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Un jour, j’ai porté le monde

De
250 pages
Le cerveau humain est complexe et mystérieux, et il nous entraîne parfois sur des sentiers bien étranges. Renée Charron en a fait l’expérience, frappée de psychoses dans la jeune trentaine. Grâce à ses efforts, au soutien de ses proches et au suivi médical, elle est néanmoins sortie grandie de la traversée difficile qu’elle raconte dans ces pages.
La schizophrénie est une maladie méconnue ; son nom seul fait frémir, et les personnes qui en souffrent sont souvent stigmatisées, associées malgré elles aux rares épisodes de violence qui en découlent mais qui font la manchette et marquent l’imaginaire. Dans ce texte lumineux et plein d’espoir, l’auteure offre des clés afin d’apprivoiser, de comprendre et de soigner la schizophrénie.
« Il ne faut pas négliger l’apport des malades eux-mêmes ni [celui] de nombreux artistes qui savent rendre tangibles et davantage compréhensibles les souffrances humaines, écrit la psychiatre Lucie Fortin dans sa préface. Le livre de Renée Charron s’inscrit tout à fait dans cette perspective. En plus d’être elle-même atteinte d’un trouble schizoaffectif, Renée est une auteure d’une grande sensibilité, qui sait trouver les mots justes, empreints d’une certaine poésie. »
Un soir, je crus que les médicaments allaient me tuer si je les prenais. Le pauvre infirmier chargé de me les faire avaler ne savait plus comment s’y prendre. Je gardais la bouche fermée avec obstination. C’était un vrai combat, et pour lui c’était perdu d’avance. Il partit à la fin en soupirant.
J’entendis, venant du corridor, cette phrase prononcée par l’infirmier : « Renée n’a pas voulu prendre ses médicaments. » Je trouvais cela étrange ; pour moi, c’était comme d’entendre : « Renée n’a pas voulu mourir », et je trouvais cela cruel. J’avais hâte de savoir ce que Laurie allait penser de cela, elle qui était de mon côté.
Il fallait que je vive, j’en étais persuadée. Aussi souffrant que fût mon quotidien, j’avais l’espoir, et j’étais persuadée qu’un jour la vie serait belle.
Porter l’espoir, même lorsque nous délirons, est peut-être ce qui fait la différence entre vivre et s’éteindre, que le corps soit ou non vivant. Michel me disait souvent : « Tu vas sortir victorieuse, et tu vas être très contente. Tu vas voir, ce sera une guérison complète. » Je vivais car je ne voulais pas rater ces jours où je serais bien, enfin.
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RENÉE CHARRON
MA TRAVERSÉE DE LA SCHIZOPHRÉNIEMA TRAVERSÉE DE LA SCHIZOPHRÉNIEProjet dirigé par Marie-Noëlle Gagnon, éditrice
Conception graphique : Nathalie Caron et Sara Tétreault
Mise en pages : Andréa Joseph [pagexpress@videotron.ca]
Révision linguistique : Diane Martin et Chantale Landry
En couverture : © ImYanis / shutterstock.com, © Freepik.com
Québec Amérique
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du
Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Charron, Renée
Un jour, j’ai porté le monde : ma traversée de la schizophrénie
(Biographie)
ISBN 978-2-7644-3209-9 (Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-3263-1 (PDF)
ISBN 978-2-7644-3264-8 (ePub)
1. Charron, Renée. 2. Schizophrènes - Québec (Province) - Biographies.
I. Titre. II. Collection : Biographie (Éditions Québec Amérique).
RC514.C42 2016 616.89’80092 C2016-941361-6
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2016
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives du Canada, 2016
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés
© Éditions Québec Amérique inc., 2016.
quebec-amerique.comRENÉE CHARRON
MA TRAVERSÉE DE LA SCHIZOPHRÉNIEPour mon ami Michel, qui m’a soutenue
pendant toute la maladie,
et pour ma famille, qui me soutient depuis toujours.
