Sylvia Bataille

De
Publié par

Issue d’une famille de juifs roumains immigrés en France, Sylvia Bataille est la cadette de quatre filles, les soeurs Maklès. Elles vivent à Paris, qui est alors la capitale de l’avant-garde, attirant les artistes du monde entier. L’aînée, Bianca, se marie avec Théodore Fraenkel, l’ami d’André Breton et des surréalistes, Rose devient l’épouse du peintre André Masson, Simone, celle de Jean Piel qui dirigera la revue Critique, et Sylvia est d’abord la femme de Georges Bataille, avant d’être celle de Jacques Lacan.
Autour de Sylvia Bataille, se réunit tout ce que l’époque compte de talents. Celle dont le visage est resté gravé dans les mémoires grâce au chef-d’œuvre de Jean Renoir, Partie de campagne, est une véritable égérie de l’entredeux- guerres, l’une de ces femmes libres que l’on voit poser, seins nus, telles Lee Miller ou Nusch Éluard.
Comme Sylvia Bataille a détruit la plupart de ses archives, c’est dans le souvenir de ses proches que Angie David a trouvé la matière de ce roman biographique, pour écrire le portrait de cette femme à l’origine de notre modernité.
Publié le : mardi 24 février 2015
Lecture(s) : 16
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756106281
Nombre de pages : 293
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Angie David
Sylvia Bataille


Issue d’une famille de juifs roumains
immigrés en France, Sylvia Bataille est
la cadette de quatre filles, les soeurs
Maklès. Elles vivent à Paris, qui est
alors la capitale de l’avant-garde,
attirant les artistes du monde entier.
L’aînée, Bianca, se marie avec
Théodore Fraenkel, l’ami d’André
Breton et des surréalistes, Rose devient
l’épouse du peintre André Masson,
Simone, celle de Jean Piel qui dirigera
la revue Critique, et Sylvia est d’abord la femme de Georges Bataille, avant
d’être celle de Jacques Lacan.
Autour de Sylvia Bataille, se réunit
tout ce que l’époque compte de talents.
Celle dont le visage est resté gravé dans
les mémoires grâce au chef-d’œuvre de
Jean Renoir, Partie de campagne, est
une véritable égérie de l’entredeux-
guerres, l’une de ces femmes libres que
l’on voit poser, seins nus, telles Lee
Miller ou Nusch Éluard.
Comme Sylvia Bataille a détruit la
plupart de ses archives, c’est dans le
souvenir de ses proches que Angie
David a trouvé la matière de ce roman
biographique, pour écrire le portrait de
cette femme à l’origine de notre modernité.

Angie David est écrivain et éditeur.
Goncourt de la biographie en 2006
pour Dominique Aury, elle est
également l’auteur de Marilou sous la
neige (2008) et Kim (2010), parus aux
Éditions Léo Scheer.



Couverture : Sylvia Bataille, Bourg d'Oisans,
1935.
© Photographie Denise Bellon, les Films de
l'équinoxe/fonds photographique Denise
Bellon.

Photo : Angie David par Thierry Rateau.
2013 (DR).


