Tu m'appartiens

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Liliane rencontre Benoît lors d’une formation « chef de rayon fruits et légumes ». Benoît est différent des autres garçons, il boîte et porte une prothèse à cause de sa jambe amputée, mais il exprime son avis d’une voix forte. Liliane est réservée, reste en retrait, écoute, parle presque tout bas. Ne dit-on pas que les extrêmes s’attirent ?

Rapidement Benoît et Liliane fondent une famille. Liliane démissionne de son emploi pour élever leurs trois fils et suivre Benoît lors des déménagements que nécessite sa promotion professionnelle. Les garçons grandissent, affirmant des caractères très différents les uns des autres. Benoît, lui, devient exigeant vis-à-vis de sa femme ; Liliane n’arrive pas à se faire entendre et préfère se taire pour avoir la paix. Mais est-ce le bon choix ? Jusqu’où va-t-elle se soumettre sans réagir pour satisfaire les désirs de Benoît ?


Cette histoire est un témoignage. Liliane a cru devoir répondre aux désirs de son mari pour s’en faire aimer. Mais à trop s’oublier elle-même, elle a perdu sa dignité : se manquant de respect, essayant de comprendre l’autre, ne sachant pas dire non de façon suffisamment ferme, elle a progressivement glissé sur une mauvaise pente, pour descendre de plus en plus bas. Lorsqu’enfin elle a réagi, elle a dû assumer des choix douloureux pour gagner sa liberté.

Publié le : mercredi 1 janvier 2014
Lecture(s) : 20
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782954918419
Nombre de pages : 444
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La rencontre
ANGERS
Je viens dêtre embauchée pour suivre une formation de chef de rayon chez Stoc. La formation théorique se déroule à Angers et commence en mai 1988. Nous sommes environ une trentaine de jeunes gens . Le soir, durant la première période de formation théorique, je loge dans un foyer de jeunes filles chez des religieuses où je dois rentrer avant 21 heures, tout comme les autres jeunes filles du foyer. Mon premier stage pratique en magasin a lieu au Mans , dans le magasin du directeur avec qui javais eu mon entretien dembauche. Là, je loge dans un autre foyer, avec une fille du groupe de la formation, elle fait son stage dans le même magasin que moi. Elle a tout le temps envie de sortir, pour aller boire un verre, faire les magasins ou autre, pourvu que nous ne restions pas au foyer. Elle se sent en prison dans ce lieu. En ce qui me concerne, je my sens très bien, jai besoin de me reposer, les journées de stage sont fatigantes . Les week-ends, je rentre chez mes parents. Pour la deuxième période à Angers , début juin, je retourne au foyer les quinze premiers jours . Des cours déquitation sont proposés sur une affiche . Je my inscris, malgré le fait davoir loupé les premiers cours qui ont eu lieu pendant que jétais en stage. Jarrive donc à ce cours, c. Pour ne pasest la première fois que je monte à cheval prendre de risque, les instructeurs me font monter un cheval un peu mou. Je nai pas loupé grand-chose des cours
précédents que lon me résume assez rapidement. Chaque élève monte sur son cheval comme il a appris . Nous recevons les recommandations pour nous tenir droit et sur la manière de tenir les rênes pour diriger le cheval vers la droite ou la gauche. Puis arrive enfin le moment de faire avancer notre cheval. Je suis en dernière position et démarre la dernière pour faire mon tour de piste . Les instructeurs sont surpris de voir mon cheval partir , je comprends alors quil est plutôt fainéant et que les débutants narrivent pas à en faire ce quils veulent. Ce fut donc mon premier et dernier cours déquitation. Nous sommes restés dans le bâtiment, mais jai appris les bases et jen suis ravie. Par contre, le rythme est à mon avis beaucoup trop lent. Les soirs suivants, je vais voir ma cousine qui fait ses études de mathématiques à Angers, dans un établissement privé. Elle veut devenir professeure de lycée et loge dans une chambre chez lhabitant. Elle rentre sur Rennes et je peux prendre sa chambre jusquà la fin juin. Je lui propose de la dédommager, mais elle refuse. Cependant nous