Une enfance algéroise

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Le temps s’écoule. Les années passent, inexorablement.

La seule manière de remonter le temps, c’est celle qui consiste à faire revivre les souvenirs. Au fur et à mesure de mes avancées dans l’âge de la vieillesse, je sens que mes souvenirs s’estompent, car je répugne à vivre dans le passé.

Et pourtant, le passé est là. Plus présent que jamais.

Mes enfants, sans doute parce qu’ils sont parvenus à un âge où l’on éprouve la nécessité de savoir d’où l’on vient, s’interrogent probablement : « Mon père ne nous a jamais raconté de souvenirs de ses parents ou de ses grands-parents. Comment sont-ils arrivés en Algérie ? Et pourquoi se sont-ils exilés dans ce pays ? Comment s'y sont-ils enracinés ? »

Cet exil a pour eux, comme il en a eu pour moi, un parfum de mystère.


Publié le : jeudi 11 février 2016
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EAN13 : 9782334076845
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© Edilivre, 2016
InmemOriam
Le temps s’écoule. Les années passent inexorablement. La seule manière de remonter le temps, c’est celle qui consiste à faire revivre les souvenirs. Au fur et à mesure de mes avancées dans l’âge de la vieillesse, je sens que mes souvenirs s’estompent, car je répugne à vivre dans le passé. Et pourtant, le passé est là. Plus présent que jamais. Mes enfants, sans doute parce qu’ils sont parvenus à un âge où l’on éprouve la nécessité de savoir d’où l’on vient, s’interrogent très probablement : « Mon père ne nous a jamais raconté de souvenirs de ses parents ou de ses grands-parents ». Comment sont-ils arrivés en Algérie ??? Et pourquoi se sont-ils exilés dans ce pays ??? Cet exil a pour eux, comme il en a eu pour moi, un parfum de mystère. En outre, raconter les souvenirs recueillis auprès de l’une ou l’autre de mes deux grands-mères c’est aussi remuer des souvenirs parfois douloureux. Car dans la famille, nous n’évoquions que très rarement ce passé que chacun de nous avait enfoui dans sa mémoire. Mais évoquer ce temps-là, n’est-ce pas une manière de faire revenir nos disparus quelques instants à la vie ???? Les deux grands-mères que j’ai la chance d’avoir eues, m’ont, tout au long de mon enfance, nourri de leur passé. A l’époque, je ne prêtais qu’une oreille distraite à leurs discours que je trouvais parfois assez ennuyeux Car « les vieux » ont souvent tendance à raconter toujours les mêmes histoires… Malgré cela, j’ai pu enregistrer dans ma mémoire, de nombreuses anecdotes, à travers lesquelles se profilent des silhouettes d’ancêtres que je n’ai pas connus. A une époque où la tendance est de vivre de plus en plus dans l’instant présent, j’éprouve la tentation de remonter le fil du temps. Mes deux grand-mères étant nées, l’une en 1885, l’autre en 1888, ce bon en arrière aura quelque chose de vertigineux pour les membres de notre famille nés dans les années 1970 à 1980… Ma grand-mère maternelle était d’origine italienne : c’est le côté « spaghettis » de la famille. Elle transportait toujours avec elle, quelque chose du folklore napolitain, une conception quasi-clanique de la famille, qui, dans son système de valeurs, était placée au-dessus de tout. Elle adorait la musique et surtout l’Opéra italien. Rien ne pouvait plus la ravir que d’écouter « O Sole mio », joué au violon par mon oncle, accompagné au piano par ma mère. Ma grand-mère paternelle était d’origine espagnole : c’est le côté « paella ». Elle m’adorait car, étant l’aîné des cinq enfants de son fils, j’étais celui par qui passait « la continuité », celui qui devait servir d’exemple à ses frères et sœurs. Pour elle qui était issue de la plus profonde misère, il n’y avait que « le travail » pour s’évader de sa condition. Profondément religieuse, sa personnalité dégageait une sorte de dignité un peu rigide qui m’impressionnait. Je me propose de raconter quelques-unes de ces anecdotes parmi les plus marquantes ou les plus savoureuses dont je me souviens encore, ceci afin que ces souvenirs ne se perdent pas et que, dans ma famille, autour de mes frères et sœur, de leurs enfants, et bien entendu des miens, on puisse avoir accès à la mémoire de ceux qui nous ont précédé.