EAN numérique : 978-2-7561-0627-4978-2-7561-0628-1

EAN livre papier : 9782756104133



www.leoscheer.com SYLVIA BATAILLEDU MÊME AUTEUR
Dominique Aury, Éditions Léo Scheer, 2006
Marilou sous la neige, Éditions Léo Scheer, 2008
Kim, Éditions Léo Scheer, 2010
© Éditions Léo Scheer, 2013
www.leoscheer.comANGIE DAVID
SYLVIA BATAILLE
Éditions Léo ScheerÀ SylvieAu départ de ce livre, il y a l’amitié qui me lie à
SandraBaschdepuisplusieursannées.Sandraavait
écrit l’article consacré à mon premier livre, la
biographie de Dominique Aury, plus célèbre sous le
nom de Pauline Réage, l’auteur d’Histoire d’O,
pour le magazine Elle. C’est ainsi que nous nous
sommes connues. Un couple d’amis communs,
Emmanuel Carrère et sa femme Hélène, nous a
ensuite permis de nous revoir en nous invitant à
dînerensemblechezeux.J’étaiscommesouventla
première arrivée et, dans la cuisine, pendant qu’il
préparait le repas, Emmanuel m’a expliqué qui
étaitSandra.Il m’aapprisqu’elleétaitlapetite-fille
de Sylvia Bataille. Sachant juste que celle-ci avait
été la femme de Georges Bataille, je n’ai pas osé
demander, par peur de paraître ignorante, si
Sandra était aussi la petite-fille de ce dernier. J’ai
compris en tout cas que les choses ne s’énonçaient
pas de cette façon, soit parce qu’on ne pouvait pas
parler d’une descendance Bataille, soit parce que
c’était la figure de Sylvia qui s’imposait.
7Cinq années se sont écoulées. Une relation
d’amitié s’est construite, petit à petit, avec Sandra.
Un lien durable, fait de rencontres irrégulières
mais authentiques, s’est approfondi lors de nos
déjeuners en tête à tête, que nous avons réussi à
organiserloindel’exaltationquicaractérisesouvent
les amitiés superficielles et passagères. Jusqu’à
l’été 2011oùelle m’ainvitée,avecmafilledetrois
semaines, qui venait de naître à La Rochelle et
pour qui c’était la première grande sortie, dans sa
maison de l’île de Ré, à Loix, que Sylvia avait
achetéeautrefoispouryrecevoirsespetits-enfants.
Cette maison à la beauté austère, que Sandra a
gardée pratiquement en l’état, m’a plu tout de
suite. J’y ai retrouvé l’élégance véritable, sans
aucune ostentation, des écrivains, des artistes que
j’admire. La personnalité de Sylvia semblait y
être imprégnée, comme un visage sur la pellicule
argentique.
J’ai eu, dès cet instant, envie d’écrire sur cette
femme, sans me l’avouer. Il n’était pas question de
prendrelerisquedeblesserSandra,ens’accaparant
la figure de sa grand-mère, son histoire familiale.
Prendre pour sujet d’un livre une femme qui a
réellementexistéestdélicat,maisdavantageencore
quand vous connaissez ses proches. Cependant, je
ne voyais pas d’autre personnage susceptible de
8m’arracher à la fascination qu’exerçait sur moi ma
fille, et de me replonger dans l’écriture. J’ai décidé
d’en parler à Sandra. Sa réaction fut à la hauteur
de sa gentillesse et de son intelligence. Elle a
trouvé que c’était une idée formidable, et je me
suis lancée.I
SYLVIA MAKLÈSLe destin de Sylvia Bataille n’aurait pas été le
même s’il n’y avait pas d’abord eu Bianca, sa sœur
aînée, la seule à être née en Roumanie, en 1895,
avant que la famille Maklès ne s’installe en
France. Lepère,HeinrichMaklès,dontleprénom
a été francisé en Henri, est né à Bucarest, le
17mars1867.Lamère,Natalia,devenueNathalie,
née le 22 décembre 1876 à Ploiesti, dans une,
famille roumaine aux origines allemandes,
bavaroises, à la lisière de l’Autriche, entre Bad
Reichenhall et le lac Königssee, appartient à cette
forme particulière d’aristocratie juive ashkénaze
dont les racines généalogiques se perdent dans la
nuit des temps. C’est une princesse Cohen (ou
Chohen), son nom de jeune fille. Rien ne l’énerve
plus que les juifs séfarades qui s’appellent Cohen
et revendiquent ce statut princier, alors qu’ils
n’en ont que le nom.
Pour Nathalie, ses filles sont des princesses car
elles portent en elles la beauté, la grâce que l’on
découvre sur une photo de sa propre mère, brune
13Laurence au début de sa vie de femme. Comme
toutes les fois où on évoque la figure de sa mère,
disparue beaucoup trop tôt, trop brutalement,
pour que Sandra, qui n’avait que 20 ans, puisse
s’en remettre complètement un jour, Sandra a les
larmes aux yeux. Elle me fait tellement penser à
Sylvia dans Partie de campagne.
Fidèle à elle-même, Sandra comprend mes
raisons. Le mariage avec Lacan est, pour Sylvia,
une page qui se tourne, sur la bohème, sur sa vie
d’actrice, sur sa jeunesse. Elle arrive à l’âge où ce
sontlesenfants,puislespetits-enfants,quiprennent
la relève. Je suis en train, comme toujours, de faire
mon exposé quand je me rends compte que Diane
n’est plus là. Sandra me fait un signe de la tête, on
voit la petite qui se rapproche des garçons,
redescendus pour s’allonger sur les transats au soleil.
C’est toujours incroyable de voir comment les
enfants comprennent qu’ils sont proches des
adolescents, alors même que ces derniers ont déjà
adopté toutes les attitudes des adultes. Diane fait
les yeux doux au fils aîné de Sandra, qui
visiblement lui plaît beaucoup. On éclate de rire. Sandra
me demande alors de l’aider à préparer le dîner.
— Tu sais, je ne suis pas très douée.
— Moi non plus, mais à nous deux, on devrait
y arriver.TABLE
I. Sylvia Maklès...........................................p. 11
II. Sylvia Bataille.........................................p. 85
III. Sylvia Lacan..........................................p. 191

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Carver en v. o.

de le-nouvel-observateur

Zaïda

de bernard-campiche-editeur83945

Mes débuts à la télé

de fayard-mille-et-une-nuits

Propofol

de editions-leo-scheer

Place Colette

de editions-leo-scheer

Fors intérieurs

de editions-leo-scheer

suivant