devons en informer le propriétaire . Ce dernier me fait ses recommandations : je ne dois pas salir en faisant à manger , ni faire de bruit, donc éviter dinviter des amis ou de faire la fête. La chambre est à létage, il faut monter des escaliers. Jai fait connaissance avec quelques personnes du groupe de la formation. Il y a plus de garçons que de filles . Certains ont déjà démissionné suite au premier stage . Ils ont trouvé le travail trop dur. Benoît vient me voir tous les soirs . Cest un garçon de vingt-quatre ans un peu particulier . Il est grand, mince, brun aux cheveux raides et boite lorsquil marche, mais il fait de grandes enjambées. Cest quelquun qui nhésite pas à prendre la parole au sein de la formation pour donner son avis. Le soir, je ne mange pas grand-chose, je ne suis pas vraiment cuisinière. Alors jachète des tomates et du muesli. Benoît vient me voir dans la chambre de ma cousine . Il adore les tomates, me parle de ce quil aime, comme la science-fiction. Il épousera une femme intelligente , pour
avoir des enfants intelligents. Il prend un de mes cahiers et commence à écrire un poème où je semble être sa muse mais version science-fiction. Je ne connais pas du tout ce style de littérature, je ne comprends pas très bien les tenants et les aboutissants de son texte qui parle daller à lastroport pour prendre lastronef avec une jolie créature . Bref, il a lair très content de lui. Il me fait lire son texte et me demande ce que jen pense. Je reste perplexe et lui dis que la signification de sa production me paraît obscure , mais que cest original. Il essaie de membrasser, mais je le repousse, je ne le trouve pas beau et il est amputé dune jambe. Les deux soirs qui ont suivi, il nest pas venu me voir. Je me rends compte que sa présence originale me distrayait et quil me manque. Le dernier soir et la dernière nuit dans la chambre de ma cousine arrivent , je me dis que je ne le reverrai pas, je regrette de ne pas mêtre laissée embrasser. Lorsque la sonnette me fait sursauter et me tire de mes pensées, je vais répondre à linterphone. Cest Benoît qui mannonce : « Je viens avec deux chaussons aux pommes, si tu veux, je ten donne un, ça compensera un peu pour les tomates. »Mon cœur bondit, je suis contente et accepte sa proposition. Je descends lui ouvrir , il me laisse passer devant pour monter les marches , comme il le faisait dhabitude. Dans la chambre nous mangeons des tomates avant de déguster les chaussons aux pommes qui font quelques miettes sur la moquette . Benoît le voit, il me demande le balai à brosse rotative pour ramasser ce qui est au sol. Visiblement, il fait des efforts, mais il na pas lhabitude de passer le balai, il est un peu gauche. Jéclate de rire en le regardant, la situation est trop comique . Il se rassoit, commence à me parler. Je le regarde, je ne sais pas trop ce qui me passe par la tête , je fonce littéralement sur lui pour lembrasser. Il est ravi de me trouver assise sur ses genoux. Il devient intarissable, moi qui ne suis pas bavarde, je lécoute parler, cela marrange bien. Le 15 juillet nous seron s en stage en rayon fruits et légumes au Mans. Jai trouvé une chambre sous les toits
chez une personne âgée durant mon précédent stage pratique. Elle est proche du magasin où jirai et je pourrai my rendre à pied. Jen parle à Benoît, il me dit quil a prévu de loger chez sa grand-mère à Pontvallain, près du Mans . Elle a du bon vin, cest son copain de stage qui lui a dit lorsqu. Je ne lui disils y sont allés durant le premier stage pas, mais je naime pas le vin. Lheure tourne, il se fait tard. Benoît est dans un foyer à Angers, il est trop tard pour y rentrer . Je lui propose de dormir avec moi, mais cest un lit une personne, on sera à létroit. Je lui fais promettre de ne pas essayer de profiter de la situation, sinon ce sera définitivement terminé entre nous. Il accepte, mais je le sens excité dans mon dos , il a chaud. Il transpire beaucoup et sent mauvais. Nous navons pas beaucoup dormi, mais il a respecté sa promesse. Nous nous levons, je cours prendre une douche. Cette odeur est insupportable. Benoît ne se lave pas . Dans la