Soir d’été à Alger, sur un balcon
Au mois d’Août, à Alger, il fait très chaud. Une chaleur d’orage, sous un ciel lourd, d’un gris anthracite, menaçant. Ma grand-mère habite au dernier étage du 6 de la Rue Géricault, une rue qui, à la hauteur du cinéma Majestic, remonte le long du Square Nelson. L’appartement comporte une salle à manger, une chambre, une cuisine, et un cabinet de toilette avec douche.
Ma Grand-mère habitait à l’angle du dernier étage de l’immeuble au-dessus des arcades dont la fenêtre de la chambre à coucher est encore ouverte.
Pas très grand, donc, mais avec des pièces où le soleil pénètre à toute heure du jour et surtout un balcon qui entoure toutes les pièces, en angle droit et qui permet de jouir d’une vue imprenable sur le Square, mais aussi, d’apercevoir la mer, côté Cinéma Majestic, et à l’autre bout du balcon d’avoir l’œil sur la colline de « la Bouzaréah », et de distinguer la silhouette de Notre-Dame d’Afrique. Car à Bab El Oued, chacun sait que c’est en regardant de ce côté-là que l’on peut prévoir si la pluie est proche ou si, une fois de plus, l’orage éclatera en mer… Ce soir-là, l’orage n’éclatera pas et la nuit sera torride. Ma grand-mère a sorti sa « petite chaise », une chaise basse, qu’elle trouve plus confortable et qui, selon elle, « repose ses jambes alourdies par l’âge ». Au fait, quel âge pouvait-elle avoir ??? Je devais avoir treize ans. Donc nous étions en 1946 et elle allait sur ses soixante-deux ans. A cette époque, mes parents m’avaient confié à ma grand-mère, car elle habitait à deux pas du Lycée Bugeaud où j’étudiais. Elle était heureuse de ma présence auprès d’elle, car la solitude lui pesait depuis la disparition de son mari. Elle avait encore « bon pied, bon œil » et surtout une mémoire impressionnante qui lui permettait d’évoquer avec précision ses souvenirs d’enfance que j’écoutais d’une oreille parfois trop distraite, – je me le reproche aujourd’hui –, car j’avais souvent le sentiment d’avoir déjà entendu plusieurs fois les « histoires » qu’elle me racontait. Ce soir-là, je suis assis, à côté d’elle, sur le balcon, face au Square Nelson, à même le sol, à la recherche de la fraîcheur du carrelage. Je regarde les étoiles à la recherche des étoiles filantes, très nombreuses au mois d’Août, en Algérie. Pendant que nous nous installons, le kiosque qui se trouve au centre du square s’est ème illuminé, et nous apercevons les musiciens de la clique du 9 Zouaves qui prennent place, en vue du concert.
