Thierry Olive, de l'ombre à la lumière

De
Publié par

Thierry, c’est un gars de la campagne tout simple, comme il en existe des milliers.

Il est né en mars 1968 dans une petite commune du Centre Manche où ses parents étaient fermiers. Peu doué pour les études, mais passionné par le travail sur la ferme, il veut devenir agriculteur dès l’enfance.

Garçon vacher à l’âge de 13 ans, il est formé à la dure par des patrons bourrus et exigeants et apprend toutes les facettes du métier sur le pré.

Sans diplômes, mais avec un courage exemplaire et beaucoup de persévérance, il monte sa propre exploitation.

Secoué par de multiples drames personnels, il rebondit toujours et à 45 ans, devient la coqueluche de la France entière par la magie d’une émission télé, un « docu-réalité » diffusé sur M6.

C’est cette vie et cette aventure de Thierry, tout surpris d’être devenu la vedette de l’été 2012, grâce à sa bonhomie, son naturel 100% bio et sa faconde si personnelle, que l’auteur nous raconte. Dans un climat bien morose, c’est un conte de fées moderne vécu en direct qui a ému et fasciné des millions de téléspectateurs.

Une leçon de simplicité, de ruralité, d’optimisme et de joie de vivre...

Publié le : vendredi 9 août 2013
Lecture(s) : 78
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782849932087
Nombre de pages : 106
Prix de location à la page : 0,0052€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
M=E 011
La saison qu’il préfère, c’est le printemps. C’est le renouveau de la vie. Au lever du soleil, au retour de la traite, on voit la nature qui s’éveille. Ce sont de petits lapins qui l’observent sur un talus, des oiseaux nocturnes qui rentrent en silence dans une masure enveloppée d’écharpes de brume ; une biche, en alerte, qui s’enfuit apeurée au fond du vallon, et surtout tous les animaux de la ferme qui l’attendent pour leur pitance matinale. D’habitude, le fait d’arpenter les prairies de son exploitation, 56 hectares regroupés autour de son pavillon neuf et des bâtiments agricoles, le réjouit profondément quand s’annoncent les beaux jours. Pourtant, cette année, le cœur n’y est pas. La solitude lui pèse. Sa fille Charlène passe le brevet blanc ces jours-ci. Cette échéance lui rappelle qu’à la fin de l’été, elle aura quitté la maison. Il sera plus seul que jamais, ne trouvant le repos qu’abruti de travail, se réveillant nauséeux des cachets qui l’aident à s’endormir, très tard. Ce matin, il a pris une décision qu’il retourne dans sa tête depuis quelques jours. Il va répondre à cet entrefilet paru dans l\)CHE?KJAKH NoHm=n@:5o?EéJé @A FHo@K?JEon HA?DAH?DA ?=n-@E@=JI =CHE?KJAKHI FoKH = noKLAA I=EIon @A « l\=moKH AIJ @=nI A FHé » émEIIEon LA@AJJA @A = ?D=înA M$. Un numéro de
9
téléphone suivait cette annonce. Il l’avait recopié machinale-ment sur un post-it qui traînait sur le frigo et glissé dans son portefeuille. Pour ne pas l’oublier. Le journal a servi à allumer le feu et a fini dévoré par les flammes. Pas le pense-bête. Il va appeler cette matinée, dès son retour à la ferme. Lorsqu’il soulève le combiné de sa base, il est très loin d’imaginer combien cet appel va bouleverser sa vie. Il ne sait même pas si sa candidature est recevable, car il connaît très mal l’émission. — Je suis veuf depuis 5 ans, et vis seul à la ferme avec ma fille de 15 ans. Pouvez-vous choisir des gens dans ma situation ? — Tout à fait, pour postuler, il faut être âgé d’au minimum 25 ans et rechercher une compagne pour partager une vie rurale. Vous vivez bien sur une exploitation agricole ? Alors, je prends vos coordonnées. Il habite au sommet d’une colline dans le bocage normand. Dans un petit hameau. C’est le dernier lieu-dit sur la commune de Ver dont le clocher est distant de 3 kilomètres de l’autre côté de la vallée de l’Airou. Il est plus proche des églises de Gavray, le chef-lieu de canton, ou de Mesnil-Amand, petite commune rurale comptant beaucoup plus de bêtes à cornes que d’habi-tants. C’est d’ailleurs la seule qu’il aperçoit de sa propriété derrière la rangée de peupliers qui limite son domaine. Un domaine qu’il agrandit d’année en année, par parcelles, sans l’aide financière de quiconque, au fil de ses liquidités et des cessations d’activité. Il s’est installé sur 14 hectares en l’an 2000. Il en a presque 60 à ce jour, au prix d’un travail quotidien, sans UNE seule journée de congé. Il reste malgré cela à la barre de l’une des plus petites fermes de la commune qui ne conserve plus que 12 exploitations laitières.
1
0
Vaille que vaille, sa petite entreprise prospère…
Mais comment trouver une seconde compagne, quand, chaque jour de l’année, il travaille de l’aube à la nuit tombée ? Comment rencontrer une femme compréhensive partageant son amour de la nature vraie, s’intéressant à son élevage et appréciant autant que possible d’être entourée de tous les animaux de son cheptel ? C’est une situation sans issue. Il a bien tenté quelques rencontres par l’intermédiaire d’une agence matrimoniale du Sud Manche. Inscrit depuis 2 ans, elle ne lui a proposé que quelques personnes qui ne lui convenaient pas du tout. Il y a laissé beaucoup d’argent (des centaines d’euros) et presque toutes ses illusions. Pourtant, il n’a pas beaucoup d’exigences. Il recherche une femme simple, sans chichis, même « cabossée » comme lui par les épreuves de la vie. Il faudra tout de même qu’elle soit une amie, une confidente pour sa fille unique qui entre dans l’ado-lescence. Il a quasiment perdu tout espoir de refaire sa vie, multipliant les coups de cafard, jusqu’à cette dernière bouée de sauvetage. Pourquoi donc ne pas se présenter au casting de cette émission de télé-réalité qu’il regarde maintenant d’un autre œil ? Il a l’impression, en suivant les péripéties amoureuses des candidats de la saison 6, qu’il ne déparerait pas dans le tableau.
Lorsqu’une journaliste débarque de Paris pour faire le portrait des éventuels candidats, il a décidé depuis longtemps d’être le plus naturel, le plus authentique possible. Il ne change rien à ses habitudes. Vestimentaires tout d’abord. Il aime être à l’aise dans ses baskets et se moque du « Qu’en dira-t-on ». 8 mois sur 12, il vit en short et en « marcel ».
1
1
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.