journée, durant les cours, je trouve quil sent mauvais, jen suis gênée. Benoît na pas lair de sen rendre compte. er Pour le 1 juillet, je dois retourner au foyer . Le soir, Benoît minvite dans un restaurant chinois quil veut me faire découvrir, il les adore. Je nai pas lhabitude daller au restaurant et cette sortie me ravit . Je découvre un monde que je ne connais pas. À la fin du repas , le serveur chinois nous offre un saké dans un petit verre en porcelaine un peu particulier. Benoît me demande de regarder le fond du verre avant de boire. Je découvre limage dun homme dénudé au fond de mon verre et dans celui de Benoît cest une femme dénudée. Je suis surprise , mais je trouve toutes ces découvertes excitantes. Moi qui naime pas lalcool, jai beaucoup de mal à avaler le contenu de ce petit verre . Je tousse, la gorge me brûle. Benoît découvre que je ne suis pas une adepte de liquide à fort degré dalcool. Un autre soir, il minvite dans sa chambre. Je suis atterrée de découvrir le désordre et le manque dhygiène qui règnent sur une si petite surface . Des boîtes de conserve ouvertes et vides jonchent le sol . Jai du mal à avancer tellement le sol est recouvert de toutes sortes de choses . Je
lui demande comment il peut sy retrouver et comment il a pu accumuler autant de choses par terre en si peu de temps. Il me répond : Mais cest rangé, cest mon mode de rangement, je my retrouve très bien dans mes affaires , si tu me déplaces quelque chose, je ne my retrouverai plus. , tu pourrais lesMais les boîtes de conserve vides mettre à la poubelle et les jeter au moins ! Je suis stupéfaite de sa réaction. Jai pas envie, tu te rends compte, faire le tri tous les jours, je ne peux pas. Ce nest pas très compliqué quand même ! Oui, peut-être pour toi, mais je nen ai pas envie, je suis bien comme ça. Je ne te demande pas de ranger chez moi, surtout ne touche à rien. Je ne retrouverai rien dans mon rangement qui contrairement aux apparences est très étudié ! Il parle sur le ton de la plaisanterie, sans doute est-il lui-même gêné de la situation, il essaie de se rattraper avec un peu dhumour. Jéclate de rire, je suis naïve. Je découvre un comportement que je ne connais pas. Ma grande naïveté ou ma faiblesse, je ne sais pas, fait que je respecte son choix, je ne cherche même pas à le secouer pour quil ramasse au moins les boîtes de conserve vides . Malgré tout, devant mon air ébahi, il ramasse deux ou trois boîtes pour les mettre dans un sac plastique de supermarché qui fait office de poubelle. La journée, nous allons en cours et retrouvons son copain. Yann nous parle de sa copine, ils vont bientôt se marier. La description quil en fait, montre quil en est très admiratif, en même temps quelque chose me perturbe dans son discours. Parfois dans les discutions jai limpression quil parle de moi, la description de sa copine aussi bien physiquement que psychologiquement me correspond exactement. Un week-end, je ne rentre pas à Betton chez mes parents. Je reste à Angers avec Benoît et Yann . Nous nous promenons le long dun étang où nous pique-niquons
assis sur lherbe. Nous rions beaucoup tous les trois. Yann me demande comment je le trouve physiquement. Tes plutôt mignon. Cest vrai, et Benoît comment tu le trouves ? Pas très beau, je suis désolée de te le dire Benoît, mais nen sois pas vexé. Je ne sais pas mentir ! Eh bien, tas le mérite dêtre claire, ça fait plaisir ! Sil te plaît ne le prends pas mal , mais regarde les choses en face, Yann est plus mignon que toi tout de même. ! CAh bon est vrai ? Je ny connais rien, je suis incapable de dire si un homme est beau ou pas. Par contre, je sais si une femme est belle ou non . Mais cela ne fait pas plaisir de sentendre dire que lon est moche ! Tu préfères que je te mente, peut-être ! Yann : Elle a raison Benoît, il faut te rendre à lévidence, je suis plus mignon que toi. Cest évident. Oui, eh bien je vous trouve vexants tous les deux ! Ne te fâche pas pour cela, ça nen vaut pas le peine, ce serait complètement ridicule. Ce nest pas le physique le plus important chez une personne . Heureusement dailleurs, il y a des tas dautres qualités chez un