Le Square Nelson : on aperçoit le kiosque à Musique. Car chaque année, au mois d’Août, se succèdent, le samedi soir, les concerts gratuits offerts à la population de Bab el Oued, par la Municipalité. S’y succèdent, la clique des Zouaves, celle des Pompiers, puis l’orchestre de chambre de l’Opéra, les chœurs de la « Lyre Algérienne », et bien d’autres encore ou l’Orchestre de Chambre des élèves du Conservatoire. Peu à peu, la foule se rassemble autour du kiosque : les vieux prennent place, assis sur leur chaise pliante, les plus jeunes assis par terre, sur les pelouses de préférence, les moins jeunes occupant les espaces disponibles sur les bancs du square. Les arabes, vendeurs de cacahuètes, d’amandes salées et de bli-blis, passent dans les rangs en proposant leur marchandise, qu’ils débitent dans un cornet de papier journal… Les enfants, de toutes origines mêlées, courent dans tous les sens, et poussent des cris qui leur valent les remontrances de la foule venue passer ici, un moment paisible. 21 heures. Le concert commence, par l’ouverture d’Aïda. Un grand classique pour les Algérois, car cet air pompeux, c’est l’indicatif du début et de la fin des émissions de Radio Algérie. Ma grand-mère fredonne l’air en même temps que la musique des Zouaves. – Mon père adorait l’Opéra, me dit-elle. Il avait une belle voix de ténor. Quand j’étais petite, il nous chantait « Ô sole mio ». C’est en chantant qu’il avait conquis ma mère me dit-elle pour la centième fois. – Mon père était un bel homme, et il a « connu » ma mère quand elle avait dix-sept ans. Ma mère aussi était belle… – Je sais grand-mère. Tu m’as montré des photos. – Ils ont eu treize enfants !!! Et j’étais la onzième… – La onzième ? Mais je ne connais que tes trois sœurs et un de tes frères ? Que sont devenus les autres ?? – Trois sont morts, très jeunes. Les autres sont partis au Canada et en Amérique du Sud. – Tu ne me l’avais jamais dit… Long silence, pendant lequel je peux écouter l’orchestre qui écorne quelques accents de cet air d’Aïda qui est composé pour être interprété par des chœurs… Fin de « l’Ouverture d’Aïda ». Le chef d’orchestre s’attarde dans ses salutations à la foule qui applaudit, debout. Puis l’Orchestre attaque la Petite Musique de Nuit. Une musique qui semble avoir été composée pour cette douce nuit. J’adore cet air que ma mère jouait souvent, et que ma prof de piano me fait répéter, ainsi que le Menuet de Mozart. Ma Grand-mère reprend : – Tu sais que mon père adorait l’Italie. Il m’en parlait tout le temps. Il est né près de Gênes, mais mes parents habitaient Sorrente, près de Naples. – Je sais, grand-mère… Ecoutes Mozart !!! C’est le morceau que Madame Ducasse me fait travailler au piano. – Ah !!! Madame Ducasse !!! Je l’adore cette femme. Elle me fait pleurer quand elle joue « Tristesse » de Chopin. C’est elle qui a voulu que je t’inscrive au conservatoire. – Ah bon ??? Je croyais que c’était Maman… Ecoutes !!! C’est le deuxième mouvement. Petit instant de silence. Puis, – Mon père est arrivé à Alger en 1880, sur une barque à voile, et il a quitté Sorrente sans savoir où il allait, sur ce bateau…
– Je sais, tu me l’as déjà raconté… » Silence. Sans transition l’Orchestre des Zouaves attaque le dernier mouvement de la Petite Musique de Nuit. – Ton arrière grand-père, c’était un aventurier !!! Il est « allé à l’école « avec Garibaldi qui était son grand copain. Il ne se sont jamais quittés. C’était un « républicain » mon père. Il a combattu avec Garibaldi partout où on luttait pour la liberté… » – Grand-mère !!! j’écoute la musique !!! » L’Orchestre attaque Ibéria d’Albeniz, qui a toujours un grand succès, car nous sommes aux portes de Bab el Oued, le plus espagnol des quartiers d’Alger. – Tu sais que ton arrière-grand-père a combattu, aux côtés de Garibaldi… – Tu viens de me le dire !!! – Il a combattu en France, en Amérique du Sud, en Italie… Il en a vu du pays !!! Mais il ne nous racontait rien, à la maison. Car il revenait chaque fois, entre deux campagnes, juste pour faire un enfant à ma mère. Dès les premières mesures d’Ibéria, la foule applaudit. Dans la foule, beaucoup de gens venus d’Espagne, car Bab El Oued est leur quartier. Par mimétisme, du haut de son balcon, ma grand-mère, bon public, applaudit aussi. Je lève les yeux au ciel. C’est une belle nuit étoilée. Avec un peu de patience, on peut apercevoir, de temps à autres, une étoile filante qui tire un trait entre deux constellations. Une légère brise nous gratifie des quelques effluves de jasmin