Un week-end de thalasso entre rires et larmes

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« Stressé ?
- Thalasso !
- Fatigué ?
- Thalasso !
- Enrobé ?
- Thalasso !
- Teint brouillé, peau ridée, déshydratée, relâchée ?
- Thalasso ! Thalasso ! Thalasso vous dis-je !
J'irai donc moi aussi en thalassothérapie offrir un peu de réconfort à ce corps qui n'en peut plus de jouer le rôle de composition que je lui impose... »

C'est avec beaucoup d'humour, de dérision et d'émotion que l'auteur nous fait partager sa première expérience de thalassothérapie aux thermes de Saint-Malo.


Photographie : Emmanuel Duclos (Société Easy Ride)


Publié le : mercredi 21 octobre 2015
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782334004619
Nombre de pages : 36
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-00459-6

 

© Edilivre, 2015

Citation

 

 

Au fond, c’est ça la solitude :

s’envelopper dans le cocon de son âme,

se faire chrysalide et attendre la métamorphose,

car elle arrive toujours.

Auguste Strindberg

Un week-end de thalasso entre rires et larmes

 

 

− Ma chérie, je ne sais pas quoi t’offrir pour Noël… Qu’est-ce qui te ferait plaisir ?

− Rien ! Je ne veux rien, je n’ai envie de rien !

Voilà ce que je pense et m’interdis de répondre pour ne pas être désagréable. Cette question bienveillante m’embarrasse toujours, moi qui n’ai aucune liste de cadeaux « prêt-à-aimer » dans mes tiroirs, aucune envie programmée, aucune liste de commissions, qu’elle soit de Noël, de naissance, de baptême ou de mariage, aucune liste « Combien tu m’aimes ? » qui livre les bons sentiments aux bons de commande et la spontanéité à la préméditation. Mes plus beaux présents sont des pièces uniques, précieuses, inestimables : des colliers de macaronis, des tableaux en coquilles d’œufs, des pommes de pin argentées, des galets dorés… des chefs-d’œuvre faits d’amour et de temps, cachés dans mes tiroirs, et auxquels je parle pour traverser calmement mes zones de turbulence.

Aucun anniversaire, fusse-t-il de Jésus, ne peut justifier l’indécence des envies qu’on nous assène et l’ineptie des besoins qu’on nous invente pour le vingt-cinq décembre : « Mesdames-Messieurs, achetez, mangez, buvez, ayez l’air ! Faites du bruit pour que vos voisins entendent votre bonheur, parce que ce jour-là, Mesdames-Messieurs, il faut être heureux et que ça se sache ! »

Je n’ai jamais aimé Noël qui criait à tout le monde que chez nous, on n’avait pas l’air, on n’était pas heureux, on n’invitait personne, on ne jetait pas nos coquilles d’huîtres dans le vide-ordures en pleine nuit, on fermait les yeux en écoutant le bonheur des autres. Le Père Noël ne nous faisait aucun cadeau, peut-être ne nous aimait-il pas, peut-être nous avait-il oubliés sur sa liste… Fichue liste !

Noël est ridicule avec ses ribambelles de boules, ses sapins enguirlandés et ses balcons illuminés qui m’empêchent de voir les étoiles. Il est grotesque avec ses Pères Noël en uniforme qui montent à l’assaut des fenêtres et ses lampions multicolores qui clignotent toute la nuit dans les rues où des affiches beuglent en lettres capitales ce qu’il faut bouffer et boire. Je fuis les menus-réveillon, les tables de fêtes sophistiquées, les huîtres superposées, les champagnes exhibés, les foies gras empilés, les bûches alignées, les dindes entassées, les chocolats exposés. Ces mises en scène alimentaires me donnent la nausée.

Je n’ai jamais aimé Noël et il me l’a bien rendu, le vingt-cinq décembre deux mille trois, en me criblant le cœur de mots assassins qui parlaient du ventre de mon fils : « polypes, morphine, cancer… » Le tueur n’a eu aucune pitié, même pas ce jour-là.

Je n’aimais pas Noël, maintenant je le hais.

*
*       *

− Alors, de quoi as-tu envie ?

En vie ? Le suis-je vraiment… Il faudrait que je trouve un peu de temps pour me parler de moi, seule à seule, les yeux dans le cœur, du temps pour cicatriser mes blessures et réapprendre à marcher en me tenant bien droite. J’ai tant de choses à me dire…

Mon mari insiste :

− Tu as des idées ?

Pressée par son insistance, j’ai lancé, comme ça, sans trop y réfléchir :

− J’irais bien faire un week-end de thalassothérapie !

Je n’avais qu’une vague idée de ce que ce mot cachait, n’en connaissant que l’orthographe qui m’avait valu trente-deux points à la dernière partie de Rummikub avec André, mais je tenais là un alibi crédible à mon besoin de solitude. Ce labyrinthe de seize lettres semblait pourtant receler un réel pouvoir ; les parents de Claire ne juraient que par leur cure annuelle à Biarritz, Hélène avait fait un séjour bénéfique à Quiberon après sa grossesse, Serge était revenu en pleine forme de Roscoff, Sophie avait perdu cinq kilos à l’Île de Ré… L’eau salée pourrait peut-être me débarrasser de toutes les souillures qui collent à mon âme. Les adeptes de Thalassa ont toujours une raison intime...

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