être humain. Bon, ça va, Liliane. Je ne me fâche pas, mais admets que cela ne fait pas plaisir quand même ! Oui, je te comprends. Je te demande pardon, je ne voulais pas te vexer. Puis nous repartons comme trois potaches en riant de tout et de rien. Je trouve que Yann, tout en parlant de sa copine, s, alors quintéresse un peu trop à moi il doit se marier dans les mois qui viennent . Je nen parle pas à Benoît. Malgré tout, cette situation me trouble . Deux copains pour une fille, cest trop à la fois et surtout malsain. Pourtant, ce garçon ne manque pas de charme à mes yeux . Mais je dois m, den tenir éloignée autant que jai commencé à sortir avec Benoît. Durant les cours pour devenir chef de rayon , je me retrouve assise entre Yann et Benoît . Nous formons un
drôle de trio et Yann ne sait pas que Benoît et moi sommes ensemble depuis quelques jours. Yann sapproche de moi et me dit tout bas à ltu veux bien quoreille : « Liliane, on sorte ensemble ce soir ? » Je me sens rougir , je suis très embarrassée, je ne pensais pas que Yann me ferait cette proposition, compte tenu de ladmiration quil semblait avoir vis-à-vis de sa copine et surtout du fait quils doivent se marier. Mais finalement, il confirme mes soupçons, il cherchait bien à me séduire avec ses ambiguïtés lorsquil me parlait de sa copine. Dans le fond, Yann nest pas fidèle à sa future femme, ce qui ne laisse pas présager à mon sens un bon mariage. Non, désolée, je suis avec Benoît. En plus, tu dois te marier bientôt il me semble. Tes avec Benoît, mais depuis quand ? Depuis peu de temps. Comment cest possible, tu lui as dit que tu le trouvais moche ! Lun nempêche pas lautre. Chut ! On va se faire remarquer ! Yann a déjà travaillé dans la distribution et les responsables du recrutement lui demandent souvent son avis. Il a de lassurance lorsquil parle, mais Benoît aussi a beaucoup dassurance. Ce sont deux fortes personnalités qui sentendent bien, semble-t-il. À la pause, je parle à Benoît de la proposition de Yann durant le cours. Tu le trouves mignon, ce nest pas toi qui lui aurais fait des propositions plutôt ? Non, je tassure, je lui ai répondu que jétais avec toi et quil devait se marier bientôt. Ce nétait donc pas possible. Tes sûre, je vais en parler avec lui. Je te jure. Je ne ten parlerais pas, si je lui avais fait des propositions. Bon, daccord. Mais je vais éclaircir ça avec lui. Il doit te laisser tranquille. Tu sais, au foyer, il narrête pas de dire que t, il est littéralementes une fille extraordinaire subjugué par toi !
! CAh bon est incroyable quand même ! Il doit se marier bientôt. Cest pourtant le cas. Et jai limpression quil te plaît bien aussi. Je ne crois pas quil soit très sérieux. Son mariage est prévu et il drague à côté, je naimerais pas être à la place de sa copine ! Les filles nont pas le droit de faire venir des garçons au foyer. Les religieuses surveillent les allées et venues . Benoît et moi décidons de tenter dentrer tous les deux malgré tout, au moins une fois pour les défier. Je suis allée voir sa chambre, il peut bien venir voir la mienne . Et nous avons envie de nous voir . Dautant quil ny aura pas de conséquences, puisque cest ma dernière semaine dans ce foyer. Une autre fille du groupe avec qui je parle au foyer ma dit quelle nappréciait pas spécialement Benoît. Elle le trouve hors norme, excentrique et bizarre, pas du tout son genre. Je rentre la première pour vérifier que personne ne se trouve dans les couloirs. Je fais signe à Benoît que la voie est libre. Il entre et nous arrivons jusquà ma chambre sans problème. Il ny a pas grand-chose à montrer, mais Benoît me fait remarquer que comme dans la chambre de ma cousine, lendroit est propre et bien rangé . Il y a effectivement un grand contraste avec sa chambre à lui . Il membrasse, cest excitant de braver linterdit. Il me fait sentir que je ne le laisse pas insensible . Nous sommes très attirés lun vers lautre. Benoît essaie de me pénétrer pour la première fois, mais il y a un blocage. Je suis impressionnée, son sexe est très gros, trop gros pour moi en tout cas , car cest un échec, la pénétration est impossible . Nous nous rhabillons rapidement. Benoît essaie de me rassurer en me disant quil ne faut pas forcer les choses, quil sera patient, et que tout se débloquera progressivement . Tout à coup, quelquun frappe à la porte. Jouvre et me retrouve face à une religieuse, elle entre dans la chambre. Elle est outrée de constater la présence dun garçon. Je vous rappelle quil est stipulé dans le règlement que les jeunes filles ne doivent pas faire entrer dhomme ou de