Ensemble, vous avez soufé les voiles vers ma liberté.Préface
La schizophrénie est une maladie du cerveau. Il ne faut pas avoir
peur des mots, car c’est bien de cela qu’il s’agit, une maladie, et ce
sont les malades eux-mêmes qui nous en décrivent les symptômes
et les souffrances depuis des siècles. C’est ce que l’auteure de ce
livre propose au lecteur, un voyage, en quelque sorte, au pays de
sa maladie. Cette maladie qu’elle assume désormais pleinement, ce
qui ne la rend que plus accomplie, plus grande dans sa personne. À
travers une description émouvante et authentique, elle témoigne
d’un cheminement qui l’amène graduellement au rétablissement, à
une « guérison de l’âme et du cœur », comme elle le dit elle-même.
Le cerveau est à l’origine de ce que nous possédons de plus
intime et de plus secret : nos pensées. Ces pensées qui définissent
notre sentiment même d’exister et de pouvoir jouir de la vie, qui
définissent notre humanité, notre unicité. Il n’est donc pas
étonnant que toute menace à cette intimité nous fasse peur, qui que
nous soyons. C’est une telle menace que nous craignons lorsque
nous pensons à la plupart des maladies du cerveau, et encore
davantage lorsqu’il s’agit d’une maladie comme la schizophrénie.
Rappelons qu’il fut une époque où cette maladie, tout comme
l’épilepsie, était considérée comme étant le fruit d’une possession
par le démon… Qui dirait encore ça, aujourd’hui, de l’épilepsie ?
Grâce à la démarche scientifique et à diverses découvertes,
l’amélioration de nos connaissances nous a permis de mieux comprendre plusieurs maladies du cerveau. Mais cet organe du
corps humain est très complexe tant dans sa « circuiterie » (dont
s’occupent surtout les neurologues) que dans son fonctionnement
chimique (dont s’occupent surtout les psychiatres), si bien que
nous avons encore beaucoup à faire, et pas seulement sur le plan
scientifique: bien des préjugés nous habitent face aux diverses
maladies psychiatriques, et les personnes souffrant de ces maladies
sont encore trop souvent stigmatisées. Un travail
d’accompagnement et de vulgarisation des divers intervenants de soins s’avère
donc très important et même essentiel, car mieux on comprend,
moins on a peur, mais je crois qu’il ne faut pas négliger l’apport
des malades eux-mêmes ni l’apport, si présent dans nos vies, de
nombreux artistes qui savent rendre tangibles et davantage
compréhensibles les souffrances humaines : je pense bien sûr à plu -
sieurs documentaires, mais aussi à plusieurs films et livres,
biographiques ou fictifs, qui traitent de diverses maladies.
Je crois que le livre de Renée Charron s’inscrit tout à fait dans
cette perspective. En plus d’être elle-même une personne atteinte
1d’un trouble schizo-affectif, elle est une auteure d’une grande
sensibilité, qui sait trouver les mots justes, empreints d’une certaine
poésie. En la lisant, il faut écouter, en quelque sorte, les phrases, en
ressentir les émotions. Bien saisir aussi toute la maturité dont elle
fait preuve.
Le diagnostic de schizophrénie doit être posé par un médecin
et c’est le plus souvent un psychiatre qui l’établit, ou qui le confirme
au médecin de famille ou à un autre médecin spécialiste qui le
2demande. Bien que le DSM soit un outil diagnostique largement
1. Le trouble schizo-afectif combine les symptômes de la schizophrénie
et les symptômes d’un trouble de l’humeur, soit des symptômes de
dépression (pour le « type dépressif»), s oit des symptômes de manie
avec ou sans symptômes dépressifs (pour le «t ype bipolaire »). C’est
une maladie dont le diagnostic est habituellement plus long à établir.
2. Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.
Essentiellement, pour la schizophrénie et le trouble schizo-afectif, les critères
demeurent les mêmes pour le DSM-5 que pour le DSM-IV-TR.connu, seul un médecin est habilité à confirmer le diagnostic à
partir des critères qui y sont décrits, car il faut savoir les
interpréter. Les idées délirantes, les hallucinations, les incohérences de la
pensée et du discours, l’appauvrissement de l’affect, l’apathie, les
symptômes cognitifs tels que la diminution de l’attention et de la
concentration, ou encore des troubles du comportement, sont
certains des symptômes qui peuvent conduire à de grandes
désorganisations et à beaucoup de souffrance, tant pour le malade que pour
ses proches.