qui remontent des plantations du square. – Mon père a participé aux côtés de Garibaldi, au retour sur son trône, de Victor-Emmanuel… L’ingratitude de ce roi le blessait. Les Garibaldiens ont été ensuite, persécutés. Le Roi craignait, sans doute que Garibaldi lui dise « qui t’a fait Roi ??? ». – Mais tu ne m’avais pas dit, grand-mère, que ton père était avant tout un Républicain ??? Silence embarrassé de ma grand-mère. J’en profite pour me concentrer pendant quelques instants sur le concert : l’orchestre vient d’enchaîner sur une autre pièce d’Albeniz : Granados. – … Mon père était aussi un patriote italien. Déçu, il était revenu dans sa famille, et avait repris son travail dans l’échoppe de cordonnier qu’il tenait dans le quartier de la Marine à Sorrente. Granados, petit chef-d’œuvre de musique espagnole, m’entraîne par le rêve en Andalousie. J’avais un livre d’images qui montrait de belles andalouses, vêtues de robes ajustées à leur taille fine, et qui dansaient le flamenco… – Un soir, alors que la famille était réunie autour de la table, on frappe de grands coups à la porte de la maison. Ce sont les carabiniers qui viennent cueillir mon père. Je dresse l’oreille. – Que lui voulaient-ils ??? L’emprisonner ??? Pourquoi ??? On n’emprisonne pas un « patriote » ??? – Tu sais, fils, c’est de la politique tout ça… On est un « patriote » pour les uns et un danger pour les autres. De toute manière, il savait que cela devait arriver : il avait un baluchon tout prêt. Il embrasse ma mère et saute par une fenêtre de derrière, et par les toits, il s’enfuit en direction du port. Plus tard, j’imaginerai mon arrière grand-père, comme le « Hussard sur le toit » de Giono, à l’époque où je me nourrissais des auteurs provençaux. Giono et Pagnol me transportaient dans un monde de garrigues, aux odeurs de romarin et de lavande, où des personnages de caractère, un peu rebelles, mais généreux, affrontaient parfois les gendarmes… Je n’écoute plus Albeniz. Je veux savoir la suite. – Et alors ??? Comment s’en est-il tiré ??? Comment a-t-il échappé aux carabiniers ??? – Mon père s’est enfui en direction du port – où il avait beaucoup d’amis marins issus comme lui du petit peuple de Sorrente –, en passant par les toits, et de toiture en toiture, il est arrivé au bout de la rue.
Toujours poursuivi par les carabiniers, il arrive en vue du môle d’embarquement, juste au moment où une balancelle appareillait. Les marins de Sorrente, qui sont tous plus ou moins contrebandiers, n’aiment pas les carabiniers : ils se rapprochent du quai et mon père a juste le temps de sauter sur le bateau, pendant que les carabiniers restés sur le quai hurlent l’ordre aux marins de revenir, et tirent quelques coups d’escopette en l’air, pour les intimider… Trop tard. Le bateau a hissé sa voile et file déjà vers le large. Ma grand-mère raconte tout cela, d’un trait, comme si à travers son récit, elle revivait cet épisode rocambolesque. Je la revois encore : ses grands yeux bleus brillent dans l’obscurité, et elle écrase une larme. Car chaque fois que ma grand-mère évoque son père, elle écrase une larme ! Je suis ému à mon tour, Et je ne m’aperçois pas de la fin du concert que la foule applaudit avant de se disperser en petits groupes poursuivis par les marchands de cacahuètes qui essaient de vendre leurs derniers cornets… Un à un les lampadaires qui illuminent le square s’éteignent et alors que l’obscurité nous enveloppe, je lève une fois encore les yeux au ciel pour admirer la nuit étoilée. – Tu ne m’avais jamais raconté tout ça, grand-mère ! – Fils, c’est parce que j’ai toujours un peu peur de t’ennuyer avec mes histoires. Je reçois le message comme « une pierre dans mon jardin ». Mais ce soir, j’ai envie d’en savoir plus, car mon arrière grand-père m’apparait déjà comme un héros de roman. – Alors, une fois sur le bateau que s’est-il passé pour ton père ??? – Une fois que le bateau a pris le large, mon père nous racontait qu’il était tellement heureux d’avoir échappé aux Carabiniers, qu’il ne s’est pas soucié de sa destination. Ce n’est qu’en écoutant les conversations de l’équipage qu’il a compris que le bateau avait appareillé pour Alger pour livrer une cargaison de bonbonnes de vin italien. – C’est donc par un pur hasard qu’il a mis le pied sur le sol algérien !!! Et que s’est-il passé une fois arrivé à Alger ??? – Oh là !!! C’est une longue histoire. Mais tu as sommeil. Il faut aller se coucher. Je te raconterai ça une autre fois
Balancelles italiennes, dans le port d’Alger.
