Un économiste sous les cocotiers

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Cet ouvrage, faisant suite à Aventures et mésaventures en montagne (L'Harmattan, 2003), concerne cette fois les aventures de l'auteur sous les Tropiques. Recruté par le Fonds monétaire international à la fin de ses études, Yves-Marie Laulan a effectué de nombreuses missions dans les Caraïbes (Haïti en particulier) puis en Afrique. Il restitue ici avec humour les anecdotes marquantes qui ont émaillé ses voyages.
Publié le : samedi 1 avril 2006
Lecture(s) : 224
EAN13 : 9782296144453
Nombre de pages : 81
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Un économiste sous les cocotiers

Rue des Ecoles
Cette collection accueille des essais, d'un intérêt éditorial certain mais ne pouvant supporter de gros tirages et une diffusion large, celle-ci se faisant principalement par le biais des réseaux de l'auteur. La collection Rue des Ecoles a pour principe l'édition de tous travaux personnels, venus de tous horizons: historique, philosophique, politique, etc.

Déjà parus Louis-Marie ORAIN, Le blé noir, 2006. Stéphane MADAULE, Scènes de voyage à Amsterdam, 2006. Anny MALROUX, Ceux du 10 juillet 1940. Le vote des quatre-vingts, 2006. Pierre PIC QUART/GARNIER-GRIZOT, La terre de Berrouaghia, 2006. Geneviève TOUQUETTE, Chronique hospitalière d'un autisme ordinaire, 2006. Raymonde WEIL, Unepetite mal élevée, 2006. Georgette RICHARD-MARTIN, Le temps revisité, 2005. Hanania Alain AMAR, Mémoires d'un psychiatre (dé)rangé,2005. Michel LUCAS, L'urbanisation à la lumière de la doctrine sociale de l'Eglise, 2005. Odette LAPLAZE-ESTORGUES, Des friches et des chiffres, 2005. Huguette MAX-NICARD, La passagère, 2005. Alexandre TIKHOMIROFF, La tasse de thé, 2005. Jean-Placide TSOUNGUI, Cette France qui refuse notre intégration, 2005. Alban mTTEAU , Evasion tropicale, 2005. Janine ANDRIEU, La Joconde dans le maquis, 2005.

Yves-Marie

LAULAN

Un économiste sous les cocotiers

L' Hannattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris
Italia 15 L'Harmattan Burkina Faso

FRANCE
L'Harmattan Hongrie Konyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 Espace L'Harmattan Kinshasa Pol. et L'Harmattan Fac. .des Sc. Sociales, Adm. ; BP243, Université Via Degli Artisti, 10124 Torino IT ALlE 1200 logements 12B2260 Ouagadougou 12 villa 96 KIN XI

1053 Budapest

de Kinshasa - ROC

www.librairieharmattan.com harmattan 1@wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ~L'Hannattan,2006 ISBN: 2-296-00327-3 EAN : 9782296003279

Les récits qui suivent constituent le troisième volet d'une sorte de trilogie de la mémoire dont le premier était mes souvenirs d'enfance pendant les années de guerre1 et le second le récit quelque peu burlesque de mes aventures en montagne2. Ce dernier épisode concerne principalement mes aventures sous les Tropiques. Après la fin de mes études universitaires et de mon service militaire (deux longues années s'il vous plaît), j'ai eu la chance d'être recruté au Fonds monétaire international, organisation alors dotée d'un grand prestige teinté de respect (hélas, passablement terni depuis). Mes nombreuses missions m'entraînaient fréquemment dans les îles des Caraibes, et Haïti en premier lieu, puis en Afrique. Sans vouloir regarder ces plages somptueuses, cette mer étincelante et ce soleil toujours radieux, je considérais naïvement cette affectation comme absolument désolante: ces micro-États ne me paraissaient pas à la hauteur de mon jeune talent! J'en suis bien revenu depuis.

1

2

À la gloire d'Uzeste, La Voûte éd.
Aventures et mésaventures en montagne, l'Harmattan.

Une chasse à l'alligator en Jamaïque À l'époque de mon recrutement au Fonds monétaire international, j'avais vingt-sept ans tout juste. J'étais jeune, assez naïf, culotté et surtout remuant. C'est un peu le portrait robot du jeune cadre international fraîchement nommé. Sitôt en poste, je fus affecté en qualité d'économiste de base dans la région des Caraïbes, qui regroupe ces îles paradisiaques que sont Saint-Domingue, la Jamaique, la Trinité. J'étais plus particulièrement commis à la sauvegarde d'Haïti. Le FMI à l'époque, et c'est encore le cas aujourd'hui, tenait cette petite île sous son aile protectrice. J'en conçus sur-le-champ, comme je l'ai dit une amertume extrême. Comment s'accommoder, en effet, de ce qui se passe dans un microcosme économique aussi étriqué qu'Haïti où la récolte de quelque 60 000 sacs de café supplémentaires fait la différence entre une bonne et une mauvaise année? Je rêvais de vastes problèmes financiers, d'endettements colossaux, de pays gigantesques comme le Brésil ou l'Argentine, bref d'inextricables difficultés à ma dimension. Ceci étant, cette médaille avait son avers et cette face était plaisante. C'est que j'allais très fréquemment à Haïti en mission. Nous avions ce qu'on appelle dans le jargon du Fonds monétaire un «stand by arrangement », ce qui signifiait que nous prêtions de l'argent à ce malheureux pays. Nous allions donc tous les trois mois sur place pour nous assurer qu'il en faisait bon usage.

Économiste sous les Cocotiers

Dans notre esprit, en faire bon usage signifiait ne pas en faire usage du tout. L'idée était en effet que moins les Haïtiens dépenseraient, mieux ils se porteraient, ou plus

exactement, mieux la «gourde» - c'est le nom de la
monnaie locale, je ne l'ai pas inventé -, mieux la gourde donc s'en porterait. Les missionnaires du Fonds monétaire allaient tous les trois mois environ tâcher d'y voir clair dans les comptes embrouillés de ce minuscule pays et s'efforcer de l'empêcher d'aller tout droit à une ignominieuse banqueroute. Ce qu'il n'aurait pas manqué de faire, si on l'avait abandonné à ses mauvais instincts. Mais je ne vais pas ici aborder les problèmes de l'économie haïtienne. J'en parlerai bien assez par ailleurs. Je préfère évoquer les impressions que j'ai ramenées de ces premières années. Elles ne sont pas les égales de celles de Marco Polo de retour de Chine. Mais certaines ne manquent quand même pas de saveur. C'est là notamment qu'avec mon chef de division, un Américain court et râblé, tant sur le plan de l'esprit que du physique, j'ai été initié à ce sport magnifique qu'est la pêche sous-marine. Il me détestait cordialement. Je le lui rendais bien. Je l'ai retrouvé, bien des années plus tard, égal à luimême, dans une grande banque américaine. Les mauvaises langues prétendent qu'il a largement contribué à accumuler des crédits irrécouvrables sur l'Amérique latine qui ont failli acculer la City Bank à la faillite. Mais ceci est une autre histoire. À propos de pêche sous-marine, il me revient à l'esprit une partie de pêche en rivière mémorable à la Jamaïque. * J'étais membre d'une des toutes premières missions du FMI à la Jamaïque. Son objet était d'établir la première balance des paiements de ce pays qui en était jusqu'alors dépourvu. Or un pays indépendant, chacun le sait, doit avoir sa propre balance des paiements, comme chaque individu, sain et bien portant, dispose d'un nombril. Or la Jamaïque faisait partie du Commonwealth britannique et, ayant ses 8

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