jeune homme dans le foyer . Je vous invite à ne pas renouveler ce genre d. Vousintroduction dans nos lieux aurez un premier avertissement. Benoît se lève en se retenant de rire. Désolé,ma sœur, mais il sagissait de travailler sur un devoir en commun. Il est terminé, de toute façon je mapprêtais à partir. Vous savez, jétais scout et je connais bien les valeurs chrétiennes. Rassurez-vous, la situation ne se reproduira pas. Bon, très bien. Jespère que ce que vous dites est vrai, car la prochaine fois (elle se retourne vers moi) , vous serez renvoyé du foyer, mademoiselle. Cela ne se reproduira pas ma sœur, soyez-en certaine. Lincident est clos. Je vous raccompagne monsieur, si vous voulez bien me suivre. Tout de suite. Le lendemain, nous en rions, heureusement quelle na pas frappé durant notre essai de « genre dintroduction ». Cependant, lessai étant raté, je me sens mal à laise. Le soir, nous nous retrouvons dans ma voiture pour discuter . Nous abordons des sujets plus personnels de nos vies respectives . Benoît me parle du scoutisme avec ses parents , ils sont très croyants. Lui par contre ne sait pas si Dieu existe . Je lui parle de la ferme, de mes parents qui élèvent des vaches laitières. Je le fais rire avec mes intonations de voix bretonnes et certaines de mes expressions que je suis obligée de lui expliquer. Il me trouve un accent charmant. Quelque part je suis rassurée quil ait reçu une éducation religieuse. Je suis croyante et même si je ne le dis pas encore, je prie de temps en temps , pas quotidiennement, mais assez régulièrement tout de même. Le 14 juillet, nous décidons de partir au Mans en nous suivant sur la route. Comme à mon habitude, je conduis un peu vite et Benoît peine à me suivre . Non loin dune sortie dautoroute, je double un camion juste avant de me rabattre pour prendre la sortie. Benoît ne sachant pas quil devait sortir, continue sa route, nous nous perdons de vue. Je men rends compte et le cherche du regard sur la voie en face .
Quand je laperçois, je klaxonne et lui fais de grands signes. Par chance il me voit, mais je ne sais pas comment nous allons nous retrouver . Nous avions parlé de manger ensemble, je prends donc la direction du centre-ville en lattendant vers lentrée de la ville où il parvient à me retrouver. Il descend de voiture et me demande où nous allons manger. Je pense que nous trouverons un endroit en centre-ville, mais jessaierai de faire attention à ne pas te perdre cette fois. Je me dirigeais vers lquand on se perd auxéglise : scouts, on se retrouve à léglise, cest là que je taurais attendue. Tu fais bien de me le dire parce quil ne me serait même pas venu à lidée de te retrouver à une église. En plus, il doit y en avoir plusieurs dans cette ville . Laquelle tu choisis dans ce cas-là ? Je ne sais pas, jen trouve une et jattends. Bon, ce nest pas très sûr comme méthode , le mieux cest de rester ensemble. Nous décidons de manger dans une crêperie. Au cours de notre conversation nous décidons de demander à la vieille dame, quand nous la verrons, si elle accepte que Benoît partage la chambre avec moi. Le soir, notre demande est acceptée. Benoît veut passer la nuit chez sa grand-mère à Pontvallain pour linformer de nos intentions.
LEMANS
Le soir du 15 juillet 1988, nous commençons à vivre ensemble au Mans, dans une chambre sous les toits chez l, chacun danshabitant. Nous sommes tous deux en stage un magasin. Je nai pas de moyen de contraception, Benoît le sait, mais insiste pour faire lamour sans préservatif. Il dit quil se retirera à temps, quil ny aura pas de problème. Comme je ne veux pas le décevoir , jaccepte. Cette fois, il
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