Le traitement consiste en une approche bio-psycho-sociale.
Durant la phase aigüe, tout autant que durant le suivi de maintien
à long terme, une prépondérance doit cependant être accordée à
la prise d’une médication antipsychotique, de même qu’à
l’abstinence de drogue. Plusieurs médicaments antipsychotiques existent,
tant sous forme de comprimés que sous forme d’injectables à effet
prolongé (pouvant durer de 2 à 4 semaines, selon les cas), et une
discussion franche et ouverte avec le psychiatre traitant offre la
meilleure garantie de maximiser les effets escomptés, tout en
minimisant les effets indésirables.
On estime qu’environ 25 % des patients ont une évolution
favorable après un premier épisode de psychose (soit une rémis -
sion des symptômes, soit une persistance des symptômes légers),
environ 50 % ont des symptômes modérés malgré la médication,
environ 15 % des symptômes graves, et environ 10 % se suicident.
Bien que ces chiffres puissent sembler décourageants, ils
représentent en fait une grande amélioration depuis l’introduction des
antipsychotiques, dans les années 1950. Les taux de rechutes après
l’arrêt de l’antipsychotique, quant à eux, sont d’environ 75 % après
un an, et 95 % après deux ans… d’où l’importance d’accorder une
prépondérance à la médication, et ce, précocement après
l’établissement du diagnostic car c’est dans les cinq premières années de
la maladie qu’on note la plus grande détérioration fonctionnelle.
Selon les malades, le suivi peut être fait avec le psychiatre seul,
mais le plus souvent, d’autres intervenants s’avèreront fort aidants, et même nécessaires, tant pour le malade que pour les proches.
Divers organismes communautaires peuvent également être mis
à contribution, le tout visant, comme dans chaque maladie, le
meilleur rétablissement possible (pour le moment, on ne peut pas
encore parler de guérison, malheureusement).
Cette notion de rétablissement dont on ose désormais parler
tient bien sûr aux progrès réalisés, comme dans bien d’autres
edomaines, depuis la deuxième moitié du 20 siècle, mais tient
d’abord, et surtout, au cheminement de malades déterminés qui
font preuve de ténacité et qui deviennent source d’espoir pour
bien d’autres malades et leurs familles.
C’est le cas de Renée, que j’ai rencontrée pour la première fois
en 2003. Je considère même qu’elle m’a privilégiée en m’apportant
son manuscrit, car en le lisant, je me suis instruite de l’ampleur de
sa souffrance, de l’ampleur de ses symptômes… et aussi de la
mesure de son rétablissement, de la grandeur de sa personne.
Comme cliniciens, nous devons en effet souvent nous contenter
de la pointe de l’iceberg, heureusement suffisante pour nous
permettre d’émettre le diagnostic et d’établir le traitement, ce
pourquoi nous sommes formés, mais malheureusement nous
manquons peut-être beaucoup de l’essentiel !
Bonne lecture.
Lucie Fortin, M.D. FRCPC, psychiatreMot de l’auteure
J’aurais pu intituler ce livre Le cadeau, car je l’offre afin de
remercier toutes les personnes précieuses qui m’ont accompagnée, aidée,
soutenue et inspirée durant la maladie qui s’est présentée dans ma
tête, la schizophrénie.
Chacune d’entre elles m’a apporté le cadeau précieux de ce
qu’elle est, de son temps, de son attention, de son amour. Et aucun
des gestes posés pour moi, aucune des paroles inspirées, rien n’a
été perdu ou gaspillé, car tout cela a formé l’échelle précieuse et
indispensable qui m’a menée vers la guérison.
Lorsqu’il est question de maladie mentale, on mentionne
rarement que les épreuves traversées peuvent être un tremplin vers
une vie meilleure, plus consciente et lumineuse. Le mot « échec »
est souvent associé au constat de maladie.
