces vies leurs vies
Je les tisse avec des mots
Entrelacées à la mienne
Et le sang rouge les irrigue

Je vis par eux pour eux
Je mange leur pain
Avec eux je partage mes jours
Ils vivent de ma mémoire


Irène « ma petite sœur » s’en est allée
Halinka ma cousine repose en terre d’Israël
Mayorek mon oncle la guerre l’a englouti
Reste moi











IRÈNE ET KAMILLA




La guerre finie, je me suis retrouvée seule, sans
famille, vivant dans l’attente de revoir mes parents. En
janvier 1945, j'avais douze ans et je croyais encore que
nous pourrions vivre ensemble tous les trois. Or, c'est le
chemin de l’orphelinat d'Otwock qui m'attendait. Parmi
d’autres enfants privés de leurs parents, j’aurais dû
normalement moins ressentir la solitude mais c’eut été
sans compter avec l’animosité à mon égard de la
monitrice en charge de mon groupe. Je n’ai pas pu
supporter son attitude, je me suis enfuie et pendant
quelques mois, j’ai été un enfant errant dans la Pologne
de l’après-guerre.

Sophie et Zanvel
Par grande chance j’ai été retrouvée par Sophie,
la sœur de ma mère, et son mari Zanvel. Ils avaient
survécu en travaillant dans des conditions
épouvantables, dans l’usine d’armement du Hasag, à
proximité de Czestochowa. Persécutés, mal nourris, ils
risquaient à tout instant la déportation. En juillet 1944,
l’Armée Rouge suivant la Vistule approchait du camp.
Au moment où l’ordre d’expulsion fut donné pour la
grande marche, nous verrons plus loin comment ils
échappèrent à une mort certaine.
Dans le chaos de l’après-guerre, retrouver des
membres de sa famille était presque impossible, Sophie
et Zanvel m’ont cherchée longtemps dans les grands
registres ouverts à Varsovie pour les survivants et ont
fini par trouver mon nom consigné par la direction de
11 l’orphelinat où j'avais séjourné. Zanvel se rendit à
Otwock, à l’orphelinat, je n’y étais plus. Je me trouvais
dans la localité de Zabrze, près de la frontière avec
l’Allemagne. Je devais la quitter bientôt pour me diriger
vers la mer du Nord et m’embarquer sur un de ces
bateaux qui prenaient le risque d’amener des émigrants
en Palestine. Les Anglais qui l’occupaient étaient aussi
ses gardes-côtes pour empêcher par tous les moyens ces
bateaux d’accoster.
Mon seul désir de rejoindre la Palestine était de
retrouver là de la famille dont mon père, pendant la
guerre, me faisait répéter le nom : Narkiss – Betzalel -
Jérusalem. Il espérait ma survie, ne croyait pas à la
sienne ni à celle de notre famille en Pologne. La guerre
finie, si je me trouvais toute seule, il voulait m’assurer
de retrouver de la famille en Palestine. Vivante, suivant
sa volonté j’étais dans un camp à Zabrze sur le point de
partir pour commencer un long périple vers la Palestine.
C’est alors, en décembre 1945, que mon oncle Zanvel
apparut.

Quelle ne fut ma joie de le voir et d’apprendre
que Sophie, la sœur de ma mère était vivante et que
j’avais aussi une petite cousine Irène. Mon aspiration à
retrouver de la famille s’était réalisée, j’ai suivi oncle
Zanvel à Czestochowa. J’avais gardé de merveilleux
souvenirs de mes séjours chez mes grands parents
auxquels Sophie et Zanvel avaient été associés,
puisqu’ils occupaient une grande pièce dans leur
12 appartement. Bien sûr, mes grands parents n’étaient
plus là, mais le sentiment de vide qui m’avait entourée
jusqu'alors, s’éloignait. Dès mon arrivée à Czestochowa,
je fis la connaissance d'Irène, la fille de Sophie et
Zanvel. C’était une superbe petite fille qui me regardait
avec sérieux de ses grands yeux gris-bleu.
Je suis émerveillée : alors que j'avais le sentiment
d'avoir tout perdu, je recevais en cadeau une petite
sœur. Fille unique, j’avais toujours envié ceux qui
avaient des sœurs et des frères. Je venais d’avoir treize
ans, Irène était âgée de six ans. J’étais pleine
d’admiration pour ses longues nattes qui descendaient
au dessous de sa taille alors que, moi, j’avais toujours
porté les cheveux très courts. Ma mère, sage femme, elle
aussi avait ses cheveux frisés coupés court. Elle devait
trouver que c’était plus pratique et plus facile à laver. Et
moi, je prenais un immense plaisir à coiffer Irène, à
défaire ses longues tresses, à les peigner, à les entrelacer
et pour finir à mettre un ruban à leurs extrémités.

C’était un vrai miracle qu’en Pologne, une cellule
familiale comme celle de Sophie, Zanvel et de leur fille
Irène ait pu se reconstituer après une guerre qui avait
englouti 95% des Juifs polonais.
Dans les familles juives, il avait fallu séparer les
enfants de leurs parents pour leur donner une chance de
survie en les confiant à des étrangers avec la plus grande
incertitude sur le traitement qu’ils allaient recevoir et sur
le sort final qui serait le leur. La Bible nous raconte
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