Témoin de l'aube

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"Témoin de l'aube". Denis Clair. C'est rare un homme qui a le courage d'être libre, c'est-à-dire d'être prêt à payer pour les conséquences de cette liberté." (Albert Memmi).
"Le "roman" de Denis Clair mérite la louange car il divertit, il passionne et, surtout, il émeut, parce que c'est une page d'histoire de notre France si riche, si belle et si dénigrée. Denis Clair décrit, avec une plume tour à tour acerbe et tendre, ce peuple admirable pour son courage et sa sagesse qui triomphe toujours de ses politiciens.".
La première partie de ce livre a été publiée en 1966 sous le titre La Colère et la Grâce. La seconde partie a été publiée en 1977 sous le titre Témoin de l'Aube.
Publié le : samedi 1 mai 2010
Lecture(s) : 244
EAN13 : 9782296703636
Nombre de pages : 147
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© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12430-1 EAN : 9782296124301

PRÉSENTATION DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Les meilleurs romans sont des autobiographies parce qu’ils sont le témoignage de la réalité et c’est ce qui leur donne leur crédibilité. Il y a un accent de sincérité qui ne trompe pas le lecteur et qui l’émeut. Cette image de la vie réelle crée la communication parce que, dans son apparente in actualité, elle atteint l’éternité, se référant aux grandes motivations humaines. Tel quel, le « roman » de Denis Clair mérite la louange car il divertit, il passionne et, surtout, il émeut. Il faut le dire parce que c’est une page d’histoire de notre France si riche, si belle et si dénigrée. Denis Clair décrit, avec une plume qui court allègrement sur les partitions de l’acerbe ou de la tendresse, pour parler de ce peuple admirable pour son courage et sa sagesse qui triomphe toujours de ses politiciens. Denis Clair a les qualités d’un esprit encyclopédique. Il en a la rigueur scientifique. Sa description des faits est objective. Il raconte, honnêtement, ce qu’il a vu au cours d’une vie tumultueuse où les joies et les peines n’ont jamais altéré son bon sens et son humour. Quand il se laisse aller aux fugues de son interprétation, il le fait avec une conscience et un libéralisme qui désarment. Enfin, la forme et le fond de Témoin de l’Aube sont de valeur égale. Le talent d’expression de l’auteur touche toutes les notes du clavier émotionnel du lecteur. On sourit, on rit franchement, on sympathise, ... on pleure. Enfin, Témoin de l’Aube est un beau concerto d’amour. Amour bouleversant pour Pascale, la compagne de toutes les joies et de toutes les épreuves. Amour des enfants, et leur drame, contés avec une noblesse et une réserve qui atteignent le sublime et forcent l’admiration qu’on porte à leur père. Amour enfin des hommes. Denis Clair protée, éternel combattant d’entreprises passionnées, Don Quichotte désintéressé mais

glorieux, traverse les crépuscules pollués de notre civilisation contemporaine, auréolé par sa foi. On peut combattre l’homme, on ne peut pas lui refuser l’estime. Docteur J.-A. HUET Directeur de l’École d’Anthropologie de Paris, Ancien président du Conseil général de la Seine.

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AVERTISSEMENT

La première partie de ce livre a été publiée en 1966 sous le titre La Colère et la Grâce. La seconde partie a été publiée en 1977 sous le titre Témoin de l’Aube. Je remercie ceux qui ont bien voulu les lire, au point de les épuiser. Nous voici à avril 1999. À ces deux parties, je viens de greffer quelques réflexions ou commentaires complémentaires avec des incidences, voire des faits m’ayant échappé lors de la narration initiale et ayant pris quelque importance avec le temps. Plutôt que de présenter ces compléments en notes fastidieuses et morcelant la lecture et le récit lui-même, je modifie les temps. En outre, ce que j’écrivais il y a plus de trente ans, je peux le revendiquer aujourd’hui. Quand je m’entretiens avec des lycéens, ce qui est de plus en plus fréquent, je leur dis, ... pour les rassurer d’emblée, que je n’ai pas de leçons à donner, ayant enregistré en ma longue existence plus d’échecs que de réussites et que, au demeurant, l’une des interjections qui m’horripile le plus et qu’on entend si fréquemment, c’est « je n’ai pas de leçon à recevoir de vous », alors qu’on a toujours à apprendre des autres. Mais à l’heure où tant s’épuisent à la recherche de "valeurs", ayant perdu tout point de référence, il en est deux que je voudrais avoir toujours incarné, à ma petite place : la liberté et la fidélité. DENIS

PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION

Merci, cher Denis, pour ce magnifique Témoin de l’Aube. Quelle vie époustouflante !, que d’activités, que de chemins ouverts, que de mains tendues ! Combien de rencontres organisées avec des êtres si différents, voire contradictoires, pour les amener au dialogue ! Combien de voyages, si j’ose dire, en faveur du pacifisme ! C’est un récit vivant, électrique, suivi par un humour delibile, assorti de vérités point toujours à dire mais qui doivent pourtant être dites puisque c’est la vérité. Judith, l’horreur absolue. Cette page m’a touché au cœur. Nous avons perdu la très aimée, foudroyée par une rupture d’anévrisme dans la classe où elle était institutrice. Je t’admire d’avoir réussi à surmonter cette terrible épreuve. Tu es le sel de la terre. Merci encore. Gilles PERRAULT