Et pourtant…
Je ne suis pas sortie de la maladie sans avoir profondément
changé, et je suis devenue une meilleure personne, plus vraie, plus
humble, plus aimante, et beaucoup plus heureuse. En ce sens, j’ose
dire que la maladie m’a tout de même laissé un cadeau.
C’est celui que je souhaite aujourd’hui partager avec vous.
J’aimerais que vous puissiez constater avec moi de quelle manière les
épreuves traversées m’ont menée vers une guérison de l’âme et du cœur. Oui, j’étais malade et j’ai souffert, mais ce ne fut pas en vain.
J’ai cueilli les leçons de cette expérience, et aujourd’hui j’aime
ma vie.
Ce livre est aussi un hommage à mon ami Michel, à mon père,
à ma mère, à mes sœurs, à mon fils, à mon ami Benoit, à mes
nouvelles et anciennes amies, aux infirmiers et infirmières, aux
psychiatres, aux intervenants de ma ressource alternative en santé
mentale, aux personnes atteintes de schizophrénie et à certains
étrangers croisés sur ma route.
Merci pour le don de ce que vous êtes.Introduction
La psychose est un trouble de l’esprit qui conduit à une perte de
contact avec la réalité. Elle peut entraîner également des
hallucinations visuelles ou auditives, ou les deux, et des délires. La personne
délirante est perturbée sur le plan de sa pensée ; elle peut percevoir
les autres, et le monde en général, différemment de ce qu’ils sont
en réalité et s’en faire une idée qui semble défier la logique.
Plusieurs délires, de nature paranoïaque, impliquent des idées de
persécution, d’autres sont teintés de mégalomanie, ou encore
d’idées bizarres.
Une personne peut connaître un épisode psychotique et ne
plus jamais en vivre ; c’est le cas de plusieurs personnes ayant
souffert d’une psychose. Le diagnostic de schizophrénie ou des autres
maladies de la même famille s’établit après plusieurs mois, et
parfois après des années de suivi auprès d’un psychiatre. On m’a
donné, pour ma part, le diagnostic du trouble schizo-affectif.
Chaque histoire étant unique, les spécialistes se demandent si
on ne devrait pas parler « des » schizophrénies.
J’ai déliré, moi, plusieurs fois. Je pourrais dire que j’ai «dérivé »
très, très loin du rivage… La plupart du temps, je n’entendais pas
de voix et n’avais pas d’hallucinations visuelles non plus. Ce que je
percevais, c’étaient comme des empreintes qui jaillissaient dans
ma tête, sans mots, comme des éclats bruts qui demandaient à être immédiatement traduits par ma propre voix intérieure. Ainsi,
j’entendais mes propres murmures de la pensée qui me dictaient les
idées, les concepts et les « vérités » auxquels je croyais avoir accès.
Ces éclats de pensées me suggéraient fortement de
rechercher, dans chaque instant vécu, le signe me permettant de
comprendre mon chemin, de savoir où aller, quand manifester un acte,
comment accomplir tel geste… Les signes que je reconnaissais
comme tels étaient parfois un oiseau qui venait se poser tout près,
une phrase lue dans un livre, un malaise soudain… Bref, tout était
interprété selon mon abécédaire personnel des symboles, qui s’est
d’ailleurs enrichi considérablement, au fil des «dérives »…
Ce livre est constitué de trois parties : la première décrit quelques
délires que j’ai vécus, dans la seconde je survole mon expérience de
la maladie à travers les années, et je partage dans la troisième partie
les clés et les prises de conscience qui m’ont permis d’aller mieux.
Afin que vous compreniez mon expérience avec plus
d’exactitude, les délires sont décrits dans les premiers chapitres de la
manière dont je les vivais. Certains s’y reconnaîtront et d’autres,
au contraire, seront surpris par l’ampleur des détours que ma
pensée a empruntés. Ces récits seront peut-être, pour certains,
instructifs. Ils furent en tout cas très difficiles à écrire… Mais ils ont leur
place dans ce livre, afin qu’on ait un aperçu de ce que j’ai traversé.
J’ai changé les prénoms de certaines personnes concernées,
mais les événements décrits sont fidèles à ce que j’ai vécu.