L’Italienne à Alger
La suite de l’histoire n’a rien à voir avec l’Opéra-Comique de Rossini. Les jours passant, et mes « préoccupations » se sont déplacées ailleurs : le mois d’Août est un mois de vacances scolaires, et les jeunes de mon âge n’ont alors qu’un seul souci : les copains, les copines, la plage ou la piscine. J’ai donc quelque peu « oublié » les aventures de mon arrière-grand-père. Ma grand-mère, « l’Italienne » que tout le monde, dans le quartier Nelson, connaissait sous le nom de « Madame Charles », était une « maitresse femme ». Depuis qu’elle s’était séparée de mon grand-père, un Suisse qui appréciait bien trop le vin rosé d’Algérie mais ne supportait pas le climat, et qui était reparti vivre là où il était né, elle avait conservé son nom, BALDENWEG, trop difficile à prononcer pour les commerçants du quartier.
Ma Grand-mère.
Le Consul de Suisse à Alger qui connaissait le couple, l’avait prise sous sa protection et, par compassion, lui avait ouvert les portes du Consulat où elle était devenue… la femme de ménage. Elle y est restée quinze ans. Elle était également « femme de ménage » dans quelques foyers de familles suisses argentées. Ma grand-mère n’a, elle, jamais été « argentée ». Mes parents lui versaient une petite pension censée couvrir mes frais d’hébergement. Et quand mon oncle, sorti de l’Ecole Normale de la Bouzaréah, est devenu Instituteur et a commencé à gagner ses premiers émoluments, il a contribué aux revenus de sa mère, ce qui, à l’époque était naturel. Pour elle, un sou était un sou. Quand elle faisait ses courses, chaque matin, au marché du square Nelson, elle arpentait les étals, interpellée par les arabes vendeurs de légumes : « par ici Madame Charles, les belles tomates !!! » Et avec chacun d’eux, elle marchandait, avec bonhomie, au sou près, le prix du kilo de tomates, celui des sardines (la côtelette du pauvre disait-elle), et celui de la gousse d’ail. J’avais un peu honte, à cause du regard amusé des autres « clients », mais je lui emboîtais
le pas jusqu’au prochain commerçant, portant son « couffin », et impatient de voir la fin de cette tournée du marché… Ma grand-mère a élevé, seule, avec une énergie et un courage que j’admire encore, ses deux enfants : ma mère et mon oncle. Le frère de ma mère, mon oncle et mon parrain, que j’aimais beaucoup, deviendra, après avoir étudié à l’Ecole Normale de la Bouzareah, un instituteur renommé à Alger pour ses qualités de pédagogue. Il a écrit de nombreux ouvrages de pédagogie dont l’un figure encore sur les listes d’Amazone, bien qu’il soit introuvable en librairie : http://www.amazon.fr/Baldenweg-J-M-Castellani-Examen-dentr %C3 %A9e/dp/B001D5GTL0 Les curieux trouveront plusieurs fois sa trace sur le site de l’Ecole Volta, dont les anciens élèves ont fait un lieu, fort fréquenté, d’échanges de souvenirs d’enfance. J’y ai choisi cet extrait pour illustrer mon propos : « Très grosse émotion, ce matin, lorsque recherchant sur le net desrecettes culinaires pieds noirs, je suis tombé sur le site des anciens élèvesde l’école Volta d’Alger. Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver 40 ansaprès nez ànez avec la photo du...
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