Cher Denis Clair, vous avez compris et montré que « fraternité » était à la fois le but, le chemin, le moyen et la fin. Merci pour votre œuvre magnifique. Edgar MORIN

PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

« Très cher, tu as eu raison de rééditer Témoin de l’Aube, ce livre déjà ancien, qui a parlé au cœur de beaucoup et a décidé beaucoup à agir. Que cette lettre dise à tes nouveaux lecteurs la fidélité et l’amitié avec laquelle, par des chemins souvent différents mais toujours tournés vers le même but, durant tant d’années, nous avons été frères. Dans la quasi solitude d’ermite à laquelle l’âge m’a conduit, je t’assure pour toi et tous les tiens combien vous me restez présents dans l’effort de chaque jour. Merci à toi de l’exemple de loyauté que tu n’as cessé de donner autour de toi. » Abbé PIERRE

PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Il y a plus de quinze ans que je connais Denis Clair, je crois pouvoir porter quelque jugement sur lui grâce à nos expériences communes et au parallélisme ou au recoupement de nos pensées et de nos activités. Je m’en sens d’autant plus capable que j’ai souvent partagé les critiques formulées, en mal comme en bien, sur sa personne. Je connais de lui bien des défauts dont il ne parlera pas dans les pages qui vont suivre parce qu’il a jugé indécent d’en faire l’étalage. Il n’a pas la complaisance plus ou moins attendrie ou masochiste des saint Augustin, des saint Jean-Jacques Rousseau, saint Julien Green et des saint Paul Léautaud... ! Malgré tout, je suis certain qu’il ne ferait aucune difficulté pour se raconter en petit comité, à condition qu’on ne soit mû que par une honnête curiosité. Ces péchés, les mortels aussi bien que les mignons... qu’il ne reconnaît pas toujours ... sont quand même, je crois, des témoins intimes indispensables pour ma propre enquête. Chaque jour, ils me font davantage apparaître par leur creux un Bugat ou un Denis Clair en relief, celui que j’estime par-dessus tout : avec son énorme capacité de travail, sa gigantesque faim d’activité, son sens aigu de l’organisation et du dialogue, la finesse de son analyse et de son jugement. En dépit d’une propension à la polémique qui est un jeu pour son intelligence, malgré une tendance au parti pris contre ses éternelles et célèbres « têtes de Turcs », nonobstant son indifférence à toute méthodologie et à toute systématique tant sur le plan de la politique que sur celui de l’économie, il est curieux de tout et se passionne pour toutes les causes chaque fois que l’honneur ou la vie d’un homme est menacé. Mais il semble que ce qui le fait transparaître à ceux qui l’approchent d’habitude, bien plus que son manque d’ambition, que son mépris des avantages matériels, que le désintéressement qu’il applique à ses relations officielles, c’est sa pudeur d’intellectuel qu’il emploie à manier l’affection, la tendresse, la sentimentalité

et l’émotivité. Pourtant elles sont chez lui, au fond de son cœur, si exquises et si bouleversantes ! Je ne suis pas d’accord avec Denis Clair sur bien des questions : morales, philosophiques, métaphysiques, politiques... Mais nous nous retrouvons le plus souvent sur l’essentiel. Il me plaît parce qu’il est compréhensif et indulgent. Il n’est nullement puritain. Il aime la moquerie et, quelquefois, la gauloiserie. Il me plaît parce qu’il est gourmand comme un enfant, qu’il sait apprécier le fumet d’une sauce ou l’harmonie d’un coin de paysage ou le charme d’un visage. L’étrangeté ou la drôlerie d’une situation ne le laissent pas indifférent. Il sait regarder les hommes en face et les saisir en bloc sans s’abstraire de leurs nuances. Il sait participer à leurs joies comme à leurs peines. Il me plaît parce qu’il ouvre sa maison aux misanthropes écœurés, à la fille de peine comme à la fille de joie, autant aux pauvres qu’aux riches, aux « copains » de passage qu’aux personnages importants. Il me plaît parce que, s’il était Gaulliste, il saurait dire « zut ! » au Général ; s’il était Communiste, siffler les « Pontes » du Parti. Il ne se gêne pas pour critiquer tel Pontife, ni pour se moquer de tel évèque, ni pour « engueuler » tel curé. N’a-t-il pas démasqué tel célèbre bigot de plume et telle Éminence de la Presse confessionnelle ? Son cœur bat du côté des prolétaires, des travailleurs exploités, de tous les spoliés et de tous les rejetés. Avant le Risorgimento, en tous temps, je l’ai connu tolérant. Voilà des années qu’il dialogue avec les croyants et les athées. Bien des initiatives qui sont aujourd’hui devenues des succès pour le public en même temps que des sinécures pour certains sont dues à Denis Clair qui s’en est déchargé faute de temps et surtout de moyens (car il n’est pas riche et je l’ai toujours vu faisant le funambule sur la tirelire !). Et combien d’œuvres n’a-t-il pas fallu qu’il abandonne aux mains de faux-frères ou de vénérables truands ! Souvent, depuis une quinzaine d’années, je me suis trouvé à côté de Denis Clair dans un combat commun. Après m’être prostitué à l’insupportable proxénétisme patronal, m’aliénant dans une subversion toute platonique, j’ai appris à connaître une 14

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