Cet « échantillon du délire » fut expérimenté à l’âge de 33 ans,
avant qu’aucune de mes psychoses n’ait été diagnostiquée. C’était
l’été et je vivais dans une petite maison sous les arbres ; mon fils,
Philippe, allait et venait, de l’école à un camp d’été, de chez moi à
chez son père… Benoit, mon compagnon de vie, s’installait chez
moi les fins de semaine.
Et c’est l’été où je fis une rencontre déterminante.PREMIÈRE PARTIE
ÉCHANTILLON
DE DÉLIRESCes délires n’ont pas été vains, car ils m’ont appris des choses
sur moi que j’ai partagées avec vous ici. C’est ma pierre à moi dans
cet édifice de la Vie, elle est de ma couleur et de mon essence. La
traversée de la schizophrénie a été une épreuve du feu et je me
serais volontiers passée de cette souffrance, mais elle a aussi guéri
mon esprit. Je n’ai pas seulement survécu, j’ai grandi. J’ai vaincu
plus que la maladie physique, car ensuite c’est le bonheur qui est
entré dans ma tête, et la joie d’être vivante, une humaine parmi les
autres, et non à part. Un membre de la famille des êtres qui aiment
et se donnent, qui tombent et se relèvent. Une femme, une mère et
une personne qui a choisi, aujourd’hui, de transmettre son
message par ce livre, dans l’espoir d’aider les personnes comme elle à
vivre un peu mieux.
Qu’en est-il de mon avenir ? Par ce livre et par mes études en
santé mentale, j’ai déposé dans ma vie des semences que j’espère
voir grandir, dans la joie du partage, dans le plaisir du don. Je suis
disponible pour œuvrer là où l’on aura besoin de moi ; c’est
présentement mon désir le plus cher. J’ai des rêves, et cette aventure
qu’est la vie me mène chaque jour tout près de mes idéaux. Je
souhaite continuer de livrer mon témoignage et de remplir ma vie de
nouveaux paysages constitués de belles rencontres, de défis et de
moments riches en profondeur et en transparence. Toujours dans
le but d’aider les personnes atteintes de schizophrénie à mieux
vivre, et de leur apporter, je le souhaite, un espoir véritable.
Vous pouvez joindre l’auteure à l’adresse suivante :
renee.charron.auteure@gmail.comLe cerveau humain est complexe et mystérieux, et il nous entraîne
parfois sur des sentiers bien étranges. Renée Charron en a fait
l’expérience, frappée de psychoses dans la jeune trentaine. Grâce à ses eforts,
au soutien de ses proches et au suivi médical, elle est néanmoins sortie
grandie de la traversée difcile qu’elle raconte dans ces pages.
La schizophrénie est une maladie méconnue ; son nom seul fait frémir,
et les personnes qui en soufrent sont souvent stigmatisées, associées
malgré elles aux rares épisodes de violence qui en découlent mais qui
font la manchette et marquent l’imaginaire. Dans ce texte lumineux et
plein d’espoir, l’auteure ofre des clés afn d’apprivoiser, de comprendre
et de soigner la schizophrénie.
« Il ne faut pas négliger l’apport des malades eux-mêmes ni [celui] de
nombreux artistes qui savent rendre tangibles et davantage
compréhensibles les soufrances humaines, écrit la psychiatre Lucie Fortin dans
sa préface. Le livre de Renée Charron s’inscrit tout à fait dans cette
perspective. En plus d’être elle-même atteinte d’un trouble
schizoaffectif, Renée est une auteure d’une grande sensibilité, qui sait trouver
les mots justes, empreints d’une certaine poésie. »
Renée Charron a vu le cours de sa vie bouleversé par des
psychoses et un diagnostic du trouble schizo-affectif. Elle a alors
amorcé un long cheminement vers la paix et la stabilité. Elle
poursuit aujourd’hui des études universitaires en santé mentale
et utilise les connaissances acquises, tout comme son expérience
de la maladie, afn d’aider les gens qui ont traversé la schizo -
phrénie ou en souffrent toujours.
Photo : © Sabrina McFadden

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